{"id":114,"date":"2006-08-18T12:46:05","date_gmt":"2006-08-18T10:46:05","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-08-18T12:46:05","modified_gmt":"2006-08-18T10:46:05","slug":"114","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/114\/","title":{"rendered":"Esperanzah !, un festival du monde solidaire"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Esperanzah ! Pour ce festival qui s&rsquo;est tenu en Belgique d\u00e9but ao\u00fbt, l&rsquo;argent n&rsquo;est pas la priorit\u00e9. Ici les musiques du Sud sont synonymes de cultures \u00e0 pr\u00e9server et ce rendez-vous est aussi celui des peuples et de leurs combats  &#8211; &quot;J&rsquo;ai toujours respect\u00e9 la nature. Ma d\u00e9marche en tant que musicien est la m&ecirc;me : j&rsquo;\u00e9vite la surconsommation qui d\u00e9truit la culture. Je pr\u00e9f&egrave;re que les gens appr\u00e9cient ma musique plut&ocirc;t qu&rsquo;ils ne la &lsquo;consomment&rsquo;.&quot; Ces mots du chanteur r\u00e9unionnais Dany&egrave;l Waro ont donn\u00e9 le ton du festival Esperanzah !, &agrave; l&rsquo;abbaye de Floreffe, en Belgique, en ce d\u00e9but ao&ucirc;t. Sauvegarder les liens des musiques du monde avec les cultures dont elles sont issues passe en effet aussi par leur protection contre des circuits de consommation mercantiles qui, pour coller &agrave; la mode, les pillent sans en garder l&rsquo;essence. Le Nig\u00e9rien Abdallah Ag Oumbadougou, les B\u00e9ninois du Gangbe Brass Band, la Cap-verdienne Sara Tavares, les Isra\u00e9lo-am\u00e9ricains du Balkan beat box, le Malien Fantani Tour\u00e9 \u00e9taient, parmi d&rsquo;autres, &agrave; l&rsquo;affiche de la cinqui&egrave;me \u00e9dition d&rsquo;Esperanzah ! Autant d&rsquo;artistes qui pr\u00e9f&egrave;rent partager leur culture plut&ocirc;t que la rentabiliser &agrave; tout prix. <\/p>\n<p><strong>Agri-cultures<\/strong><br \/>Avant l&rsquo;entr\u00e9e sur sc&egrave;ne de Dany&egrave;l Waro, Christiane, Genevi&egrave;ve et Alima . agricultrices en Belgique, au Burkina Faso et au Mali, t\u00e9moignent devant des milliers de personnes de leur combat quotidien et de leur refus des circuits commerciaux dominants. L&rsquo;artiste r\u00e9unionnais prend le relais, avec le maloya, ce rythme traditionnel sur lequel les travailleurs des champs de canne chantaient leurs joies et leurs peines. <br \/>D&rsquo;autres artistes veulent aussi pr\u00e9server leur tradition, comme les B\u00e9ninois du Gangbe Brass Band, qui ont cr\u00e9\u00e9 l&rsquo;Union des instrumentistes &agrave; vent pour sauvegarder les musiques du B\u00e9nin. Le Touareg d&rsquo;origine nig\u00e9rienne Abdallah Ag Oumbadougou, lui, continue &agrave; se battre pour son peuple avec des mots. En exil, il a \u00e9crit des chants de r\u00e9volte. Au Niger, il a lui aussi cr\u00e9\u00e9 une association de sauvegarde du patrimoine et ouvert deux \u00e9coles de musique. Il d\u00e9fend le droit des artistes face aux firmes qui pillent leur culture. Quant aux Burkinab\u00e9 de Rayangnewind, ils fabriquent des instruments traditionnels comme l&rsquo;arc &agrave; bouche. Le festival co-finance l&rsquo;installation de deux moulins &agrave; grains au Burkina, &quot;afin que, expliquent les organisateurs, les musiciens puissent au moins assurer leur subsistance.&quot; <br \/>En trois jours 26 000 personnes sont venues &agrave; Esperanzah ! : le chiffre para&icirc;t maigre face aux 300 000 personnes qu&rsquo;attirent de gros festivals rock ou aux 70 000 de Couleur Caf\u00e9, autre f&ecirc;te des musiques du monde et urbaines, &agrave; Bruxelles, la capitale belge. Mais l&rsquo;impact du festival de Floreffe vient de la coh\u00e9rence de son engagement politique plut&ocirc;t que du nombre. Pas de Coca-Cola (les syndicalistes sont harcel\u00e9s dans leurs usines dans le Sud), pas de rhum Bacardi (la firme soutient l&rsquo;embargo \u00e9tats-unien envers Cuba), etc&hellip; Et donc, pas d&rsquo;argent non plus de la part de ces sponsors, remplac\u00e9s par des partenaires d&rsquo;un autre type, comme le Cncd, f\u00e9d\u00e9ration d&rsquo;Ong belges. <\/p>\n<p><strong>Cultures de r\u00e9sistance<\/strong><br \/>Esperanzah ! est aussi le paradis du commerce \u00e9quitable (caf\u00e9s, th\u00e9s, fruits, cocktails, v&ecirc;tements&hellip;), et un vaste espace de sensibilisation. Trente films engag\u00e9s y sont projet\u00e9s, une radio y fonctionne sur logiciels libres et sans publicit\u00e9 commerciale. Entre les podiums, une campagne d&rsquo;affichage aborde les politiques d&rsquo;immigration en Belgique, d\u00e9non&ccedil;ant la d\u00e9tention chaque ann\u00e9e, dans des centres ferm\u00e9s, d&rsquo;\u00e9trangers ill\u00e9gaux, &quot;coupables&quot; d&rsquo;avoir r&ecirc;v\u00e9 de cieux plus cl\u00e9ments que les leurs. Certains festivaliers trouvent ce rappel &quot;dur, alors qu&rsquo;on est l&agrave; pour faire la f&ecirc;te&quot;, mais la majorit\u00e9 s&rsquo;arr&ecirc;te pour y r\u00e9fl\u00e9chir. <br \/>Cette ann\u00e9e, le th&egrave;me choisi par les organisateurs \u00e9tait celui de la souverainet\u00e9 alimentaire. Intrigu\u00e9e par l&rsquo;affirmation que &quot;l&rsquo;agriculture industrielle est 66 fois moins productive que l&rsquo;agriculture traditionnelle&quot;, une jeune festivali&egrave;re avoue ignorer ce qu&rsquo;est cette &quot;souverainet\u00e9&quot;, &quot;mais j&rsquo;esp&egrave;re qu&rsquo;au bout de ces trois jours je serai plus inform\u00e9e&quot;. Quelques m&egrave;tres plus loin, un des nombreux volontaires lui explique : &quot;Pour qu&rsquo;ici nous puissions manger et boire ce qu&rsquo;on veut, quand on veut et tant qu&rsquo;on veut, l&agrave;-bas les pays producteurs sont oblig\u00e9s d&rsquo;exporter toute leur production, sans que les conditions de vie de base de leur propre population &ndash; la souverainet\u00e9 alimentaire &ndash; soient garanties.&quot; La musique adoucit les m&oelig;urs, mais pas les luttes.&nbsp;<\/p>\n<p class=\"author\">Par Maude Malengrez (Syfia Belgique) <br \/>Le 17-08-2006<\/p>\n<p>Le messager<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Esperanzah ! Pour ce festival qui s&rsquo;est tenu en Belgique d\u00e9but ao\u00fbt, l&rsquo;argent n&rsquo;est pas la priorit\u00e9. Ici les musiques du Sud sont synonymes de cultures \u00e0 pr\u00e9server et ce rendez-vous est aussi celui des peuples et de leurs combats &#8211; &quot;J&rsquo;ai toujours respect\u00e9 la nature. 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