Trois employés d’Hévécam aux arrêts
Decès de Ntonga Ntonga
Ils sont détenus depuis une semaine dans le cadre des enquêtes préliminaires concernant l’accident ayant conduit au décès par broyage de leur collègue Emmanuel Ntonga Ntonga le 23 juin dernier. M. Ngué Alphonse, électricien, est celui qui a mis la broyeuse en marche sur ordre, rapporte-t-on, du directeur de l’usine. Il est gardé depuis lundi 21 juillet au commissariat de sécurité publique de Kribi. Jean Mvondo, le chef d’équipe, et Alphonse Bagnyolok, qui étaient présents sur les lieux sont convoqués en tant que témoins. Ils sont quant à eux détenus à la brigade de gendarmerie de Kribi depuis jeudi 24 juillet. « Nous ne comprenons pas pourquoi ils sont en cellule alors que ce sont des témoins. Pour leur donner à manger il faut monnayer ; ils n’ont pas le droit de communiquer avec les proches. Et ils affirment avoir été soumis à des pressions et à des témoignages préfabriqués », soutient un parent proche des détenus. Les proches d’Alphonse Ngué considèrent ces arrestations comme une cabale pour se détourner des vrais coupables. En effet, ni M. Goupi Nathan, le directeur de l’usine au moment des faits, ni M. Cho’o, le chef du département maintenance qui étaient présents sur les lieux de l’accident, n’ont encore été inquiétés. Certaines sources affirment qu’ils ont été entendus sur place à Hévécam. Tandis que les témoins de l’accident et les simples exécutants croupissent dans les cellules et pourraient être déférés devant le procureur ce mardi. Plusieurs employés prévoient d’ores et déjà de faire une marche sur Kribi si les mis en cause faisaient l’objet d’un mandat de dépôt. La tension est vive dans les usines et les plantations. Les dirigeants de la société sont sur le qui-vive. Les délégués des personnels et de nombreux employés de la société agro-industrielle Hévécam SA ne savent plus à quel saint se vouer. Ils se demandent comment faire pour sortir leurs collègues des griffes des forces de l’ordre de Kribi.
Par Sévère KAMEN

