Deux ministres se battent pour la gestion de Campost
Le ministre des Postes et télécommunications et le ministre délégué auprès du ministre des Finances, ne s’entendent pas sur la suite à réserver au partenariat avec le cabinet Tecsult. L’arbitrage du Pm attendu ce jour.
Recruté par le gouvernement camerounais en février 2007 pour gérer la Cameroon Postal Services, Campost, pour une période de 2 ans, le cabinet canadien Tecsult est arrivé au terme de son mandat depuis le 25 février dernier. Le gouvernement par le biais du ministère des Finances, tutelle financière de la Campost, n’a pas renouvelé le contrat de ce cabinet. Conséquence, il est devenu caduc. Las d’attendre, le canadien Djamel Zouglami, consultant à Tecsult, qui officiait durant ces deux dernières années comme Directeur général de la Campost, a quitté le pays, sans mot dire aux autorités camerounaises. Personne n’arrive à dire où il se trouve à présent. L’hebdomadaire « Repère » révèle dans son édition d’hier, 4 mars 2009, que cet expert, dernier responsable en poste depuis l’expiration du mandat de Tecsult, a décidé de rejoindre son Canada natal. Avant ce départ en catimini, il aurait, selon ce journal, pris le soin de déposer les clés de son bureau au Haut Commissariat du Canada à Yaoundé.
C’est dans ce contexte qu’une rencontre avec la presse a été convoquée à la hâte hier, au cabinet du ministre des Postes et télécommunications (Minpostel), tutelle technique de la Campost. La rencontre était prévue à 13 heures. C’est finalement à 17 heures, après 4 longues heures d’attente inexpliquée, que le secrétaire général de ce département ministériel viendra présenter les excuses du patron des lieux, Bello Bouba Maïgari, qui ne s’entretiendra plus avec les journalistes. La raison, non donnée par cet émissaire, peu disert, c’est que le Minpostel et le ministre délégué auprès du ministre des Finances (Minfi), Pierre Titi, les deux membres du gouvernement censées animer cet échange avec les médias, sur le sort de la Campost ont été instruits, in extremis, d’attendre les « directives » de la primature. Selon des sources bien introduites au ministère des Postes et télécommunications, Inoni Ephraim aurait jugé inopportune cette conférence de presse qui est programmée alors que le Minfi et le Minpostel, les deux tutelles de la Campost, n’arrivent pas à s’accorder sur le type de gestion à mettre en place à la Campost, après expiration du mandat de Tecsult.
Déficit de 2 milliards Cfa
Le ministre des Finances, Essimi Menye, qui avait auparavant suggéré au Premier ministre le non renouvellement de la collaboration avec Tecsult, aurait ensuite changé d’avis. A en croire nos sources, il serait désormais favorable à un renouvellement du contrat avec ce cabinet, dont le bilan serait pourtant peu élogieux. En effet, le rapport de gestion remis par Tecsult à la Commission technique de réhabilitation des entreprises publiques et parapubliques (Ctr) révèle un déficit de plus de 2 milliards de Fcfa. Pourtant, Tecsult a perçu du trésor public camerounais 1,5 milliard de Fcfa en guise de rémunération, durant son mandat, pour booster la Campost. A l’heure du bilan, les performances obtenues sont bien maigres. Face à cette situation, Bello Bouba Maïgari aurait suggéré de ne pas renouveler le contrat de Tecsult. Penchant plutôt pour la mise en place d’une équipe intérimaire pour gérer la Campost. Dans ce cas, on pourrait restaurer les organes dirigeants de la Campost en nommant un directeur général et en mettant en place un conseil d’administration ; ou encore en désignant un administrateur provisoire comme ce fut le cas avant l’arrivée des Canadiens de Tecsult. Mais la question qui se pose ici est de savoir qui assumera le trou laissé par Tecsult. Dans un courriel aux cadres camerounais qui assurent la continuité du service à la Campost, Djamel Zouglami écrit depuis son « refuge » à l’étranger qu’il est disposé à reprendre la tête de la Campost si le contrat de Tecsult est renouvelé. Il y révèle même que Tecsult International limited, basé au Canada, vient de recevoir du gouvernement camerounais, une demande écrite de prolongation du mandat de ce cabinet. Mais ce courriel ne donne pas des précisions sur l’auteur exact de cette demande qui serait parvenue à Tecsult hier, et qui serait en traitement. Alors que dans le même temps, à Yaoundé, les thèses diamétralement opposées de Bello Bouba et de Essimi Menye s’affrontaient encore.
En attendant l’arbitrage du Premier ministre qui aurait promis la fin des tergiversations ce 5 mars, on peut constater que les cadres camerounais qui sont restés à la Campost après le départ des Canadiens ne peuvent qu’effectuer des tâches relatives aux calculs et vérifications d’usage. Ils ne sont pas habiletés à ordonner les retraits de fonds à la Beac, ni ordonner le paiement des salaires des 60 000 agents publics qui y travaillent. Sur le plan juridique, ils n’ont pas qualité pour en répondre.


Qui peut-on considérer comme photographe vendeur d’images ?