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Ouverture : Les fruits de The last pictures show ont tenu la promesse des fleurs

Six ans après son lancement, l’exposition permet aux plasticiens camerounais de gagner visibilité et reconnaissance. –

Lundi 12 octobre 2009 s’éteignaient les lampions de la sixième édition de l’exposition de peinture, sculpture, poterie The last pictures show. Malgré la fatigue issue de l’accueil de milliers de visiteurs et en aval la préparation de l’exposition, Catherine Pittet, la promotrice de l’évènement est contente. D’avoir une fois de plus réussi à transformer la maison du parti de Bonanjo à Douala, pendant une semaine, en lieu de pèlerinage très couru par les amateurs d’arts, les médias, les managers, les diplomatiques, les artistes, etc.
Le brassage de couches sociales invités à l’exposition a rencontré le brassage de l’offre plastique africaine dans les trois disciplines que sont la peinture, la sculpture et la poterie. Découverte, étonnement, amusement, colère et joie sont autant de sentiments qui ont traversé ceux qui ont visité cette exposition qui regroupait 46 artistes venus de cinq pays africains Bénin, Ghana, République démocratique du Congo, Nigeria et Cameroun. Les mûrs de la Maison du parti de Bonanjo ont été vidés des toiles lundi dernier.
La magie créée, par les sculptures à la maturité étonnante et les finitions qui donnent un aspect très humain aux matériaux de récupération du béninois Valentin Agossou Senabou, du nigérian Agossou Patrick Ighogbedhere et du camerounais Christian Djomagni, a disparu. Chacun des acteurs est rentré chez soi. Mais que retenir de ce projet qui a aujourd’hui six ans d’âge ? Quel a été l’apport de The last pictures show dans la construction d’une proposition plastique africaine pertinente ?
Au début, en 2004 lorsque Catherine Pittet crée le Gondwana d’où part l’exposition The last pictures show, c’est pour établir un lieu de rassemblement pour les arts et la culture du Sud, en référence à une époque où les terres étaient encore unies. L’autre motivation qui a conduit à la naissance du projet «c’était l’absence criarde d’un espace sérieux d’exposition pour les peintres, sculpteurs et potiers camerounais qui ont pourtant beaucoup de talent. Pour moi c’était révoltant de voir comment les artistes chinois gagnaient du terrain dans le concert mondial de la culture alors qu’il y’a quelques années c’était encore un pays fermé par rapport au Cameroun. Nous n’avons pas à rougir de nos artistes», explique Catherine Pittet. Le décor, qui allait commençait à inverser la vapeur, a été planté.
Pourtant sur le terrain, tout ne vas pas être facile. «L’exposition des œuvres est seulement l’aboutissement d’un long processus de travail qui prend des mois. Car il faut parcourir les galeries, les ateliers des artistes pour faire le repérage des œuvres de qualité. Ceux qui ont une renommée établie nous envoi leurs toiles», précise la promotrice du Gondwana. Après cette phase de repérage, le tri commence et dure deux mois, mars et avril. Trois au quatre toiles sont retenues et les artistes fixent eux-mêmes les prix.
Chocs
La première édition de The last pictures show qui s’était déroulé en 2004 au Cercle municipal de Bonanjo avait vu la participation de tous les plasticiens camerounais qui comptent ou ceux qui avaient un avenir promoteur. C’était le début d’une aventure qui malheureusement à mal tourné pour certains plasticiens qui se sont retirés du projet notamment Mboko Lagriffe, Alioum Moussa, Hervé Youmbi, Hervé Yamnguen, Jules Wokam, Hako Hankson, etc.
Les raisons avancées sont surtout d’ordres professionnels «je suis parti de l’exposition The last pictures show après deux éditions. J’avais besoin de plus de qualité surtout dans la manière de montrer le travail de l’artiste. C’était devenu une véritable foire avec des toiles accrochées et agencées n’importe comment.

Puis, j’avais besoin de voir les thématiques de travail abordés année après année dans l’exposition par les artistes à plusieurs sensibilités venus de différents pays. Mais rien de tout cela n’a été fait», explique Hervé Yamguem. La question de la liberté du prix a également été mal vécue par ces artistes qui sont partis car ils estimaient qu’un jeune peintre au travail approximatif ne pouvait pas vendre sa toile à 500.000Fcfa. Le départ de ces plasticiens du Gondwana a quelque peu désossé le concept. Cependant chaque projet se construit avec les chocs qui peuvent permettre de se rectifier et d’améliorer sa proposition. Après cet épisode de départ de ces artistes, Catherine Pittet s’est aussitôt mise à la recherche d’autres jeunes artistes de qualité qui ont laissé éclater tout leur talent. Elolongué Wéti fait parti de ceux-là.

Il n’avait pas été retenu comme artiste officiel en 2004 mais son travail avait séduit la promotrice du Gondwana. Après son travail sur les canettes écrasées et des statuettes, il a mûrit sa réflexion avec des tableaux cette fois-ci qui sont des stades de capsules. Pour Elolongué Wéti, «The last pictures show a été une énorme opportunité. Je suis passé d’artiste amateur à professionnel. Dans ma famille et mon voisinage, le regard a changé. Je suis devenu un acteur important de part mes rentrées financières grâce à la visibilité internationale que m’a offert cette exposition».

Aujourd’hui, il est submergé par les demandes des camerounais et expatriés qui veulent accrocher une de ces toiles dans leur séjour, comme Laurent Esso qui a acquis une de ces collections. Le photographe Nicolas Eyidi reconnaît que The last pictures show «a apporté un coup de pouce dans son travail. J’ai pu agrandir mon portefeuille client. J’ai pu par exemple après avoir participé à cet évènement faire le catalogue de Cfao technologies, Air France, du groupe Ibis. J’ai également pu échanger avec les artistes d’autres pays sur le démarche de travail qui est différente de la notre pour un enrichissement personnel de ma culture». La visibilité et la reconnaissante acquises aujourd’hui par une cinquantaine de plasticiens camerounais et centaine africains ont été patiemment construites en six ans par des outils adaptés.

Perspectives
Catherine Pittet a conçu des catalogues de l’évènement. Depuis la première édition de The last pictures show a fait édité ces supports en quadrichromie avec les portraits et biographies des peintres, potiers, sculpteurs, brodeuses qui ont participé à cet évènement. Ce catalogue édité en milliers d’exemplaires a été diffusé dans plusieurs pays a permis aux artistes africains d’avoir une grosse visibilité. «J’ai acheté certaines œuvres en France sur le catalogue avant de les avoir vues en vrai. L’offre était bien présentée et le travail des artistes de qualité», témoigne Albert Brieux.
Cette année le catalogue s’est enrichi des autoportraits des artistes, qui ont été édités en série limitée.

Puis toutes ces informations sont relayées par le site Internet de l’évènement. Au-delà de ces aspects, il faut reconnaître que Catherine Pittet a une passion qui se communique au vu du nombre de partenaires qu’elle réussi à convaincre. C’est d’ailleurs grâce à eux que The Last Pictures Show a pu, avec plus de 200kg d’œuvres, être visible deux fois, avec une demi-douzaine de plasticiens partis du Cameroun, au palais de l’Unesco à Paris et fait le tour du Cameroun (Douala, Buéa et Garoua). Cette année, les artistes du Nigeria ont fait le déplacement pour la Maison du parti de Bonanjo. Catherine Pittet travaille également à faire voyager cinq plasticiens camerounais pour le Civic Center à Lagos où The last pictures show prendra ces quartiers du 19 au 23 novembre 2009.

Marion Obam

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