Miss supranational : Estelle Crescence Essame contre-attaque
L’élue déchue de son titre a donné une conférence de presse à Douala. –
Etudiante en communication d’entreprise, Estelle Crescence Essame sait y faire. La Miss supranational déchue, arborant toujours sa couronne, a donné, à son tour, une conférence de presse courue, hier en mi-journée, à Douala.
La jeune femme est venue faire le récit des événements tels qu’elle les a vécus, de son inscription au concours de Miss supranational à sa disqualification, en passant bien sûr par son élection. Un exposé largement documenté a même été servi aux journalistes, visiblement médusés.
Miss supranational est l’un des cinq plus grands concours de beauté au monde, selon le classement de la Wba (Organisation mondiale de la beauté)… Ce concours de beauté se tient au mois d’août de chaque année. Chaque pays présente une candidate. Pour cette année et pour la première fois, le Cameroun s’est aligné après que Mora Moda eut acquis la licence Afrique auprès de la Wba. Mora Moda est une agence de développement de talents basée à Manchester en Grande Bretagne et dont le directeur général est le Camerounais Sama Ndango.
Joint au téléphone le week-end dernier, Sama Ndango, qui avait présidé lui-même le jury du concours à Douala, qui avait proclamé les résultats et posé, tout sourire, avec la Miss, nous a fait parvenir un communiqué dans lequel il dit : «Après mon retour au Royaume Uni, après le concours Miss Supranational Cameroun, nous avons eu une réunion et avons demandé des détails complémentaires sur la gagnante à Isango ». Ce n’est pas tout à fait ce que Ebelle Sylva de l’agence Isango avait indiqué au cours de son point de presse, pour qui c’est la Wba qui avait demandé des informations sur la taille de la Miss. Isango est le partenaire local de Mora Moda.
Sama Ndango a ensuite affirmé que c’est lui qui a disqualifié Estelle Crescence Essame. Joint d’ailleurs par le staff de celle-ci, il a même martelé que c’est lui qui décidait de qui représenterait le Cameroun à Miss supranational, épreuve prévue bientôt en Pologne. A se demander pourquoi il s’est donné la peine d’organiser un concours à Douala. Et à ce propos, l’une des membres du jury, Marie Elise Ngo Bell, directeur de publication du tout nouveau magazine Héra, a assisté à la conférence de presse d’hier et n’a pas manqué de crier son indignation et de dénoncer les agissements des organisateurs. Une des dauphines d’Estelle Crescence Essame, Denise Prisca Boufang Simo, était également présente, par solidarité avec la Miss déchue et pour se mettre du « côté de la vérité ».
Organisation : La World beauty association ignorait tout
D’après le conseiller de son président, l’organisatrice de Miss supranational
n’a pas été saisie des résultats du concours au Cameroun.
Il y a au moins un mensonge dans ce qui a été dit autour de la disqualification d’Estelle Crescence Essame. Lisez plutôt : «Jusqu’à présent, nous n’avons reçu aucune information du Cameroun. Nous ignorions qu’une personne avait été disqualifiée. D’ailleurs, la Wba ne s’est jamais prononcée dans une quelconque disqualification. Il est donc à retenir que de tels courriels de la Wba n’existent guère. » Ainsi parle Carsten Mohr, « chief advisor to the president » de la World beauty association (Wba), l’Association internationale de la beauté, dans un mail qu’il nous a fait parvenir samedi dernier. Le mail répondait à une précédente correspondance que nous lui avons envoyée à l’effet de vérifier les informations fournies jeudi dernier à Douala par Sylva Ebelle pour expliquer les raisons de la disqualification de Estelle Crescence Essame, élue miss Supranational, quelques jours plus tôt.
Au cours du point de presse, Sylva Ebelle, event and marketing manager de l’agence Isango, expliquait qu’après l’élection de la Miss supranational, les résultats du concours avaient été transmis à la Wba à qui il revenait de les valider. Au lieu de quoi, la Wba, « la Fifa de la beauté », avait poursuivi Sylva Ebelle, avait demandé les certificats de toise de la miss et de ses dauphines pour s’assurer que la miss en particulier avait la taille requise. Des certificats de toise sont ensuite établis montrant que la miss ne faisait qu’1m68 ou 1m69. Ce qui provoque donc sa disqualification. Les organisateurs s’en ouvrent alors à la presse qui, à son tour, accuse Estelle Crescence Essame de tricherie. La Miss déchue argue de sa bonne foi, elle qui s’est inscrite au concours avec sa carte nationale d’identité, document signé du délégué général à la sûreté nationale et lui attribuant la taille de 1m71.
On sait maintenant que la Wba n’a rien à voir avec la disqualification de la Miss. Mieux encore, apprend-on par les bons soins de ce cher monsieur Carsten Mohr, la miss, appelée delegate, doit répondre à certains critères clairement indiqués sur chaque licence délivrée par la Wba. Le quatrième point stipule que « la taille minimale est de 172cm. Il s’agit là d’une condition non d’une obligation. Ainsi, il existe une marge limite de plus ou moins 4cm à ce standard. Voilà pourquoi vous trouvez des finalistes sur la page web de Miss supranational mesurant seulement 1,68 cm ». D’autres Miss supranational mesurent en effet 1m68.
Stéphane Tchakam

