{"id":113,"date":"2006-08-18T12:36:01","date_gmt":"2006-08-18T10:36:01","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-08-18T12:36:01","modified_gmt":"2006-08-18T10:36:01","slug":"113","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/113\/","title":{"rendered":"Laurent Gbagbo"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>\u201c La crise ivoirienne, le Cameroun et moi \u201d &#8211; <\/p>\n<p class=\"texte\" align=\"justify\"><span class=\"Style3\"><strong><font size=\"2\"><font color=\"#666666\"><span class=\"Style32 Style43\"><em>Dans un entretien accord\u00e9 la semaine derni&egrave;re &agrave; Melvin Akam et diffus\u00e9 hier jeudi sur les antennes de la t\u00e9l\u00e9vision camerounaise &ldquo;Canal 2 International&rsquo;&rsquo;, le pr\u00e9sident ivoirien revient avec simplicit\u00e9 et franc-parler, sur les p\u00e9rip\u00e9ties de la crise ivoirienne, dont il dit que son pays va bient&ocirc;t sortir. Il accepte \u00e9galement de parler de sa vie d&rsquo;ancien opposant, devenu chef d&rsquo;un des Etats les plus importants d&rsquo;Afrique. O&ugrave; l&rsquo;on d\u00e9couvre un pr\u00e9sident qui reste un homme, pour ne pas devenir un zombie pr\u00e9sidentiel, et trouve du temps pour regarder les matches de tennis f\u00e9minin ou du Fc Barcelone de Samuel Eto&rsquo;o qu&rsquo;il dit aimer. Un homme aussi qui est reconnaissant au Cameroun de l&rsquo;avoir fait conna&icirc;tre, aux Camerounais de l&rsquo;avoir aid\u00e9 du temps de son exil et de continuer &agrave; le soutenir. Lisez plut&ocirc;t. <\/em><\/span><\/p>\n<p><\/font><\/font>Merci monsieur le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique de C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire de nous accorder cet entretien. Comment vous portez-vous quelques jours apr&egrave;s avoir \u00e9chapp\u00e9 &agrave; un incendie au palais pr\u00e9sidentiel lib\u00e9rien &agrave; Monrovia ?<\/strong><br \/>Je me porte plut&ocirc;t bien. Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;incendie de Monrovia qui m&rsquo;a emp&ecirc;ch\u00e9 d&rsquo;attraper une grippe comme d&rsquo;habitude. J&rsquo;ai un peu perdu la voix, mais &ccedil;a va mieux. <\/p>\n<p><strong>La presse ivoirienne parle de cet incendie comme d&rsquo;un acte pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9, un acte criminel en quelque sorte. Que s&rsquo;est-il pass\u00e9 &agrave; Monrovia ?<\/strong><br \/>Tant que les enqu&ecirc;teurs lib\u00e9riens ne nous ont pas donn\u00e9 les r\u00e9sultats de leurs investigations, chacun est libre de faire des supputations. Mais en ce qui nous concerne, la th&egrave;se de l&rsquo;acte pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9, je l&rsquo;ai entendue de la bouche de madame Ellen Johnson, le chef d&rsquo;Etat du Lib\u00e9ria. Nous \u00e9tions trois chefs d&rsquo;Etat pris dans cet incendie : John Kuffor du Ghana, Ellen Johnson du Lib\u00e9ria et moi-m&ecirc;me. J&rsquo;ai demand\u00e9 &agrave; madame Johnson s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un court-circuit. Elle m&rsquo;a r\u00e9pondu non, et que le gouvernement lib\u00e9rien avait des informations suivant lesquelles, le 26 juillet, des gens allaient tenter de faire quelque chose contre son gouvernement. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas une surprise pour elle. Alors je lui ai demand\u00e9 s&rsquo;il s&rsquo;agissait des gens de l&rsquo;opposition. Elle m&rsquo;a r\u00e9pondu non ; elle pensait plut&ocirc;t que c&rsquo;\u00e9tait les gens de l&rsquo;ancien pr\u00e9sident Charles Taylor. Donc vous voyez que c&rsquo;est de la bouche m&ecirc;me de madame le chef de l&rsquo;Etat du Lib\u00e9ria. Elle m&rsquo;a dit qu&rsquo;elle avait ordonn\u00e9 des enqu&ecirc;tes. S&rsquo;il y a autre chose, que ces enqu&ecirc;tes nous livrent, &agrave; ce moment-l&agrave;, on croira autre chose. Mais pour le moment, en tout cas en ce qui me concerne, c&rsquo;est la seule source que j&rsquo;ai dans la t&ecirc;te parce que c&rsquo;est ce qu&rsquo;elle m&rsquo;a dit.<\/p>\n<p><strong>Monsieur le pr\u00e9sident, parlons de la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire. Votre pays vient de c\u00e9l\u00e9brer les 46 ans de son ind\u00e9pendance. C&rsquo;est un pays divis\u00e9 depuis quatre ans et qui s&rsquo;installe dans une situation de ni paix, ni guerre ; en tout cas c&rsquo;est l&rsquo;impression qu&rsquo;on a de l&rsquo;ext\u00e9rieur. O&ugrave; en &ecirc;tes-vous avec le processus de sortie de crise et de normalisation ?<\/strong><br \/>On va sortir de la crise. Vous savez, dans l&rsquo;histoire du monde, on a eu beaucoup de crises comme celle-l&agrave;. Des crises plus ou moins longues. La guerre de 1914-1918 \u00e9tait une crise &agrave; l&rsquo;\u00e9chelle du monde. Elle a dur\u00e9 quatre ans. La guerre 1939-1945 est une crise &agrave; l&rsquo;\u00e9chelle du monde. Elle a dur\u00e9 cinq &agrave; six ans &agrave; peu pr&egrave;s. Il y a eu d&rsquo;autres crises. Je peux citer la guerre des cent ans. Je crois que cette crise que nous traversons nous ennuie, nous emb&ecirc;te et nous enferme. Mais c&rsquo;est une crise. Et on ne peut pas passer une vie humaine sans traverser de crise. Une nation ne peut pas na&icirc;tre et grandir sans traverser de crise. C&rsquo;est cela la nature. Je crois qu&rsquo;il nous faut assez de courage et de panache pour en sortir. Le temps que &ccedil;a prendra, je ne pense pas que cela puisse prendre tr&egrave;s longtemps, on en sortira et on sera plus fort. <\/p>\n<p><strong>Quels sont les signes qui vous font croire que vous allez en sortir bient&ocirc;t ?<\/strong><br \/>Parce que d&rsquo;abord les h\u00e9ros sont fatigu\u00e9s. Les combattants sont fatigu\u00e9s de se battre. Cela, c&rsquo;est le premier signe. Et c&rsquo;est un signe qui ne trompe jamais. Quand ceux qui se battent sont fatigu\u00e9s de se battre, la bataille s&rsquo;arr&ecirc;te, faute de combattants. Ensuite, il y a que tout le monde juge aujourd&rsquo;hui que cette guerre est inutile. Donc, il y a des signes comme le pr\u00e9 &#8211; regroupement des combattants, des signes comme le dialogue militaire, la paix entre les jeunes qui ont pacifi\u00e9 la rue. Des signes comme ceux-l&agrave;, montrent que les h\u00e9ros sont fatigu\u00e9s et que nous ne sommes plus loin de la sortie de crise. <\/p>\n<p><strong>Les signes sont l&agrave; mais on vous accuse toujours de bloquer le processus de sortie de crise. Certains disent que vous avez l&rsquo;habitude de remettre en cause les accords qui sont d\u00e9j&agrave; conclus. D&rsquo;autres vous qualifient m&ecirc;me de boulanger qui roule tout le monde dans la farine y compris vos pairs africains&hellip;<\/strong><br \/>Certains ont une image plus gentille et me qualifient de p&acirc;tissier. Je crois quand m&ecirc;me que c&rsquo;est un peu plus gentil que boulanger (Rires). Les g&acirc;teaux c&rsquo;est plus agr\u00e9able que du pain surtout quand le pain est fruste.<\/p>\n<p><strong>Donc cela ne vous agace pas&hellip;<\/strong><br \/>Non. Je pense que tout homme politique a toujours des surnoms qu&rsquo;on lui donne. Si cela l&rsquo;agace, il ne fait pas la politique. Quand on fait la politique, on re&ccedil;oit des surnoms de partout. Moi si je vous cite aujourd&rsquo;hui les surnoms que certains chefs d&rsquo;Etat ont, je pense que certains parmi eux vont vraiment se f&acirc;cher. Mais moi je ne me f&acirc;che pas parce que je pense que c&rsquo;est la r&egrave;gle du jeu. <br \/>Ce qui se passe en C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, c&rsquo;est un coup d&rsquo;Etat qui a eu lieu et qui a \u00e9chou\u00e9. Ce coup d&rsquo;Etat n&rsquo;a pas atteint son objectif, c&rsquo;est-&agrave;-dire renverser un r\u00e9gime. Le coup d&rsquo;Etat s&rsquo;est mu\u00e9 en guerre civile, puis en occupation d&rsquo;un espace territorial assez important. Donc, quand je ram&egrave;ne tout le monde &agrave; la loi, des gens font comme si les ramener &agrave; la loi, c&rsquo;est leur nuire. Mais ils ont \u00e9chou\u00e9 ; donc, les lois existent. Quand on fait un coup d&rsquo;Etat, c&rsquo;est pour mettre &agrave; bas les lois. C&rsquo;est pourquoi celui qui fait un coup d&rsquo;Etat est hors-la-loi. Mais celui qui n&rsquo;a pas fait de coup d&rsquo;Etat trouve son int\u00e9r&ecirc;t &agrave; appliquer et respecter les lois et de dire que les lois vivent et qu&rsquo;elles vivront. Par cons\u00e9quent, il y a toujours, entre les deux parties de la discussion, deux mani&egrave;res diff\u00e9rentes de voir les choses : moi je vois le pays &agrave; travers les lois, eux ils le voient &agrave; travers le coup qu&rsquo;ils ont fait. Je ne peux l&rsquo;accepter car je ne suis pas un putschiste. <br \/>&ldquo; J&rsquo;ai sign\u00e9 plus de d\u00e9crets de naturalisation que mes pr\u00e9d\u00e9cesseurs, les pr\u00e9sidents Gue&iuml; et B\u00e9di\u00e9. &rdquo;<\/p>\n<p><strong>Je voudrais vous prendre un cas : l&rsquo;identification de la population qui semble &ecirc;tre un pr\u00e9alable aux \u00e9lections. Vous avez appel\u00e9 les Ivoiriens &agrave; se rendre massivement aux audiences foraines pour se faire identifier je crois. Parall&egrave;lement, certains de vos partisans organisent le boycott actif des m&ecirc;mes audiences foraines. Est-ce que ces audiences g&ecirc;nent le camp pr\u00e9sidentiel ?<\/strong><br \/>Vous pouvez le demander &agrave; ceux qui ont appel\u00e9 au boycott des audiences foraines. Chacun est responsable de ce qu&rsquo;il fait. Moi je ne suis pas chef d&rsquo;un parti, je suis chef de l&rsquo;Etat. J&rsquo;ai appel\u00e9 &agrave; aller aux audiences foraines. Mais les audiences foraines, &ccedil;a ne veut pas dire la foire. Les audiences foraines, c&rsquo;est une audience &agrave; laquelle on va et on demande un jugement suppl\u00e9tif d&rsquo;acte de naissance ou un jugement d&rsquo;acte de d\u00e9c&egrave;s. C&rsquo;est tout. On ne d\u00e9livre pas d&rsquo;acte de nationalit\u00e9 &agrave; une audience foraine. Quiconque le fait, contrevient &agrave; la loi. Je crois que ceux dont vous parlez comme mes partisans, quand ils se sont r\u00e9volt\u00e9s et qu&rsquo;ils ont appel\u00e9 &agrave; boycotter les audiences foraines, ils n&rsquo;ont pas appel\u00e9 &agrave; boycotter les audiences foraines en elles-m&ecirc;mes. Ils ont appel\u00e9 &agrave; boycotter les audiences foraines qui d\u00e9livrent frauduleusement des certificats de nationalit\u00e9 parce que ce n&rsquo;est pas le r&ocirc;le des audiences foraines de d\u00e9livrer des certificats de nationalit\u00e9. C&rsquo;est au pr\u00e9sident du tribunal qui seul a comp\u00e9tence pour d\u00e9livrer des certificats de nationalit\u00e9 qu&rsquo;il appartient de le faire. D&rsquo;ailleurs, il ne s&rsquo;agit pas seulement du camp pr\u00e9sidentiel. Le Premier ministre Charles Konan Banny a fait r\u00e9diger par son cabinet un guide pratique des audiences foraines o&ugrave; c&rsquo;est dit clairement qu&rsquo;on n&rsquo;y d\u00e9livre pas des certificats de nationalit\u00e9. Donc ce n&rsquo;est pas une affaire de camp pr\u00e9sidentiel, c&rsquo;est une question de droit.<\/p>\n<p><strong>La question de la nationalit\u00e9 \u00e9tant manifestement au centre de la crise ivoirienne, pour vous, qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est qu&rsquo;&ecirc;tre Ivoirien ? <\/strong><br \/>Etre Ivoirien c&rsquo;est avoir la nationalit\u00e9 ivoirienne, c&rsquo;est tout. C&rsquo;est simple.<\/p>\n<p><strong>Vous &ecirc;tes &agrave; la t&ecirc;te d&rsquo;un pays dont un quart de la population est d&rsquo;origine \u00e9trang&egrave;re&hellip;<\/strong><br \/>Non ! Donc un quart de la population est \u00e9trang&egrave;re. Parce que les Ivoiriens qui sont d&rsquo;origine \u00e9trang&egrave;re sont plus nombreux. <\/p>\n<p><strong>Parmi ces \u00e9trangers, il y en a qui sont de la deuxi&egrave;me g\u00e9n\u00e9ration. Ils sont n\u00e9s en C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire et n&rsquo;entendent pas en partir. Comment faut-il les int\u00e9grer ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Que dit le droit ? <\/strong><br \/>En C&ocirc;te-d&rsquo;Ivoire, pr\u00e9vaut le droit du sang et non le droit du sol. Et donc, si vous &ecirc;tes n\u00e9 en C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire et que vous &ecirc;tes de p&egrave;re et de m&egrave;re \u00e9trangers, vous n&rsquo;&ecirc;tes pas Ivoirien. Si vous &ecirc;tes \u00e9tranger et que vous voulez devenir Ivoirien, alors vous en faites la demande. Je rappelais les chiffres il n&rsquo;y a pas longtemps : depuis bient&ocirc;t six ans que je suis l&agrave;, j&rsquo;ai sign\u00e9 plus de d\u00e9crets de naturalisation que mes pr\u00e9d\u00e9cesseurs, les pr\u00e9sidents Gue&iuml; et B\u00e9di\u00e9. Je signe en moyenne 163 d\u00e9crets de naturalisation par an. Pour vous donner une id\u00e9e, sachez que le pr\u00e9sident Houphou&euml;t-Boigny en a sign\u00e9 en moyenne 168 par an. Donc nous sommes tr&egrave;s proches du point de vue de la quantit\u00e9. D&rsquo;ailleurs, lorsque vous &ecirc;tes connu, le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique signe rapidement le d\u00e9cret de naturalisation et vous \u00e9vite de passer par toutes les formalit\u00e9s au minist&egrave;re de la Justice, au minist&egrave;re de l&rsquo;Int\u00e9rieur. C&rsquo;est simple. Mais on ne peut pas dire que comme je suis en C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire depuis longtemps, je vais faire des faux papiers pour me faire passer pour un Ivoirien. C&rsquo;est de la d\u00e9linquance. Et cette d\u00e9linquance-l&agrave; est passible de jugement, il faut le rappeler &agrave; chaque instant. Devenir Ivoirien, ce n&rsquo;est pas compliqu\u00e9. Si vous allez entre Yamoussoukro et Daloa, vous trouverez des villages qui ont des noms burkinab\u00e9s : Koudougou, Garango, Kopela, c&rsquo;est des villages o&ugrave; des gens d&rsquo;origine burkinab\u00e9 se sont install\u00e9s. Ils ont tous demand\u00e9 la nationalit\u00e9 ivoirienne, ils l&rsquo;ont acquise, ils sont aujourd&rsquo;hui tous des Ivoiriens. Ils font tout comme des Ivoiriens : ils votent, ils sont candidats. Je viens m&ecirc;me d&rsquo;\u00e9riger la commune de Koudougou comme commune de plein exercice. Vous voyez donc que nous on n&rsquo;a pas ce probl&egrave;me existentiel. Seulement, il faut suivre la loi. Celui qui ne suit pas la loi et qui veut frauder ou tricher, on le poursuit.<\/p>\n<p><strong>Parlons du d\u00e9sarmement, un autre probl&egrave;me qui est au c&oelig;ur de la crise ivoirienne. Avez-vous les moyens aujourd&rsquo;hui d&rsquo;obtenir de la r\u00e9bellion qu&rsquo;elle d\u00e9pose les armes ?<\/strong><\/p>\n<p>Moi j&rsquo;ai les moyens. C&rsquo;est la communaut\u00e9 internationale qui m&rsquo;emp&ecirc;che d&rsquo;utiliser les moyens que j&rsquo;ai. J&rsquo;ai acquis des moyens. Quand je suis arriv\u00e9 au pouvoir, j&rsquo;ai trouv\u00e9 un pays dont l&rsquo;arm\u00e9e n&rsquo;\u00e9tait pas arm\u00e9e. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;armes. C&rsquo;est ce qui a d&rsquo;ailleurs permis &agrave; ceux qui ont fait ce coup d&rsquo;Etat manqu\u00e9 devenu guerre civile, de faire les coups de force. On n&rsquo;avait pas d&rsquo;armes. Maintenant, on s&rsquo;est \u00e9quip\u00e9. Avec la crise de novembre 2004, les Fran&ccedil;ais ont d\u00e9truit seulement des avions. Mais l&rsquo;armement d&rsquo;une arm\u00e9e n&rsquo;est pas constitu\u00e9 seulement que d&rsquo;avions. Aujourd&rsquo;hui, nous sommes capables de les d\u00e9sarmer de force. Mais, on est rentr\u00e9 dans un syst&egrave;me o&ugrave; il y a beaucoup d&rsquo;accords, beaucoup de n\u00e9gociations qui ont eu lieu, nous appliquons donc la constitution, les lois, les textes n\u00e9goci\u00e9s et les r\u00e9solutions.<br \/>&ldquo; On n&rsquo;a pas &agrave; prendre les armes pour se plaindre. La communaut\u00e9 internationale n&rsquo;a pas &agrave; donner l&rsquo;impression d&rsquo;encourager ceux qui prennent les armes parce qu&rsquo;il y a des probl&egrave;mes. Elle a &agrave; encourager les gens &agrave; discuter, &agrave; respecter les r&egrave;gles de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9. &rdquo;<\/p>\n<p><strong>Justement, comment jugez-vous le traitement du dossier du d\u00e9sarmement par la communaut\u00e9 internationale ?<\/strong><br \/>Mal ! Je pense que le dossier du d\u00e9sarmement est mal trait\u00e9. Beaucoup de gens racontent n&rsquo;importe quoi et ne prennent pas le taureau par les cornes. C&rsquo;est le reproche que je peux faire &agrave; la communaut\u00e9 internationale. Elle met tout &agrave; la charge du chef de l&rsquo;Etat et tout au cr\u00e9dit des rebelles. Elle fait comme si la r\u00e9bellion \u00e9tait une nation prosp&egrave;re, tranquille, l\u00e9gitime et l\u00e9gale qu&rsquo;un m\u00e9chant loup appel\u00e9 Gbagbo est venu brusquement attaquer, avec ses hommes et qu&rsquo;il d\u00e9range. Je d\u00e9range donc la r\u00e9bellion. Or la r\u00e9bellion est en tort. Par essence, la r\u00e9bellion a tort du fait qu&rsquo;elle est une r\u00e9bellion. Tant qu&rsquo;on ne l&rsquo;affirme pas, et tant qu&rsquo;on n&rsquo;agit pas en cons\u00e9quence, on se trompe. Voil&agrave; la premi&egrave;re erreur de la communaut\u00e9 internationale. <br \/>La deuxi&egrave;me est une erreur d&rsquo;analyse. On fait comme si ce coup d&rsquo;Etat est d&ucirc; au fait qu&rsquo;une partie de la population est marginalis\u00e9e, malmen\u00e9e. On n&rsquo;a pas h\u00e9sit\u00e9 &agrave; parler de Musulmans qui sont malmen\u00e9s en Cote d&rsquo;Ivoire, m\u00e9pris\u00e9s&hellip;mais c&rsquo;est faux. Parce que l&rsquo;histoire de la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire est connue &agrave; travers toutes les r\u00e9gions. Il y a eu la crise du Sangwi o&ugrave; les Agnis ont \u00e9t\u00e9 index\u00e9s un moment ; il y a eu la crise du Kebi\u00e9 o&ugrave; les B\u00e9t\u00e9s \u00e9taient accus\u00e9s un moment, aujourd&rsquo;hui il y a la crise du Nord. Seulement, hier, lorsque nous, nous \u00e9tions victimes, nous n&rsquo;avons pas pris les armes pour autant. On n&rsquo;a pas &agrave; prendre les armes pour se plaindre. La communaut\u00e9 internationale n&rsquo;a pas &agrave; donner l&rsquo;impression d&rsquo;encourager ceux qui prennent les armes parce qu&rsquo;il y a des probl&egrave;mes. Elle a &agrave; encourager les gens &agrave; discuter, &agrave; respecter les r&egrave;gles de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9. <br \/>Il s&rsquo;agit en fait d&rsquo;un groupe d&rsquo;individus qui ont pris les armes pour faire un coup d&rsquo;Etat, pour amener une \u00e9quipe nouvelle au pouvoir. Je ne suis pas le seul contre qui ils ont pris les armes. Ils ont d&rsquo;abord pris les armes contre B\u00e9di\u00e9 en d\u00e9cembre 1999. Ce coup d&rsquo;Etat n&rsquo;a r\u00e9ussi qu&rsquo;&agrave; moiti\u00e9 : il a r\u00e9ussi &agrave; renverser le r\u00e9gime de B\u00e9di\u00e9, mais il n&rsquo;a pas r\u00e9ussi &agrave; installer au pouvoir les gens que les putschistes voulaient. Celui qu&rsquo;ils ont plac\u00e9 au pouvoir pour animer le gouvernement int\u00e9rimaire a tent\u00e9 lui aussi d&rsquo;&ecirc;tre candidat et d&rsquo;&ecirc;tre pr\u00e9sident. Je suis all\u00e9 aux \u00e9lections et je l&rsquo;ai battu. Ils ont donc continu\u00e9 puisque le deuxi&egrave;me objectif n&rsquo;\u00e9tait pas atteint &agrave; savoir, mettre une \u00e9quipe pr\u00e9cise au pouvoir. Ils ont tent\u00e9 un coup d&rsquo;Etat en janvier 2001 et ils ont \u00e9chou\u00e9 ; puis un autre en septembre 2002 qui s&rsquo;est mu\u00e9 en r\u00e9bellion. C&rsquo;est dans cette crise-l&agrave; que nous sommes. Donc, il s&rsquo;agit de la conqu&ecirc;te du pouvoir autrement que par les urnes. Les questions de nationalit\u00e9 et d&rsquo;identit\u00e9 sont juste instrumentalis\u00e9es par un groupe d&rsquo;individus qui veulent arriver au pouvoir. Je ne l&rsquo;accepterai pas. <\/p>\n<p><strong>L&rsquo;identification et le d\u00e9sarmement \u00e9tant encore &agrave; faire, techniquement, l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle attendue que la r\u00e9solution 1633 du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations unies voudrait pour le 30 octobre 2006 au plus tard, peut-elle encore avoir lieu &agrave; cette date-l&agrave; ?<\/strong><br \/>Je n&rsquo;en sais rien. Mais ce n&rsquo;est pas cela ma pr\u00e9occupation. Ce qui est important c&rsquo;est qu&rsquo;on se mette en position de faire les \u00e9lections. Il faut travailler &agrave; tout afin qu&rsquo;on soit en position de faire des \u00e9lections. Si elles arrivent avant, tant mieux. Si elles arrivent le jour m&ecirc;me c&rsquo;est tant mieux. Si elles arrivent apr&egrave;s, c&rsquo;est bien aussi, pourvu qu&rsquo;on aille aux \u00e9lections et que le peuple de C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire choisisse librement ses dirigeants. <\/p>\n<p><strong>Si la pr\u00e9sidentielle arrive apr&egrave;s le 30 octobre prochain, la question se pose quand m&ecirc;me de savoir comment la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire sera gouvern\u00e9e&hellip;<\/strong><br \/>La C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire a des textes. Les articles 38 et 39 de la constitution ivoirienne r&egrave;glent ce probl&egrave;me-l&agrave;. Et c&rsquo;est sur ces articles-l&agrave; que l&rsquo;Union africaine s&rsquo;est appuy\u00e9e en 2005 pour reconduire mon mandat, n&rsquo;oubliez pas que les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles auraient d&ucirc; se tenir en octobre 2005. Pour l&rsquo;Union africaine, le 30 octobre, c&rsquo;\u00e9tait plut&ocirc;t un souhait. Alors les gens qui n&rsquo;ont pas particip\u00e9 aux d\u00e9bats croient qu&rsquo;on nous somme d&rsquo;organiser les \u00e9lections avant le 30 octobre. Pour notre propre bien, il faut qu&rsquo;on aille le plus t&ocirc;t possible aux \u00e9lections. On n&rsquo;a pas besoin de nous donner un d\u00e9lai pour notre propre bien. C&rsquo;est nous les premiers concern\u00e9s. C&rsquo;est &agrave; nous, le 30 octobre venu, de d\u00e9cider s&rsquo;il faut se donner plus de temps pour mieux peaufiner le processus afin qu&rsquo;on ait des \u00e9lections transparentes. Mais, tout est compris dans la constitution<br \/>Vous voulez dire que le cas \u00e9ch\u00e9ant, vous resterez en fonction ?<br \/>Tout est dans la constitution. Le jour o&ugrave; ces dispositions constitutionnelles ont \u00e9t\u00e9 vot\u00e9es, j&rsquo;\u00e9tais d\u00e9put\u00e9 &agrave; l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale. Je vais vous faire une confidence : j&rsquo;avais vot\u00e9 contre. J&rsquo;\u00e9tais d\u00e9put\u00e9 de l&rsquo;opposition et nous venions de faire le boycott actif des \u00e9lections de 1995. C&rsquo;est apr&egrave;s cela que le pr\u00e9sident B\u00e9di\u00e9 avait propos\u00e9 ce texte de loi. Nous avions vu l&agrave; une mani&egrave;re pour lui de cr\u00e9er les conditions de se maintenir au pouvoir. Donc nous avions vot\u00e9 contre. Je connais bien ce texte. <br \/>Mais ce n&rsquo;est pas un probl&egrave;me de savoir qui va &ecirc;tre pr\u00e9sident apr&egrave;s le 30 octobre. C&rsquo;est celui qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu et qui est reconduit par les articles 38 et 39 de la constitution jusqu&rsquo;&agrave; ce que les \u00e9lections aient lieu ; et celui-l&agrave; c&rsquo;est moi et je vous dis que je souhaite qu&rsquo;on ait les \u00e9lections le plus t&ocirc;t possible parce que mieux vaut que la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire sorte de cette situation bancale pour entrer dans une &egrave;re de clarification. <\/p>\n<p><strong>Monsieur le pr\u00e9sident, vous avez d\u00e9clar\u00e9 un jour que le poste de pr\u00e9sident de la R\u00e9publique c&rsquo;est un fauteuil. Ce n&rsquo;est pas un banc. De l&rsquo;ext\u00e9rieur, on a l&rsquo;impression que ce fauteuil-l&agrave; est devenu un banc. Et, sur ce banc, d&rsquo;aucuns voudraient m&ecirc;me que vous soyez un peu dans la situation de la Reine d&rsquo;Angleterre, sans pouvoirs r\u00e9els. Aujourd&rsquo;hui en C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire qui a le pouvoir de d\u00e9cision : le pr\u00e9sident Laurent Gbagbo, le Premier ministre Charles Konan Banny ou la communaut\u00e9 internationale ?<\/strong><br \/>(Impatient) Charles Banny, je travaille avec lui et il travaille sur les textes \u00e9dict\u00e9s par la communaut\u00e9 internationale pour la sortie de crise. Mais dans un pays c&rsquo;est facile. Quand vous voulez savoir qui a le pouvoir, demandez-vous qui signe les d\u00e9crets, qui signe les projets de loi, qui ratifie les trait\u00e9s, qui promulgue les lois, qui nomme aux hautes fonctions administratives et militaires etc. Une fois que vous avez r\u00e9pondu &agrave; ces questions, vous savez qui a le pouvoir. <\/p>\n<p><strong>Donc vous n&rsquo;&ecirc;tes pas la Reine d&rsquo;Angleterre ?<\/strong><br \/>Je ne peux pas &ecirc;tre la Reine d&rsquo;Angleterre, je ne suis pas candidat &agrave; cela. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lu pour &ecirc;tre pr\u00e9sident de la r\u00e9publique dans un r\u00e9gime politique qui est le n&ocirc;tre et qui n&rsquo;est pas un r\u00e9gime parlementaire. <\/p>\n<p><strong>Y a-t-il un risque que la crise ivoirienne ferait courir &agrave; la sous-r\u00e9gion Afrique de l&rsquo;ouest et m&ecirc;me &agrave; l&rsquo;Afrique tout enti&egrave;re ? <\/strong><br \/>A la sous-r\u00e9gion Afrique de l&rsquo;Ouest, c&rsquo;est s&ucirc;r, puisque dans les Etats de l&rsquo;Uemoa (Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire Ouest-africaine ndrl) la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire est le pays le plus \u00e9conomiquement solide. Si donc ce pays est en panne, cela rejaillit immanquablement sur les autres. Nous avons le port d&rsquo;Abidjan, le plus grand port de la sous-r\u00e9gion, qui est, apr&egrave;s le port de Durban, le deuxi&egrave;me port d&rsquo;Afrique et malgr\u00e9 la crise, nous faisons des performances. Donc si la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire est en panne, &agrave; cause du port, &agrave; cause de sa capacit\u00e9 industrielle, &agrave; cause de sa capacit\u00e9 agricole, &agrave; cause de sa capacit\u00e9 de croissance nous mettons l&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest en panne. C&rsquo;est pourquoi il faut qu&rsquo;on en sorte vite. <\/p>\n<p><strong>&ldquo; Kl\u00e9ber, ce n&rsquo;\u00e9tait pas un endroit pour r\u00e9gler une crise. C&rsquo;\u00e9tait un endroit pour arracher le pouvoir des mains l\u00e9gitimes pour le mettre dans des mains ill\u00e9gitimes. &rdquo;<\/strong><\/p>\n<p><strong>Lorsque vous vous retrouvez entre chefs d&rsquo;Etat est-ce que vous avez l&rsquo;impression que vos pairs africains ont suffisamment conscience de ce risque-l&agrave; ?<\/strong><br \/>Oui. Ils en ont parfaitement conscience. <\/p>\n<p><strong>Est-ce qu&rsquo;ils vous aident &agrave; en sortir ?\/<br \/><\/strong>Ca je n&rsquo;en sais rien. Qu&rsquo;ils soient conscients des risques que fait courir la crise ivoirienne &agrave; l&rsquo;Afrique, oui. Mais qu&rsquo;ils m&rsquo;aident &agrave; en sortir, je ne peux pas vous r\u00e9pondre. <\/p>\n<p><strong>Lorsque vous interrogez votre propre d\u00e9marche dans la r\u00e9solution de la crise ivoirienne. Est-ce que quelques fois vous ne vous dites pas &ldquo; ici, j&rsquo;ai fait une erreur &rdquo;?<br \/><\/strong>Ah si. J&rsquo;ai fait une erreur de na&iuml;vet\u00e9 en croyant que les accords, qui \u00e9taient sign\u00e9s avant que je ne sois au pouvoir, seraient automatiquement appliqu\u00e9s. Mais je ne veux pas en dire plus.<\/p>\n<p><strong>Si c&rsquo;\u00e9tait &agrave; refaire lorsque vous rentrez de Rome apr&egrave;s avoir appris que votre pays a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9 est-ce que vous d\u00e9clareriez tout de suite la guerre &agrave; la r\u00e9bellion apr&egrave;s votre arriv\u00e9e ?<br \/><\/strong>Mais j&rsquo;ai dit que l&rsquo;arm\u00e9e n&rsquo;\u00e9tait pas arm\u00e9e. Si c&rsquo;\u00e9tait &agrave; refaire, j&rsquo;aurais commenc\u00e9 d&rsquo;abord &agrave; acheter les armes imm\u00e9diatement au lieu d&rsquo;attendre un certain d\u00e9lai. Ce que j&rsquo;ai fait apr&egrave;s d&rsquo;ailleurs. Les choses auraient peut-&ecirc;tre pris une autre allure. <\/p>\n<p><strong>Est-ce que vous ne chercheriez pas d&rsquo;abord &agrave; comprendre et peut-&ecirc;tre &agrave; discuter avec ceux qui ont pris les armes ?<br \/><\/strong>Non. Je connais l&rsquo;histoire de ce coup d&rsquo;Etat comme ma poche. Je connais les acteurs et leurs vis\u00e9es. Ce n&rsquo;est m&ecirc;me pas moi qui suis vis\u00e9, c&rsquo;est le pouvoir. Ce sont des choses connues. <\/p>\n<p><strong>Si c&rsquo;\u00e9tait &agrave; refaire vous repartiriez &agrave; Kl\u00e9ber ?<br \/><\/strong>Non. Parce que ce n&rsquo;\u00e9tait pas un endroit pour r\u00e9gler une crise. C&rsquo;\u00e9tait un endroit pour arracher le pouvoir des mains l\u00e9gitimes pour le mettre dans des mains ill\u00e9gitimes.<\/p>\n<p><strong>Si c&rsquo;\u00e9tait &agrave; refaire vous accepteriez Marcoussis ?<br \/><\/strong>Non. D&rsquo;ailleurs pour Marcoussis, on m&rsquo;a \u00e9vit\u00e9. Je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 invit\u00e9 &agrave; Marcoussis parce que le texte de Marcoussis ne m\u00e9ritait pas d&rsquo;&ecirc;tre sign\u00e9. Quand je l&rsquo;ai vu, il \u00e9tait d\u00e9j&agrave; sign\u00e9. Mais je l&rsquo;ai accept\u00e9 parce que les annexes disent clairement que quand un gouvernement de r\u00e9conciliation nationale sera form\u00e9, le processus de d\u00e9sarmement commencera. J&rsquo;ai cru na&iuml;vement &agrave; cette phrase. J&rsquo;ai form\u00e9 le gouvernement de r\u00e9conciliation nationale en mars 2003, nous sommes aujourd&rsquo;hui en ao&ucirc;t 2006 et le d\u00e9sarmement n&rsquo;est toujours pas fait. Donc avec des si c&rsquo;\u00e9tait &agrave; refaire, on r\u00e9pondrait souvent non parce que maintenant on sait alors qu&rsquo;avant on ne savait pas. Des erreurs sont faites parce qu&rsquo;on ne savait pas. <\/p>\n<p><strong>A vos yeux, la France garde-t-elle un r&ocirc;le &agrave; jouer dans la r\u00e9solution de la crise en C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire ?<br \/><\/strong>Tout le monde garde un r&ocirc;le &agrave; jouer : la France, les Nations unies, l&rsquo;Union africaine, la C\u00e9deao, l&rsquo;Uemoa. Mais le r&ocirc;le le plus important &agrave; jouer c&rsquo;est les Ivoiriens eux-m&ecirc;mes. Apr&egrave;s les Ivoiriens, c&rsquo;est les Africains. Un texte comme celui de Marcoussis n&rsquo;aurait jamais \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 dans une capitale africaine. Les chefs d&rsquo;Etat m&ecirc;me s&rsquo;ils se d\u00e9testent ils ont au moins peur que ce qui arrive &agrave; l&rsquo;autre leur arrive aussi. Par cons\u00e9quent, ils n&rsquo;auraient jamais pens\u00e9 &agrave; un texte aussi mauvais que celui-l&agrave;. Donc, la France, comme tout le monde, a un r&ocirc;le &agrave; jouer. Je demande &agrave; tous ceux qui ont un r&ocirc;le &agrave; jouer, de venir nous aider. Mais j&rsquo;insiste : c&rsquo;est les Ivoiriens qui ont le plus grand r&ocirc;le &agrave; jouer.<\/p>\n<p><strong>Parce que la question se pose aujourd&rsquo;hui ; dans quel sens faut-il fonder les relations franco-ivoiriennes particuli&egrave;rement sur le plan militaire ?<br \/><\/strong>Je crois que les Africains en g\u00e9n\u00e9ral n&rsquo;ont pas vu les signes. Depuis le gouvernement d&rsquo;Alain Jupp\u00e9, les Fran&ccedil;ais avaient d\u00e9j&agrave; clairement montr\u00e9 leur intention de se retirer progressivement des th\u00e9&acirc;tres d&rsquo;op\u00e9ration en Afrique. Mais c&rsquo;est leur pays, c&rsquo;est leur arm\u00e9e. Ils ont raison de faire ce qui est bien pour eux. Mais les Africains n&rsquo;ont pas lu ces signes-l&agrave;. Et au lieu d&rsquo;en tirer les cons\u00e9quences et de travailler en tenant compte de ce fait nouveau pour assurer leur propre int\u00e9grit\u00e9 territoriale, ils ne l&rsquo;ont pas fait &agrave; temps. C&rsquo;est pourquoi des crises comme celle-ci, nous laissent sans moyens. <\/p>\n<p><strong>La pr\u00e9sence d&rsquo;une base militaire fran&ccedil;aise &agrave; Abidjan ne vous g&ecirc;ne-t-elle pas ? Vous ne demandez pas sa fermeture ?<\/p>\n<p><\/strong>Mais c&rsquo;est des questions qu&rsquo;on traite apr&egrave;s, quand on est sorti de la crise. En C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire on dit toujours : &ldquo; on ne cherche pas &agrave; &ocirc;ter sur soi les magnans alors qu&rsquo;on est sur les magnans &rdquo;. Nous sommes encore dans la crise, on n&rsquo;est pas sorti de la crise et on ne va pas maintenant r\u00e9soudre les probl&egrave;mes de l&rsquo;apr&egrave;s-crise.<br \/><strong>&ldquo; &agrave; force de vouloir trop se mettre dans la peau de chef d&rsquo;Etat, certains se suicident sans le savoir. Ils deviennent des zombies pr\u00e9sidentiels au lieu d&rsquo;&ecirc;tre des chefs d&rsquo;Etat. Moi, je m&egrave;ne ma vie tranquillement. &rdquo;<\/p>\n<p>Monsieur le pr\u00e9sident, nous allons maintenant parler de vous. Vous &ecirc;tes un opposant qui s&rsquo;est battu 20 ans pour arriver au pouvoir par les urnes et vous y &ecirc;tes parvenu. Comment r\u00e9sumeriez-vous votre itin\u00e9raire politique ?<br \/><\/strong>Trente ans. Dix ans de lutte dans la clandestinit\u00e9 marxiste-l\u00e9niniste&hellip; Mao. Et puis, en 1976-80, j&rsquo;ai expliqu\u00e9 &agrave; mes amis qu&rsquo;avec cette forme de lutte, Houphou&euml;t r&egrave;gnerait en toute qui\u00e9tude, sans discontinuer et qu&rsquo;on ne pourrait jamais changer de r\u00e9gime. En 1980, j&rsquo;ai annonc\u00e9 qu&rsquo;il fallait qu&rsquo;on change, qu&rsquo;on lutte pour la d\u00e9mocratie en C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire et pour la conqu&ecirc;te du pouvoir par des voies d\u00e9mocratiques. Le livre qui marque la rupture s&rsquo;intitule C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, pour une alternative d\u00e9mocratique que j&rsquo;ai commenc\u00e9 &agrave; \u00e9crire en 1980 et qui a paru en 1983. C&rsquo;est &ccedil;a la rupture. <br \/>Donc 1980-90, je suis toujours dans l&rsquo;opposition. Mais une opposition semi-ouverte, une opposition d\u00e9mocratique. Ce n&rsquo;\u00e9tait plus totalement la clandestinit\u00e9 pour moi bien que mon mouvement soit encore clandestin. Le Front populaire ivoirien (Fpi) que j&rsquo;ai cr\u00e9\u00e9 en 1982 est encore clandestin mai moi je ne suis plus clandestin. Comme je dis, il faut faire la d\u00e9mocratie. Et la constitution, bien qu&rsquo;\u00e9tant &agrave; parti unique, pr\u00e9voyait la cr\u00e9ation des partis politiques. Houphou&euml;t disait alors, &ldquo; c&rsquo;est un r&ecirc;veur, laissons le r&ecirc;ver, faire des petites conf\u00e9rences et puis quand il sera fatigu\u00e9 il s&rsquo;arr&ecirc;tera &rdquo;. <\/p>\n<p><strong>Quand on est pr\u00e9sident voit-on le monde de la m&ecirc;me fa&ccedil;on que quand on est dans l&rsquo;opposition ?<br \/><\/strong>Certaines fois oui. Cela d\u00e9pend des sujets. Sur certains sujets comme la d\u00e9mocratie, je vois le monde de la m&ecirc;me fa&ccedil;on. J&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de ne pas mettre quelqu&rsquo;un en prison &agrave; cause de ses id\u00e9es parce que j&rsquo;ai moi-m&ecirc;me \u00e9t\u00e9 trop arr&ecirc;t\u00e9. Ce sont d&rsquo;ailleurs les arrestations qui m&rsquo;ont fait. A travers les arrestations, on m&rsquo;a \u00e9lev\u00e9 ; on m&rsquo;a \u00e9rig\u00e9 au rang d&rsquo;adversaire politique et peut-&ecirc;tre que si je n&rsquo;avais pas \u00e9t\u00e9 autant arr&ecirc;t\u00e9, je n&rsquo;aurais pas eu mon destin d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. <br \/>Moi, j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de ne pas mettre les journalistes en prison pour les opinions qu&rsquo;ils \u00e9mettent dans leur travail et cette d\u00e9cision, je l&rsquo;ai fait traduire en texte de loi. Donc sur les points touchant &agrave; la libert\u00e9 et &agrave; la d\u00e9mocratie, je crois que je continue de voir le monde de la m&ecirc;me mani&egrave;re.<br \/>Mais il y a des choses qu&rsquo;on voit de fa&ccedil;on diff\u00e9rente. La gestion des deniers publics par exemple. Quand on est opposant, on croit qu&rsquo;il y a toujours de l&rsquo;argent dans les caisses de l&rsquo;Etat et qu&rsquo;on utilise &agrave; tours de bras. Un Etat n&rsquo;est pas permanemment riche. Dans certaines p\u00e9riodes, il arrive &agrave; l&rsquo;Etat d&rsquo;avoir des difficult\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Entre l&rsquo;homme Gbagbo et le chef l&rsquo;Etat, qu&rsquo;est-ce qui a chang\u00e9 ?<br \/><\/strong>Pas grand-chose. Vous savez, en Afrique, m&ecirc;me quand on vous nomme directeur on fait la f&ecirc;te dans votre famille, dans votre village. Quand j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lu pr\u00e9sident, ni mon p&egrave;re, ni ma m&egrave;re, ni mes jeunes fr&egrave;res et s&oelig;urs n&rsquo;ont pens\u00e9 &agrave; faire une f&ecirc;te parce que c&rsquo;\u00e9tait \u00e9vident qu&rsquo;apr&egrave;s toutes ces ann\u00e9es de lutte, je devienne pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Quand j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lu, j&rsquo;\u00e9tais &agrave; ma r\u00e9sidence priv\u00e9e &agrave; la Riviera, et &agrave; un moment donn\u00e9, la s\u00e9curit\u00e9 pr\u00e9sidentielle m&rsquo;a demand\u00e9 d&rsquo;am\u00e9nager ici &agrave; la r\u00e9sidence pr\u00e9sidentielle parce qu&rsquo;il y avait plus de s\u00e9curit\u00e9 ici. Donc entre l&rsquo;homme Gbagbo et le pr\u00e9sident, rien n&rsquo;a fondamentalement chang\u00e9. <\/p>\n<p><strong>Vous sortez vraiment de l&rsquo;ordinaire. Vous avez \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment t\u00e9moin d&rsquo;un mariage &agrave; la mairie de Cocody&hellip; <br \/><\/strong>&hellip; oui, c&rsquo;est tr&egrave;s souvent que je suis t\u00e9moin &agrave; des mariages.<\/p>\n<p><strong>&hellip;Vous allez pr\u00e9senter des condol\u00e9ances dans des quartiers&hellip;<\/p>\n<p><\/strong>&hellip; je vais pr\u00e9senter des condol\u00e9ances, je vais &agrave; des fun\u00e9railles, je prends souvent le volant de ma voiture pour conduire&hellip;<\/p>\n<p><strong>D&rsquo;aucuns diraient que vous avez du mal &agrave; vous faire &agrave; votre nouveau statut de chef d&rsquo;Etat depuis six ans&hellip;<br \/><\/strong>Ah si. Etre chef d&rsquo;Etat c&rsquo;est prendre des d\u00e9cisions pour gouverner la nation et &oelig;uvrer au bien &ecirc;tre des populations. Je le fais, je travaille. Mais ce n&rsquo;est pas pour cela que je dois me mettre en prison. <\/p>\n<p><strong>Puisque vous le pensez vraiment, comment vous d\u00e9finiriez-vous : comme un chef de village, un opposant qui est au pouvoir ou un chef d&rsquo;Etat atypique ?<br \/><\/strong>Non. Je suis un chef d&rsquo;Etat point. Je suis un pr\u00e9sident de la r\u00e9publique point. Je ne suis pas un chef de village, je ne suis pas un pr\u00e9sident atypique. Je suis pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, je fais mon travail. Mais je pense que mon travail ne doit pas tuer l&rsquo;homme. J&rsquo;ai remarqu\u00e9 en lisant l&rsquo;histoire de certains chefs d&rsquo;Etat que &agrave; force de vouloir trop se mettre dans la peau de chef d&rsquo;Etat, ils se suicident sans le savoir. Ils deviennent des zombies pr\u00e9sidentiels au lieu d&rsquo;&ecirc;tre des chefs d&rsquo;Etat. Moi, je m&egrave;ne ma vie tranquillement. Je n&rsquo;ai pas beaucoup de temps mais il y a des moments o&ugrave; je prends ma voiture et je me prom&egrave;ne. J&rsquo;ai bien s&ucirc;r mes aides de camp avec moi puisque \u00e9tant devenu pr\u00e9sident, je ne peux plus marcher tout seul. Mais je prends ma voiture et je conduis quand il n&rsquo;y a pas trop de monde. Une fois, alors qu&rsquo;on allait &agrave; la plage &agrave; Bassam, on a \u00e9t\u00e9 pris dans un embouteillage dans lequel je suis rest\u00e9 deux ou trois heures. Je ne le fais pas pour narguer les gens. Je le fais parce que j&rsquo;en ai besoin. Pour pouvoir faire mon travail de pr\u00e9sident apr&egrave;s, il faut que l&rsquo;homme soit en forme : pas seulement au plan physique, mais aussi dans la t&ecirc;te, dans le mental. <\/p>\n<p><strong>Quand on est dans l&rsquo;opposition on croit &agrave; des valeurs, on proclame des principes. Est-ce que lorsqu&rsquo;on est arriv\u00e9 au pouvoir, on peut demeurer vertueux ?<br \/><\/strong>Oui. Ecoutez, moi je suis socialiste. Je pense que l&rsquo;Afrique est le continent qui a le plus besoin de socialisme car le socialisme, c&rsquo;est la d\u00e9mocratie. Le socialisme c&rsquo;est aussi faire en sorte que le pouvoir ne soit pas confisqu\u00e9 par un individu et r\u00e9soudre les probl&egrave;mes des citoyens. J&rsquo;essaie de faire en sorte que la d\u00e9mocratie aille mieux et les gens parlent. Les gens aiment parler. Vous savez comment on baptise mon &egrave;re ? &ldquo;La parole est lib\u00e9r\u00e9e&rdquo;. Chacun se l&egrave;ve et il parle. Je suis content que cela arrive sous mon &egrave;re. <br \/>Je suis en train de mettre sur pied la d\u00e9centralisation pour que le pouvoir ne soit pas confisqu\u00e9 par un seul individu. Je viens de communaliser presque toute la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire et nous avons maintenant plus de 700 communes, nous avons des conseils g\u00e9n\u00e9raux de d\u00e9partement, avec des budgets annuels. C&rsquo;est bien, &ccedil;a bouge, &ccedil;a c&rsquo;est la gauche, c&rsquo;est du socialisme. J&rsquo;ai fait voter la loi sur l&rsquo;assurance maladie universelle pour que chacun ait ce qu&rsquo;on appelle en France la S\u00e9cu. Il faut se soigner. J&rsquo;ai institu\u00e9 la carte de s\u00e9curit\u00e9 sociale pour se soigner. Je ne l&rsquo;ai pas encore mise en pratique &agrave; cause de la guerre, mai la loi est d\u00e9j&agrave; vot\u00e9e. <br \/>Enfin, j&rsquo;ai fait en sorte que les enfants aillent &agrave; l&rsquo;\u00e9cole. J&rsquo;ai supprim\u00e9 l&rsquo;obligation pour les \u00e9l&egrave;ves d&rsquo;&ecirc;tre en uniforme parce qu&rsquo;il y avait des parents dont les enfants restaient &agrave; la maison parce qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas les moyens de leur acheter l&rsquo;uniforme. Nous distribuons les livres gratuitement dans les \u00e9coles primaires. Ce sont l&agrave; des principes que je proclamais quand j&rsquo;\u00e9tais dans l&rsquo;opposition. Maintenant, je les mets en pratique.<strong> <\/p>\n<p>Mais sur le plan des droits de l&rsquo;homme m&ecirc;me avant la r\u00e9bellion, votre bilan n&rsquo;\u00e9tait pas tr&egrave;s reluisant. Comment le socialiste l&rsquo;explique-t-il ?<br \/><\/strong>Mais ce n&rsquo;est pas vrai. Tout ce qui se passait sur le plan des droits de l&rsquo;homme et qui se passe d&rsquo;ailleurs encore, c&rsquo;est &agrave; cause de la crise que nous traversons aujourd&rsquo;hui. Je vous ai dit que cette crise a commenc\u00e9 en 1999 mais je vois que vous ne me croyez pas beaucoup. En 1999, un coup d&rsquo;Etat a renvers\u00e9 B\u00e9di\u00e9 et le g\u00e9n\u00e9ral Gue&iuml; est arriv\u00e9 au pouvoir. Il y a eu deux tentatives de putsch pendant que Robert Gue&iuml; \u00e9tait l&agrave; : juillet et septembre 2000. Au moment des \u00e9lections en novembre 2000, il y a eu des bagarres. Il y a eu pr&egrave;s de 300 morts &agrave; Abidjan parce que l&rsquo;un et l&rsquo;autre des candidats se proclamait pr\u00e9sident. <br \/>Voil&agrave; le bilan des droits de l&rsquo;homme avant la crise actuelle. Cependant, c&rsquo;est cette crise-l&agrave; qui a commenc\u00e9 en 1999 qui continue encore jusqu&rsquo;&agrave; aujourd&rsquo;hui. C&rsquo;est la crise avec la volont\u00e9 de certains de faire un coup d&rsquo;Etat qui am&egrave;ne les morts. <br \/>Sinon moi-m&ecirc;me je suis tr&egrave;s fier de raconter &agrave; tout le monde que les journaux fran&ccedil;ais s&rsquo;\u00e9taient plu &agrave; raconter que j&rsquo;avais tu\u00e9 des gens, que j&rsquo;avais cr\u00e9\u00e9 les escadrons de la mort. Vous savez pourquoi ils ne le disent plus ? Parce que je les ai attaqu\u00e9s devant les tribunaux fran&ccedil;ais et j&rsquo;ai gagn\u00e9 le proc&egrave;s, notamment contre Le Monde. C&rsquo;est pourquoi ils ne le disent plus. Et j&rsquo;\u00e9tais heureux que ce soit les journaux fran&ccedil;ais condamn\u00e9s par les tribunaux fran&ccedil;ais parce que si c&rsquo;\u00e9tait en C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, on allait dire que les tribunaux sont &agrave; la solde du pr\u00e9sident. En C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, je n&rsquo;ai jamais attaqu\u00e9 un journaliste pour cela. Mais en France j&rsquo;\u00e9tais fier de les attaquer et la v\u00e9rit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 dite, le droit a \u00e9t\u00e9 dit. J&rsquo;ai gagn\u00e9 contre Le Monde, j&rsquo;ai gagn\u00e9 contre Paris-Match. <\/p>\n<p><strong>Monsieur le pr\u00e9sident, on vous accuse aussi de cog\u00e9rer le pouvoir avec votre \u00e9pouse, madame Simone Gbagbo et qu&rsquo;elle contribuerait &agrave; radicaliser vos positions. Que r\u00e9pondez-vous &agrave; cela ?<br \/><\/strong>Rien du tout. Dans tous les pouvoirs, quels que soient les \u00e9poques et les continents et, c&rsquo;est l&rsquo;historien qui vous parle, il y a toujours eu l&rsquo;aile des durs et l&rsquo;aile des mod\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Mais comme on dit, il n&rsquo;y a pas de fum\u00e9e sans feu non plus&hellip;<br \/><\/strong>Oui mais quelques fois on fabrique des fum\u00e9es, on va mettre le feu pour provoquer l&rsquo;arriv\u00e9e de la fum\u00e9e. Moi je regarde tout cela avec beaucoup d&rsquo;amusement. Je sais tr&egrave;s bien comment je gouverne. Je sais comment je travaille. Demandez un peu &agrave; mes collaborateurs. Mes d\u00e9cisions je les prends moi-m&ecirc;me. Souvent m&ecirc;me, je les prends tout seul. <\/p>\n<p><strong>&ldquo; J&rsquo;aime Eto&rsquo;o Fils. Je regarde tous les matches du Fc Barcelone quand je peux. Dans le Bar&ccedil;a, il y a deux joueurs que j&rsquo;adore : Samuel Eto&rsquo;o et Ronaldinho. Pour moi, c&rsquo;est deux tr&egrave;s grands joueurs. &rdquo;<\/p>\n<p>Monsieur le pr\u00e9sident nous allons parler un tout petit peu des relations entre la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire et le Cameroun. Quels rapports entretenez-vous avec le pr\u00e9sident camerounais Paul Biya ?<br \/><\/strong>On a des rapports polis et bons dans l&rsquo;ensemble. Malheureusement, on n&rsquo;a pas autant de rapports que je l&rsquo;aurais souhait\u00e9. Je dois quand m&ecirc;me dire que la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire avait depuis longtemps une ambassade au Cameroun et que cette ambassade avait \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9e. Je ne sais d&rsquo;ailleurs pas pourquoi. L&rsquo;ancien ambassadeur de C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire au Cameroun est rentr\u00e9 en C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, il est devenu maire de Bouak\u00e9. Puis il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 et on n&rsquo;a jamais nomm\u00e9 son successeur. Et c&rsquo;est moi qui ai r\u00e9veill\u00e9 cette ambassade. Quand nous sommes all\u00e9s &agrave; Yaound\u00e9 en 2001, pour le sommet France-Afrique, j&rsquo;en ai parl\u00e9 un peu avec le pr\u00e9sident Paul Biya. Je lui avais fait la promesse que d&egrave;s mon retour je ressusciterai l&rsquo;ambassade. Et j&rsquo;y ai affect\u00e9 un diplomate de carri&egrave;re qui est aussi mon ami, Paul Ayoman qui a \u00e9t\u00e9 mon directeur de protocole. J&rsquo;ai au moins fait &ccedil;a. <br \/>Sinon, j&rsquo;aime beaucoup le Cameroun, j&rsquo;aime beaucoup les Camerounais et je pense qu&rsquo;eux aussi nous aiment beaucoup. Malheureusement, on n&rsquo;a pas des rapports suivis, aussi fr\u00e9quents, aussi denses qu&rsquo;on aurait souhait\u00e9. On va essayer d&rsquo;y rem\u00e9dier.<strong> <\/p>\n<p>Les Camerounais vous aiment mais ils sont un peu tristes que le C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire ait pris la place du Cameroun pour la Coupe du monde. Comment justement avez-vous jug\u00e9 la prestation des \u00e9l\u00e9phants en Allemagne ?<br \/><\/strong>D&rsquo;abord, le lendemain de notre qualification, le pr\u00e9sident Paul Biya m&rsquo;a appel\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait le premier coup de fil que j&rsquo;avais eu dans cette journ\u00e9e-l&agrave;. Je voudrais quand m&ecirc;me que les Camerounais sachent que leur pr\u00e9sident a \u00e9t\u00e9 tr&egrave;s fair-play. Ensuite, j&rsquo;\u00e9tais content que nous allions en Coupe du monde. Mais je n&rsquo;aime pas beaucoup la mani&egrave;re de s\u00e9lectionner. Je l&rsquo;ai dit &agrave; l&rsquo;ambassadeur Jacques Anoma qui est le pr\u00e9sident de la f\u00e9d\u00e9ration ivoirienne de football. Mais il m&rsquo;a r\u00e9pondu que c&rsquo;est pour une question d&rsquo;argent qu&rsquo;on fait les poules avec les matches aller et retour et que la Caf et la Fifa gagnent de l&rsquo;argent en faisant cela. <br \/>Je lui ai dit qu&rsquo;il \u00e9tait plus sage &agrave; mes yeux d&rsquo;organiser la Coupe d&rsquo;Afrique des Nations et que les cinq premi&egrave;res \u00e9quipes aillent &agrave; la Coupe du monde. Je suis persuad\u00e9 que si on appliquait ce syst&egrave;me, et la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, et le Cameroun allaient &ecirc;tre en Coupe du monde. En tout cas je souhaitais, pour la Coupe du monde pass\u00e9e, que le Cameroun et le C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire y soient ensemble. Cela n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 le cas. Tant pis. Maintenant quant &agrave; l&rsquo;appr\u00e9ciation de la prestation de la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire en Coupe du monde, j&rsquo;aurais souhait\u00e9 qu&rsquo;on aille un peu plus loin. Mais je comprends aussi ces jeunes gens qui \u00e9taient un peu transis ce qui \u00e9tait un peu normal vu que c&rsquo;\u00e9tait leur premi&egrave;re participation. J&rsquo;airais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 qu&rsquo;on aille au deuxi&egrave;me tour mais on n&rsquo;y a pas \u00e9t\u00e9. Notre jeu a \u00e9t\u00e9 plaisant et nous savons maintenant sur quoi nous devons axer nos efforts : marquer des buts, gagner.<\/p>\n<p><strong>Lorsque le pr\u00e9sident Gbagbo n&rsquo;est pas en train de travailler sur les grands dossiers de la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire que fait-il de son temps libre ?<br \/><\/strong>Je cause avec des amis, j&rsquo;aime bien discuter, parler de tout et de rien, sauf de la politique. J&rsquo;aime aussi regarder les matches de tennis f\u00e9minin ; j&rsquo;adore le tennis f\u00e9minin. C&rsquo;est mon sport pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. C&rsquo;est Steffi Graff qui m&rsquo;a introduit dans le tennis. Je ne la connais pas mais c&rsquo;est &agrave; l&rsquo;\u00e9poque o&ugrave; elle \u00e9tait &agrave; son apog\u00e9e que j&rsquo;aimais le tennis f\u00e9minin parce qu&rsquo;elle venait jouer et en 45-50 minutes, elle a liquid\u00e9 son match et s&rsquo;en va s&rsquo;asseoir. C&rsquo;\u00e9tait propre et net. Maintenant, j&rsquo;aime bien regarder les s&oelig;urs Williams qui sont malheureusement sur le d\u00e9clin. Je crois que c&rsquo;est Maria Sharapova que je vais soutenir maintenant parce qu&rsquo;elle est &agrave; la fois gracieuse et forte, mais elle n&rsquo;a pas encore suffisamment de force dans les bras. Ses services ne font pas encore assez mal. <br \/>Ou bien alors je regarde le football. J&rsquo;\u00e9tais d\u00e9j&agrave; fan du football. Mais je le suis devenu plus encore depuis que nos joueurs, les Africains, font les championnats en Europe. Alors dites &agrave; Samuel Eto&rsquo;o Fils que je l&rsquo;aime beaucoup, je regarde le Fc Barcelone. Dans le Bar&ccedil;a, il y a deux joueurs que j&rsquo;adore : Samuel Eto&rsquo;o et Ronaldinho. Je regarde tous les matches du Bar&ccedil;a quand je peux. Pour moi, c&rsquo;est deux tr&egrave;s grands joueurs. Je regarde naturellement tous les matches de Chelsea &agrave; cause de Drogba, tous les matches d&rsquo;Arsenal &agrave; cause de Kolo Tour\u00e9 et Eboue ; tous les matches de Psv Eindoven quand je peux &agrave; cause de notre Arouna Kone et puis, mon joueur que j&rsquo;aime beaucoup, Aruna Dindane. <\/p>\n<p><strong>Vous \u00e9crivez aussi beaucoup et vous venez de r\u00e9\u00e9diter votre livre &ldquo;Soundiata, Lion du Mandingue&rsquo;&rsquo;&hellip;<br \/><\/strong>Je ne prends pas l&rsquo;\u00e9criture comme un temps libre, comme un loisir. Elle fait partie de mon travail, de mon m\u00e9tier politique. J&rsquo;ai toujours \u00e9crit sur la politique. M&ecirc;me quand j&rsquo;\u00e9cris une pi&egrave;ce de th\u00e9&acirc;tre, c&rsquo;est de la politique. La preuve, lisez Soundiata et vous verrez.<br \/>La sp\u00e9cificit\u00e9 de Soundiata c&rsquo;est que c&rsquo;est un livre proph\u00e9tique. J&rsquo;ai \u00e9crit ce livre quand j&rsquo;avais 26 ans. J&rsquo;\u00e9tais en prison. Nous \u00e9tions 48 en prison. Je ne pensais pas que j&rsquo;allais avoir la carri&egrave;re politique que j&rsquo;ai eue. J&rsquo;ai pris la plume et le soir, quand on refermait la porte, j&rsquo;\u00e9crivais. J&rsquo;avais achet\u00e9 un cahier et j&rsquo;\u00e9crivais dedans. Au d\u00e9but, c&rsquo;\u00e9tait un po&egrave;me c&rsquo;est pourquoi le prologue est long. Je voulais faire un po&egrave;me \u00e9pique. J&rsquo;\u00e9crivais et &agrave; un moment donn\u00e9, j&rsquo;ai mis des personnages. La premi&egrave;re version d&rsquo;ailleurs, ce n&rsquo;est pas celle-l&agrave;. Dans la toute premi&egrave;re version qui n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9e, il y avait une sc&egrave;ne d\u00e9crivant la guerre. Apr&egrave;s j&rsquo;ai constat\u00e9 que j&rsquo;ai fait la carri&egrave;re politique qui \u00e9tait d\u00e9crite dans Soundiata. Au fur et &agrave; mesure que je m&rsquo;en rendais compte, mes cheveux se dressaient. C&rsquo;est vraiment un livre proph\u00e9tique, au sens fort du terme. <\/p>\n<p><strong>&ldquo; J&rsquo;estime que je ne peux pas &ecirc;tre au poste o&ugrave; je suis et accepter que les gens souffrent comme j&rsquo;ai souffert. Je suis un enfant du Ghetto et &ccedil;a aussi &ccedil;a d\u00e9range. &rdquo;<\/p>\n<p><\/strong>Soundiata, a \u00e9t\u00e9 un lutteur qui a remport\u00e9 des victoires. Contre lui-m&ecirc;me d&rsquo;abord avant de vaincre le monde. C&rsquo;est l&rsquo;image que vous souhaiteriez que l&rsquo;on garde de vous ?<br \/>En tout cas c&rsquo;est l&rsquo;image que j&rsquo;ai de moi et que les gens ont de moi aussi. Je suis un lutteur. Je suis un homme qui n&rsquo;aime pas le combat en g\u00e9n\u00e9ral. Je suis un homme placide. Mais comme on dit, si vous rentrez dans mes 18 m&egrave;tres, alors je bondis. Je veux dire que quand on me marche sur les pieds et qu&rsquo;on viole mes droits &agrave; respirer librement et tranquillement, je bondis. Quand on attaque les gens que je d\u00e9fends et que la loi a plac\u00e9s sous mon autorit\u00e9, je bondis, je ne peux pas rester tranquille. Je deviens comme une m&egrave;re poule qui d\u00e9fend ses poussins. J&rsquo;aurais aim\u00e9, par pens\u00e9e personnelle, par philosophie individuelle, ne pas faire les combats actuels. Mais je ne peux pas ranger ces combats tant qu&rsquo;on agresse la C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire, tant qu&rsquo;on agresse les Ivoiriens. <\/p>\n<p><strong>Lorsque Laurent Gbagbo ne sera plus pr\u00e9sident de la r\u00e9publique de C&ocirc;te d&rsquo;Ivoire que fera-t-il ?<br \/><\/strong>Ecrire. J&rsquo;ai d\u00e9j&agrave; emmagasin\u00e9 tellement de choses qu&rsquo;il faudra d\u00e9velopper. Tous les jours, nous faisons un petit verbatim c&rsquo;est-&agrave;-dire qu&rsquo;il y a quelqu&rsquo;un dans mon cabinet qui rel&egrave;ve les \u00e9v\u00e9nements qui se passent. Il les note et les met sur support informatique. Il le fait tous les jours depuis que je suis pr\u00e9sident. Donc rien que tout cela peut m&rsquo;occuper le restant de ma vie. J&rsquo;ai vraiment de quoi \u00e9crire. Et puis j&rsquo;ai d&rsquo;autres th&egrave;mes. J&rsquo;ai des pi&egrave;ces de th\u00e9&acirc;tre. Mais il est important que je rende compte parce que mon arriv\u00e9e au pouvoir est quand m&ecirc;me atypique. C&rsquo;est l&rsquo;accession au pouvoir d&rsquo;un enfant du Ghetto. Vous savez, vous &ecirc;tes jeune, mais relisez un peu les biographies des premiers chefs d&rsquo;Etat que nous avons eus. Chacun se d\u00e9finissait comme fils de chef, comme riche etc. Moi, je ne suis rien de tout cela. Je suis l&rsquo;enfant d&rsquo;une femme pauvre, qui \u00e9tait chaque jour au march\u00e9 pour que ses enfants mangent quelque chose. Je suis le fils d&rsquo;un homme tout aussi pauvre, qui a fait la guerre et qui &agrave; son retour, voyant les injustices coloniales, a pris la carte de la Sfio en 1947, un mouvement de gauche en France. Mon p&egrave;re \u00e9tait un \u00e9corch\u00e9 vif qui luttait en permanence contre les injustices fran&ccedil;aises en Afrique. Je suis son fils. Et il \u00e9tait pauvre, l&agrave; aussi, je suis son fils. Aujourd&rsquo;hui, ce que je gagne en tant que pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, je ne l&rsquo;ai jamais gagn\u00e9 avant. Parfois, je l&rsquo;utilise pour aider ceux qui sont dans le besoin. J&rsquo;estime que je ne peux pas &ecirc;tre au poste o&ugrave; je suis et accepter que les gens souffrent comme j&rsquo;ai souffert. Je suis un enfant du Ghetto et &ccedil;a aussi &ccedil;a d\u00e9range. <\/p>\n<p><strong>Monsieur le pr\u00e9sident de la r\u00e9publique, nous arrivons au terme de notre entretien, merci beaucoup de nous avoir accord\u00e9 un peu de votre emploi de temps qu&rsquo;on imagine tr&egrave;s charg\u00e9. Merci beaucoup.<br \/><\/strong>Merci. Je voudrais vraiment saluer mes fr&egrave;res camerounais. Je pense souvent &agrave; eux. Je ne suis pas d\u00e9magogique quand je le dis. Le Cameroun a jou\u00e9 des r&ocirc;les importants dans ma carri&egrave;re. Quand j&rsquo;ai \u00e9crit Soundiata, personne ne voulait l&rsquo;\u00e9diter. A l&rsquo;\u00e9poque c&rsquo;\u00e9tait le parti unique. Puis j&rsquo;ai \u00e9crit un autre livre sur la conf\u00e9rence de Brazzaville et c&rsquo;est les Editions CLE de Yaound\u00e9, &agrave; qui on avait envoy\u00e9 le texte, qui m&rsquo;ont fait signer un contrat. C&rsquo;est donc le Cameroun qui m&rsquo;a fait conna&icirc;tre comme auteur. A l&rsquo;\u00e9poque on a beaucoup parl\u00e9 de moi dans les journaux pour pr\u00e9senter mon livre. Et je vous suis reconnaissant pour cela. Et aujourd&rsquo;hui encore, j&rsquo;ai beaucoup d&rsquo;amis au Cameroun qui soutiennent le combat que nous menons. J&rsquo;ai rencontr\u00e9 beaucoup de cadres de l&rsquo;Upc quand j&rsquo;\u00e9tais en exil et j&rsquo;ai rencontr\u00e9 beaucoup d&rsquo;autres Camerounais. Et l&agrave;, vous venez m&rsquo;offrir la parole pour que je parle aux Camerounais, je vous suis reconnaissant &agrave; vous, mais &agrave; l&rsquo;ensemble du peuple camerounais. Je vous remercie.<\/span>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"author\"><strong>Par Entretien men\u00e9 &agrave; Abidjan par Melvin AKAM <br \/>Le 18-08-2006<\/p>\n<p>Source : Le messager<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u201c La crise ivoirienne, le Cameroun et moi \u201d &#8211; Dans un entretien accord\u00e9 la semaine derni&egrave;re &agrave; Melvin Akam et diffus\u00e9 hier jeudi sur les antennes de la t\u00e9l\u00e9vision camerounaise &ldquo;Canal 2 International&rsquo;&rsquo;, le pr\u00e9sident ivoirien revient avec simplicit\u00e9 et franc-parler, sur les p\u00e9rip\u00e9ties de la crise ivoirienne, dont il dit que son pays [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":106,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-113","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/113","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=113"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/113\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/106"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=113"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=113"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=113"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=113"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}