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Livre : Ifriqiya publie Kangni Alem en exclusivité

Le récit de voyage du Togolais qui paraît en octobre est l’événement marquant de cette rentrée littéraire chez les éditeurs locaux.

Bravo pour les éditions Ifriqiya. Le petit poucet de l’édition camerounaise annonce la publication du récit de voyage «Dans les mêlées» du dramaturge togolais Kangni Alem pour octobre prochain. Le livre, qui est escorté par une préface de Sami Tchak, coûtera 4000 Fcfa et sera présenté à Yaoundé dès sa sortie en présence de son auteur. François Nkémé, l’éditeur, dit détenir un contrat d’exclusivité sur la publication de ce livre, démentant ainsi la rumeur d’une éventuelle co-édition qui circule dans les chaumières depuis peu.

C’est donc parti pour la rentrée littéraire, si tel est qu’on peut parler de rentrée littéraire dans le contexte camerounais. Cette tradition n’est pas une habitude chez les éditeurs locaux, comme c’est le cas en France. La sortie de nouveaux ouvrages ne respecte pas un calendrier institué. Chacun se positionne comme bon lui semble. Cependant, si la grande majorité fonctionne ainsi, quelques-uns font déjà des efforts pour fidéliser les lecteurs à une période au cours de laquelle  les nouvelles sorties sont présentées.
Aux éditions Ifriqiya et à l’Harmattan, le son de cloche est différent. Les deux maisons d’éditions ont pris le risque de travailler davantage avec les écrivains. Chaque année, à une période précise, ils opèrent une sorte de rentrée littéraire comme en France. Pour François Nkémé, le directeur d’Ifriqiya, «chaque mois de septembre correspond à la période des sorties de nouveaux livres. Cela se passe à travers une journée porte ouverte au cours de laquelle nous tenons des expositions, dédicaces de livres et parfois des rencontres avec les auteurs. Tous les livres qui ont été publiés au cours de l’année sont aussi présentés au public». Déjà, pour septembre, trois auteurs précèderont Kangni Alem en librairie : Simon Etsil, Toukam et Henri Jérémie Yikam avec respectivement « Ci-gisent les larmes et les pleurs du monde», «Le mentor» et «La vie par procuration».
Pour Roger Moundoué, directeur d’Harmattan Cameroun, « quelques livres sont sous presse pour octobre qui correspond à notre rentrée littéraire. Ces ouvrages sont davantage des livres pour les universitaires à qui nous réservons également une foire ». La liste contient trois ouvrages de Thomas Noah Mvogo : «Qui a sacrifié Kabila ?» « Israël Palestine : l’impossible réconciliation» et «Mondialisation et sous-développement».
Aux éditions Afrédit, Clé, Presses universitaires d’Afrique (Pua) et Presses universitaires catholique d’Afrique centrale (Pucac),  quelques livres sont en attente de publication pour ce mois, mais aucune date de sortie n’est encore fixée. Ils sont sujets aux disponibilités financières des écrivains et parfois de l’entreprise éditrice. La rentrée littéraire comme en France, on ne connaît pas. Aux Pua, ce sont plus des livres scolaires et académiques qui sont au devant de la scène au regard de l’opportunité commerciale qu’ils représentent à cette période. D’après Serge Dontchueng Kouam, le directeur, les maisons d’édition ne peuvent pas tout miser sur les écrivains. « Nous sommes obligés de composer avec les ouvrages scolaires et académiques qui offrent une opportunité commerciale régulière », ajoute t-il.  Selon tous ces éditeurs, les romans, essais et autres livres non scolaires manquent encore  de cadre organisé pour que leur culture soit inculquer au public. Tous les regards se tournent alors vers le ministère de la culture.

 

Emmanuel Matateyou : « Nous avons la littérature que nous méritons »

Le directeur de la collection « Littératures et savoirs » aux éditions Harmattan Cameroun revient sur l’atelier d’écriture tenu à Yaoundé.

Quel est votre avis par rapport à la culture du livre dans la société camerounaise ?
En ce qui concerne la tradition  de la lecture au Cameroun, il y a un relâchement. La culture littéraire, la lecture qui pourvoit le lecteur de la  nourriture intellectuelle est très peu courue. Les bibliothèques, les librairies et les activités de promotion des sujets littéraires, comme les conférences ou encore des dédicaces, manquent encore cruellement dans notre pays. Voilà tout ce qui pousse notre société à vivre dans une torpeur littéraire. Dans nos médias aussi, très peu d’espaces sont réservés aux livres. Moins de 20%.

Quel regard portez-vous sur la production littéraire camerounaise ?
Par rapport à la qualité, je dirai que la littérature camerounaise répond aux besoins des lecteurs. Nous avons des écrivains de qualité qui sont reconnus aussi bien dans le pays qu’à l’extérieur. Des personnalités littéraires dont la renommée n’est plus à faire dans le continent et dans le reste du monde pour ceux qui lisent. Quand je regarde la production littéraire camerounaise, je ne peux que dire que nous avons ce que nous méritons. Nous n’avons pas d’aménagement adéquat pour produire suffisamment d’ouvrages et susciter l’attrait du public à la lecture. Les maisons d’édition et les imprimeries sont très insuffisantes. Les auteurs préfèrent parfois aller publier leurs livres en Europe et le prix du livre au  Cameroun revient cher. Le coût de production élevé du livre qui joue finalement sur son prix de vente finit par conférer au livre la qualité de produit de luxe. Si nous avions les moyens de productions adéquats, nous aurions envahi l’Afrique centrale avec nos productions.

Quel bilan faites-vous de l’atelier d’écriture organisé récemment par la collection que vous dirigez ?
Nous sommes satisfaits. C’est un défi  que nous avons relevé et nous remercions déjà la direction de l’Harmattan qui a fourni les moyens nécessaires pour sa réussite. Nous avons bénéficié de la participation effective des professionnels de la langue française, en l’occurrence des professeurs de français de nos universités comme Etienne Dassi. L’assiduité des écrivains débutants et leur attention aux remarques faites sur leurs manuscrits n’étaient pas en manque. Toute cette discipline a abouti à un échange très riche duquel ont germé de bons fruits. La preuve, Elise Mballa Meka, la Présidente du conseil d’administration de la Société civile de la littérature et des arts dramatiques (Sociladra) qui est venue assister à la fin de cet atelier d’écriture nous fait la promesse que les dix manuscrits des participants à cet atelier seront publiés par les éditions l’Harmattan avant la fin de cette année seront protégés gratuitement.

Comment jugez-vous le niveau des futurs écrivains camerounais ?
Par rapport à ce que nous recevons, nous pouvons dire que le niveau est moyen. Pas médiocre, mais moyen. Les uns et les autres ont véritablement une volonté de traduire leurs fantasmes par écrit, d’exprimer leurs émotions, leurs expériences, ce qu’ils ont vécu. Mais c’est la manière de rendre tout cela qui pose encore problème d’où l’existence d’initiatives comme notre atelier d’écriture dont une édition, l’année prochaine, est envisageable. Mais, il faut avouer que parmi ces écrivains, il y a certains qui sont très doués. Il faut seulement les canaliser dans les genres appropriés, parce que certains mélangent encore tout.

Muriel Edjo (stagiaire)

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