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Michel Kuaté : Les salles ne font pas de films

Le promoteur du festival  » la Nuit du court métrage  » pense que le manque de moyens ne devrait pas freiner l’ardeur des jeunes cinéastes. –

 

Quel est le bilan que vous faites de la 3ème édition du festival tenu en mai dernier à Douala ?
Il est assez positif étant donné que les innovations que nous y avons apportées ont fait tache d’huile, notamment l’ouverture du festival à l’international. Dans une compétition comme la " Nuit du court métrage ", les éléments essentiels sont les films, le jury et les prix. Et lorsqu’en tant que promoteur, vous avez une unanimité autour des décisions du jury, de la qualité des films sélectionnés, on peut s’estimer heureux. On tient néanmoins compte des couacs enregistrés à l’organisation pour rectifier le tir lors des prochaines échéances. Quant au suivi de lauréats, nous l’assurons à travers les ouvertures ou les sollicitations qu’on pourrait avoir.

Le premier prix de cette édition a été remporté par une réalisatrice sénégalaise. A votre avis les cinéastes camerounais sont-ils à armes égales avec ceux venues d’ailleurs, notamment d’Afrique de l’Ouest, où une politique cinématographique est manifestement plus développée ?
Il serait maladroit de raisonner dans ce sens. En fin de compte, ce qui est important, c’est la vision du cinéaste. Si est film est fait avec des moyens révolutionnaires et que les comédiens sont par exemple, mal dirigés, la lumière est mal faite, le scénario en lui-même est inintéressant, il est voué à l’échec. Autrement dit, on n’a pas toujours besoin de tout avoir pour faire un bon film ou un bon scénario. Le grand prix des écran noirs 2008 est un film intitulé " le pont " (du jeune réalisateur camerounais Ghislain Amougou ndlr). C’est un film qui a nécessité un budget de 32.000 Fcfa. Avec ces moyens restreints, le réalisateur a fait un film sur le pont de Mbalmayo en une demi-journée. Et il a soumis son film dans la même catégorie avec les films fait en haute définition qui venaient du Burkina Faso, d’Afrique du Sud etc.

La lauréate Aïcha Thyam était absente de la cérémonie des récompenses, faute de moyens pour la faire voyager, avez-vous déclaré…
Certainement, il coûte beaucoup. Mais s’il faille se confiner dans un cadre local en se disant que l’international revient très cher, on ne va pas évoluer. Il y a par ailleurs des structures internationales qui ont longtemps souhaité nous soutenir. Mais le fait nous limitions la compétition au niveau national, était une entrave. En nous ouvrant à l’international, nous renforçons notre crédibilité. Les dispositions vont néanmoins être prises pour que la " Nuit du court métrage " soit international au sens plein. C’est un challenge et nous pensons le relever

Que vous inspire le récent prix du réalisateur tchadien Mahamat Saleh Haroun au festival de Cannes ?
C’est un prix très important pour le cinéma en Afrique. Je suis quelque peu inquiet. Je me suis demandé si le jury n’a pas voulu contenter l’Afrique sub-saharienne qui, depuis était absente. Puisque c’est un prix que le jury a créé ce prix pour ce film. C’est un gout d’inachevé à mon avis.

Avez-vous vu le film ?
Je n’ai malheureusement pas encore vu le film. J’ai vu des séquences. A propos, nous travaillons (la structure de production 7ème sens) sur un projet pour que ce film soit projeté au Cameroun. D’autre part, je ne remets pas en cause la qualité du film. Je parle de la philosophie générale du festival de Cannes. Je pense sincèrement qu’on a voulu contenter l’Afrique noire en lui donnant un Prix spécial du Jury. En même temps, c’est un signal fort, pour rappeler aux cinéphiles que le cinéma existe véritablement en Afrique. C’est également un prix qui met en relief le talent des africains.

Propos recueillis par Monique Ngo Mayag

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