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Musique -Spectacle /Gaëlle Wondje : galop d’essai réussi !

La chanteuse a offert son premier show en solo jeudi 27 mai 2010 au Centre culturel français Blaise Cendrars de Douala.

Un corps svelte moulé dans une longue robe démembrée grise. Une paire de ballerines ouverte aux pieds. Une tête à la coupe de cheveux courte. Une voix suave et enchanteresse. Un public sympa. Un orchestre plein de génie. Des duos quasi inédits. Tels sont entre autres, des clichés captés lors du premier spectacle solo de Gaëlle Wondje au Centre culturel français Blaise Cendrars de Douala, jeudi 27 mai 2010. Pour son premier galop d’essai, Gaëlle Wondje aura confirmé le capital d’estime placée en une star qui patiemment, se fraye un chemin dans l’univers labyrinthique du show-biz. En deux heures, elle a passé en revue un répertoire varié. Le public a musicalement surfé sur deux aires culturelles. Le voyage artistique a débouché sur des sonorités issues des profondeurs abyssales de la forêt équatoriale et des airs enlevés du Littoral. Le bikutsi, le makossa et de temps en temps, des airs semblables à l’assiko.

Pour enrichir ce substrat musical, d’autres souffles proches du jazz, du reggae, du high-life, du Rnb ont matérialisé la fusion qui caractérise la production d’une artiste à la voix savoureuse. La première grosse surprise prend corps avec la montée sur scène d’Achallé, lauréat de la 1ere édition de Star 2 demain et nominé aux Koras 2009. Gaëlle Wondje avec ce jeune loup aux dents longues exécute in gning ine ben entendez «la vie est belle» en éwondo. Pour accompagner la vedette de la soirée le M3 O2 band composé d’Arthur Manga à la bass, Denis Moussinga au piano (il est par ailleurs chef d’orchestre), Haoussa Drums à la batterie, Alain Oyono et ses éternelles lunettes d’intello, au saxophone et Marcien Metogo Oyono à la guitare rythmique. Avec le titre Djanga le show prend un pic. Haoussa drums balade avec dextérité ses doigts sur une batterie qui crache du feu. Suffisant pour Gaëlle de se lâcher. Un bikutsi hot provoque déhanchements, dandinements, contorsions, génuflexions d’une déménageuse quasi enragée. Le public hétéroclite la lui rend bien. Applaudissements à tout rompre. Youyous à tout va. «Gaëlle, tu es géniale» sérine-t-on à tue tête.

Pour bémoliser, une chanson hommage à ses oncles et cousins aujourd’hui tous morts. Rythme langoureux. Paroles touchantes. A la pelle, des dédicaces. Quelques noms bien connus mélangés aux illustres inconnus. Des larmes aux yeux. Tendrement, Gaëlle les sèche. Arthur Manga grince sa bass. Le public jubile. Des cliquetis d’appareils photos sont interminables. L’ambiance monte de plusieurs crans lorsque Gaëlle Wondje invite sur scène son «père Yo !». Celui-ci n’est rien d’autre que l’increvable Henry Njoh, sanglé dans l’une de ses traditionnelles tenues blanches immaculées. «Vous savez comment j’appelle ma fille ?» lance-t-il en direction des spectateurs qui répondent : « Non » en choeur. « Spaghetti » lâche-t-il avant d’entonner «bi ya mo ma go a muto, bi ya mo ma go». Un duo magique. Un père Yo aux côtés de Spaghetti ! Le délire est total.

Talentueuse et passionnée

Le clou d’un show de bonne facture est enfoncé avec Ben Decca, l’autre père spirituel de Gaëlle Wondje, qui a investi la scène. Un autre duo d’enfer ! Gaëlle, comme elle a toujours su faire, accompagne l’inénarrable Ben Decca moulé dans une chemise verte citron qui pendait sur un pantalon blanc avec une paire de mocassins blanche aux pieds. Le public est debout. Le makossa pur coule de source. On danse sans sourciller. C’est la communion totale. L’ambiance est torride. On n’a pas vu le temps passé. La vedette annonce la fin du show. On en redemande encore. Preuve que c’était du costaud. En réalité, la prestation de Gaëlle Wondje jeudi dernier n’aura pas été une surprise. Talentueuse et passionnée, elle a fait ses preuves dans nombre de cabarets.

En sa qualité de choriste, elle a accompagné de grosses légumes de la chanson camerounaise. André Marie Tala, Ekambi Brillant, Etienne Mbappé et récemment Charlotte Dipanda lors de son Mboa tour. Après ce show mémorable, le public et les fans piaffent d’impatience. Le premier bébé discographique est attendu. Certaines indiscrétions annoncent cet enfantement d’ici avant la fin de l’année 2010. En tout cas, on attend…

Alain NJIPOU

 

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