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Diplomatie : Imbroglio camerounais à Dakar



Nommé depuis février, le nouvel ambassadeur n’a pris ses fonctions qu’hier pendant que l’ancien refuse de quitter la résidence.
Alain B. Batongué


La situation que vit l’ambassade du Cameroun à Dakar depuis mardi dernier est inédite dans les annales de la diplomatie camerounaise. Jean Koe Ntonga, nommé ambassadeur du Cameroun au Sénégal par décret présidentiel du 22 février 2008 est arrivé à Dakar mardi le 02 décembre. Il a le lendemain présenté au ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, les copies figurées des lettres de créance. Mais il a retrouvé dans la capitale sénégalaise l’ambassadeur sortant, Emmanuel Mbonjo Ejangue, qui occupe toujours la résidence officielle et qui n’a consenti à la libérer, qui en début de semaine, le bureau et la chancellerie.

Cette situation inédite, que le ministre camerounais des relations extérieures Henri Eyebe Ayissi l’a longtemps redouté. Il a même tenté de l’éviter ; embarrasse au plus haut point le gouvernement camerounais, en même temps qu’elle met en lumière le manque de rigueur et de cohérence dans la gestion des dossiers gouvernementaux. L’alerte avait déjà été donnée le 23 octobre dernier lorsque des observateurs, étonnés, ont aperçu Jean Koe Ntonga à une cérémonie de remise de médailles aux diplômés de l’Institut africain d’informatique (Iai) à Yaoundé. Le fait d’avoir été longtemps ambassadeur du Cameroun à Libreville et son amitié avec le ministre gabonais du Budget, par ailleurs Pca de Iai, pouvait-il justifier qu’il se soit déplacé de Dakar pour prendre part à cette cérémonie certes importante ?

Le lendemain, le reporter se fera dire au ministère des Relations extérieures que le nouvel ambassadeur du Cameroun à Dakar, qui a libéré son poste à Libreville le 14 mai 2008, une semaine avant la célébration de la fête nationale, n’a toujours pas pris son service, parce que les usages commandent que le nouveau et l’ancien ambassadeur ne se retrouvent pas au même moment dans le pays d’accueil. Que l’infortuné ambassadeur avait dû prolonger son séjour à l’hôtel Hilton avant de choisir l’option d’aller habiter en famille dans un domicile privé. Mutations avait relayé, début juin, d’énormes difficultés, logistiques notamment, que le gouvernement camerounais avait pour couvrir les différents frais liés aux déplacements des diplomates nouvellement affectés.

Au revoir et décoration
Mais, de sources proches du ministre des Relations extérieures et de celui des Finances, des solutions financières ont finalement été trouvées et l’ensemble des ambassadeurs retardataires ont reçu, aussi bien de la présidence de la République que du ministère des Relations extérieures, les lettres de créance, copies figurées et ordres de mission à la mi juin. Qu’est ce qui causait donc problème pour prolonger aussi longtemps la prise de fonction ? Au Minrex, on indique que la première raison était la même que pour tous les autres ambassadeurs: Les difficultés à débloquer l’argent correspondant aux frais de relève. Mais dans le cas d’espèce, même quand cet argent a été provisionné, l’ambassadeur Mbonjo Ejangue aurait indiqué que le montant retenu ne correspondait pas à ses besoins.

"Il a adressé une lettre au ministre", indique, sous anonymat, un directeur au Minrex qui précise: "Il estimait qu’après avoir fait près de 20 ans à Dakar, il ne pouvait pas revenir avec juste quelques valises et que l’argent mis à sa disposition ne suffisait pas à ramener tous ces bagages, d’autant qu’aucun arrangement n’était plus possible avec Camair qui ne volait plus". Le ministre aurait estimé que tous les diplomates devaient être logés à la même enseigne, et qu’il n’avait pas le pouvoir de régler des problèmes particuliers. Il aurait alors indiqué à l’ambassadeur appelé à revenir au pays à engager au plus vite les formalités d’usage, d’autant qu’à Dakar, il était, comme plusieurs autres diplomates camerounais, le doyen du corps diplomatique.
A Dakar, selon nos sources au Minrex, Emmanuel Mbonjo Ejangue est reçu à la mi-juillet par l’ensemble du corps diplomatique qui lui fait ses adieux. La même cérémonie a lieu fin octobre avec le groupe africain à Dakar, mais il ne donne toujours aucune indication de retour, faisant valoir que ses exigences financières restent valables. Le 17 novembre, Henri Eyebe Ayissi, que la situation commence à exaspérer, écrit à son homologue sénégalais, lui annonçant l’arrivée le 25 novembre du nouvel ambassadeur. Le diplomate sénégalais comprend entre les lignes et organise une audience d’adieu du doyen avec le président Wade. Ce qui est fait le 22 novembre, audience au cours de laquelle Emmanuel Mbonjo Ejangue est d’ailleurs décoré.

Et c’est à la suite que le Minrex, par une autre correspondance adressée personnellement à M Mbonjo Ejangue, lui annonce que le nouvel ambassadeur arrivera à Dakar le 02 décembre et lui demande, comme le recommandent les usages, de libérer les lieux avant l’arrivée de son successeur. Le nouvel ambassadeur est bel et ben arrivé mardi le 02 décembre. Mais l’ancien n’est pas parti. Ce qui a amené Jean Koe Ntonga à prendre ses quartiers dans un hôtel de la place. Une situation qui embarrasse, depuis de nombreux mois, le personnel de l’ambassade, à l’instar du 1er conseiller, Mme Blandine Ngoué, que nous avons jointe au téléphone hier, et qui regrettait que les hommes ne sachent pas se mettre à la hauteur de leur fonctions qu’ils ont occupé.
La seule chose qui a été sauvée hier à Dakar, c’est que juste après la présentation des copies figurées au ministre sénégalais, le nouvel ambassadeur a pu représenter le Cameroun à l’ouverture de la Conférence internationale sur le sida qui se tient dans la capitale sénégalaise.

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Nommé depuis février, le nouvel ambassadeur n’a pris ses fonctions qu’hier pendant que l’ancien refuse de quitter la résidence.
Alain B. Batongué


La situation que vit l’ambassade du Cameroun à Dakar depuis mardi dernier est inédite dans les annales de la diplomatie camerounaise. Jean Koe Ntonga, nommé ambassadeur du Cameroun au Sénégal par décret présidentiel du 22 février 2008 est arrivé à Dakar mardi le 02 décembre. Il a le lendemain présenté au ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, les copies figurées des lettres de créance. Mais il a retrouvé dans la capitale sénégalaise l’ambassadeur sortant, Emmanuel Mbonjo Ejangue, qui occupe toujours la résidence officielle et qui n’a consenti à la libérer, qui en début de semaine, le bureau et la chancellerie.

Cette situation inédite, que le ministre camerounais des relations extérieures Henri Eyebe Ayissi l’a longtemps redouté. Il a même tenté de l’éviter ; embarrasse au plus haut point le gouvernement camerounais, en même temps qu’elle met en lumière le manque de rigueur et de cohérence dans la gestion des dossiers gouvernementaux. L’alerte avait déjà été donnée le 23 octobre dernier lorsque des observateurs, étonnés, ont aperçu Jean Koe Ntonga à une cérémonie de remise de médailles aux diplômés de l’Institut africain d’informatique (Iai) à Yaoundé. Le fait d’avoir été longtemps ambassadeur du Cameroun à Libreville et son amitié avec le ministre gabonais du Budget, par ailleurs Pca de Iai, pouvait-il justifier qu’il se soit déplacé de Dakar pour prendre part à cette cérémonie certes importante ?

Le lendemain, le reporter se fera dire au ministère des Relations extérieures que le nouvel ambassadeur du Cameroun à Dakar, qui a libéré son poste à Libreville le 14 mai 2008, une semaine avant la célébration de la fête nationale, n’a toujours pas pris son service, parce que les usages commandent que le nouveau et l’ancien ambassadeur ne se retrouvent pas au même moment dans le pays d’accueil. Que l’infortuné ambassadeur avait dû prolonger son séjour à l’hôtel Hilton avant de choisir l’option d’aller habiter en famille dans un domicile privé. Mutations avait relayé, début juin, d’énormes difficultés, logistiques notamment, que le gouvernement camerounais avait pour couvrir les différents frais liés aux déplacements des diplomates nouvellement affectés.

Au revoir et décoration
Mais, de sources proches du ministre des Relations extérieures et de celui des Finances, des solutions financières ont finalement été trouvées et l’ensemble des ambassadeurs retardataires ont reçu, aussi bien de la présidence de la République que du ministère des Relations extérieures, les lettres de créance, copies figurées et ordres de mission à la mi juin. Qu’est ce qui causait donc problème pour prolonger aussi longtemps la prise de fonction ? Au Minrex, on indique que la première raison était la même que pour tous les autres ambassadeurs: Les difficultés à débloquer l’argent correspondant aux frais de relève. Mais dans le cas d’espèce, même quand cet argent a été provisionné, l’ambassadeur Mbonjo Ejangue aurait indiqué que le montant retenu ne correspondait pas à ses besoins.

"Il a adressé une lettre au ministre", indique, sous anonymat, un directeur au Minrex qui précise: "Il estimait qu’après avoir fait près de 20 ans à Dakar, il ne pouvait pas revenir avec juste quelques valises et que l’argent mis à sa disposition ne suffisait pas à ramener tous ces bagages, d’autant qu’aucun arrangement n’était plus possible avec Camair qui ne volait plus". Le ministre aurait estimé que tous les diplomates devaient être logés à la même enseigne, et qu’il n’avait pas le pouvoir de régler des problèmes particuliers. Il aurait alors indiqué à l’ambassadeur appelé à revenir au pays à engager au plus vite les formalités d’usage, d’autant qu’à Dakar, il était, comme plusieurs autres diplomates camerounais, le doyen du corps diplomatique.
A Dakar, selon nos sources au Minrex, Emmanuel Mbonjo Ejangue est reçu à la mi-juillet par l’ensemble du corps diplomatique qui lui fait ses adieux. La même cérémonie a lieu fin octobre avec le groupe africain à Dakar, mais il ne donne toujours aucune indication de retour, faisant valoir que ses exigences financières restent valables. Le 17 novembre, Henri Eyebe Ayissi, que la situation commence à exaspérer, écrit à son homologue sénégalais, lui annonçant l’arrivée le 25 novembre du nouvel ambassadeur. Le diplomate sénégalais comprend entre les lignes et organise une audience d’adieu du doyen avec le président Wade. Ce qui est fait le 22 novembre, audience au cours de laquelle Emmanuel Mbonjo Ejangue est d’ailleurs décoré.

Et c’est à la suite que le Minrex, par une autre correspondance adressée personnellement à M Mbonjo Ejangue, lui annonce que le nouvel ambassadeur arrivera à Dakar le 02 décembre et lui demande, comme le recommandent les usages, de libérer les lieux avant l’arrivée de son successeur. Le nouvel ambassadeur est bel et ben arrivé mardi le 02 décembre. Mais l’ancien n’est pas parti. Ce qui a amené Jean Koe Ntonga à prendre ses quartiers dans un hôtel de la place. Une situation qui embarrasse, depuis de nombreux mois, le personnel de l’ambassade, à l’instar du 1er conseiller, Mme Blandine Ngoué, que nous avons jointe au téléphone hier, et qui regrettait que les hommes ne sachent pas se mettre à la hauteur de leur fonctions qu’ils ont occupé.
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La situation que vit l’ambassade du Cameroun à Dakar depuis mardi dernier est inédite dans les annales de la diplomatie camerounaise. Jean Koe Ntonga, nommé ambassadeur du Cameroun au Sénégal par décret présidentiel du 22 février 2008 est arrivé à Dakar mardi le 02 décembre. Il a le lendemain présenté au ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, les copies figurées des lettres de créance. Mais il a retrouvé dans la capitale sénégalaise l’ambassadeur sortant, Emmanuel Mbonjo Ejangue, qui occupe toujours la résidence officielle et qui n’a consenti à la libérer, qui en début de semaine, le bureau et la chancellerie.

Cette situation inédite, que le ministre camerounais des relations extérieures Henri Eyebe Ayissi l’a longtemps redouté. Il a même tenté de l’éviter ; embarrasse au plus haut point le gouvernement camerounais, en même temps qu’elle met en lumière le manque de rigueur et de cohérence dans la gestion des dossiers gouvernementaux. L’alerte avait déjà été donnée le 23 octobre dernier lorsque des observateurs, étonnés, ont aperçu Jean Koe Ntonga à une cérémonie de remise de médailles aux diplômés de l’Institut africain d’informatique (Iai) à Yaoundé. Le fait d’avoir été longtemps ambassadeur du Cameroun à Libreville et son amitié avec le ministre gabonais du Budget, par ailleurs Pca de Iai, pouvait-il justifier qu’il se soit déplacé de Dakar pour prendre part à cette cérémonie certes importante ?

Le lendemain, le reporter se fera dire au ministère des Relations extérieures que le nouvel ambassadeur du Cameroun à Dakar, qui a libéré son poste à Libreville le 14 mai 2008, une semaine avant la célébration de la fête nationale, n’a toujours pas pris son service, parce que les usages commandent que le nouveau et l’ancien ambassadeur ne se retrouvent pas au même moment dans le pays d’accueil. Que l’infortuné ambassadeur avait dû prolonger son séjour à l’hôtel Hilton avant de choisir l’option d’aller habiter en famille dans un domicile privé. Mutations avait relayé, début juin, d’énormes difficultés, logistiques notamment, que le gouvernement camerounais avait pour couvrir les différents frais liés aux déplacements des diplomates nouvellement affectés.

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Mais, de sources proches du ministre des Relations extérieures et de celui des Finances, des solutions financières ont finalement été trouvées et l’ensemble des ambassadeurs retardataires ont reçu, aussi bien de la présidence de la République que du ministère des Relations extérieures, les lettres de créance, copies figurées et ordres de mission à la mi juin. Qu’est ce qui causait donc problème pour prolonger aussi longtemps la prise de fonction ? Au Minrex, on indique que la première raison était la même que pour tous les autres ambassadeurs: Les difficultés à débloquer l’argent correspondant aux frais de relève. Mais dans le cas d’espèce, même quand cet argent a été provisionné, l’ambassadeur Mbonjo Ejangue aurait indiqué que le montant retenu ne correspondait pas à ses besoins.

"Il a adressé une lettre au ministre", indique, sous anonymat, un directeur au Minrex qui précise: "Il estimait qu’après avoir fait près de 20 ans à Dakar, il ne pouvait pas revenir avec juste quelques valises et que l’argent mis à sa disposition ne suffisait pas à ramener tous ces bagages, d’autant qu’aucun arrangement n’était plus possible avec Camair qui ne volait plus". Le ministre aurait estimé que tous les diplomates devaient être logés à la même enseigne, et qu’il n’avait pas le pouvoir de régler des problèmes particuliers. Il aurait alors indiqué à l’ambassadeur appelé à revenir au pays à engager au plus vite les formalités d’usage, d’autant qu’à Dakar, il était, comme plusieurs autres diplomates camerounais, le doyen du corps diplomatique.
A Dakar, selon nos sources au Minrex, Emmanuel Mbonjo Ejangue est reçu à la mi-juillet par l’ensemble du corps diplomatique qui lui fait ses adieux. La même cérémonie a lieu fin octobre avec le groupe africain à Dakar, mais il ne donne toujours aucune indication de retour, faisant valoir que ses exigences financières restent valables. Le 17 novembre, Henri Eyebe Ayissi, que la situation commence à exaspérer, écrit à son homologue sénégalais, lui annonçant l’arrivée le 25 novembre du nouvel ambassadeur. Le diplomate sénégalais comprend entre les lignes et organise une audience d’adieu du doyen avec le président Wade. Ce qui est fait le 22 novembre, audience au cours de laquelle Emmanuel Mbonjo Ejangue est d’ailleurs décoré.

Et c’est à la suite que le Minrex, par une autre correspondance adressée personnellement à M Mbonjo Ejangue, lui annonce que le nouvel ambassadeur arrivera à Dakar le 02 décembre et lui demande, comme le recommandent les usages, de libérer les lieux avant l’arrivée de son successeur. Le nouvel ambassadeur est bel et ben arrivé mardi le 02 décembre. Mais l’ancien n’est pas parti. Ce qui a amené Jean Koe Ntonga à prendre ses quartiers dans un hôtel de la place. Une situation qui embarrasse, depuis de nombreux mois, le personnel de l’ambassade, à l’instar du 1er conseiller, Mme Blandine Ngoué, que nous avons jointe au téléphone hier, et qui regrettait que les hommes ne sachent pas se mettre à la hauteur de leur fonctions qu’ils ont occupé.
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Nommé depuis février, le nouvel ambassadeur n’a pris ses fonctions qu’hier pendant que l’ancien refuse de quitter la résidence.
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La situation que vit l’ambassade du Cameroun à Dakar depuis mardi dernier est inédite dans les annales de la diplomatie camerounaise. Jean Koe Ntonga, nommé ambassadeur du Cameroun au Sénégal par décret présidentiel du 22 février 2008 est arrivé à Dakar mardi le 02 décembre. Il a le lendemain présenté au ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, les copies figurées des lettres de créance. Mais il a retrouvé dans la capitale sénégalaise l’ambassadeur sortant, Emmanuel Mbonjo Ejangue, qui occupe toujours la résidence officielle et qui n’a consenti à la libérer, qui en début de semaine, le bureau et la chancellerie.

Cette situation inédite, que le ministre camerounais des relations extérieures Henri Eyebe Ayissi l’a longtemps redouté. Il a même tenté de l’éviter ; embarrasse au plus haut point le gouvernement camerounais, en même temps qu’elle met en lumière le manque de rigueur et de cohérence dans la gestion des dossiers gouvernementaux. L’alerte avait déjà été donnée le 23 octobre dernier lorsque des observateurs, étonnés, ont aperçu Jean Koe Ntonga à une cérémonie de remise de médailles aux diplômés de l’Institut africain d’informatique (Iai) à Yaoundé. Le fait d’avoir été longtemps ambassadeur du Cameroun à Libreville et son amitié avec le ministre gabonais du Budget, par ailleurs Pca de Iai, pouvait-il justifier qu’il se soit déplacé de Dakar pour prendre part à cette cérémonie certes importante ?

Le lendemain, le reporter se fera dire au ministère des Relations extérieures que le nouvel ambassadeur du Cameroun à Dakar, qui a libéré son poste à Libreville le 14 mai 2008, une semaine avant la célébration de la fête nationale, n’a toujours pas pris son service, parce que les usages commandent que le nouveau et l’ancien ambassadeur ne se retrouvent pas au même moment dans le pays d’accueil. Que l’infortuné ambassadeur avait dû prolonger son séjour à l’hôtel Hilton avant de choisir l’option d’aller habiter en famille dans un domicile privé. Mutations avait relayé, début juin, d’énormes difficultés, logistiques notamment, que le gouvernement camerounais avait pour couvrir les différents frais liés aux déplacements des diplomates nouvellement affectés.

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Mais, de sources proches du ministre des Relations extérieures et de celui des Finances, des solutions financières ont finalement été trouvées et l’ensemble des ambassadeurs retardataires ont reçu, aussi bien de la présidence de la République que du ministère des Relations extérieures, les lettres de créance, copies figurées et ordres de mission à la mi juin. Qu’est ce qui causait donc problème pour prolonger aussi longtemps la prise de fonction ? Au Minrex, on indique que la première raison était la même que pour tous les autres ambassadeurs: Les difficultés à débloquer l’argent correspondant aux frais de relève. Mais dans le cas d’espèce, même quand cet argent a été provisionné, l’ambassadeur Mbonjo Ejangue aurait indiqué que le montant retenu ne correspondait pas à ses besoins.

"Il a adressé une lettre au ministre", indique, sous anonymat, un directeur au Minrex qui précise: "Il estimait qu’après avoir fait près de 20 ans à Dakar, il ne pouvait pas revenir avec juste quelques valises et que l’argent mis à sa disposition ne suffisait pas à ramener tous ces bagages, d’autant qu’aucun arrangement n’était plus possible avec Camair qui ne volait plus". Le ministre aurait estimé que tous les diplomates devaient être logés à la même enseigne, et qu’il n’avait pas le pouvoir de régler des problèmes particuliers. Il aurait alors indiqué à l’ambassadeur appelé à revenir au pays à engager au plus vite les formalités d’usage, d’autant qu’à Dakar, il était, comme plusieurs autres diplomates camerounais, le doyen du corps diplomatique.
A Dakar, selon nos sources au Minrex, Emmanuel Mbonjo Ejangue est reçu à la mi-juillet par l’ensemble du corps diplomatique qui lui fait ses adieux. La même cérémonie a lieu fin octobre avec le groupe africain à Dakar, mais il ne donne toujours aucune indication de retour, faisant valoir que ses exigences financières restent valables. Le 17 novembre, Henri Eyebe Ayissi, que la situation commence à exaspérer, écrit à son homologue sénégalais, lui annonçant l’arrivée le 25 novembre du nouvel ambassadeur. Le diplomate sénégalais comprend entre les lignes et organise une audience d’adieu du doyen avec le président Wade. Ce qui est fait le 22 novembre, audience au cours de laquelle Emmanuel Mbonjo Ejangue est d’ailleurs décoré.

Et c’est à la suite que le Minrex, par une autre correspondance adressée personnellement à M Mbonjo Ejangue, lui annonce que le nouvel ambassadeur arrivera à Dakar le 02 décembre et lui demande, comme le recommandent les usages, de libérer les lieux avant l’arrivée de son successeur. Le nouvel ambassadeur est bel et ben arrivé mardi le 02 décembre. Mais l’ancien n’est pas parti. Ce qui a amené Jean Koe Ntonga à prendre ses quartiers dans un hôtel de la place. Une situation qui embarrasse, depuis de nombreux mois, le personnel de l’ambassade, à l’instar du 1er conseiller, Mme Blandine Ngoué, que nous avons jointe au téléphone hier, et qui regrettait que les hommes ne sachent pas se mettre à la hauteur de leur fonctions qu’ils ont occupé.
La seule chose qui a été sauvée hier à Dakar, c’est que juste après la présentation des copies figurées au ministre sénégalais, le nouvel ambassadeur a pu représenter le Cameroun à l’ouverture de la Conférence internationale sur le sida qui se tient dans la capitale sénégalaise.

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Le Cameroun et sa diaspora : Une prophétie du néant au royaume de l’absurde

Retour critique sur l’éclairage diplomatique de Jacques Roger Booh Booh.
Par Aimé Richard Lekoa* –




Il y a trois ans dans un article où nous évoquions le bilan du renouveau nous montrions d’un doigt accusateur la décadence de la politique et représentations diplomatiques. Le temps nous donne-t-il raison? Seulement à ce jour toujours est-il que les récentes sorties de M. Ekani et de M. Booh Booh dans les colonnes de Mutations et d’Icicemac.com témoignent de l’actualité du statut de la diaspora camerounaise et du traitement à lui réservé par les autorités camerounaises. Au-delà de tout sensationnalisme primaire et de toutes les polémiques au rabais, nous pensons qu’en tant que citoyen camerounais engagé et membre de la diaspora camerounaise il importe de réagir au vu de ce que nous savons et de ce dont nous avons souffert au texte de M. Booh Booh.

L’ancien ministre part du jugement de M. Ekani sur le bilan de l’action de la diplomatie camerounaise limité à deux mesures. Sans pour autant justifier l’argumentaire de ce dernier nous pensons que son texte mérite plus d’être pris dans toute sa substance aussi riche que sur son bilan comptable. Le problème de M. Ekani reste celui de la mission de nos représentations diplomatiques et de ses rapports avec la diaspora camerounaise dans toute sa globalité. A y regarder de près nous avons le sentiment qu’en dehors de quelques services consulaires nos services diplomatiques brillent par une inertie totale. La représentation diplomatique camerounaise ne devrait pas limiter sa mission à la présentation des lettres de créances elle devrait faire une diplomatie de proximité et de présence effective partout où cela se doit car c’est aussi pour les camerounais que ces missions diplomatiques sont créées.
M. Booh Booh reproche à M. Ekani de limiter les actions diplomatiques à deux mesures, cependant il tombe lui-même dans le même travers puisque dans sa comptabilité on en dénombre que deux actions qu’il nomme pourtant d’envergure.

Bilan tout aussi maigre que celui qu’il critique pour un homme qui a pourtant été Minrex et diplomate comme il le précise lui-même. Le lecteur ne reste-t-il pas sur sa faim? Un tel bilan mérite-t-il que nous nous en vantions si nous considérons que depuis la démocratisation de l’obtention du passport bien des cas ont été signalés dans le monde. Action d’envergure qu’est-ce à dire? Combien de camerounais immigrés économiques pouvait-on recenser à Addis-Abeba et dans la zone du golf en 1991? Au-delà attendre que l’appel soit lancé par les compatriotes nous pose un problème car le faire reviendrait à rappeler à nos autorités leurs devoirs. Par ailleurs M. Booh parle de "la décision du chef de l’Etat, d’accorder des passeports sans restriction aux camerounais". Quelle aberration que de vouloir présupposer qu’il s’agit là d’une faveur que l’on accorderait aux citoyens. L’obtention d’un passeport n’est –il pas un droit irrévocable sitôt que l’on remplit des conditions de citoyenneté ? En revanche nous, nous avons estimé il y a quelques temps que cette mesure vue par certains dont M. Booh comme un acte charitable est plutôt un aveu de faiblesse de la part de nos dirigeants qui, incapables de résoudre les problèmes de misérabilité des ses fils et filles leur ouvre sans contrôle le chemin de l’exil.

M. Booh Booh parle ensuite des aides aux non boursiers et des évacuations dépouilles des nécessiteux. Nous voudrions avoir des exemples concrets où cela a été fait tout comme nous demandons les critères d’éligibilité pour en bénéficier. Prenant l’exemple de la communauté camerounaise du Gabon il convient de souligner ici que les dépouilles très souvent pour celles qui ont la chance ne doivent leur retour au Cameroun que grâce à la solidarité des membres de la communauté elle -même réunie au sein de différents collectifs et de différentes associations. Il faut dire que l’organisation sociologique telle que vécue au Cameroun est souvent transposée par les camerounais dans leurs différents lieux de résidence car ne trouvant d’aucun secours de la part de nos dirigeants consulaires. Partout où l’on note la démission des autorités consulaires la mutualité et la solidarité des camerounais prend le relais. Si la représentation diplomatique du Cameroun ne peut contribuer à l’évacuation par voie terrestre d’une dépouille de Libreville à Yaoundé pour 300000 f cfa qu’en sera- -t-il d’une dépouille de l’Europe pour laquelle les frais s’élèvent à des milliers d’euros ?

Plutôt que de reconnaître les limites d’un système qui de ses ressortissants vivant à l’étranger en fait souvent très peu cas l’ancien ministre verse dans la démagogie cherchant même à opposer les camerounais de l’intérieur à ceux de l’extérieur. A entendre M. Booh qui doit être d’un autre temps on a l’impression que la liberté d’expression dont jouissent les camerounais de l’extérieur lui pose un problème. Nous aurions voulu savoir quelles furent ses relations avec ses concitoyens du temps où il était en poste comme ambassadeur. En outre, il faut reconnaître que notre auteur excelle dans l’art de Lulle. Parler de ceux qui ont changé de nationalité et des réfugiés serait encore déplacer le problème si ça n’est le fuir, car la diaspora camerounaise est encore bien riche tant en immigrés économiques qu’en immigrés intellectuels voire d’autres acteurs établis pour diverses raisons. Là encore que fait le consulat pour les recenser. Lors d’une visite de prise de contact à Lyon avec l’ambassadeur du Cameroun à Paris nous lui avions suggéré de procéder à cette opération à laquelle nous avions été témoin en 1998 au Gabon. Accuser les camerounais de fouler aux pieds les lois serait plus simpliste, car nous pensons que tout est question de pédagogie, il faut tenir les compatriotes par la main et les conduire vers les consulats. Il est difficile de demander à un individu de faire à l’extérieur ce qu’il n’avait pas pour habitude de faire au Cameroun.

D’autre part l’expérience montre que la politique de nos représentations s’inscrit en droite ligne de celle dictée par Etoudi ce qui peut paraître légitime, mais comment ne donner le droit au chapitre qu’aux seuls membres du RDPC ? L’exemple de la ville de Lyon paraît plus édifiant. Parfois certains chefs de missions diplomatiques foulent au pied les principes fondamentaux de notre pays : unité nationale, démocratie politique, et diversité ethnique. Le fait d’avoir une idéologie autre que celle du RDPC fait il de nous de fait des exclus de nos consulats ? Où sont donc passées les valeurs de tolérance et de respect de la différence inscrites dans toutes les grandes chartes humaines?

M. Booh Booh fait ensuite état d’une diaspora responsable: qu’est-ce à dire à quel signe la reconnaît-on ? Poser le problème en ces termes fausse le débat et fait de plus en plus d’exclus. Au nom de qui et au nom de quoi le camerounais qui n’a réussi ni intellectuellement, ni sportivement, ni culturellement ne mérite pas d’être reçu dans nos ambassades? Encore une fois une différence de traitement comme nous le vivons déjà au Cameroun. M. Booh Booh nous révèle implicitement son attitude vis-à-vis de ceux qu’il nomme assistés du temps où il fut ambassadeur. En quoi est-ce qu’une prostituée, un feyman, un sans papier ou un tout autre jeune en difficulté au Sahara sont –ils moins citoyens que M. Booh qui parle. Ces camerounais se retrouvant dans cette situation ne sont-ils pas les victimes d’un système qui ne peut leur assurer les moyens d’accès à la promotion sociale. Toutefois ces statuts sont-ils suffisants comme délits pour se voir déchus de sa nationalité et de la citoyenneté camerounaise, pourquoi ne pas en faire autant pour des camerounais de l’intérieur du pays qui brillent par la corruption, la gabegie et les détournements de tout genre? Pourtant ces crimes républicains proliférant comme des maladies vénériennes dans notre pays ternissent aussi son image.

Mais au-delà de cette attitude on note une contradiction dans son discours car après avoir célébré les réussites, le diplomatique semble aussi mépriser l’apport de la diaspora dans le développement de notre pays. "Aucune donnée statistique ne vient appuyer ses nombreuses assertions sur l’impact réel des transferts d’argent de nos compatriotes de la diaspora sur l’économie nationale" dit-il. Toutefois ce discours ne nous surprend pas personnellement car Biya même dans l’un de ses discours disait "que le Cameroun n’avait que des vendeuses de piment au Gabon et qu’il n’y avait pas de camerounais". En clair que cette communauté était sans intérêt pour le Cameroun. Est-ce pour autant à dire que la citoyenneté camerounaise dépend de la réussite sociale. Si les Western Union ne peuvent pas aider le Cameroun à se développer, ils aident tout au plus certaines familles à résoudre leurs problèmes existentiaux.
Vouloir tout contrôler voilà où réside tout le problème des autorités camerounaises, "c’est le pouvoir politique qui pilote aussi bien l’exercice du droit de vote de ses citoyens que la sécurisation et le placement des avoirs de ces derniers sur le territoire national". Cette phrase de Booh Booh explique la léthargie et l’immobilisme que nous connaissons dans le traitement de la politique diplomatique camerounaise au sujet de sa diaspora. Pourquoi vouloir l’assimiler aux cas sénégalais et maliens, Biya n’avait-il pas dit que "le Cameroun c’est le Cameroun".

Au-delà des qualités de rhéteur de Booh Booh, il convient tout de même de noter qu’en tant qu’ancien Minrex et ambassadeur, son bilan est très léger. Il aurait pu nous dire ce qu’il a réalisé personnellement comme action d’envergure. Toutefois on le trouve à l’aise quand il s’agit de parler finances, du budget domaine dans lequel il semble même exceller, sans surprise car il faut maîtriser les livres des compte pour bien procéder à leur gestion. D’autre part, voulant s’en remettre à l’impopularité des mesures préconisées par M. Ekani, il reconnaît implicitement la fracture sociale camerounaise. Il évoque de ce fait 80% d’exclus, encore une fois un aveu d’échec du système auquel il appartient et pour lequel il s’érige en défenseur.
De façon générale, réfléchir aux préoccupations de la diaspora camerounaise mérite certes que l’on la redéfinisse clairement. Cependant, réduire tous ceux qui analysent la situation économique et politique du Cameroun au statut d’opposant- ce qui n’est pas illégitime- serait pour nous faire preuve de myopie intellectuelle et d’insouciance politique.

En revanche, revoir notre code de nationalité voilà qui peut paraître pertinent pour faire avancer ce débat. De plus organiser une sorte de "Grenelle de l’émi- immigration et de la diplomatie camerounaise" ne serait pas une mauvaise chose.
Un camerounais reste un camerounais et mérite la protection de son pays partout où il se trouve et quel que soit son statut social, religieux politique voir ethnique. Les grandes nations du monde à l’instar de la France le font pour leurs ressortissants sans se poser au préalable de questions, procédant même à leur extradition. Plus proche de nous l’affaire de l’arche de Zoé en est la plus édifiante. Ce qui partait de M. Booh Booh comme d’une déconstruction du texte de M. Ekani sonne comme une prophétie du néant dans le royaume de l’absurde.

* Alternative Cameroun (Lyon –France-)
Email: aime_richard2000@yahoo.fr

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