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Théâtre : La chasse aux « sauveteurs » sur les planches

« Saint-Dallas » de Stéphane Tchonang a été représenté vendredi dernier au Ccf de Yaoundé.

Rires et surprises, bières et mots salaces étaient au rendez-vous vendredi dernier dans la salle de spectacle du Centre culturel français de Yaoundé, à l’occasion de la représentation de la pièce de théâtre « Saint-Dallas ». Avec comme acteurs Stéphane Tchonang, Rosalie Essindi, Annick Ayissi et Boris Talom interprétant des textes de Koulsy Lamko et Kossi Efoui, et à la direction administrative, Matchadjé Yogolipaka. La pièce, jouée sur fond d’une musique de Kareyce Fotso, raconte la vie dans une rue colorée d’une ville africaine baptisée « Saint-Dallas», ses ambiances, ses personnages multiples, son blues et ses rêves.

Le rideau s’est ouvert sur une scénographie d’Emile Youmbi. Sur un mur, il est écrit : « Interdit de ne pas uriner ici ». La première scène est un cliché : dans une rue, des vendeurs à la sauvette se sont installés. Débit de boissons, vendeur de préservatifs criant à tue-tête « les choses pour faire la chose ! » et marchands de bric-à-brac posé à même le sol prospèrent allègrement. L’ambiance est bon enfant, jusqu’au jour où la Communauté urbaine de Saint-Dallas décide de déguerpir les vendeurs pour rendre la ville propre, occasionnant du même coup des pleurs et des grincements de dents. Et c’est avec mille précautions que les vendeurs joyeux d’hier, devenus clandestins, reviendront peu à peu squatter cette rue où ils ont bâti leurs vies.
Sur ce, un étranger fait son entrée dans le bar dénommé « Le café des arts ». Il est abordé par une jeune femme qui cumule les fonctions : serveuse, vendeuse de brochettes de viande à la braise et prostituée. Mini-jupe, T-shirt moulant et perruque constituent sa tenue. Exubérante et loquace, elle raconte sans aucune gêne à l’étranger sa vie, ses amours et ses rêves. Avec des gestes suggestifs, elle essaie aussi de le séduire et de l’entraîner dans sa chambre, au coin de la rue. A force de l’enquiquiner, elle parvient à sortir l’étranger de son blues et à lui soutirer des confidences. L’on apprend alors que celui-ci est un réfugié qui cherche asile.
A la fin de la pièce qu’ont marquées d’autres scènes aussi drôles que celle racontée plus haut, le fiancé de la prostituée fait son apparition. Muni d’un gros bâton, il essaie de la battre pour la punir de ses infidélités. L’étranger s’interpose pour protéger la fille. Soudain, sous de grands éclats de rire, le fiancé laisse tomber le masque et l’étranger, penaud, découvre que c’est une femme et qu’il s’est fait avoir. Les deux femmes sont sœurs et comédiennes, et le Café des arts est le lieu où elles s’entraînent à jouer la pièce « Le Malentendu » d’Albert Camus. Une pièce dans une autre, en somme. Stéphane Tchonang, le metteur en scène, explique qu’au final, « Saint-Dallas » est une grande farce inspirée de la vie quotidienne. Ce qui ajoute au charme de la pièce que les acteurs ont su rendre.

Stéphanie Dongmo

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