{"id":193,"date":"2006-10-16T18:01:45","date_gmt":"2006-10-16T16:01:45","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-10-16T18:01:45","modified_gmt":"2006-10-16T16:01:45","slug":"193","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/193\/","title":{"rendered":"Bagnia : Un Ange qui passe, des d\u00e9mons qui restent"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Un quatri\u00e8me album qui vient confirmer les progr\u00e8s d\u2019une chanteuse \u00e0 la courbe ascendante.<br \/>\nSerge Alain Godong, \u00e0 Paris  &#8211; Le quatri&egrave;me album d&rsquo;Ange Bagnia qui est donn\u00e9 pour para&icirc;tre au cours de ce mois d&rsquo;octobre au Cameroun, apr&egrave;s de longs mois de studio, de mixage et de mastering &agrave; Paris, marquera &agrave; coup s&ucirc;r, par le fait m&ecirc;me de sa sortie, une sorte de petite r\u00e9volution dans l&rsquo;approche de commercialisation des musiques populaires au Cameroun. Non pas tant par la qualit\u00e9 de l&rsquo;album en lui-m&ecirc;me &ndash; bien que cette qualit\u00e9 soit franchement tr&egrave;s bonne &ndash; mais, tout d&rsquo;abord, par la strat\u00e9gie marketing que l&rsquo;artiste aura choisi de mettre en &oelig;uvre pour l&rsquo;accompagner. <\/p>\n<p>Alors que le proc\u00e9d\u00e9 n&rsquo;est en effet pas courant dans son pays, l&rsquo;artiste annonce en effet qu&rsquo;elle mettra son disque sur le march\u00e9 en deux phases : la premi&egrave;re, par un single comportant deux de ses titres (&quot;Touche pas &agrave; ma chose&quot; et &quot;Dipita&quot;) ; et la seconde, par l&rsquo;album en tant que tel, immense galette partant pour comporter un ensemble de seize titres. L&rsquo;explication : &quot;La complexification croissance du march\u00e9 du disque au Cameroun et la difficult\u00e9 qu&rsquo;on a &agrave; vendre, notamment &agrave; cause de la piraterie nous oblige &agrave; rechercher des solutions nouvelles, innovantes pour voir tout de m&ecirc;me comment toucher le maximum de notre public avec nos &oelig;uvres. Le single repr\u00e9sente donc l&rsquo;avantage immense de pouvoir aller &agrave; la rencontre des acheteurs, m&ecirc;me les moins fortun\u00e9s &ndash; parce qu&rsquo;il co&ucirc;te bien moins cher que l&rsquo;album en lui-m&ecirc;me &ndash; et de leur faire profiter d&rsquo;un produit que nous ne destinons quand m&ecirc;me pas &agrave; une diffusion confidentielle&quot;.<\/p>\n<p>Le single donc, pour co&ucirc;ter 2 000 francs, &quot;prix destin\u00e9 &agrave; mieux combattre la piraterie et &agrave; mieux p\u00e9n\u00e9trer le grand public&quot; ; et le restant, pour aller chercher dans les 6 000 Cfa. Il ne sera pas possible de trouver, &agrave; c&ocirc;t\u00e9 de cela, des casettes parce que, pr\u00e9cise-t-elle, &quot;il faut prendre acte de l&rsquo;\u00e9volution de la technologie et des habitudes de consommation de la musique chez nous : franchement, le Cd est devenu dominant partout ; alors, il faut composer avec&quot;. Dans une troisi&egrave;me phase, Ange promet la mise sur le march\u00e9 d&rsquo;un album Dvd regroupant toutes les vid\u00e9os et making-up de ses chansons pass\u00e9es et pr\u00e9sentes dans le but, l&agrave; aussi, de clairement suivre les tendances de ce march\u00e9 &quot;o&ugrave; le Dvd occupe une place croissante dans les m\u00e9nages, lesquels ne veulent plus avoir &agrave; choisir entre l&rsquo;image et le son&quot;, mais aussi, dans le but explicite de s&rsquo;ins\u00e9rer dans le march\u00e9 des diasporas camerounaises en Europe, r\u00e9put\u00e9s friands de bruits venant de chez eux. Du moment o&ugrave; les choses sont faites dans les normes de qualit\u00e9 en vigueur ailleurs, &quot;il n&rsquo;est d&egrave;s lors pas impossible, dit-elle, de vendre au minimum 10 000 albums et au maximum 30 000 copies. C&rsquo;est clair que le march\u00e9 est d\u00e9sesp\u00e9rant, mais si nous ne nous bougeons pas pour lui faire cracher ce qu&rsquo;il a encore, rien n&rsquo;avancera plus&quot;.<\/p>\n<p>En voil&agrave; donc une, rare, qui tente de se donner une d\u00e9marche derri&egrave;re un investissement artistique empreint de volubilit\u00e9. La fille a un talent qui monte, une voix qui ne se fait plus de complexe, une personnalit\u00e9 qui s&rsquo;anime &agrave; la d\u00e9couverte de cet univers pluriel et fascinant o&ugrave; l&rsquo;art n&rsquo;est plus qu&rsquo;une excroissance innocente de l&rsquo;esprit cr\u00e9atif de toute personne humaine, mais aussi un simple produit de consommation courante qui doit se donner la peine de joindre une offre &agrave; une demande pr\u00e9cise aux travers de quelques billets de banque. Ange Bagnia vient en effet de consacrer quelques dizaines de milliers d&rsquo;euros (avec les billets d&rsquo;avions de ses nombreux voyages sur Paris, le s\u00e9jour et la grande vie qu&rsquo;elle y m&egrave;ne) pour faire un album qui ait de la tenue, de la bouteille, en d\u00e9pit d&rsquo;une orientation manifeste vers une certaine dose de grivoiserie (notamment dans le titre &quot;touche pas &agrave; ma chose&quot; qu&rsquo;elle justifie, de mani&egrave;re fort mis\u00e9rable, par la n\u00e9cessit\u00e9 de servir au public &quot;ce qu&rsquo;il attend&quot;). <\/p>\n<p>Surface musicale qui se veut cependant fid&egrave;le &agrave; ce makossa dont elle veut, plus qu&rsquo;une autre, garder les racines et r\u00e9v\u00e9ler le suc. Elle chante avec la gr&acirc;ce d&rsquo;une d\u00e9esse depuis longtemps r\u00e9incarn\u00e9e, au carrefour de ces influences dont elle admet tout de m&ecirc;me se gaver, mais sans exc&egrave;s. &quot;La musique camerounaise, raconte-t-elle &agrave; cet effet, a au fond, tout ce que nous recherchons ailleurs. Il n&rsquo;y a pas de raisons que nous nous montrions s\u00e9duits par les autres, notamment par les Ivoiriens, sous pr\u00e9texte que ce qu&rsquo;ils font est bien. Leur performance doit par contre un appel &agrave; tous ceux qui font la musique de chez nous, afin qu&rsquo;ils n&rsquo;oublient pas leurs racines et qu&rsquo;ils puisent davantage dans leur patrimoine culturel&quot;.<\/p>\n<p>Ceux qui la suivent depuis ses d\u00e9buts savent le parcours qu&rsquo;elle s&rsquo;est donn\u00e9e &agrave; la mesure de ce discours solidement balis\u00e9. Il y a deux ans, elle \u00e9tait nomin\u00e9e aux Koras, ce qui n&rsquo;est pas rien. Son pr\u00e9c\u00e9dent album avait \u00e9t\u00e9 un \u00e9crin, ce qui lui a valu un succ&egrave;s aussi bien d&rsquo;estime que commercial. Loin donc, aujourd&rsquo;hui, les souvenirs douloureux de ces d\u00e9buts o&ugrave; elle jouait les minettes &agrave; jupe courte dans des spectacles paum\u00e9s au Centre culturel camerounais, en se faisant du reste railler par tous ceux qui ne savent rien &agrave; la musique. Aujourd&rsquo;hui, elle chante des chansons d&rsquo;amour et de d\u00e9sespoir, fait partager son optimisme sur sa vision du monde, prend le duala en langue de partage et d&rsquo;expression et multiplie les va-et-vient entre Paris et Douala pour &ecirc;tre s&ucirc;re de garder ce qu&rsquo;il y a de meilleur dans chacun des deux univers. Elle estime avoir encore des preuves &agrave; apporter &agrave; l&rsquo;\u00e9dification de sa personne et ne se craint pas d&rsquo;&ecirc;tre critiqu\u00e9e, outrag\u00e9e, sous-estim\u00e9e tant que, pour l&rsquo;essentiel, elle reste en accord avec ce qu&rsquo;elle a &agrave; faire pour elle-m&ecirc;me et pour les autres, pour tous ceux qui ignorent que l&rsquo;art en lui-m&ecirc;me, est d&rsquo;abord une forme d&rsquo;insoumission, de subversion, de r\u00e9invention permanente. <\/p>\n<p>Mutations<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un quatri\u00e8me album qui vient confirmer les progr\u00e8s d\u2019une chanteuse \u00e0 la courbe ascendante. 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