{"id":179,"date":"2006-10-05T17:58:36","date_gmt":"2006-10-05T15:58:36","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-10-05T17:58:36","modified_gmt":"2006-10-05T15:58:36","slug":"179","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/179\/","title":{"rendered":"Arts plastiques : Tranches de vie sur terre"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Plus d\u2019une cinquantaine d\u2019objets d\u2019art expos\u00e9s \u00e0 Douala pour critiquer le quotidien dans nos cit\u00e9s.  &#8211; <\/p>\n<p class=\"surtitre\"><span class=\"Style3\"><strong><font size=\"2\"><font color=\"#666666\"><br \/><\/font><\/font><\/strong>Espace Doual&rsquo;art &agrave; Bonanjo-Douala que dirige la princesse Marilyn Douala Bell brille de mille feux depuis le 29 septembre dernier. Dans le jardin, quelques personnes d\u00e9gustent de la bi&egrave;re, en devisant tranquillement. A l&rsquo;int\u00e9rieur, sous une musique arabe, l&rsquo;odeur d&rsquo;encens vous enivre, vous envahit le corps et l&rsquo;esprit. Le d\u00e9cor de l&rsquo;int\u00e9rieur de cette galerie force les regards. Une panoplie de tableaux et de sculpture s&rsquo;offre &agrave; la curiosit\u00e9 des visiteurs. Parmi ceux-ci, des artistes plasticiens. Certains, &agrave; l&rsquo;instar de Emile Youmbi sont partis de Yaound\u00e9 pour l&rsquo;exposition de Salifou Lindou. Une exposition dont la pr\u00e9paration s&rsquo;est \u00e9tal\u00e9e sur six ans. <br \/>&ldquo; Je voulais trouver un sujet important comme celui de l&rsquo;urbanit\u00e9. Avec tous les probl&egrave;mes que cela comporte, comme les routes d\u00e9labr\u00e9es, la circulation pas assez fluide &rdquo;. Pourtant, on a l&rsquo;impression que les gens s&rsquo;y plaisent. &ldquo; Et vous savez, &agrave; force de s&rsquo;habituer &agrave; quelque chose, on ne voit plus. Si je m&rsquo;insurge contre cela et que j&rsquo;organise cette exposition, ce n&rsquo;est pas parce que je veux trouver une solution. C&rsquo;est pour attirer l&rsquo;attention des gens sur cette d\u00e9cr\u00e9pitude de notre ville. Il se passe des choses. Peut-&ecirc;tre que les gens ne voient plus &rdquo;, explique Salifou Lindou.<br \/>Baptis\u00e9e &ldquo; Ballades plurielles &rdquo;, l&rsquo;exposition de cet artiste qui prend fin le 28 octobre, est une reproduction du v\u00e9cu quotidien des populations dans les quartiers et certains coins de Douala, capitale \u00e9conomique. Dernier Poteau ; New-Bell ; Makepe ; Rue de la joie avec ses carrefours aux trois plaies ; trois boutiques ; trois voleurs ; trois morts ; trois veuves ; Kotto Bloc ; Deido ; Bali ; etc. Chacun des tableaux en exposition, montre la mis&egrave;re dans laquelle croupissent les Camerounais d&rsquo;en bas.<br \/>Mais, comme il y a toujours une solution &agrave; tout, ces objets d&rsquo;art c&ocirc;toient all\u00e9grement, d&rsquo;autres tableaux qui font mention du &ldquo; recueillement &rdquo;, des &ldquo; Mutations &rdquo;, des &ldquo; Rotations &rdquo;. Toutes choses qui peuvent \u00e9clairer les habitants de nos cit\u00e9s et les faire sortir de leur l\u00e9thargie. Salifou Lindou n&rsquo;a m\u00e9nag\u00e9 aucun effort pour servir le meilleur de son g\u00e9nie et de son talent aux amoureux des beaux-arts. &ldquo; Ce travail est diff\u00e9rent de ce que j&rsquo;ai fait auparavant parce que la t&ocirc;le est plus accessible que la toile. C&rsquo;est une mati&egrave;re pauvre et omnipr\u00e9sente que je peux acqu\u00e9rir facilement dans nos quartiers. Elle est rigide &rdquo; On peut la br&ucirc;ler, la gratter, la couper, la coller, la coudre.<br \/>T&ocirc;le, terre, cuir, verre, acier, toile de jute sont ses mati&egrave;res de pr\u00e9dilection. Pour donner de l&rsquo;allure &agrave; ses &oelig;uvres, Salifou travaille avec plusieurs mat\u00e9riaux. Il aime poncer, effacer, pour voir ce qu&rsquo;il y a derri&egrave;re la mati&egrave;re sur laquelle il fait ses messages. Le noir reste sa couleur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e. Une couleur lourde et s&egrave;che qui exclut l&rsquo;illusion. &ldquo; Le noir absorbe toutes les autres couleurs. Symbole d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 et de rigueur, le noir repr\u00e9sente la nuit, les t\u00e9n&egrave;bres et la mort. C&rsquo;est une couleur froide qui ram&egrave;ne toujours &agrave; la r\u00e9alit\u00e9 &rdquo;, s&rsquo;accorde l&rsquo;artiste. Ce n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;antith&egrave;se du blanc. Couleur du deuil en Occident, le noir est &agrave; l&rsquo;origine, le symbole de la f\u00e9condit\u00e9 ; la couleur des d\u00e9esses, de la fertilit\u00e9 et des vierges noires. Bien plus, le noir repr\u00e9sentant le monde souterrain, correspond au ventre de la terre o&ugrave; s&rsquo;op&egrave;re la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration du monde. Souvent symbole d&rsquo;obscurit\u00e9 et d&rsquo;impuret\u00e9, il devient alors celui de la non manifestation et de la virginit\u00e9 primordiale. Obscurit\u00e9 des origines, il pr\u00e9c&egrave;de la cr\u00e9ation dans toutes les religions. C&rsquo;est l&agrave; o&ugrave; Salifou puisent la force n\u00e9cessaire pour montrer aux yeux du monde, la face cach\u00e9e de notre soci\u00e9t\u00e9. Au fait, Salifou Lindou puise dans le myst\u00e9rieux pour reproduire le r\u00e9el. Et c&rsquo;est aussi cela, la sp\u00e9cificit\u00e9 de son &oelig;uvre.<\/span>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"author\">Par Vanessa Nana <br \/>Le 04-10-2006<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plus d\u2019une cinquantaine d\u2019objets d\u2019art expos\u00e9s \u00e0 Douala pour critiquer le quotidien dans nos cit\u00e9s. &#8211; Espace Doual&rsquo;art &agrave; Bonanjo-Douala que dirige la princesse Marilyn Douala Bell brille de mille feux depuis le 29 septembre dernier. Dans le jardin, quelques personnes d\u00e9gustent de la bi&egrave;re, en devisant tranquillement. 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