Le réalisateur burkinabé du film « Humanitaire » dénonce les conflits armés en Afrique.
Propos recueillis par Emmanuelle. H. Engolo –
Pourquoi avez-vous décidé d’être réalisateur ?C’est un métier de passion. Après le Baccalauréat, j’ai demandé à être orienté en cinéma à l’université, mais la filière était fermée depuis deux ans. J’ai décidé d’aller en Algérie, mais à cause des événements de 1990, je n’y suis plus allé. Finalement, j’ai eu un stage à la télévision nationale du Burkina Faso. Quand il y avait des tournages à faire, je demandais à travailler sur des plateaux de tournage. Et en 1995, j’ai tourné mon premier court métrage. Dans ce film, j’ai anticipé presque sept ans avant sur les événements en Côte d’Ivoire. En 1998, je remporte le premier étalon du court métrage à Ouagadougou.
Quelles sont les difficultés d’un réalisateur au quotidien ?
Ce n’est pas facile de tenir, il est facile de raccrocher une ou deux années après. C’est un panier à crabes où les gros mangent les petits. C’est un métier qui exige d’être vigilant. Dans ce métier, les gens sont tellement égoïstes. La collaboration est superficielle, les gens rient avec toi mais dans le dos, ils te poignardent. L’autre problème réside dans la recherche des financements. En général, on fait des dossiers qu’on envoie dans certaines institutions qui aident les réalisateurs africains. On peut galérer près de trois ans pour réaliser un court métrage. Ce n’est pas évident.
Quels sont vos projets immédiats ?
Au mois d’août, je dois tourner un court métrage et le 15 juin je dois commencer le tournage des vingt derniers épisodes de la seconde saison d’une série. La première saison a bien marché. Il s’agit de l’histoire des enfants soldats en Afrique.
Pourquoi ce penchant pour le thème de la guerre ?
J’en ai marre de la guerre, tout le temps on se tape dessus en Afrique. Au lieu de chercher à s’unir en fait, on cherche à diviser pour mieux régner. C’est ça que je dénonce. Pas parce que je suis nostalgique de la guerre, mais c’est pour exprimer mon dégoût de la guerre que je la mets en images. C’est facile de la déclencher mais difficile de l’arrêter. Je ne souhaite pas à un pays de vivre cela.