Ntonè Ntonè accule Etondè Ekoto
Gestion de la Cud et de la Cud Finance S.a.
Le directeur des affaires économiques et financières de la Communauté urbaine de Douala (Cud), Lamine Mbassa, l’un des proches collaborateurs de l’ancien délégué du gouvernement, dans l’étau de la justice.
L’opération dite d’assainissement des finances publiques bat son plein à la Communauté urbaine de Douala (Cud). Des sources judiciaires indiquent que le parquet du tribunal de grande instance (Tgi) du Wouri a ouvert une enquête sur le déroulement de l’emprunt obligataire lancé en 2005 auprès de la Douala stock exchange (Dsx), par la Cud sous le délégué du gouvernement Edouard Nathanaël Etondè Ekoto. A en croire nos sources, le directeur général de la Cud Finance S.a., Lamine Mbassa (directeur des affaires économiques et financières à la Cud), est dans de sales draps. Il a déjà été entendu à plusieurs reprises sur le fonctionnement et la gestion de la Cud Finance S.a., l’emprunt obligataire lancé auprès de la Dsx par la Cud via la Cud Finance S.a.
Les multiples auditions de Lamine Mbassa auraient abouti à sa mise sous mandat de détention hier, mardi 8 janvier, vers 16 heures. Dans le cadre de cette enquête, d’autres personnes dont le colonel Edouard Nathanaël Etondè Ekoto actuellement incarcéré à la prison centrale de New Bell (15 ans de prison ferme) dans le cadre de l’affaire des détournements au Port autonome de Douala (Pad), seront bientôt entendus. Le colonel à la retraite avait d’ailleurs déjà, pendant que se déroulait le procès des détournements au Pad, été entendu à plusieurs reprises au sujet de cette affaire de l’emprunt obligataire et de la gestion de la Cud Finance S.a. dont il était le président du conseil d’administration.
Ntonè Ntonè écrit au contrôle supérieur de l’Etat
Cette autre affaire qui, dans les jours à venir, va retenir l’attention des Camerounais, a été déclenchée depuis mars 2007. Par une correspondance intitulée “ Note d’information ”, envoyée au ministre délégué à la présidence chargé du Contrôle supérieur de l’Etat, par Fritz Ntonè Ntonè, actuel délégué du gouvernement auprès de la Cud. “ J’ai l’honneur de venir auprès de votre haute personnalité attirer votre attention sur certains manquements observés dans la structure dont j’ai la charge ”, écrit d’entrée de jeu Fritz Ntonè Ntonè, dans sa correspondance datée du 14 mars 2007. Pour nombre d’observateurs, cette correspondance, rédigée au moment où Edouard Nathanaël Etondè Ekoto comparaît par-devant la chambre criminelle du Tgi du Wouri dans le cadre de l’affaire Pad, s’apparente à de l’acharnement.
Surtout que Fritz Ntonè Ntonè, pour davantage enfoncer son prédécesseur qui a déjà maille à partir avec la justice, poursuit en ces termes : “ En effet, dès ma prise de fonction j’ai, après certaines investigations, constaté des dysfonctionnements dans certains marchés réalisés par certains prestataires dont j’ai certaines preuves ; et qui bénéficiaient des faveurs de mon prédécesseur et des facilités à eux accordées par le département des finances pour se faire payer. Tout ceci sans oublier les fortes implications de la commission des passations des marchés et de la direction des grands travaux. C’est la raison pour laquelle je vous prie d’instruire des contrôles d’Etat, ceci dans le but de rester en droite ligne avec l’opération d’assainissement des finances publiques prônée par le chef de l’Etat ”.
Interrogés par Le Messager, nombre de spécialistes de la science administrative pensent que cette correspondance serait le fruit d’une entente entre le délégué du gouvernement et le ministère délégué à la présidence chargé du contrôle supérieur de l’Etat. Au-delà de ce qui ressemble à une irrégularité, il y a lieu de relever l’importance de la procédure enclenchée. L’on espère seulement que son issue ne laissera pas les Camerounais sur leur faim comme ce fût le cas dans certaines affaires.
Par Honoré FOIMOUKOM


Plus de 300 policiers et gendarmes, armés de gaz lacrymogènes volant dans tous les sens, des milliers de manifestants surexcités, des casses, des arrestations. Le décor était planté hier, lundi 23 juillet 2007 au quartier Bonamoussadi à Douala, pour une journée chaude. Les troubles qui ont secoué la ville se jouaient autour de l’inspection d’arrondissement de l’Education de base de Douala 5ème, siège de la commission communale de recensement des votes pour le compte de l’élection municipale de dimanche dernier. C’est autour de 12h 20 que les manifestants réputés proches du Social Democratic Front s’en sont pris aux éléments des forces de sécurité. Ils avaient pour objectif premier de mettre un terme au tripatouillage présumé des résultats, actes imputés aux candidats du Rdpc. La veille, dimanche, quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, les responsables du Sdf avaient déjà arrêté un homme soupçonné de falsifier des procès verbaux devant la sous-préfecture de Douala 3ème à Nyalla.