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Psychose des manifs à Douala

“ C’était grave. Personne ne s’attendait à voir le quartier être envahi par les forces de l’ordre et des engins lourds. Nous avons tellement eu peur que certains parmi les commerçants ont fermé boutique et se sont barricadés dans les domiciles ”. Carrefour des Trois Baham à Bépanda. Hier, mardi 19 février. Il est un peu plus de 12h30. Les échoppes et autres petits commerces tentent de reprendre vie après la folle journée de samedi. Hermine, une jeune fille qui fait le call box et Benjamin, un chauffeur de taxi qui habite le secteur, sortent peu à peu de leur torpeur. Pour eux, comme pour des populations riveraines, la répression qui a suivi la manifestation du combattant Mboua Massock était disproportionnée : “ On ne réprime pas avec des engins lourds une marche pacifique. En plus c’était complètement ridicule de voir toute une armada lancée aux trousses d’un seul homme ”, observent-ils.
Non loin du call box de Hermine, au restau “ La Fourchette d’or ”, des travailleurs profitent de leur pause déjeuner. Conducteurs de motos taxis, maçons, hommes en tenue, ils ne peuvent s’empêcher de revenir sur le défi que Mboua Massock a essayé de lancer au gouverneur Faï Yengo, dont une note interdit toute manifestation sur l’ensemble de la province du Littoral. “ La décision du gouverneur est claire. M. Mboua Massock n’est pas plus citoyen camerounais vivant dans le Littoral qu’une autre personne. Il a provoqué cette situation, il doit en assumer les conséquences ”, pense un homme en tenue.

Dommages
Et les conséquences de cette répression policière, il y en a effectivement : “ Nous avons reçu des émanations de gaz lacrymogène dans mon salon de coiffure alors que je taillais les cheveux d’un client. La gêne était telle que, la porte et la fenêtre fermées n’ont pas facilité la respiration. J’ai donc été obligé de fermer le salon le reste de l’après-midi ”, confie Francis le coiffeur. Du côté de Bépanda Tonnerre, au carrefour du même nom, Joseph, Robert et Alvine qui tiennent des commerces en face Bafunk bar, déplorent quelques dégâts matériels. “ Je vends des chaussures et sandales. Les canaux à eau balancés par l’engin de la police ont mouillé toute ma marchandise. J’ai essayé de nettoyer cette eau à l’aide d’une éponge. Malheureusement, le cuir a été gravement touché ”, témoigne Ibrahim qui s’interroge : “ Comment faire pour être dédommagé ? J’ai perdu des dizaines de paires de chaussures samedi à cause de la répression policière ”.
Déjà, mardi dernier à Bessengue, les forces de l’ordre, dans leur obstination à barrer la marche emmenée par le “ Front du non ”, avait créé un mouvement de panique dans le quartier : “ La peur était partout, palpable. Les clients ne venaient plus acheter nos produits. A la fin de la journée, je me suis aperçu que je n’ai même pas atteint la moitié de ma recette quotidienne. C’est très difficile quand on a une famille de trois enfants à nourrir ”, raconte à son tour un boutiquier de la Vallée de Bessengue. Martine, une brave femme qui vend des condiments de l’autre côté de la rue, maudit la manifestation et la répression qui a suivi : “ Ils viennent faire leur cinéma et puis ils s’en vont. Laissant derrière une situation difficilement gérable ”.
Ainsi donc, les manifestations et les répressions qui les accompagnent depuis quelques jours, à Douala, semblent faire autant de mal aux populations qu’elles dérangent le pouvoir en place. 

Par Jean-Célestin EDJANGUE

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Psychose des manifs à Douala

“ C’était grave. Personne ne s’attendait à voir le quartier être envahi par les forces de l’ordre et des engins lourds. Nous avons tellement eu peur que certains parmi les commerçants ont fermé boutique et se sont barricadés dans les domiciles ”. Carrefour des Trois Baham à Bépanda. Hier, mardi 19 février. Il est un peu plus de 12h30. Les échoppes et autres petits commerces tentent de reprendre vie après la folle journée de samedi. Hermine, une jeune fille qui fait le call box et Benjamin, un chauffeur de taxi qui habite le secteur, sortent peu à peu de leur torpeur. Pour eux, comme pour des populations riveraines, la répression qui a suivi la manifestation du combattant Mboua Massock était disproportionnée : “ On ne réprime pas avec des engins lourds une marche pacifique. En plus c’était complètement ridicule de voir toute une armada lancée aux trousses d’un seul homme ”, observent-ils.
Non loin du call box de Hermine, au restau “ La Fourchette d’or ”, des travailleurs profitent de leur pause déjeuner. Conducteurs de motos taxis, maçons, hommes en tenue, ils ne peuvent s’empêcher de revenir sur le défi que Mboua Massock a essayé de lancer au gouverneur Faï Yengo, dont une note interdit toute manifestation sur l’ensemble de la province du Littoral. “ La décision du gouverneur est claire. M. Mboua Massock n’est pas plus citoyen camerounais vivant dans le Littoral qu’une autre personne. Il a provoqué cette situation, il doit en assumer les conséquences ”, pense un homme en tenue.

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Et les conséquences de cette répression policière, il y en a effectivement : “ Nous avons reçu des émanations de gaz lacrymogène dans mon salon de coiffure alors que je taillais les cheveux d’un client. La gêne était telle que, la porte et la fenêtre fermées n’ont pas facilité la respiration. J’ai donc été obligé de fermer le salon le reste de l’après-midi ”, confie Francis le coiffeur. Du côté de Bépanda Tonnerre, au carrefour du même nom, Joseph, Robert et Alvine qui tiennent des commerces en face Bafunk bar, déplorent quelques dégâts matériels. “ Je vends des chaussures et sandales. Les canaux à eau balancés par l’engin de la police ont mouillé toute ma marchandise. J’ai essayé de nettoyer cette eau à l’aide d’une éponge. Malheureusement, le cuir a été gravement touché ”, témoigne Ibrahim qui s’interroge : “ Comment faire pour être dédommagé ? J’ai perdu des dizaines de paires de chaussures samedi à cause de la répression policière ”.
Déjà, mardi dernier à Bessengue, les forces de l’ordre, dans leur obstination à barrer la marche emmenée par le “ Front du non ”, avait créé un mouvement de panique dans le quartier : “ La peur était partout, palpable. Les clients ne venaient plus acheter nos produits. A la fin de la journée, je me suis aperçu que je n’ai même pas atteint la moitié de ma recette quotidienne. C’est très difficile quand on a une famille de trois enfants à nourrir ”, raconte à son tour un boutiquier de la Vallée de Bessengue. Martine, une brave femme qui vend des condiments de l’autre côté de la rue, maudit la manifestation et la répression qui a suivi : “ Ils viennent faire leur cinéma et puis ils s’en vont. Laissant derrière une situation difficilement gérable ”.
Ainsi donc, les manifestations et les répressions qui les accompagnent depuis quelques jours, à Douala, semblent faire autant de mal aux populations qu’elles dérangent le pouvoir en place. 

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Non loin du call box de Hermine, au restau “ La Fourchette d’or ”, des travailleurs profitent de leur pause déjeuner. Conducteurs de motos taxis, maçons, hommes en tenue, ils ne peuvent s’empêcher de revenir sur le défi que Mboua Massock a essayé de lancer au gouverneur Faï Yengo, dont une note interdit toute manifestation sur l’ensemble de la province du Littoral. “ La décision du gouverneur est claire. M. Mboua Massock n’est pas plus citoyen camerounais vivant dans le Littoral qu’une autre personne. Il a provoqué cette situation, il doit en assumer les conséquences ”, pense un homme en tenue.

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Et les conséquences de cette répression policière, il y en a effectivement : “ Nous avons reçu des émanations de gaz lacrymogène dans mon salon de coiffure alors que je taillais les cheveux d’un client. La gêne était telle que, la porte et la fenêtre fermées n’ont pas facilité la respiration. J’ai donc été obligé de fermer le salon le reste de l’après-midi ”, confie Francis le coiffeur. Du côté de Bépanda Tonnerre, au carrefour du même nom, Joseph, Robert et Alvine qui tiennent des commerces en face Bafunk bar, déplorent quelques dégâts matériels. “ Je vends des chaussures et sandales. Les canaux à eau balancés par l’engin de la police ont mouillé toute ma marchandise. J’ai essayé de nettoyer cette eau à l’aide d’une éponge. Malheureusement, le cuir a été gravement touché ”, témoigne Ibrahim qui s’interroge : “ Comment faire pour être dédommagé ? J’ai perdu des dizaines de paires de chaussures samedi à cause de la répression policière ”.
Déjà, mardi dernier à Bessengue, les forces de l’ordre, dans leur obstination à barrer la marche emmenée par le “ Front du non ”, avait créé un mouvement de panique dans le quartier : “ La peur était partout, palpable. Les clients ne venaient plus acheter nos produits. A la fin de la journée, je me suis aperçu que je n’ai même pas atteint la moitié de ma recette quotidienne. C’est très difficile quand on a une famille de trois enfants à nourrir ”, raconte à son tour un boutiquier de la Vallée de Bessengue. Martine, une brave femme qui vend des condiments de l’autre côté de la rue, maudit la manifestation et la répression qui a suivi : “ Ils viennent faire leur cinéma et puis ils s’en vont. Laissant derrière une situation difficilement gérable ”.
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Et les conséquences de cette répression policière, il y en a effectivement : “ Nous avons reçu des émanations de gaz lacrymogène dans mon salon de coiffure alors que je taillais les cheveux d’un client. La gêne était telle que, la porte et la fenêtre fermées n’ont pas facilité la respiration. J’ai donc été obligé de fermer le salon le reste de l’après-midi ”, confie Francis le coiffeur. Du côté de Bépanda Tonnerre, au carrefour du même nom, Joseph, Robert et Alvine qui tiennent des commerces en face Bafunk bar, déplorent quelques dégâts matériels. “ Je vends des chaussures et sandales. Les canaux à eau balancés par l’engin de la police ont mouillé toute ma marchandise. J’ai essayé de nettoyer cette eau à l’aide d’une éponge. Malheureusement, le cuir a été gravement touché ”, témoigne Ibrahim qui s’interroge : “ Comment faire pour être dédommagé ? J’ai perdu des dizaines de paires de chaussures samedi à cause de la répression policière ”.
Déjà, mardi dernier à Bessengue, les forces de l’ordre, dans leur obstination à barrer la marche emmenée par le “ Front du non ”, avait créé un mouvement de panique dans le quartier : “ La peur était partout, palpable. Les clients ne venaient plus acheter nos produits. A la fin de la journée, je me suis aperçu que je n’ai même pas atteint la moitié de ma recette quotidienne. C’est très difficile quand on a une famille de trois enfants à nourrir ”, raconte à son tour un boutiquier de la Vallée de Bessengue. Martine, une brave femme qui vend des condiments de l’autre côté de la rue, maudit la manifestation et la répression qui a suivi : “ Ils viennent faire leur cinéma et puis ils s’en vont. Laissant derrière une situation difficilement gérable ”.
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Par Jean-Célestin EDJANGUE

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Samuel Eto’o Fils : Entretien

Samuel Eto’o s’était imposé lui-même une censure de la parole cette saison avec pour objectif de se concentrer exclusivement sur ce qui lui donne à manger. Cependant, le Camerounais n’a pas pu profiter du festin à cause d’une nouvelle blessure qui a brisé ses rêves. Alors qu’il en est à un mois de son retour sur les terrains, l’attaquant a rompu le silence pour recevoir Sport. Sincère et honnête, il dit ce qu’il pense, que cela plaise ou non, ou si c’est politiquement correct ou non. Peu de joueurs de sa trempe existent encore dans le monde du football. – Can 2008 : “ Barcelone et la Fécafoot doivent s’arranger ”

Comment va votre blessure ?
Les choses vont bien. Le pied répond assez bien. Je suis conscient que j’ai joué trois mois sur les quinze derniers et que j’ai été en dehors des terrains pendant douze mois. Il faut d’abord que je récupère, physiquement autant que mentalement.

Qu’avez-vous appris de la blessure du ménisque d’il y a un an et quelle erreur ne referez-vous pas ?
Les circonstances sont actuellement différentes : l’équipe fonctionne bien et je ne suis pas anxieux à l’idée de revenir à tout prix. Je dois y aller pas à pas, sans me précipiter.

Effaceriez-vous de votre mémoire la dernière année ?
Personne ne souhaite se blesser. Dieu a placé cet obstacle sur mon chemin et je dois l’accepter. Tout ce que Dieu donne est bon.

Même deux blessures comme celles-là ?
Même deux blessures comme celles-là. Personne ne sait ce qui se serait passé si j’avais joué.

Que diriez-vous à ceux qui disent déjà que jamais plus Eto’o ne sera le même qu’avant la blessure ?
J’ai 26 ans et tout une vie devant moi. On verra ce qui se passera. Mais j’ai une confiance maximale en moi. Et ce qui m’est arrivé, ce sont des choses qui arrivent dans la vie. Le plus important n’est pas la chute, mais la manière dont tu te relèves.

Irez-vous à la Coupe d’Afrique ?
On verra. Je ne peux rien faire. Je comprends la préoccupation du club, mais je comprends également celle de ma sélection. Ils doivent s’arranger entre eux.

Txiki a dit qu’il essayera de parler avec vous et avec Touré Yaya pour que vous n’alliez pas à la Coupe d’Afrique
Txiki doit parler avec la fédération camerounaise. Je jouerai où on me dira de le faire. Je ne suis pas le chef.

Vous sentez-vous mis sous pression par le club ?
Pas du tout. Je jouerai où on me dira.

Mercredi dernier, vous avez prêté serment à la Constitution espagnole et vous êtes désormais un joueur communautaire avec tout ce que cela entraîne. Pour quelle raison n’avez-vous pas attendu la norme qui entrera bientôt en vigueur et qui permettra aux joueurs africains d’être des joueurs communautaires ?
Car cela se restreint à l’Espagne et non à l’Europe. À présent, je suis un joueur communautaire en Europe également.

À Madrid, ils attendent votre retour pour semer la pagaille dans les vestiaires…
Je ne répondrai pas à ces gens, qu’ils attendent ce qu’ils veulent. Je ne suis pas nerveux.

Eto’o a-t-il toujours du crédit ?
Je n’ai rien à démontrer, ce que j’ai réalisé est parlant.

Un attaquant peut-il vivre longtemps sans marquer ?
Quelqu’un m’a dit qu’un attaquant doit faire jouer les autres. Nous sommes les plus proches des buts et avons une meilleure vision de l’attaque. Je suis heureux quand je marque, mais également quand je fais une passe décisive.

Que pensez vous de la façon dont l’équipe joue actuellement ?
Je suis fier d’eux et du travail qu’ils sont en train d’accomplir. Pour l’instant, je ne peux les aider qu’avec mes cris dans les gradins.

Pour quelle raison pensez-vous que les gens ne croient pas chaque fois que vous dites que vous êtes l’ami de Ronaldinho ?
Je n’ai personne à convaincre. Dans ce monde, il y a un toujours le gentil et le méchant. Je ne sais pas si je suis le gentil ou le méchant. Je ne sais pas si je suis le méchant dans l’histoire. Je regarde mes coéquipiers dans les yeux et je pense toujours à l’équipe. Au moment décisif, j’ai besoin de Ronaldinho et Ronaldinho a besoin de moi.

Là où il n y a jamais eu de doute c’est sur l’admiration que vous avez pour Andrés Iniesta
Pour moi c’est un crack. C’est un joueur complet. Je rigole quand on me dit que c’est une promesse. Andrés est une réalité.

Txiki a affirmé que cette saison l’équipe a l’obligation de remporter un titre important et de se lutter jusqu’au bout pour un second. Êtes-vous d’accord ?
Dans la vie, nous avons tous des obligations, les réaliser, c’est autre chose. Nous partageons tous le rêve de Txiki. Ce qui importe, c’est que l’envie de transformer ce rêve en réalité ne nous manque pas.

Vous avez promis lors d’une émission télé, ‘La ronda’ de la chaîne Català, que vous marqueriez 25 buts cette saison. Maintenez-vous point pour point cette promesse ?
On verra. Le présentateur de l’émission, Albert Lesán, m’a dit qu’il me sentait capable de marquer 25 buts et que je le signe sur un papier. J’ai signé comme un geste de reconnaissance pour sa confiance en moi. J’essaye toujours de me dépasser, mais sans m’obséder pour quoique ce soit.

Eto’o sacrifierait-il les buts pour remporter des titres ?
Qui dirait le contraire ? Je marque des buts pour remporter des titres collectifs et non personnels. Si je ne pensais qu’à moi, l’équipe finirait par me tourner le dos.

Pensez-vous avoir déçu quelqu’un à un moment dans le club ?
Pour quelle raison ?

Pour vos déclarations à Vilafranca (accusé de placer ses intérêts personnels avant ceux du club, l’attaquant camerounais avait répondu en indexant certains de ses coéquipiers et son entraîneur, jugé de “ mauvaise personne ”, Ndlr)

Par exemple…
Je n’ai rien fait de mal à Vilafranca. Il y a simplement eu un malentendu. Un manque de communication. Au jour d’aujourd’hui, cela n’arriverait plus, car nous avons appris dans le vestiaire que nous devons parler entre nous pour résoudre les problèmes.

Mais vous êtes allés jusqu’à dire de Rijkaard qu’il est une mauvaise personne…
Je n’ai jamais insulté l’entraîneur. Si j’ai dit quelque chose, c’était par nervosité et à chaud, mais je n’ai voulu attaquer l’entraîneur à aucun moment. Il sait que si un jour j’ai quelque chose à lui dire, je la lui dirai en face.

Pensez-vous que les gens considèrent Eto’o différemment avant et après les événements de Vilafranca ?
Je ne sais pas. C’est clair que je reste le même. Il faut leur demander. Dans tous les cas, je me suis toujours senti aimé par les supporters.

Y a-t-il une raison particulière qui aurait favorisé ce bon ‘feeling’ ?
Je n’ai jamais déçu les supporters du Barça, et je ne le ferai jamais.

Êtes-vous un Culé jusqu’à la mort ?
Je me sens bien ici. Pourquoi voudrais-je m’en aller ? C’est vrai que les choses vont vite dans le football, mais l’argent n’achète pas le bonheur.

Le fait de signer au Barça a t-il été la meilleure décision de votre vie ?
Sans doute.

D’où votre amitié incorruptible avec le président Joan Laporta, plus grand artisan de votre venue dans le club ?
Les gens ne savent pas combien le président a dû se battre pour que je puisse signer au Barça.

Cela vous fait-il mal qu’on dise que vous êtes le chouchou du président ?
Je ne peux pas le cacher. Le président est mon ami. Il m’a défendu quand il a fallu le faire. Il l’a fait lors de mon recrutement, alors qu’il ne savait pas encore si j’allais assurer. Je ne sais pas ce qui l’a motivé à l’époque. Il devait percevoir ma détermination à venir ici.

Vous ne m’avez pas dit si ça vous fait mal ou non ?
Toute la douleur qu’ils ont voulu me faire sentir du fait de mon amitié avec le président ne représente même pas le centième de l’amitié que j’ai pour lui. Cela ne m’affecte aucunement. Je suis très fier de l’avoir à mes côtés.

Comment évaluez-vous votre rendement au cours des quatre saisons passées à Barcelone ?
Les deux premières ont été très bonnes, puis il y a eu les blessures et je n’ai pas tellement pu profiter du football. Franchement, ces blessures tiennent de la malchance, car en dix ans, je ne m’étais jamais blessé et maintenant, je me blesse deux fois presque de suite.

Pensez-vous être chanceux d’être au Barça ?
Bien sûr ! Je suis dans le meilleur club au monde. Les coéquipiers, le public, la direction…Tout un rêve pour un footballeur. C’est pour cela, au mieux que changer d’air sera autant difficile…car tu sais que il n y aura rien de mieux que le Barça. Au niveau émotionnel, je suis certain que je n’irai dans un club aussi grand que le Barça.
“ J’ai une immense envie de revenir, mais c’est mon pied qui décide… ”

Que pensez-vous de la création d’un code interne dans le vestiaire ?
Quand il y a un groupe, c’est normal qu’il y ait des lois. Il me semble logique qu’il y ait une série de codes et de normes de conduites pour ne pas porter préjudice à l’image du club.

Pensez-vous qu’un joueur quelconque se sentira ‘persécuté’ avec ce code interne ?
Il faut d’abord penser au bien de l’équipe et à la famille. Si un joueur sort chaque jour et se présente aux entraînements irrégulièrement, il s’agit d’un manque de respect au reste du groupe. L’équipe doit être une famille, et nous devons tous nous respecter.

Puyol est l’exemple à suivre dans ce sens.
Tout à fait ! C’est la raison pour laquelle il est notre capitaine. C’est un modèle de professionnalisme pour tous.

Avez-vous déjà pensé une fois devenir capitaine ?
Moi ? Comment ça ! Nous sommes très bien représentés par Carles comme capitaine. Il n y a pas de meilleur capitaine que lui.

Vous étiez pourtant capitaine à Majorque…
Effectivement. J’ai été choisi par l’équipe car j’étais le leader du groupe. C’est vrai que mon neveu me demande sans cesse pourquoi je ne suis pas le capitaine à Barcelone.

Est-il vrai qu’il y a des groupes dans les vestiaires ?
S’il y en a, c’est que je ne m’en suis pas rendu compte.

Au moins par la filiation francophile que vous avez avec des joueurs comme Henry, Abidal ou Touré qui parleront plus avec vous…
Pas du tout. Dans le vestiaire, nous nous sommes engagés à ne pas parler français entre nous pour éviter que ça ne devienne un groupe fermé. Dans les vestiaires, on parle soit l’espagnol, soit le français entre nous, même s’il faut reconnaître que c’est plus difficile pour certains que pour d’autres.

Quel joueur a le plus de problèmes de langue ?
Ah non ! Je ne pense pas le dire. C’est un secret du vestiaire qui reste comme tel.

Comptez-vous les jours qui vous séparent de votre retour
Je ne veux pas me définir des délais. Je dois y aller pas à pas, en pensant que le plus important c’est de bien récupérer et de revenir pour aider l’équipe à remporter des victoires. Je ne suis par contre pas disposé à être un fardeau. Quand je reviendrai dans le groupe, ce sera pour être un joueur de plus et me sentir aussi footballeur que quiconque.

L’anxiété de revenir ne vous ronge-t-elle pas ?
J’ai une immense envie de revenir, mais c’est mon pied qui décide et il me dira quand je pourrai jouer. Mais ce qui importe ce n’est pas moi, c’est que l’équipe continue à gagner des matches et qu’elle continue à jouer comme elle le fait actuellement.

Eto’o accepterait-il de commencer sur le banc ?
Pourquoi pas ? Si je suis sur le banc, il n y aura pas de problème. C’est une chose que je puisse être vexé, c’en est une autre que je porte préjudice à l’équipe. Evidemment, quand je serai bien, je voudrai toujours jouer, mais je comprendrai également la décision de l’entraîneur. Je n’ai jamais été un problème et je ne veux pas l’être.

On se retrouvera donc lorsque vous reviendrez de votre blessure
Je reviendrai le fusil chargé et prêt à répandre mon sang sur le terrain.
“ Je n’oublie et ne pardonne pas ”

Vous sentez-vous persécuté ?
C’est la rançon de la célébrité, mais je n’arrêterais pas de faire les choses parce que je suis célèbre. Par exemple, il y a quelques jours, je suis allé au cinéma pour voir un film de Demi Moore (Flawless) et il n’ y a eu aucun problème. Je vais beaucoup dans les restaurants et les gens me traitent avec le plus grand respect.

Dans tous les cas, êtes-vous inquiet d’être devenu l’un des objectifs de la télé-poubelle ?
Ce qui m’inquiète c’est qu’ils ne veulent pas reconnaître le vrai Eto’o. Les gens parlent de moi sans me reconnaître. On te juge en cinq minutes. La vie de personne ne se résume à cinq minutes.

On dit d’Eto’o qu’il veut toujours avoir raison et qu’il ne reconnaît jamais qu’il se trompe…
C’est un mensonge. Chaque jour je fais des erreurs, comme tout le monde.

…qu’il est très exigeant avec son entourage
Je suis conscient qu’à la fin de ma carrière, je finirais avec quatre ou cinq amis, ceux qui ne m’ont jamais lâché et qui m’ont toujours dit les choses en face. Dans la vie, il y a toujours des amis qui arrivent par intérêt. Ceux qui profitent de toi, mais dont toi aussi tu profites à un moment donné

Quelle est votre plus grande vertu ?
La générosité et la confiance en moi.

Et votre pire défaut ?
Je ne pardonne et n’oublie jamais.

Avez-vous autant de rancune ?
Ce n’est pas que je suis rancunier, mais dans la vie tu reçois beaucoup de coups et il ne faut pas oublier ce qu’on te fait pour ne pas refaire la même erreur. Si quelqu’un me fait du mal, je prends note. Je viens de la rue et j’ai dû survivre ainsi. C’est la raison pour laquelle je n’oublie pas, et que je ne pardonne pas non plus.

Êtes-vous conscient que vous êtes une personne controversée ?
Je sais que je génère des opinions et des divisions, mais j’insiste sur le fait que peu de personnes me connaissent vraiment.

Quelle place la religion occupe-t-elle dans votre vie ?
Sans Dieu, je ne suis rien. Je dois le remercier de nombreuses fois pour tout ce qu’il m’a donné et m’a permis de réaliser dans la vie.

Et votre famille ?
C’est le plus important pour moi. Je vis pour eux. L’amour de la famille est le type d’amour le plus important que tout être humain peut offrir.

Aimeriez-vous que votre fils soit footballeur ?
Je ne vais jamais lui mettre la pression pour qu’il devienne footballeur comme moi. Mon devoir de père est d’élever mes enfants jusqu’à leurs 18 ans, qu’ils soient bien prêts et capables par eux-mêmes de décider ce qu’ils veulent faire dans la vie.

Complétez la phrase suivante : Je donnerais tout mon argent…
Pour voir mes enfants heureux.

Dans vos plans d’avenir, existe-t-il la possibilité de finir en tant que politicien dans votre pays comme c’est le cas du libérien George Weah ?
Je ne veux pour rien au monde devenir politicien. J’ai d’autres idées en tête.

Lesquelles par exemple ?
Je préfère les garder secrètes.

Quelle est la pire insulte que vous ayez reçue dans la vie à cause de la couleur de votre peau ?
On m’a dit beaucoup de choses et on m’a insulté de toutes les manières, mais surtout le “ noir de merde ” était quelque chose qui me faisait beaucoup de peine. Cependant, maintenant je rigole quand j’entends cela sur un terrain de football, car n’offense pas qui veut, mais qui peut.

Sur un terrain de foot, chaque fois que vous touchiez le ballon, les gens faisaient un bruit d’un singe…
C’est vrai. Mais tout cela est assez illogique, car ces personnes qui le font se déplacent pour voir un singe. Je pense qu’il s’agit d’un reflet évident de l’infériorité de ceux qui insultent pour insulter. 

Par Entretien avec JavierMiguel/JoanMonfort (Sport) Traduction de Guy Everard Mbarga
Le 22-10-2007

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