{"id":122,"date":"2006-08-18T15:34:36","date_gmt":"2006-08-18T13:34:36","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-08-18T15:34:36","modified_gmt":"2006-08-18T13:34:36","slug":"122","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/122\/","title":{"rendered":"Musique : Le rap camerounais change de cap"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Les albums sortent de plus en plus et le public s&rsquo;\u00e9largit.<br \/>\nJules Romuald Nkonlak &#8211; Samedi 12 ao&ucirc;t 2006. Il est pr&egrave;s de 20h, pourtant, la salle du centre d&rsquo;art contemporain Africr\u00e9a a du mal &agrave; trouver son public. Ce soir, comme il y a une semaine en ces m&ecirc;mes lieux, un rendez-vous a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 aux jeunes de la capitale du Cameroun. Le spectacle baptis\u00e9 XXL K&rsquo;mer hip hop doit leur permettre de communier avec des artistes locaux, qui sont devenus des vedettes pour eux. <br \/>L&rsquo;un d&rsquo;eux est d&rsquo;ailleurs visible dans la salle. Calme, dreadlocks, lunettes aux yeux. C&rsquo;est Le Bronz. Il vient de mettre sur le march\u00e9 son tout premier album et l&rsquo;occasion du spectacle de ce soir le fera d\u00e9couvrir au jeune public qui s&rsquo;est d\u00e9plac\u00e9. Olivier et Brice sont en vacances. Ils viennent de la ville de Bafoussam, dans la province de l&rsquo;Ouest, et semblent tout \u00e9mus de voir un artiste qu&rsquo;ils appr\u00e9cient. Ils regrettent que d&rsquo;autres, &agrave; l&rsquo;instar de Sultan Oshimihn, programm\u00e9 le week-end pr\u00e9c\u00e9dent, ne soient pas l&agrave;.<\/p>\n<p>Comme Brice et Olivier, les jeunes Camerounais ont d\u00e9sormais des idoles locales dans l&rsquo;univers du rap. A c&ocirc;t\u00e9 de 50 cent, Jay Z ou encore Snoop Dog, rappeurs am\u00e9ricains adul\u00e9s, les rappeurs camerounais ont d\u00e9sormais eux aussi la cote aupr&egrave;s du public local. Le tout premier album de Koppo, sorti en 2003, a eu un succ&egrave;s presque in\u00e9dit pour un rappeur camerounais. Et d\u00e9sormais, nombreux sont les jeunes qui attendent la suite de l&rsquo;aventure et un deuxi&egrave;me album annonc\u00e9 pour 2007. <br \/>Krotal, autre rappeur camerounais, est lui aussi d\u00e9sormais une star pour les jeunes. Il a \u00e9t\u00e9 invit\u00e9, il y a quelques semaines, au festival Gabao hip hop, qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 au d\u00e9but du mois de juin &agrave; Libreville au Gabon. Lui aussi pr\u00e9pare son second album et note bien une \u00e9volution dans le hip hop camerounais : &quot; Je crois que le rap Kamer se professionnalise. Il a son public bien &agrave; lui et je crois que c&rsquo;est une bonne chose. La sc&egrave;ne rap camer doit vivre. Ce que je d\u00e9plore, c&rsquo;est le manque de sc&egrave;ne amateur qui r\u00e9v&egrave;le les nouveaux talents &quot;. <\/p>\n<p>A Libreville, Krotal \u00e9tait accompagn\u00e9 par le groupe Ak Sang grave, vieux routier de la sc&egrave;ne rap nationale et qui vient aussi de mettre un album sur le march\u00e9. La question qui se pose aujourd&rsquo;hui est celle de savoir comment, en quelques ann\u00e9es, les rappeurs camerounais ont pratiquement chang\u00e9 de statut, passant de celui de voyou &agrave; celui de stars de la musique camerounaise.<br \/>D\u00e9j&agrave;, on ne peut pas occulter le fait que la qualit\u00e9 de cette musique s&rsquo;est consid\u00e9rablement am\u00e9lior\u00e9e. Mais surtout, loin de se contenter d&rsquo;une copie servile du rap tel qu&rsquo;il se faisait en Occident, les artistes camerounais se sont progressivement appropri\u00e9s les rythmes traditionnels. R\u00e9sultat : une musique de fusion qui a conquis le public local. Bantou Po si, avec son premier album sorti en 2001, peut &ecirc;tre consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;un des porte-\u00e9tendards de cette musique-l&agrave;.<\/p>\n<p>Un autre groupe qui s&rsquo;illustre par ce c&ocirc;t\u00e9 multiculturel, c&rsquo;est S-Team. L&rsquo;\u00e9quipe du Sud (South Team), avec son premier album, a offert au public une musique dans laquelle, comme le souligne Olivier, &quot;On trouve le reflet de la culture camerounaise&quot;. Que les chansons soient en fran&ccedil;ais, en pidgin, en camfranglais ou dans les langues camerounaises, elles ont toutes un point commun.<br \/>Le rap au Cameroun a gard\u00e9 quand m&ecirc;me l&rsquo;un de ses \u00e9l\u00e9ments caract\u00e9ristiques, en dehors du look de ses adeptes : les textes. Si quelques uns parlent d&rsquo;amour (Bantou Po si, Koppo, etc), beaucoup pr\u00e9f&egrave;rent s&rsquo;int\u00e9resser aux probl&egrave;mes de la jeunesse. Le ch&ocirc;mage, l&rsquo;attrait de l&rsquo;Occident, la mis&egrave;re galopante, etc. Et parfois avec des mots durs. Cette aile dure du rap camerounais est notamment repr\u00e9sent\u00e9e par Valsero, qui met un point d&rsquo;honneur au c&ocirc;t\u00e9 militant de sa musique. Pour lui, il y a le rap et d&rsquo;autres styles de musique. Pas des m\u00e9langes.<\/p>\n<p><strong>Opposition<\/strong><br \/>Ses compositions sont de v\u00e9ritables br&ucirc;lots &agrave; l&rsquo;endroit de la classe dirigeante actuelle. &quot;Ce pays tue les jeunes&hellip; Cinquante ans de pouvoir et ils ne l&acirc;chent pas prise, la jeunesse se meurt &agrave; petit feu&hellip; les vieux se saoulent &agrave; l&rsquo;eau de feu &quot;, chante-t-il. Le jeune homme parle de corruption, accuse les vieux au pouvoir d&rsquo;homosexualit\u00e9. Bref, crie tout haut ce que certaines personnes ne cessent de chuchoter pour parler de l&rsquo;avenir hypoth\u00e9tique de la jeunesse camerounaise.<br \/>Cette fa&ccedil;on de voir n&rsquo;est pas g\u00e9n\u00e9rale dans le rap camerounais, d&rsquo;o&ugrave; la petite guerre qui oppose les rappeurs qui se veulent puristes et ceux qui pensent qu&rsquo;il faut adapter le rap &agrave; notre environnement. Koppo faisait allusion &agrave; cette opposition dans une interview accord\u00e9e au site kamerhiphop : &quot; Rappeur ou pas, je fais de la musique qui plait &agrave; beaucoup de personnes, dieu merci &quot;. Dj Zion, l&rsquo;un des pr\u00e9curseurs du rap au Cameroun, a lui aussi son mot : &quot;Je pense que le plus important, c&rsquo;est de faire du bon rap. Je pr&ocirc;ne un hip hop industriel et charismatique.&quot;<\/p>\n<p>C&rsquo;est avec la t\u00e9l\u00e9vision que le rap s&rsquo;est install\u00e9 au Cameroun, c&rsquo;est avec la t\u00e9l\u00e9vision aussi qu&rsquo;il gagne en popularit\u00e9, avec notamment la pluralit\u00e9 des cha&icirc;nes qui offre d\u00e9sormais plus de plate-formes d&rsquo;expression aux rappeurs locaux. Les diff\u00e9rentes cha&icirc;nes de t\u00e9l\u00e9vision ont d\u00e9sormais consacr\u00e9 des espaces &agrave; ce qui est devenu, au fil des temps, le rap Kamer. Depuis Benjo et son &quot;Indomptable rap&quot; en 1998, plusieurs autres albums de rap ont suivi. Plusieurs spectacles aussi, que ce soit dans le cadre des Sunday rap organis\u00e9s dans les ann\u00e9es 90 &agrave; l&rsquo;espace Africr\u00e9a &agrave; Yaound\u00e9, ou plus tard &Ccedil;a me dit rap de Axe jeunes, le principal diffuseur du rap camerounais, ou enfin Xxl k&rsquo;mer hip hop, lanc\u00e9 le 5 ao&ucirc;t dernier.<br \/>Big Bzy, Negrissim, Bantou Po si, Rasyn, Zomloa Famila, Ak sang grave&hellip; ont suivi le chemin, et ouvrent certainement la voie &agrave; une autre g\u00e9n\u00e9ration de rappeurs. Ils continueront &agrave; poser les probl&egrave;mes de la jeunesse &agrave; laquelle ils appartiennent. Et pour soutenir et encadrer ce mouvement, Mapane Records, la structure mise sur pied par Louis Marie Tsoungui (Magix d&rsquo;abord, puis Mapane &agrave; partir de 2001), continuera l&rsquo;&oelig;uvre qu&rsquo;elle a commenc\u00e9 en produisant plusieurs d&rsquo;entre eux. <\/p>\n<p><u><font size=\"2\"><font color=\"#990000\">Quotidienmutations<\/font><font color=\"#0000ff\"> <\/font><\/font><\/u><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les albums sortent de plus en plus et le public s&rsquo;\u00e9largit. Jules Romuald Nkonlak &#8211; Samedi 12 ao&ucirc;t 2006. Il est pr&egrave;s de 20h, pourtant, la salle du centre d&rsquo;art contemporain Africr\u00e9a a du mal &agrave; trouver son public. 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