Littérature : Patrice Nganang distingué
L’auteur camerounais a reçu la mention spéciale du Prix des cinq continents de la Francophonie le 9 décembre dernier à Paris. –
L’activisme politique de Patrice Nganang ces derniers mois avaient fini par faire oublier qu’il est avant tout un manieur de langue française et un écrivain de talent. Après une trilogie dont la première séquence lui permit d’avoir le Prix Marguerite Yourcenar et le Grand Prix littéraire d’Afrique noire au début de l’actuelle décennie, voici que l’année 2011 se termine par une nouvelle récompense. Depuis le 30 septembre dernier, il a été désigné pour obtenir la «mention spéciale» de ce prix prestigieux quoique récent. Le 9 décembre dernier, il était à Paris pour recevoir des mains du secrétaire général de la Francophonie, le Sénégalais Abdou Diouf, sa distinction pour son dernier roman «Mont plaisant» paru l’année dernière chez Philippe Rey en France. Un roman qui dévoilait l’héritage culturel du roi bamoun Njoya à la postérité sous le prisme de son exil forcé à Yaoundé.
«Ma réaction par rapport au prix est une de gratification, car ainsi l’espace où la parole camerounaise sera entendue s’est élargi. Qu’un roman qui raconte l’histoire d’une écriture qui fut interdit par l’imposition de la langue française au Cameroun soit ainsi récompensé est paradoxal, et nous savons tous que ce paradoxe de la francophonie n’a pas encore été clos chez nous. Mais l’espace où moi en tant que Camerounais pourrai faire entendre le paradoxe du Cameroun même devient ainsi plus large, ce qui me gratifie vraiment.» C’est avec ces mots bien choisis que l’écrivain a commenté sa distinction. Distinction qui a eu lieu au siège de la Francophonie en présence des anciens lauréats et des sommités littéraires comme Jean-Marie Gustave Le Clézio (Prix Nobel de littérature) ou Lyonel Trouillot le président de cette 10è édition du Prix des cinq continents.
Si Patrice Nganang a eu la mention spéciale, c’est bien la canadienne Jocelyne Saucier qui a raflé la mise pour son roman «Il pleuvait des oiseaux» paru l’année dernière chez XYZ au Canada. En rappel, le Prix des cinq continents créé par la Francophonie en 2001 permet depuis dix ans de «mettre en lumière des talents littéraires reflétant l’expression de la diversité culturelle et éditoriale en langue française sur les cinq continents et de les promouvoir sur la scène littéraire internationale». Une initiative qui permet chaque jour de se rendre compte de ce que «La diversité des écrivains francophones, la place qu’occupent leurs oeuvres dans la littérature mondiale (…) sont la plus belle illustration de la richesse et de la vivacité de la littérature francophone «en français»» pour reprendre les termes du communiqué sanctionnant l’annonce de la distinction.
Parfait Tabapsi

