{"id":100,"date":"2006-08-07T11:14:30","date_gmt":"2006-08-07T09:14:30","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-08-07T11:14:30","modified_gmt":"2006-08-07T09:14:30","slug":"100","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/100\/","title":{"rendered":"A la d\u00e9couverte de Ruben Um Nyob\u00e9"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>N\u00e9 en 1913 pr\u00e8s de Boumyebel, Ruben Um Nyob\u00e9 est sans aucun l&rsquo;un des plus grands leaders de la cause ind\u00e9pendantiste et de la luttre contre l&rsquo;oppression au Cameroun&#8230;<br \/>\nPar Samuel Nelle <\/p>\n<p> &#8211; <\/p>\n<div align=\"left\">\n<p>Ruben Um Nyobe est n\u00e9 en 1913 &agrave; Song Peck pr&egrave;s de Boumyebel dans l&rsquo;arrondissement d&rsquo;Es\u00e9ka, de Nyob\u00e9 Nsounga et de Ngo Um Nonos, des paysans Bassa, &agrave; 180 kilom&egrave;tres de Douala.<\/p>\n<p>Il a fait ses \u00e9tudes primaires dans les \u00e9coles locales des missionnaires presbyt\u00e9riens (en 1920 il fr\u00e9quente l&rsquo;\u00e9cole presbyt\u00e9rienne de Makay o&ugrave; il est baptis\u00e9 en 1921; en 1924 il quitte cette \u00e9cole pour l&rsquo;\u00e9cole d&rsquo;Ilanga pr&egrave;s d&rsquo;Es\u00e9ka o&ugrave; il obtient son certificat d&rsquo;\u00e9tudes primaires en 1929) puis il int&egrave;gre en 1931, l&rsquo;Ecole normale de Foulassi en pays bulu, tenue \u00e9galement les presbyt\u00e9riens.<\/p>\n<p>Il est renvoy\u00e9 de cette \u00e9cole, l&rsquo;ann\u00e9e o&ugrave; il doit obtenir son dipl&ocirc;me de fin d&rsquo;\u00e9tudes, accus\u00e9 d&rsquo;&ecirc;tre toujours prompt &agrave; prendre la t&ecirc;te des mouvements de revendication et de protestation. Il obtient n\u00e9anmoins son dipl&ocirc;me de fin d&rsquo;\u00e9tudes, en temps que candidat libre.<\/p>\n<p>Il enseigne pendant quelques ann\u00e9es dans les \u00e9coles presbyt\u00e9riennes. En 1935, il est admis au concours des commis des services civils et financiers. Il poursuit ses \u00e9tudes en travaillant et obtient par correspondance sa premi&egrave;re partie du baccalaur\u00e9at en 1939. Il est affect\u00e9 au greffe du tribunal d&rsquo;Ed\u00e9a. Dans l&rsquo;exercice de son m\u00e9tier, il se passionne pour le droit. Ce faisant, il d\u00e9couvre l&rsquo;injustice &agrave; laquelle sont soumis les camerounais, &agrave; travers le syst&egrave;me de l&rsquo;indig\u00e9nat. En effet, la loi distingue les indig&egrave;nes (camerounais) consid\u00e9r\u00e9s comme des sujets, des fran&ccedil;ais consid\u00e9r\u00e9s comme des citoyens. La loi ne laisse aucune possibilit\u00e9 d&rsquo;expression pour la lutte politique ou pour la d\u00e9fense des droits des travailleurs aux indig&egrave;nes.<\/p>\n<p>La participation de nombreux indig&egrave;nes &agrave; la luttre de lib\u00e9ration de la France apr&egrave;s 1940 contre les allemands va permettre &agrave; la France libre du g\u00e9n\u00e9ral de Gaule d&rsquo;all\u00e9ger quelque peu les rigueurs des lois sur l&rsquo;indig\u00e9nat. En 1944, sous la pression des \u00e9v&egrave;nements, la France reconna&icirc;t aux travailleurs camerounais le droit de syndiquer.<\/p>\n<p>En 1945, gr&acirc;ce &agrave; l&rsquo;appui de la Conf\u00e9d\u00e9ration G\u00e9n\u00e9rale des Travailleurs (CGT), syndicat fran&ccedil;ais proche du parti communiste, Um Nyob\u00e9 participe &agrave; la cr\u00e9ation de l&rsquo;Union des Syndicats Conf\u00e9d\u00e9r\u00e9s du Cameroun (USCC) dont il devient le s\u00e9cr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint. <\/p><\/div>\n<p>Um Nyob\u00e9 va alors consacrer son \u00e9nergie &agrave; cr\u00e9er une multitude de syndicats qu&rsquo;il r\u00e9ussit &agrave; f\u00e9d\u00e9rer en unions syndicales r\u00e9gionales puissantes. L&rsquo;USCC met ensuite en place, le Cercle d&rsquo;Etudes Sociales et Syndicales, sorte d&rsquo;\u00e9cole de formation au syndicalisme, o&ugrave; des sp\u00e9cialistes analysent et \u00e9tudient le syst&egrave;me d&rsquo;exploitation \u00e9conomique et politique du r\u00e9gime colonial.Um Nyob\u00e9 est tr&egrave;s assidu aux conf\u00e9rences donn\u00e9es par les syndicalistes de la CGT.<\/p>\n<p>Dans le Cercle, on d\u00e9veloppe l&rsquo;id\u00e9e selon laquelle le syst&egrave;me d&rsquo;exploitation des travaileurs s&rsquo;appuie sur le statut colonial du Cameroun et que l&rsquo;am\u00e9lioration du sort des travailleurs passe n\u00e9cessairement par l&rsquo;\u00e9mancipation politique du Cameroun.<\/p>\n<p>Um Nyob\u00e9 pense que l&rsquo;ind\u00e9pendance seule peut permettre l&rsquo;am\u00e9lioration du sort des travailleurs et des masses laborieuses. L&rsquo;ind\u00e9pendance du Camerouna devient alors pour lui, un objectif strat\u00e9gique. En 1946, la France autorise les activit\u00e9s politiques au Cameroun. Le 10 Avril 1948, Um Nyob\u00e9 avec d&rsquo;autres patriotes cr\u00e9ent l&rsquo;Union des Populations du Cameroun (U.P.C).<\/p>\n<p>Pour faciliter la reconnaissance du parti, ses fondateurs syndicalistes parmi lesquels se trouve Um Nyob\u00e9 d\u00e9cident d&rsquo;un commun accord de ne pas figurer leurs noms sur la liste officielle des membres fondateurs. Les syndicalistes en question n&rsquo;appara&icirc;tront au devant la sc&egrave;ne qu&rsquo;une fois le parti reconnu. Apr&egrave;s plusieurs h\u00e9sitations des autorit\u00e9s coloniales, le partie est reconnu le 9 Juin 1948. Aussit&ocirc;t, Um Nyob\u00e9 se d\u00e9voile et appara&icirc;t le 17 Juin &agrave; Abidjan comme le repr\u00e9sentant officiel de l&rsquo;UPC au Congr&egrave;s du Rassemblement D\u00e9mocratique Africain. En r\u00e9alit\u00e9, ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 1950 qu&rsquo;il devient officiellement S\u00e9cr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du parti &agrave; l&rsquo;issue du premier congr&egrave;s. A ce titre, il est le principal animateur du parti<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.bonaberi.com\/images\/rubriques\/8\/2172.jpg\" align=\"left\" border=\"1\" \/> <\/p>\n<div>A partir de cette date, Um va se consacrer exclusivement &agrave; la politique et abandonner son poste de s\u00e9cr\u00e9taire de l&rsquo;USCC &agrave; son ami Jacques Ngom. <\/p>\n<p>Depuis 1949, Um a demand\u00e9 et obtenu aupr&egrave;s de l&rsquo;administration coloniale, sa mise en disponibilit\u00e9 pour pouvoir s&rsquo;occuper de ses activit\u00e9s. En D\u00e9cembre 1952, il se rend &agrave; New York o&ugrave; il prononce un r\u00e9quisitoire contre la France &agrave; l&rsquo;Organisation des Nations Unies (ONU) devant la commission de tutelle. Dans ce r\u00e9quisitoire, il d\u00e9montre que la France administre le Cameroun de la m&ecirc;me fa&ccedil;on que ses propres colonies, avec l&rsquo;intention d&rsquo;incorporer dans l&#8217;empire fran&ccedil;ais alors que le Cameroun est une pupille de l&rsquo;ONU qui en a seulement confi\u00e9 la tutelle &agrave; la France. Il d\u00e9nonce les lenteurs de la France pour mettre en place les r\u00e9formes politiques au Cameroun. Il souligne que ces r\u00e9formes doivent tenir compte de la sp\u00e9cificit\u00e9 du Cameroun, autrefois uni sous le protectorat allemand, maintenant divis\u00e9 en deux parties dont la partie occidentale est plac\u00e9e sous l&rsquo;administration anglaise et la partie orientale sous administration fran&ccedil;aise. Il insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 de la r\u00e9unification des deux Cameroun qui doivent politiquement \u00e9voluer ensemble.<\/p>\n<p>De retour au Cameroun au d\u00e9but de 1953, Um Nyob\u00e9 fait imprimer le texte de son intervention aux Nations Unies sous la forme d&rsquo;un m\u00e9morandum intitul\u00e9 : <strong>&laquo; Que veut le Cameroun ? &raquo;<\/strong><\/p>\n<p>Dans ce texte, on peut retenir que le Cameroun veut la r\u00e9unification des deux Cameroun d&rsquo;une part, et l&rsquo;ind\u00e9pendance d&rsquo;autre part. Um Nyob\u00e9 qui a trouv\u00e9 une tribune attentive &agrave; l&rsquo;ONU y retourne en D\u00e9cembre 1953 o&ugrave; il accuse encore la France de retarder l&rsquo;\u00e9mancipation du Cameroun. En Janvier 1954, il demande &agrave; la France d&rsquo;organiser un r\u00e9f\u00e9rendum sur la question de la r\u00e9unification et de fixer un d\u00e9lai pour la fin de la tutelle et l&rsquo;accession &agrave; l&rsquo;ind\u00e9pendance. D&egrave;s lors, il fait l&rsquo;objet d&rsquo;une surveillance stricte des autorit\u00e9s fran&ccedil;aises.<\/p>\n<p>Le 18 Avril 1955, son domicile est attaqu\u00e9 par la police. Sa femme et une vingtaine de ses partisans sont pris en otage par la police. Um se r\u00e9fugie alors &agrave; Boumyebel, son village natal. C&rsquo;est le moment que choisit l&rsquo;\u00e9glise catholique pour mettre en garde les fid&egrave;les contre l&rsquo;UPC. En pleine p\u00e9riode pascale, la conf\u00e9rence \u00e9piscopale fait lire dans toutes les \u00e9glises une lettre violente contre l&rsquo;UPC : <br \/>&laquo; Nous mettons les chr\u00e9tiens en garde contre les tendances actuelles du parti politique connu sous le nom de l&rsquo;Union des Populations du Cameroun, en raison non pas de la cause de l&rsquo;ind\u00e9pendance qu&rsquo;il d\u00e9fend, mais de l&rsquo;esprit qui l&rsquo;anime. &raquo; <strong>Cette lettre allume la m&egrave;che qui va embraser le Cameroun.<\/strong> <\/div>\n<div>Il faut relever en effet que l&rsquo;instigateur de cette campagne de d\u00e9nigrement de l&rsquo;Eglise contre l&rsquo;UPC n&rsquo;est personne d&rsquo;autre que le docteur Louis Paul Ajoulat, m\u00e9d\u00e9cin fran&ccedil;ais, leader du Bloc D\u00e9mocratique Camerounais (BDC) parti d&rsquo;ob\u00e9dience catholique et anti-int\u00e9pendantiste.<\/p>\n<p>Parmi les partis oppos\u00e9s &agrave; l&rsquo;UPC, le BDC est le parti anti-ind\u00e9pendantiste le mieux structur\u00e9. A l&rsquo;image de l&rsquo;UPC, il s&rsquo;appuie sur un syndicat, la Conf\u00e9d\u00e9ration des Travailleurs Chr\u00e9tiens (CTC). Il est soutenu par la hi\u00e9rarchie catholique et l&rsquo;administration coloniale. Il s&rsquo;appuie sur les organisations catholiques diss\u00e9min\u00e9es dans le pays et parmi elles, la toute puissante &laquo; Ad Lucem &raquo;.<\/p>\n<p>A la suite de la publication de la lettre pastorale, des incidents \u00e9clatent entre les ind\u00e9pendantistes de l&rsquo;UPC et les anti-ind\u00e9pendantistes anim\u00e9s par le BDC. Dans certaines localit\u00e9s, les missionnaires sont agress\u00e9s et les biens de l&rsquo;Eglise saccag\u00e9s. Le 22 Mai 1955, les autorit\u00e9s interdisent une r\u00e9union de l&rsquo;UPC &agrave; Mbanga. Les militants passent outre l&rsquo;interdiction. Les forces de l&rsquo;ordre chargent. Les Up\u00e9cistes r\u00e9sistent. Un policier est tu\u00e9. La situation s&rsquo;envenime et les \u00e9meutes gagnent tout le Sud Cameroun, notamment Douala. Le 26 Mai, le Gouverneur Roland Pr\u00e9 qui a fait venir les forces fran&ccedil;aises stationn\u00e9es au Congo, mate l&rsquo;insurrection &agrave; Douala. Il y&rsquo;a des dizaines de morts et de bless\u00e9s. Six cent dix sept Up\u00e9cistes sont officiellement arr&ecirc;t\u00e9s. Le 13 Juillet, l&rsquo;UPC et toutes ses organisations annexes sont interdites. <\/p>\n<\/div>\n<p><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.bonaberi.com\/images\/rubriques\/8\/2173.jpg\" align=\"left\" border=\"1\" \/> <\/p>\n<div>Um Nyob\u00e9 et ses partisans du pays Bassa gagnent le maquis dans la for&ecirc;t de Boumyebel pour continuer leurs activit\u00e9s politiques dans la clandestinit\u00e9. F\u00e9lix Moumi\u00e9 le pr\u00e9sident officiel de l&rsquo;UPC avec d&rsquo;autres leaders, Abel Kingu\u00e9, Ernest Ouandi\u00e9 se r\u00e9fugient &agrave; Kumba. De Kumba, ils s&rsquo;exilent &agrave; l&rsquo;\u00e9tranger. Um Nyob\u00e9 rest\u00e9 au Cameroun, incarne d\u00e9sormais tout seul, l&rsquo;UPC sur le sol colonial. Les Fran&ccedil;ais qui savent qu&rsquo;il est l&rsquo;aile la plus mod\u00e9r\u00e9e du parti et qu&rsquo;il est le plus populaire et le plus \u00e9cout\u00e9 des leaders de l&rsquo;UPC, lui envoient plusieurs d\u00e9l\u00e9gations pour le convaincre de sortir du maquis avec ses partisans pour n\u00e9gocier. Mais Um Nyob\u00e9 demande des garanties politiques, notamment la r\u00e9habilitation de son parti, l&rsquo;UPC, ce que la France ne veut pas.<\/p>\n<p>Le 29 Avril 1956, &agrave; travers une loi dite &laquo; Loi Cadre &raquo;, la France d\u00e9finit un nouveau cadre juridique &agrave; travers lequel l&rsquo;\u00e9volution de ses colonies d&rsquo;Afrique est envisag\u00e9e. Cette loi donne au Cameroun sous administration fran&ccedil;aise, la possibilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9voluer par \u00e9tapes vers l&rsquo;ind\u00e9pendance alors que l&rsquo;UPC exige l&rsquo;unification pr\u00e9alable des deux Cameroun et l&rsquo;ind\u00e9pendance imm\u00e9diate. La &laquo; loi Cadre &raquo; pr\u00e9voit que le Cameroun deviendra tout de suite un Etat sous tutelle avec un gouvernement &agrave; comp\u00e9tence locale et la possibilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9voluer &agrave; long terme vers un Etat souverain. Des \u00e9lections doivent mettre en place une Assembl\u00e9e locale. Le parti majoritaire &agrave; l&rsquo;Assembl\u00e9e aura la possibilit\u00e9 de former un gouvernement local dont le Premier Ministre sera nomme\u00e9 par le Haut Commissaire de la r\u00e9publique fran&ccedil;aise au Cameroun. Afin que lui-m&ecirc;me et les siens puissent participer &agrave; ces \u00e9lections, Um Nyob\u00e9 r\u00e9clame la lev\u00e9e de l&rsquo;interdiction de son parti et l&rsquo;amnistie pour faits et d\u00e9lits politiques commis avant Mai et en Mai 1955. La r\u00e9habilitation de l&rsquo;UPC et l&rsquo;aministie sont refus\u00e9es par les autorit\u00e9s fran&ccedil;aises. Um Nyob\u00e9 ironise alors sur la &laquo; loi Cadre &raquo; en la traitant de &laquo; loi des fers &raquo; (allusion faite &agrave; M. Gaston Deferre, initiateur de la loi Cadre)<\/p>\n<p>La situation au Cameroun devient tendue au point que l&rsquo;admnistration annonce finalement en Ao&ucirc;t 1956, son intention d&rsquo;amnistier les personnes m&ecirc;l\u00e9es aux \u00e9v&egrave;nements de Mai 1955. Mais Um Nyob\u00e9 n&rsquo;avait pas \u00e9t\u00e9 m&ecirc;l\u00e9 &agrave; ces \u00e9v&egrave;nements. Les faits qui lui sont reproch\u00e9s sont ant\u00e9rieurs &agrave; cette date. Il n&rsquo;est donc pas amnistiable. Par ailleurs, l&rsquo;amnistie pr\u00e9vue n&rsquo;annulant pas l&rsquo;interdiction du parti, l&rsquo;UPC ne pourra pr\u00e9senter de candidats aux \u00e9lections pr\u00e9vues par la loi-cadre dont la date est fix\u00e9e au 8 Novembre. Apr&egrave;s de nombreuses tractations, la date des \u00e9lections est repouss\u00e9e au 23 D\u00e9cembre. L&rsquo;amnistie pr\u00e9vue n&rsquo;est d\u00e9cid\u00e9e par la France que le 11 D\u00e9cembre, apr&egrave;s la date de d\u00e9p&ocirc;t de candidature, douze jours avant les \u00e9lections. Il appara&icirc;t clairement, que la France ne souhaite pas la participation de l&rsquo;UPC &agrave; ces \u00e9lections, m&ecirc;me dans le contexte de la loi Cadre. <\/p><\/div>\n<div>Dans la Sanaga Maritime, fief de Um Nyob\u00e9, ce boycott prend une tournure dramatique avec l&rsquo;assassinat de candidats transfuges de l&rsquo;UPC (Dr D\u00e9langu\u00e9 et M. Mpouma), le sabotage des \u00e9quipements publics, l&rsquo;incendie des bureaux de vote. Les repr\u00e9sailles de l&rsquo;arm\u00e9e fran&ccedil;aise sont terribles. La quasi totalit\u00e9 des habitants de la Sanaga Maritime gagnent le maquis o&ugrave; se cache toujours Um Nyob\u00e9 maintenant surnomm\u00e9 &laquo; Mpodol &raquo;, ou celui qui porte la voix, celui qui d\u00e9fend la cause.<\/p>\n<p>Mgr Thomas Mongo, \u00e9v&ecirc;que de Douala, premier \u00e9v&ecirc;que Camerounais, originaire de la Sanaga Maritime essaie de persuader sans succ&egrave;s Um Nyob\u00e9 de sortir du maquis, au cours d&rsquo;une rencontre secr&egrave;te en 1957. Ruben Um Nyob\u00e9 refuse. Il exige l&rsquo;amnistie totale et inconditionnelle pour tous les faits et d\u00e9lits commis avant D\u00e9cembre 1956, le r\u00e9tablissemnt de l&rsquo;UPC, la r\u00e9unification et l&rsquo;ind\u00e9pendance du Cameroun. Mgr Thomas Mongo rapporte aux autorit\u00e9s son entretien avec Um Nyob\u00e9. <\/p>\n<p>Lorsque la loi d&rsquo;amnistie est vot\u00e9e le 17 F\u00e9vrier 1958, elle ne s&rsquo;applique qu&rsquo;aux actes commis avant le 2 Janvier 1956. En clair, ceux qui ont \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s dans les troubles pr\u00e9c\u00e9dant ou ayant suivi les \u00e9lections de D\u00e9cembre 1956 ne sont pas concern\u00e9s par l&rsquo;amnistie. De plus, l&rsquo;UPC n&rsquo;est toujours pas l\u00e9galis\u00e9e. Dans ces conditions, Um Nyob\u00e9 estime qu&rsquo;il doit poursuivre ses activit\u00e9s politiques et arm\u00e9es dans la clandestinit\u00e9. Il installe son quartier g\u00e9n\u00e9ral &agrave; Mametel dans les environs de Boumyebel. L&rsquo;arm\u00e9e rebelle le traque alors impitoyablement avec ses partisans maquisards.<br \/>Au d\u00e9but du mois de Septembre 1958, les militaires fran&ccedil;ais dont le commandant en chef est le colonel Lamberton localisent son poste de commandement &agrave; Mametel. Inform\u00e9,Um Nyob\u00e9 quitte Mametel le 10 Septembre en pleine nuit sous une pluie battante, avec huit de ses fid&egrave;les dont deux femmes et son homme de confiance Mayi Matip Th\u00e9odore. Ils ont d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;aller se cacher ailleurs dans le maquis dirig\u00e9 par Alexandre Mbend Libot. Le lieu de rendez-vous est une grotte secr&egrave;te. Apr&egrave;s quelques heures de marche, le cort&egrave;ge qui s&rsquo;est perdu dans la for&ecirc;t d\u00e9cide de bivouaquer dans les rochers environnants. Le lendemain au lever du jour, le groupe r\u00e9alise avec effroi qu&rsquo;il a pass\u00e9 la nuit dans la &laquo; tani&egrave;re aux lions &raquo;, &laquo; lia li njee &raquo; en langue bassa, lieu connu et fr\u00e9quent\u00e9 par l&rsquo;arm\u00e9e. Um Nyob\u00e9 d\u00e9cide alors de d\u00e9p&ecirc;cher deux \u00e9claireurs au village le plus proche. Leur mission est de ramener un guide capable de conduire le groupe jusqu&rsquo;au maquis de Mbend Libot. <\/div>\n<div>\n<div><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.bonaberi.com\/images\/rubriques\/8\/2174.jpg\" align=\"left\" border=\"1\" \/><\/div>\n<div>\n<div>Mais le 13 Septembre avant le retour des \u00e9claireurs, Um Nyob\u00e9 entend un bruit de pas et signale &agrave; son entourage la pr\u00e9sence des militaires. Aussit&ocirc;t, des coups de feu \u00e9clatent. Son compagnon Yem Mback est tu\u00e9 &agrave; bout portant ainsi que les deux femmes qui l&rsquo;accompagnent. Um Nyob\u00e9 est identifi\u00e9 par les indicateurs qui accompagnent la patrouille. Il est sans arme, il tient &agrave; la main un cartable qui contient ses documents et son agenda personnel. Paul Abdoulaye, soldat d&rsquo;origine sara (Tchad) enr&ocirc;l\u00e9 par l&rsquo;arm\u00e9e fran&ccedil;aise, ouvre le feu sur lui. Il est atteint au dos et meurt dans d&rsquo;atroces souffrances. Th\u00e9odore Mayi Matip a \u00e9chapp\u00e9 au massacre. Press\u00e9 par un besoin naturel, il \u00e9tait se soulager (dit-il) lorsque la patrouille a surpris Um. Le corps de Um Nyob\u00e9 est enroul\u00e9 dans un drap puis tra&icirc;n\u00e9 jusqu&rsquo;&agrave; Boumyebel o&ugrave; il est expos\u00e9 en public. <\/p>\n<p>Quelques jours apr&egrave;s, le corps de Um Nyob\u00e9 est accompagn\u00e9 dans sa derni&egrave;re demeure par le pasteur Song Nlend. <\/p>\n<p>Le premier Janvier 1960, le Camerouna fran&ccedil;ais acc&egrave;de &agrave; l&rsquo;ind\u00e9pendance, sous la houlette de M. Ahmadou Ahidjo, ancien militant du BDC, ralli\u00e9 aux th&egrave;ses ind\u00e9pendantistes de Um Nyob\u00e9. En Octobre 1961, M. Ahmadou Ahidjo r\u00e9unifie la partie m\u00e9ridionale du Cameroun occidental avec le Cameroun oriental anciennement sous domination fran&ccedil;aise.<\/p>\n<p><strong>Note :<\/strong> Ainsi s&rsquo;ach&egrave;ve l&rsquo;histoire de cet homme, Ruben Um Nyob\u00e9, le &laquo;Mpodol&raquo;, qui de son empreinte aura marqu\u00e9 la lutte contre l&rsquo;imp\u00e9rialisme occidental et l&rsquo;asservissement des pays du sud. Que la terre de nos anc&ecirc;tres lui soit toujours l\u00e9g&egrave;re et puisse, la Jeunesse Africaine tout enti&egrave;re et Camerounaise en particulier, s&rsquo;inspirer de cet homme, qui f&ucirc;t, &agrave; n&rsquo;en plus douter, un des plus grands ind\u00e9pendantistes Africains. Demeure en paix, &laquo; Mpodol &raquo; : hier, tu as port\u00e9 la voix; aujourd&rsquo;hui, tu nous montres encore la voie. A nous d&rsquo;arpenter sagement le chemin.<\/p>\n<p>Sources : <a href=\"http:\/\/www.bonaberi.com\/\" target=\"_blank\"><font color=\"#000000\">http:\/\/www.bonaberi.com<\/font><\/a><br \/>Source \u00e9dito : <a href=\"http:\/\/perso.orange.fr\/jacques.morel67\/ccfo\/crimcol\/node86.html\" target=\"_blank\"><font color=\"#000000\">http:\/\/perso.orange.fr\/jacques.morel67\/ccfo\/crimcol\/node86.html<\/font><\/a><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9 en 1913 pr\u00e8s de Boumyebel, Ruben Um Nyob\u00e9 est sans aucun l&rsquo;un des plus grands leaders de la cause ind\u00e9pendantiste et de la luttre contre l&rsquo;oppression au Cameroun&#8230; Par Samuel Nelle &#8211; Ruben Um Nyobe est n\u00e9 en 1913 &agrave; Song Peck pr&egrave;s de Boumyebel dans l&rsquo;arrondissement d&rsquo;Es\u00e9ka, de Nyob\u00e9 Nsounga et de Ngo [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-100","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=100"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/100\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=100"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=100"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=100"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=100"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}