{"id":19,"date":"2006-05-14T01:49:59","date_gmt":"2006-05-13T23:49:59","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-05-14T01:49:59","modified_gmt":"2006-05-13T23:49:59","slug":"19","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/19\/","title":{"rendered":"Perspective: Comment mieux loger&#8230; les caisses du parti"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>De la responsabilit\u00e9 de l\u2019Etat dans l\u2019\u00e9chec de la Sic et dans la crise du logement social au Cameroun.<br \/>\nAlain B. Batongu\u00e9, Mutations &#8211; <\/p>\n<div class=\"titre-jaune\"><\/div>\n<div>\n<div align=\"justify\"><font size=\"2\">YAOUNDE &#8211; 11 Avril 2005<\/p>\n<p><\/font>La Soci&eacute;t&eacute; immobili&egrave;re du Cameroun pouvait-elle faire mieux que ce qu&rsquo;elle a propos&eacute; jusqu&rsquo;ici? Assur&eacute;ment oui, parce que l&rsquo;existence m&ecirc;me d&rsquo;une structure de ce genre s&rsquo;accommode mal de pr&egrave;s de 15 ans d&rsquo;inertie, sans aucun investissement, alors m&ecirc;me que, sur le papier, la politique du gouvernement en mati&egrave;re d&rsquo;acc&egrave;s au logement social n&rsquo;a pas chang&eacute; et que la Sic reste, dans cette m&ecirc;me logique et plus que la Maetur ou le Cr&eacute;dit Foncier, l&rsquo;instrument appropri&eacute; pour la mise en application d&rsquo;une telle politique. La situation se con&ccedil;oit d&rsquo;autant moins que, au fur et &agrave; mesure que passent les ann&eacute;es et compte tenu du niveau de pauvret&eacute; qui s&eacute;vit dans les villages, l&rsquo;exode vers les villes s&rsquo;est accentu&eacute;, provoquant une demande encore plus accrue de logements. <\/p>\n<p>Sans rentrer dans le d&eacute;bat sur l&rsquo;efficacit&eacute; de la Sic, &agrave; qui on peut &eacute;videmment reprocher beaucoup de choses, il serait utile de se demander s&rsquo;il est judicieux, comme les autres axes du dossier ont pu le faire constater, &agrave; un &eacute;chec de la politique de cette soci&eacute;t&eacute; et de son management actuel, puisque la grosse crise de logement intervient au lendemain du d&eacute;part des expatri&eacute;s de la t&ecirc;te de la Sic. <\/p>\n<p>L&rsquo;intention est incontournable, au vu de la t&ecirc;tutesse des faits, mais elle tient peu compte de certaines r&eacute;alit&eacute;s sur lesquelles, sans doute par d&eacute;sir de sauvegarder la notion de solidarit&eacute; gouvernementale, les principaux acteurs autant de la Sic que du tout nouveau minist&egrave;re en charge du D&eacute;veloppement urbain et de l&rsquo;Habitat, refusent de communiquer. Pourtant, &agrave; la lecture de certains documents, il est &eacute;vident que l&rsquo;Etat a sa part de responsabilit&eacute; dans l&rsquo;&eacute;chec de la Sic, c&rsquo;est-&agrave;-dire dans la raret&eacute; de l&rsquo;offre de logements sociaux dans les grandes villes du Cameroun, pour avoir &eacute;t&eacute; le premier &agrave; prendre des d&eacute;cisions parfois contradictoires sur le sujet et, surtout, pour n&rsquo;avoir pas toujours, le premier rempli les engagements qui &eacute;taient les siens dans le protocole de convention avec cette institution suppos&eacute;e &ecirc;tre au service des d&eacute;favoris&eacute;s. <\/p>\n<p><strong>Salaires<\/strong> <\/p>\n<p>Si la premi&egrave;re initiative a &eacute;t&eacute; de construire des logements pour cadres, et donc pour l&rsquo;&eacute;lite de la soci&eacute;t&eacute;, il ne faudra pas perdre de vue, comme cela a &eacute;t&eacute; bien sp&eacute;cifi&eacute; plus tard, que la naissance de la Soci&eacute;t&eacute; immobili&egrave;re du Cameroun, plus que celle de la Maetur ou du Cr&eacute;dit foncier du Cameroun, correspondait &agrave; un d&eacute;sir de favoriser l&rsquo;acc&egrave;s, des couches sociales peu nanties, &agrave; des logements d&eacute;cents et &agrave; faible co&ucirc;t. Mais c&rsquo;est une mission qui n&rsquo;a pas toujours &eacute;t&eacute; interpr&eacute;t&eacute;e de la m&ecirc;me mani&egrave;re par tout le monde, surtout lorsque, au d&eacute;but des ann&eacute;es 90, l&rsquo;Etat a entrepris de faire signer, &agrave; toutes les entreprises parapubliques, des contrats de performances devant l&rsquo;assurer de leur rentabilit&eacute;. Or, dans le m&ecirc;me temps, intervenait la fameuse double baisse des salaires des fonctionnaires, jusque-l&agrave; les principaux demandeurs de logements &agrave; la Sic. Fallait-il alors donner la priorit&eacute; &agrave; la performance &eacute;conomique ou &agrave; la dimension sociale: les th&egrave;ses se sont oppos&eacute;es sans que le gouvernement ne tranche v&eacute;ritablement, ou ne donne de la suite &agrave; ses choix strat&eacute;giques. <\/p>\n<p>Car, dans le cas pr&eacute;cis de ces baisses de salaires des fonctionnaires, le gouvernement avait choisi de faire op&eacute;rer, par la Sic, une baisse substantielle sur les logements occup&eacute;s par les fonctionnaires (de 30 &agrave; 65 %), en proposant de trouver une mesure de compensation (versement de forfaits compl&eacute;mentaires par le minist&egrave;re en charge des Finances). Plus important encore, le m&ecirc;me gouvernement, par la voix du ministre alors en charge des questions d&rsquo;Habitat, Henri Eyebe Ayissi, pr&eacute;cisait m&ecirc;me qu&rsquo;il faudrait d&eacute;sormais, dans les op&eacute;rations d&rsquo;octroi de logement (en location ou en vente), &quot; donner la priorit&eacute; aux agents publics et aux fonctionnaires. A la Sic Mendong par exemple, la commercialisation qui s&rsquo;est op&eacute;r&eacute;e a permis de r&eacute;server aux agents publics 67% des logements mis en vente ou en location. &quot; <\/p>\n<p>Les probl&egrave;mes qui en ont d&eacute;coul&eacute; &eacute;taient multiples, mais tournant tous autour de la mise en faillite programm&eacute;e de la Sic, qui perdait de ce fait plus de la moiti&eacute; de ses recettes alors que, comme on allait s&rsquo;en apercevoir plus tard, les m&ecirc;mes fonctionnaires allaient se faire de l&rsquo;argent, par la technique de la sous-location, sur le dos de l&rsquo;Etat. Une maison lou&eacute;e &agrave; la Sic &agrave; 35.000F, devant la crise du logement, &eacute;tait sous-lou&eacute;e &agrave; 80.000F, sans que le fonctionnaire enregistr&eacute; daigne m&ecirc;me reverser les 35.000 F de la Sic, au vu et au su de tous. Apr&egrave;s de nombreuses ann&eacute;es, s&ucirc;r d&rsquo;&ecirc;tre couverts par des prot&eacute;g&eacute;s, ces m&ecirc;mes fonctionnaires (entre temps affect&eacute;s dans d&rsquo;autres localit&eacute;s) n&rsquo;h&eacute;sitaient pas &agrave; engager des bras de fer avec la Sic, refusant m&ecirc;me de lib&eacute;rer les logements qui auraient pu faire rentrer de l&rsquo;argent &agrave; l&rsquo;entreprise.Les compensations se sont accumul&eacute;es, et l&rsquo;Etat n&rsquo;a jamais rien revers&eacute;. Ni m&ecirc;me ce qu&rsquo;il aurait d&ucirc; faire pour certaines autres constructions de la Sic r&eacute;quisitionn&eacute;es par certains d&eacute;partements minist&eacute;riels comme celui en charge de la D&eacute;fense ou celui en charge des Finances. A ce jour, certaines personnes proches du dossier &eacute;valuent ces compensations &agrave; plusieurs dizaines de milliards de francs Cfa, qui auraient sans doute permis &agrave; la Sic d&rsquo;engager d&rsquo;autres actions de logement. <\/p>\n<p><strong>Complaisance <\/strong><\/p>\n<p>Naturellement, dans un tel contexte de flou g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;, la direction actuelle de la Sic en a sans doute profit&eacute; pour poser des actes peu en rapport avec l&rsquo;orthodoxie budg&eacute;taire. Encore une fois, elle aura &eacute;t&eacute; couverte par le syst&egrave;me en place, o&ugrave; les actions sociales s&rsquo;&eacute;taient d&eacute;port&eacute;es du logement vers les oeuvres de la Premi&egrave;re dame ou les activit&eacute;s du parti au pouvoir, dans les zones d&rsquo;origine des principaux responsables comme au si&egrave;ge m&ecirc;me du parti. <\/p>\n<p>En fait, la Sic a tra&icirc;n&eacute; comme un boulet le malaise de d&eacute;part dans la politique gouvernementale en mati&egrave;re de logement et d&rsquo;habitat. Un Etat qui est rest&eacute; &eacute;cartel&eacute; entre plusieurs options: d&rsquo;abord, l&rsquo;habitat planifi&eacute; (qui aurait d&ucirc; &ecirc;tre le leitmotiv de la Sic), et qui, comme le notait Philippe Bissek dans son ouvrage (cit&eacute; plus loin dans ce dossier), &quot;implique l&rsquo;intervention des structures organis&eacute;es, publiques ou priv&eacute;es, en vue d&rsquo;imaginer, projeter, concevoir et produire un cadre de vie dans un espace g&eacute;ographique donn&eacute;, selon des conditions techniques et architecturales propres &agrave; favoriser une gestion efficiente et rationnelle des infrastructures r&eacute;alis&eacute;es.&quot; <\/p>\n<p>Une technique r&eacute;ussie &agrave; la perfection par le gouvernement tunisien, et qui a d&rsquo;ailleurs propos&eacute; de l&rsquo;exporter au Cameroun dans le cadre d&rsquo;une convention de 10.000 logements qui, pour l&rsquo;instant, est au ralenti. L&rsquo;autre option est l&rsquo;habitat administr&eacute; o&ugrave;, selon le m&ecirc;me auteur, &quot;l&rsquo;initiative des constructions se situe du c&ocirc;t&eacute; des administr&eacute;s et non de l&rsquo;administration. L&rsquo;Etat doit alors se cantonner dans un r&ocirc;le de coordination, de r&eacute;glementation et de surveillance, avec parfois un prolongement dans la r&eacute;alisation d&rsquo;&eacute;quipements d&rsquo;accompagnement (&eacute;coles, h&ocirc;pitaux, jardins, commerces&#8230;)&rdquo; C&rsquo;est le r&ocirc;le qu&rsquo;aurait pu jouer la Maetur. Enfin, par l&acirc;chet&eacute;, par complaisance ou par impuisance et fuite en avant, l&rsquo;Etat a laiss&eacute; s&rsquo;implanter l&rsquo;habitat spontan&eacute;, cons&eacute;quence &quot;normale&quot; de la croissance urbaine et qui &eacute;chappait, comme par d&eacute;finition, au contr&ocirc;le des pouvoirs publics, jusqu&rsquo;au moment o&ugrave; survient un drame. <\/p>\n<p>Les deux derni&egrave;res options, dans un cadre aussi d&eacute;sorganis&eacute; et peu rigoureux, ont entra&icirc;n&eacute;, entre autres, les op&eacute;rations de d&eacute;guerpissement muscl&eacute;es observ&eacute;es ces derniers jours &agrave; Yaound&eacute; et Douala. La premi&egrave;re, du fait de son immat&eacute;rialit&eacute;, a alors pr&ecirc;t&eacute; &agrave; sourire lorsqu&rsquo;a &eacute;t&eacute; rendue public le projet de la Sic de construire&#8230; 160 logements en co-proprit&eacute;t&eacute; (d&rsquo;un co&ucirc;t unitaire minimum de 20 millions), dans une ville o&ugrave; il en faudrait des dizaines de milliers. Les deux montrent simplement les balbutiements d&rsquo;un syst&egrave;me qui, en 45 ans d&rsquo;ind&eacute;pendance, n&rsquo;a pas pu d&eacute;finir un cadre coh&eacute;rent d&rsquo;habitat pour ses populations. Et qu&rsquo;il est d&eacute;risoire aujourd&rsquo;hui de ne tirer que sur la Sic qui, encore une fois, ne force gu&egrave;re l&rsquo;administration. <\/p><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De la responsabilit\u00e9 de l\u2019Etat dans l\u2019\u00e9chec de la Sic et dans la crise du logement social au Cameroun. Alain B. 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