{"id":20,"date":"2006-05-14T18:42:00","date_gmt":"2006-05-14T16:42:00","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-05-14T18:42:00","modified_gmt":"2006-05-14T16:42:00","slug":"20","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/20\/","title":{"rendered":"Paul Biya en France: Le co\u00fbt de la mobilisation \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>L\u2019argent du contribuable a \u00e9t\u00e9 d\u00e9bloqu\u00e9 par le Cabinet civil de la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique pour la mobilisation des militants du Rdpc. Certains ne sont pas contents de la fa\u00e7on dont le pactole a \u00e9t\u00e9 g\u00e9r\u00e9 par le consul g\u00e9n\u00e9ral du Cameroun \u00e0 Paris. Notre enqu\u00eate.<\/p>\n<p>07 AOUT 2006<br \/>\n\u00a9 Norbert N. OUENDJI \u00e0 Bordeaux, Le Messager  &#8211; <\/p>\n<div align=\"justify\">On n&rsquo;a pas fini de parler de la visite de Paul Biya en France, du 26 au 28 juillet. Pr&egrave;s de deux semaines apr&egrave;s, ce voyage officiel alimente encore les conversations dans certains milieux camerounais de l&rsquo;hexagone. Il ne s&rsquo;agit pas de revenir sur le bilan r&eacute;colt&eacute; &agrave; l&rsquo;issue de cette mission essentiellement &eacute;conomique et politique. Ici et l&agrave;, on veut surtout comprendre les raisons de l&rsquo;&eacute;chec de cet &eacute;v&eacute;nement qui n&rsquo;a pas mobilis&eacute; grand monde. <\/p>\n<p>Des militants de la section Rdpc de France sont beaucoup plus pr&eacute;occup&eacute;s par ce malaise, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;ils voulaient profiter de cette balade parisienne de leur illustre camarade, non seulement pour marquer des points par rapport &agrave; leur capacit&eacute; de mobilisation, mais aussi pour lui faire passer des messages de soutien et des dol&eacute;ances. Qu&rsquo;est-ce qui a donc fait probl&egrave;me, alors qu&rsquo;un budget a &eacute;t&eacute; allou&eacute; aux autorit&eacute;s consulaires pour supporter les charges li&eacute;es &agrave; leur d&eacute;ploiement ? <\/p>\n<p><strong>1 &ndash; Le cabinet civil, les fonds publics et le Rdpc<\/strong> <\/p>\n<p>Nous avons en effet (re)d&eacute;couvert comment l&rsquo;Etat continue de mettre impun&eacute;ment les fonds publics au service du parti au pouvoir ou &agrave; d&eacute;tourner l&rsquo;argent du contribuable au profit de la formation politique pr&eacute;sid&eacute;e par Paul Biya. Dans un &ldquo; message fax urgent &rdquo; envoy&eacute; aux pr&eacute;sidents des sous-sections Rdpc de Marseille, Lyon, Toulouse et Bordeaux le 21 juillet, Basile Messobot Sep, consul du Cameroun &agrave; Marseille, rassure : &ldquo; Les frais de transport de vos localit&eacute;s respectives &agrave; Paris seront rembours&eacute;s sur place pour les militants qui voyagent par train &rdquo;. De plus, le ministre pl&eacute;nipotentiaire souligne que les d&eacute;penses relatives &agrave; l&rsquo;h&eacute;bergement et au petit-d&eacute;jeuner sont plafonn&eacute;es &agrave; 55 euros par personne, soit un peu plus de 36 000 Fcfa&#8230; &ldquo; Il est recommand&eacute; aux militants de r&eacute;server une nuit&eacute;e dans des h&ocirc;tels de premi&egrave;re classe &rdquo;, pr&eacute;cise-t-il. Quant aux factures de location de bus, elles devaient &ecirc;tre r&eacute;gl&eacute;es directement aux soci&eacute;t&eacute;s concern&eacute;es par Nkwelle Ekaney, consul g&eacute;n&eacute;ral du Cameroun &agrave; Paris et pr&eacute;sident de la sous-commission (de sept personnes) charg&eacute;e de la mobilisation des compatriotes install&eacute;s en France. Nous n&rsquo;avons pas pu obtenir le montant global du pactole mis &agrave; la disposition de ce dernier par le cabinet civil de la pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique. Toujours est-il que la fa&ccedil;on dont il a &eacute;t&eacute; g&eacute;r&eacute; pose probl&egrave;me. Elle divise notamment les membres de la section Rdpc\/France, certains estimant avoir &eacute;t&eacute; l&eacute;s&eacute;s dans le partage de ce &ldquo; gombo &rdquo;, qu&rsquo;ils revendiquent comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une somme &eacute;manant de la tr&eacute;sorerie de leur parti. <br \/>&ldquo; La logique transparente voudrait que toute subvention soit solennellement remise &agrave; une d&eacute;l&eacute;gation du parti en fixant les objectifs et la r&eacute;partition &eacute;quitable &agrave; respecter entre les sous-sections. Le choix d&rsquo;allouer les moyens de fa&ccedil;on secr&egrave;te et discr&eacute;tionnaire est injuste [&hellip;]. Pourquoi s&rsquo;&eacute;tonner du m&eacute;diocre r&eacute;sultat d&egrave;s lors que l&rsquo;argent n&rsquo;est pas all&eacute; pour l&rsquo;essentiel &agrave; l&rsquo;entreprise de mobilisation &rdquo;, souligne un rapport non dat&eacute; &eacute;tabli par quelques membres du Rdpc\/France, parmi lesquels Jean-Baptiste Amvouna, dont la qualit&eacute; de vice-pr&eacute;sident est contest&eacute;e par les officiels. &ldquo; Des cars &agrave; moiti&eacute; remplis sont pass&eacute;s par des villes o&ugrave; des militants n&rsquo;ont pas pu venir faute d&rsquo;argent. La plupart des groupes de danse ont &eacute;t&eacute; pay&eacute;s par des sponsors ext&eacute;rieurs &rdquo;, observent-ils, exprimant leur soif de savoir &agrave; quoi a servi l&rsquo;argent d&eacute;bloqu&eacute; pour organiser l&rsquo;accueil de Biya en France. <\/p>\n<p><strong>2 &#8211; Le co&ucirc;t de la mobilisation<\/strong> <\/p>\n<p>Ce document r&eacute;v&egrave;le que chaque sous-section &eacute;tait cens&eacute;e recevoir 7000 euros (plus de 4,5 millions Fcfa), ajoutant, sans aucun autre d&eacute;tail, qu&rsquo;une seule en a b&eacute;n&eacute;fici&eacute;. Information que d&eacute;ment vivement le consul g&eacute;n&eacute;ral du Cameroun : &ldquo; Les gens racontent n&rsquo;importe quoi. Notre budget ne nous permettait pas ce luxe. Nous avons utilis&eacute; ce qu&rsquo;on nous a donn&eacute; en respectant les directives de la hi&eacute;rarchie. L&rsquo;argent &eacute;tait distribu&eacute; en fonction du nombre des personnes constituant les d&eacute;l&eacute;gations &rdquo;. Il ne consent pas &agrave; donner le moindre chiffre. Il n&rsquo;aide pas non plus &agrave; en savoir davantage sur les indiscr&eacute;tions concernant les cotisations que les personnels de l&rsquo;ambassade et du consulat auraient initi&eacute;es pour relever le budget jug&eacute; insuffisant. &ldquo; Tout ce qu&rsquo;il faut savoir est que nous avons respect&eacute; nos engagements. Nous nous sommes occup&eacute;s de tout le monde&rdquo;, affirme ce diplomate &agrave; la porte de la retraite. <\/p>\n<p>Notre enqu&ecirc;te a toutefois permis d&rsquo;avoir quelques donn&eacute;es. Aujourd&rsquo;hui, Le Messager est en mesure de r&eacute;v&eacute;ler que la d&eacute;l&eacute;gation conduite par Serge Kanga, pr&eacute;sident de la sous-section Rdpc de Toulouse, a per&ccedil;u une somme comprise entre 5000 et 7000 euros avant de faire le d&eacute;placement de Paris mercredi 26 juillet &agrave; 5h du matin. Celle de Lyon, avec &agrave; sa t&ecirc;te Angeline Akoumba, s&rsquo;en est tir&eacute;e avec 5100 euros (plus de 3,3 millions Fcfa), dont 2500 euros (plus de 1,6 millions Fcfa) pour la location d&rsquo;un bus de cinquante places, 1950 euros (plus de 1,2 millions Fcfa) pour le logement et 650 euros (426 000 Fcfa) pour la restauration. Bordeaux a re&ccedil;u 3000 euros (pr&egrave;s de 2 millions Fcfa) le 25 juillet, tandis que Messi, venu de Strasbourg, a per&ccedil;u une indemnit&eacute; forfaitaire de 180 euros (118 000 Fcfa) pour une nuit&eacute;e &agrave; Paris, tout comme deux de ses camarades ayant voyag&eacute; avec un mini bus lou&eacute; pour le seul trajet aller&#8230; <\/p>\n<p><strong>3 &ndash; L&rsquo;&eacute;nigme &ldquo; Mbarga &rdquo; <\/strong><\/p>\n<p>Nous n&rsquo;avons pas pu collecter des &eacute;l&eacute;ments consistants sur les sous-sections Rdpc de Marseille, Nantes et Lille. Mais elles sont &eacute;galement pass&eacute;es &agrave; la caisse. Paris n&rsquo;aurait pas &eacute;t&eacute; oubli&eacute;e. Cette derni&egrave;re &eacute;ventualit&eacute; est &eacute;voqu&eacute;e par ceux qu&rsquo;on appelle dans la capitale fran&ccedil;aise les &ldquo; rebelles &rdquo; du parti au pouvoir, particuli&egrave;rement les auteurs du rapport cit&eacute; plus haut : &ldquo; [&hellip;] on ne saura jamais quelle somme a &eacute;t&eacute; remise au pr&eacute;sident de la section [Ndlr : Armand Mbarga]. Il ne validera jamais les commissions corrig&eacute;es lors d&rsquo;une longue s&eacute;ance de travail le 20 juillet, toujours sans sa pr&eacute;sence [sic], occup&eacute; par ses transactions avec le consul g&eacute;n&eacute;ral. C&rsquo;est ainsi que le jour de l&rsquo;arriv&eacute;e du pr&eacute;sident [Biya], aucun cadre du parti ne ma&icirc;trise rien &rdquo;. Joint au t&eacute;l&eacute;phone vendredi 4 ao&ucirc;t (apr&egrave;s plusieurs tentatives infructueuses) pour avoir sa version des faits, Armand Mbarga a diff&eacute;r&eacute; notre conversation, promettant de nous rappeler&#8230;Engagement non honor&eacute;, alors que les accusations formul&eacute;es contre lui sont graves. Il est au c&oelig;ur de toutes les critiques au sein et en dehors du Rdpc\/France. Son absence pendant la semaine qui a pr&eacute;c&eacute;d&eacute; l&rsquo;arriv&eacute;e de Biya &agrave; Paris n&rsquo;aurait pas facilit&eacute; les choses. Son attitude embarrasse certains de ses camarades, qui auraient pourtant soutenu son option de r&eacute;clamer, d&egrave;s son retour du Cameroun o&ugrave; il avait particip&eacute; au congr&egrave;s extraordinaire du Rdpc, &ldquo; une autonomie du parti dans la mobilisation de ses militants et une restitution des subventions [qui lui &eacute;taient] destin&eacute;es &rdquo;. <\/p>\n<p>&ldquo; Quand il partait au pays, nous lui avons demand&eacute; de prendre certaines dispositions. Il n&rsquo;a rien fait. Nous nous sommes d&eacute;brouill&eacute;s comme nous pouvions &rdquo;, souligne la pr&eacute;sidente de la sous-section de Lyon, faisant observer qu&rsquo;ici, comme ailleurs, des affiches ont &eacute;t&eacute; faites pour les besoins de la cause. Mme Angeline Akoumba insiste sur l&rsquo;apport de Bordeaux, m&ecirc;me si globalement, au 21 Quai Le Gallo, si&egrave;ge de notre ambassade &agrave; Paris, on pense que le parti n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; tr&egrave;s actif dans la pr&eacute;paration de cette visite. D&egrave;s le 19 juillet, la sous-section de Bordeaux avait pr&eacute;par&eacute; un document de cinq pages articulant les modalit&eacute;s d&rsquo;un accueil id&eacute;al. Son pr&eacute;sident, Me Martin Longo, avocat au barreau de Bordeaux, a pass&eacute; une semaine &agrave; Paris pour d&eacute;fendre ce projet et contribuer &agrave; la mise en place d&rsquo;un dispositif ad&eacute;quat. Il avait notamment fait confectionner des badges pour les diff&eacute;rents membres du parti concern&eacute;s. Comme lui, beaucoup ont abandonn&eacute; leur boulot pour aller &agrave; la rencontre d&rsquo;un personnage pour lequel ils disent avoir de l&rsquo;admiration. Ils ont plut&ocirc;t eu affaire &agrave; un &ldquo; fant&ocirc;me &rdquo;. Ils n&rsquo;ont pas pu discuter avec celui qui a &eacute;t&eacute; re&ccedil;u &agrave; l&rsquo;a&eacute;roport d&rsquo;Orly le 26 juillet par le ministre fran&ccedil;ais du Tourisme&#8230; Ils sont rentr&eacute;s bredouille. D&eacute;sillusionn&eacute;s. Ils se disent d&eacute;&ccedil;us, y compris par leur pr&eacute;sident, Armand Mbarga, qui n&rsquo;aurait pas fait les d&eacute;marches n&eacute;cessaires pour solliciter une audience avec le septuag&eacute;naire d&rsquo;Etoudi. &ldquo; Nous ne savions quoi dire &agrave; nos militants lorsque nous sommes rentr&eacute;s &agrave; Lyon. Beaucoup &eacute;taient convaincus que le chef de l&rsquo;Etat, qui est aussi le pr&eacute;sident du parti, nous avait re&ccedil;u. C&rsquo;est une grosse frustration &rdquo;, d&eacute;plore Angeline Akoumba. <\/p>\n<p><strong>4 &#8211; Le couac de la Place Vend&ocirc;me<\/strong> <\/p>\n<p>Le principal tournant pour les Camerounais &eacute;tait la Place Vend&ocirc;me, pr&eacute;cis&eacute;ment devant l&rsquo;h&ocirc;tel Ritz o&ugrave; &eacute;tait log&eacute; Biya. C&rsquo;est ici qu&rsquo;ils avaient la chance de le voir et de le rencontrer. Si &agrave; l&rsquo;ambassade du Cameroun &agrave; Paris, on se r&eacute;jouit de l&rsquo;accueil populaire que lui a r&eacute;serv&eacute; quelque 300 personnes &agrave; Orly, certains observateurs et partisans du Rdpc s&rsquo;interrogent sur la d&eacute;faillance observ&eacute;e ici. &ldquo; M&ecirc;me si le seul car arriv&eacute; avec cinq minutes de retard avait &eacute;t&eacute; &agrave; l&rsquo;heure, il n&rsquo;y aurait pas eu grand monde, juste une cinquantaine alors qu&rsquo;il &eacute;tait pr&eacute;vu au moins un demi-millier de militants devant l&rsquo;h&ocirc;tel, c&rsquo;est-&agrave;-dire trois sous-sections provinciales, trois sous-sections de Paris ainsi que les non-militants. Aucune autorit&eacute; n&rsquo;y &eacute;tait pr&eacute;sente &rdquo;, constate le rapport mentionn&eacute; pr&eacute;c&eacute;demment. La repr&eacute;sentation diplomatique de notre pays se d&eacute;fend, indiquant qu&rsquo;il &eacute;tait difficile, voire impossible d&rsquo;&ecirc;tre &agrave; la fois &agrave; l&rsquo;a&eacute;roport et &agrave; l&rsquo;h&ocirc;tel Ritz pour l&rsquo;accueil du chef de l&rsquo;Etat, compte tenu de la distance qui s&eacute;pare les deux destinations et des obligations protocolaires qu&rsquo;exige ce type de visite. Elle pr&eacute;cise que les services de s&eacute;curit&eacute; fran&ccedil;aise n&rsquo;&eacute;taient pas favorables &agrave; une tr&egrave;s grande mobilisation, mais appr&eacute;cie le doigt&eacute; avec lequel ils ont encadr&eacute; le groupuscule qui y est rest&eacute; quelque temps, dans l&rsquo;espoir de voir le pr&eacute;sident. <\/p>\n<p>Pour &eacute;viter des surprises, certaines d&eacute;l&eacute;gations priv&eacute;es de l&rsquo;&eacute;tape d&rsquo;Orly, &eacute;taient invit&eacute;es &agrave; s&rsquo;y rendre. Mais il faut reconna&icirc;tre que les indications horaires leur ont jou&eacute; un sale tour. A celle de Toulouse par exemple, il avait &eacute;t&eacute; demand&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre au Ritz &agrave; 19 h. Or, Biya avait d&eacute;barqu&eacute; sur les lieux quelques minutes plus t&ocirc;t. &ldquo; J&rsquo;avais le c&oelig;ur gros : avec ce loup&eacute;, j&rsquo;ai r&eacute;alis&eacute; qu&rsquo;on avait voyag&eacute; pour rien &rdquo;, confie Serge Kanga qui, dans le civil, est responsable administratif et financier &agrave; la direction r&eacute;gionale de Decathlon pour le Sud-Ouest &agrave; Toulouse. Une d&eacute;ception qui a g&acirc;ch&eacute; la suite de sa soir&eacute;e, si on s&rsquo;en tient au t&eacute;moignage qu&rsquo;il nous a livr&eacute; au t&eacute;l&eacute;phone samedi 5 ao&ucirc;t. Il a n&eacute;anmoins pu rejoindre les compatriotes au cocktail d&icirc;natoire d&rsquo;environ 500 couverts organis&eacute; par l&rsquo;ambassade au Forum de Grenelle &#8211; rue de la Croix-Nivert ce jour-l&agrave;, m&ecirc;me s&rsquo;il n&rsquo;appr&eacute;cie pas le d&eacute;sordre qui y a pr&eacute;valu. &ldquo; On n&rsquo;a pas respect&eacute; les gens. Pour &ecirc;tre servis, il fallait batailler fort&hellip; &rdquo;. Ce sentiment est partag&eacute; par plusieurs autres militants. &ldquo; Nous avons la conscience tranquille &rdquo;, r&eacute;pond un collaborateur de Pascal Biloa Tang, ambassadeur du Cameroun en France depuis une d&eacute;cennie. &ldquo; Nous avons fait notre travail. Des dispositions utiles ont &eacute;t&eacute; prises dans un d&eacute;lai relativement court, pour mobiliser la communaut&eacute;. Nous ne sommes pas d&eacute;&ccedil;us des r&eacute;sultats obtenus. D&rsquo;ailleurs, nous avons re&ccedil;u une lettre de f&eacute;licitation de Yaound&eacute; &rdquo;, ajoute-t-il. <\/p>\n<p>Chacun tire donc la couverture de son c&ocirc;t&eacute;. Au-del&agrave; du &ldquo; sabotage &rdquo; que soup&ccedil;onne Jean-Baptiste Amvouna que nous avons eu au t&eacute;l&eacute;phone avant son d&eacute;part au Cameroun la semaine derni&egrave;re, il faut signaler que Biya se fiche pas mal de la diaspora. Toujours discret et manifestement paresseux, il ne fait aucun effort personnel pour s&rsquo;entretenir avec elle lorsqu&rsquo;il est &agrave; l&rsquo;&eacute;tranger. Les Camerounais n&rsquo;ont pas la chance qu&rsquo;ont les S&eacute;n&eacute;galais, dont le pr&eacute;sident d&eacute;fie parfois le protocole lors de ses descentes dans les quartiers de Bordeaux et d&rsquo;ailleurs, lorsqu&rsquo;il est en visite en France. &ldquo; Tout projet de rencontre avec les Camerounais a &eacute;t&eacute; &eacute;cart&eacute;, aucune motion de soutien n&rsquo;a &eacute;t&eacute; adress&eacute; publiquement &rdquo;, d&eacute;plore la section Rdpc\/France, craignant de ne pas avoir &ldquo; une autre opportunit&eacute; d&rsquo;aussi t&ocirc;t &rdquo;&hellip; <\/p>\n<p><strong>5 &ndash; En finir avec le folklore<\/strong> <\/p>\n<p>Au total, Biya a manqu&eacute; une fois de plus l&rsquo;occasion de sympathiser avec ses compatriotes d&rsquo;ici et auxquels il n&rsquo;a pas encore accord&eacute; le droit de vote ! De sa visite, il n&rsquo;a tir&eacute; aucun b&eacute;n&eacute;fice sur le plan affectif et politique, la diaspora camerounaise non plus. Par ailleurs, en donnant une coloration essentiellement &ldquo; Rdpc &rdquo; &agrave; la dimension &ldquo; mobilisation &rdquo;, les autorit&eacute;s diplomatiques sont tomb&eacute;es dans le pi&egrave;ge de la discrimination et de l&rsquo;exclusion. Cela leur a peut-&ecirc;tre permis de mesurer les limites d&rsquo;une telle strat&eacute;gie et de comprendre qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;&eacute;tranger, elles repr&eacute;sentent non pas le parti, mais les Camerounais dans leur ensemble. Elles doivent mettre les moyens qu&rsquo;il faut, pour les identifier et les r&eacute;pertorier, au lieu de brandir l&rsquo;argument, du reste contestable, qu&rsquo;elles ont du mal &agrave; trouver des interlocuteurs autres que les repr&eacute;sentants du Rdpc&#8230; On esp&egrave;re aussi que ces autorit&eacute;s tireront les le&ccedil;ons de l&rsquo;improvisation et du manque de coordination qui ont caract&eacute;ris&eacute; la gestion globale de cette visite pr&eacute;sidentielle dont le volet communicationnel a &eacute;t&eacute; un fiasco flagrant. <br \/>Mais, en fin de compte, n&rsquo;a-t-on pas mieux &agrave; faire que de perdre son &eacute;nergie, son temps et l&rsquo;argent du contribuable dans des futilit&eacute;s comme la mobilisation des gens pour la venue d&rsquo;un chef d&rsquo;Etat en France ou ailleurs ? Ce folklore, source d&rsquo;intrigues diverses, de conflits de comp&eacute;tences g&ecirc;nants et d&rsquo;app&eacute;tits financiers naus&eacute;eux, est co&ucirc;teux et foireux pour rien. Il est ridicule et pas du tout s&eacute;rieux de r&eacute;duire des Camerounais, parmi lesquels des &eacute;lites et des hommes dignes de respect, &agrave; des applaudisseurs qu&rsquo;on r&eacute;quisitionne pour faire foule afin de donner l&rsquo;impression au prince qu&rsquo;il est populaire. Il faudrait aussi qu&rsquo;un jour, ces derniers prennent conscience de l&rsquo;instrumentalisation dont ils sont l&rsquo;objet et en tirent les cons&eacute;quences. Dans l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t du d&eacute;veloppement du Cameroun. <\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019argent du contribuable a \u00e9t\u00e9 d\u00e9bloqu\u00e9 par le Cabinet civil de la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique pour la mobilisation des militants du Rdpc. Certains ne sont pas contents de la fa\u00e7on dont le pactole a \u00e9t\u00e9 g\u00e9r\u00e9 par le consul g\u00e9n\u00e9ral du Cameroun \u00e0 Paris. Notre enqu\u00eate. 07 AOUT 2006 \u00a9 Norbert N. OUENDJI \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":140,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-20","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/140"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=20"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=20"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=20"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}