Sociladra : des artistes se jettent dans la rue
Ils revendiquent la tenue d’une assemblée générale de la Société civile des droits de la littérature et des arts dramatiques (SOCILADRA). –
Un groupuscule d’artistes a tenu à célébrer à sa manière la journée internationale du théâtre (27 mars 2010). A la veille de cette célébration, il a choisi descendre dans la rue. D’où l’ambiance électrique vendredi 26 mars 2010 dans les locaux de l’antenne régionale de la Société civile des droits de la littérature et des arts dramatiques. Une quinzaine d’artistes regroupés au sein d’un collectif dit «des membres réguliers de la SOCILADRA résidant à Douala» a investi cette structure, pancartes en mains, pour, non seulement, crier son raz-le bol, mais aussi, «déposer une correspondance adressée à la PCA de la SOCILADRA, via le chef d’antenne régional du Littoral» confie Dovie Kendo, dramaturge et comédienne.
Le visage serré. La mine patibulaire. Ils sont prêts à tout ! Les écriteaux parfois dans un style grammatical équivoque, renseignent à suffisance sur les mobiles de la manifestation. Tenez : «A quand l’Assemblée générale de la SOCILADRA?», «Où sont passés les 20 mille euros de l’OIF», «Que l’Epervier plane sur la SOCILADRA», «Restituer nous notre société»…Dans les installations de l’antenne régionale de la SOCILADRA pour le Littoral située sise à l’ancien immeuble Nobra à Akwa, une grille barre hermétiquement l’entrée. La pression mont de plusieurs crans. Des voix s’élèvent lorsqu’un agent et la secrétaire du chef d’antenne se pointent pour s’enquérir de l’objet de la présence des manifestants. «C’est notre maison. Vous n’avez pas le droit de nous empêcher d’y accéder. Nous voulons déposer un courrier, et vous nous empêcher d’entrer» fulmine Frédéric Talla.
Au sujet de la correspondance adressée à la présidente du conseil d’administration, Elise Mballa Meka, dont Le Messager a pu avoir copie, le Collectif demande à la PCA de «remettre en jeu un mandat expiré depuis le 27 janvier 2010…et de convoquer une assemblée générale aux fins de rendre compte et de renouveler le bureau du conseil d’administration… » Informé, le délégué régional de la Culture pour le Littoral, Robert Bendegue, a immédiatement initié une réunion de crise à laquelle prenaient part, le chef d’antenne régional de la Sociladra, Mvogo Belobo Nazaire, Guillaume Ekoume, administrateur de la SOCILADRA et la quinzaine d’artistes courroucés.
Convaincre «les grévistes»
Robert Bendegue, après avoir pris acte du mécontentement des artistes dont le point focal est la non tenue de l’Assemblée générale et la pauvreté qui enlise les artistes, a invité les manifestants à «prendre leur mal en patience car, sans jouer dans l’art divinatoire, des dysfonctionnements administratifs retarderaient le déblocage des ressources à allouer à la SOCILADRA pour l’organisation de l’Assemblée générale. Pour l’heure, les récriminations seront transmissibles aux différentes hiérarchies respectives. Le ministère de la Culture fera tout ce qui est humainement possible pour décanter la situation».
Jointe au téléphone, Elise Mballa Meka, PCA de la SOCILADRA a relativise : «je n’appelle pas ce qui s’est passé à Douala, un mouvement d’humeur. Une poignée d’artistes, qui ne sont pas représentatifs de l’ensemble de la communauté des artistes adhérents de la SOCILADRA (2000), a voulu déposer un courrier à l’intention de la PCA. C’est tout. Nous sommes en accord avec la tutelle au sujet de l’organisation de l’Assemblée générale qui va se tenir dès que les ressources seront disponibles. Pour l’heure, ce qui nous préoccupe est la répartition du droit d’auteurs dans les prochains jours» a-t-elle indiqué. Au sujet des 20 mille euros au centre de la controverse, soit environ 13 millions FCfa, la PCA n’a pas gardé sa langue dans la poche. «La subvention de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF, Ndlr) n’est pas destinée aux artistes. Cet argent a permis d’organiser des campagnes de sensibilisation et de lutte contre les atteintes faites au droit d’auteurs aux mois de novembre à janvier». Cet éclairage suffira-t-il pour convaincre «les grévistes» et rasséréner la maison SOCILADRA, surtout quand des sources crédibles font état de ce qu’ «ils sont manipulés par des personnes tapies dans l’ombre» ? Pas si sûr !
Alain NJIPOU

