La société accuse l’artiste d’avoir dénoncés ses dirigeants de détournement de fonds. Ce dernier nie.
Dorine Ekwè –

A la veille de la fin du mandat du président du conseil d’administration de la Cmc, Sam Mbendé, le 16 avril prochain, la tension monte et les esprits s’échauffent chez les artistes musiciens. Hier lundi 21 janvier, la direction de la Communication de la Cameroon Music Corporation (Cmc) a rendu public un communiqué dénonçant les "accusations infondées et notoirement de mauvaise foi de la part de M. Roméo Dika, au cours de l’émission " Embouteillage "de Martinez Zogo sur Magic FM, le mercredi 16 janvier 2008."
Le service de presse de la corporation affirme en effet que : "au lieu de s’en tenir à l’annonce de sa candidature à la Présidence du Conseil d’Administration de la Cmc, ce qui est tout à fait normal, l’ancien Secrétaire Général de la Société Civile Nationale du Droit d’Auteur (Socinada) a cru devoir affirmer entre autres que des malversations financières avaient cours à la Cmc". Et Guy Zogo que nous avons joint au téléphone de poursuivre : "Après le mois d’avril, nous sommes tenus d’organiser une assemblée générale au plus tard en mai sinon la vie de la société sera perturbée. C’est pour cela que nous respecterons le fait que M. Dika annonce clairement sa candidature à ce poste sans pour autant verser dans le mensonge."
Joint par téléphone, Roméo Dika confie : " je n’ai pas d’éducation pour ce genre de propos. J’ai fait une intervention sur Magic Fm le 16 janvier dernier pour essayer de répondre aux vœux des artistes de me voir occupé le poste de Pca. C’est pour cette raison uniquement que j’ai fait cette intervention. Ensuite, hier, j’ai juste demander à l’équipe actuelle de répondre produire le bilan de leur mandat". Seulement, hier, l’artiste Abanda Kiss Kiss, sur les ondes de la même radio et au cours de l’émission ; "Embouteillage" se plaignait de la mauvaise qualité des répartitions et du fait qu’il n’ait pas perçu le moindre radis " depuis l’arrivée de Sam Mbendé à la tête de la Cmc ". Il s’interroge: "veut-on me dire que sur toute l’étendue du territoire, on n’a pas joué une de mes chansons au moins une fois ?"
Et la Cmc de rétorquer dans son communiqué : 13 répartitions des droits aux artistes ont eu lieu. Leur montant s’élève à plus d’un milliard de Francs CFA. " Ce qui n’a pas été fait même de l’époque de la Socindada où M. Dika trôna en tout puissant Secrétaire Général. Une fonction qu’il ne cesse d’ailleurs de revendiquer, suppliant l’actuel PCA de la CMC de modifier les statuts pour la lui offrir à nouveau." Et le chargé de communication soutient : " comme chacun peut s’en apercevoir, M. Dika nous ressert ses habituelles affabulations sur le droit d’auteur au Cameroun. S’agissant des malversations dont il parle, la Cmc le met au défi d’apporter les preuves irréfutables des affirmations haineuses et malhonnêtes qu’il répand comme du poison pour ébranler les artistes musiciens".
De même il rappelle au souvenir de Roméo Dika les " détournements, cette fois là bien réels, de 1 milliard 420.millions de francs CFA qui ont mené à la banqueroute de cette entreprise. Un audit indépendant a bien montré la part de responsabilité de M. Dika dans cet épisode triste du droit d’auteur au Cameroun". Ce à quoi l’intéressé rétorque : "je pense que c’est la fait que j’ai présenté ma candidature au poste de Pca il y a une semaine qui sème la panique à la Cmc".