Poli : l’uranium de tous les espoirs
L’exploitation prochaine de ce minerai par une société canadienne suscite beaucoup d’espoir chez les populations de ce département
La grande mobilisation jeudi dernier des populations du département du Faro (province du Nord) à la salle des conférences du Centre de promotion de Poli n’avait d’égal que l’immense espoir que les populations de cette unité administrative placent en l’exploitation imminente de l’uranium dont regorge la longue chaîne de montagnes qui ceinture leur département. Le Faro est considéré comme l’unité administrative la plus pauvre l’une des plus enclavées de la province du Nord. Peu peuplé et dépourvu de toutes commodités infrastructurelles, ce département, du fait des obstacles naturels n’arrive pas à décoller. Mais voilà que sous ces montages qui font de cette unité un cul-de-sac sont cachées d’importants gisements d’uranium et d’autres minerais. Plusieurs sociétés occidentales ont déjà tenté d’explorer et d’exploiter ce minerai mais aucune n’est arrivée jusqu’au bout. Mais depuis l’arrivée du groupe de l’entreprise Nu Energy Corporation Cameroon, une filiale de Mega Uranium Ltd basée à Toronto au Canada, les populations se sont mises à rêver. Surtout que pour cette phase d’exploration, ce consortium déploie sur le terrain une équipe de géologues, t avec un matériel de pointe. Ces activités sont circonscrites dans la concession de Kitongo, près de Poli sur une superficie de 1000 Km2, objet du permis de recherche délivré le 26 mars 2006 par le ministère de l’Industrie, des Mines et du Développement technologique. C’est donc pour informer et sensibiliser les populations de ce département sur les activités de cette société que le préfet du Faro, Mbiwan Nchaffu a organisé jeudi dernier une réunion à Poli. Cette rencontre a drainé une foule importante de participants dont les autorités administratives, municipales et traditionnelles, les députés à l’Assemblée nationale, les responsables des forces de maintien de l’ordre, les ministres de culte, les élites intérieures et extérieures, les ong locales. L’équipe de Nu Energy corporation Cameroon conduite par son directeur exécutif, le Sud-Africain Brian Hambleton-Jones, était au grand complet.
Impact sur la santé
Pour le préfet du Faro, l’activité économique que mène cette société nécessite un climat social serein, fait de compréhension et d’harmonie. Cette rencontre vise selon le préfet à lever les équivoques et à enterrer les suspicions et les craintes. Ces propos du préfet tombent à point nommé au moment où certaines informations font état de ce que l’exploitation de l’uranium serait dangereuse pour la santé des populations. En présentant sa structure, le directeur exécutif de Nu Energy Corporation soulignera que outre le site de Kitongo à Poli, son entreprise dispose de deux autres concessions au Cameroun notamment à Lolodorf dans le Sud et à Teubang, près de Figuil au Nord-Cameroun, à la frontière avec le Tchad. Pour dissiper les craintes des populations quant aux risques éventuels, des exposés et des démonstrations ont été faites par l’équipe technique de la société. Mais le Dr Brian Hambleton-Jones s’attellera surtout à souligner que son entreprise utilise des méthodes sophistiquées de prospection pour réduire les effets nocifs de l’uranium. Elle utilise des techniques aériennes (hélicoptères), souterraines (galeries et forages) et superficielles (reconnaissance géologique). Si la recherche exploratoire est concluante poursuit-il, « nous travaillerons avec la main d’oeuvre locale et avec toutes les compétences camerounaises ». Mais le directeur exécutif a déjà anticipé sur le résultat de cette phase exploratoire : « il y a un important gisement d’uranium partout ici à Poli. »
Grégoire DJARMAILA

