Droit d’auteur : La Cmc se lance dans les recouvrements forcés
Une équipe conduite par Lapiro de Mbanga est descendue à Total, Saga et Sdv pour obtenir paiement.
Ruth Joëlle Ngo Pallawo (Stagiaire Syfia/Jade Cameroun) – Vendredi 17 Août dernier, des membres de la Cameroon Music Corporation (Cmc) sous la direction de Lapiro de Mbanga débarquent à la Total, Saga et Sdv. Ils disent agir sous l’ordre du procureur de la république et sont d’ailleurs à cet effet accompagnés de deux huissiers de justice et de policiers en uniforme. Ils entendent faire appliquer la décision n° 0002/Mincult/Cab du 12 mai 2006, signée par le ministre de la Culture, fixant le taux et modalités de perception de la redevance du droit d’auteur et des droits voisins. Première escale, la Total. Devant la direction générale de Total Cameroun, au lieu dit carrefour Soudanaise à Akwa, tambours et autres instruments de musique raisonnent attirant la foule. Ngando Picket, mascotte de l’équipe nationale du Cameroun, accompagné de ses éléments exécutent des pas de danse.
Certains danseurs brandissent des plaques sur lesquelles on peut lire : "s’acquitter des droits d’auteur c’est protéger le travail de l’artiste ou encore " non à la piraterie!!! La piraterie tue la musique et les créateurs de l’œuvre de l’esprit." On entend également de la bouche de quelques artistes musiciens présents sur les lieux à l’instar de Petit Piment, Djene Djento, Toucouleur, Fred Bollo, Peugeot Bebey, Devis Mambo, Axel Mouna et agents de la Cmc, "laissez-les, ils vont payer"; "c’est le boucan !". "Lors de son 60e anniversaire, la Total a fait passer nos musiques, elle va payer les 44 millions qu’elle nous doit", déclare Lapiro de Mbanga. "Total fait partie de ceux là qui ne veulent pas s’acquitter de leurs droits suite à la convention qu’elle a signée l’année dernière", ajoute Lapiro. Après les tiraillements entre les vigiles de l’entreprise pétrolière et les artistes, la Total a pu s’entendre avec les membres de la délégation de la Cmc en sollicitant une négociation avec le Pca de la société des droits d’auteur et président de la commission de la mission de recouvrement, Sam Mbende.
Séquestration
La troupe a donc mis un bémol et s’est déportée à Banjo devant les locaux de la Saga et Sdv, deux entreprises du groupe Bolloré qui semblent avoir la même direction générale, où les vigiles leur refusent l’accès. Après plusieurs échanges où la courtoisie n’était pas toujours de mise, le responsable du personnel de l’une des sociétés a voulu que les membres de la Cmc et la police suivent la procédure qui veut qu’ils soient identifiés et annoncés avant d’accéder au bâtiment. Les policiers se sentent alors obligés de descendre du véhicule afin d’ordonner l’ouverture du portail et l’un d’entre eux clame : "s’ils ne veulent pas nous faire entrer, on ne bouge pas le véhicule. Dans ce cas aucun véhicule n’entre et aucun ne sort". Une employée en service dans le bâtiment pris d’assaut par les artistes trouve: "qu’il n’est pas normal de faire attendre les officiers".
C’est à ce moment que Lapiro de Mbanga, les deux huissiers et quelques-uns des policiers ont pu entrer dans les locaux de la Saga et Sdv pour rencontrer les responsables de l’entreprise. Une heure et 15 minutes plus tard, les membres de l’équipe ne sont toujours pas sortis. Les instants d’après deux véhicules de police arrivent. On aperçoit le commissaire spécial et celui du commissariat central.
Pour le public présent, les personnes à l’intérieur sont victimes "d’une séquestration". Mais à la sortie des locaux de la Saga et Sdv, les membres de l’équipe de la Cmc, huissiers et la police avaient à leur côté un vigile du nom de Jean Djombou. Ce dernier, accusé d’avoir colleter un officier de police a été à l’origine du retard observé avant le début des pourparlers, confie Lapiro. Le vigile est d’ailleurs conduit dans une unité police.
"Aucune conclusion n’a été faite vue que les deux entreprises du groupe Bolloré se sont violemment opposées. D’ailleurs, cela a été dès lors mentionné à la fin sur procès verbal (PV) et le commissariat central à travers le patron des lieux est venu à la rescousse de ceux qui étaient sur le terrain. Pour l’instant nous avons pris acte et nous allons saisir les juridictions compétentes pour la suite de l’affaire ", déclare le Manfred Moumi responsable de la communication à la Cmc.

