{"id":2238,"date":"2008-10-16T15:48:23","date_gmt":"2008-10-16T13:48:23","guid":{"rendered":""},"modified":"2008-10-16T15:48:23","modified_gmt":"2008-10-16T13:48:23","slug":"2238","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/2238\/","title":{"rendered":"Exil : La r\u00e9volte de \u00a0\u00bb la vache \u00e0 lait \u00ab\u00a0"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Dans une projection autobiographique, l&rsquo;auteur fustige le d\u00e9vouement d&rsquo;un exil\u00e9 \u00e0 sa famille.<br \/>\nMonique Ngo Mayag  &#8211; <strong><font color=\"#000000\"><br \/><\/font><\/strong><\/p>\n<hr color=\"#bbbbbb\" size=\"1\" \/> <em><br \/><em><strong \/><\/em><\/em><\/p>\n<hr color=\"#eeffee\" size=\"1\" \/> &quot; M&ecirc;me port&eacute;e par le vent, une feuille finit toujours par retomber au sol &quot;. Combien de fois Ossele a entendu ces mots de la bouche des siens ? Car lorsqu&rsquo;on a le malheur de vivre en France, d&rsquo;&ecirc;tre mari&eacute; et p&egrave;re de deux ravissants garnements, on n&rsquo;a pas le droit d&rsquo;oublier la famille rest&eacute;e au pays. Ossele a b&acirc;ti son existence autour de cet ordre &eacute;tabli. Les trois quart de son salaire d&rsquo;ing&eacute;nieur profitaient aux nombreux fr&egrave;res, oncles, neveux et ni&egrave;ces vivant dans la pr&eacute;carit&eacute; au Cameroun. &quot; Il manque du riz, du savon, ton p&egrave;re a besoin d&rsquo;un nouveau rasoir pour sa barbe &quot;.<\/p>\n<p>Les pr&eacute;textes ne sont jamais assez farfelus pour attirer quelques billets verts en direction du pays natal. Mais le nom Ossele signifie &acirc;ne. Le symbolisme est assez fort pour marquer la soumission, car &quot; l&rsquo;&acirc;ne ne se fatigue jamais, Ossele supporte &quot;. Ainsi culpabilit&eacute; et docilit&eacute; ont rythm&eacute; la vie du personnage principal de Gaston-Paul Effa. &quot;Comment aurait-il pu en &ecirc;tre autrement, surtout lorsqu&rsquo;on est l&rsquo;a&icirc;n&eacute; d&rsquo;une famille de 33 enfants. De surcroit, &quot; un &eacute;lu des dieux, un homme n&eacute; dans la mis&egrave;re, que les f&eacute;es ont distingu&eacute; pour en faire un &ecirc;tre &agrave; l&rsquo;abri du besoin . <\/p>\n<p>Sous la plume de Gaston-Paul Effa, le lecteur comprend que lorsqu&rsquo;au nom de la tradition, on devient la mamelle nourrici&egrave;re d&rsquo;un peuple, on ne s&rsquo;en plaint pas, on s&rsquo;y accommode jusqu&rsquo;au jour o&ugrave; se produit le d&eacute;clic. Pour le cas d&rsquo;Ossel&eacute;, la sonnette d&rsquo;alarme est d&eacute;clench&eacute;e par son &eacute;pouse. Dans le c&oelig;ur de la jeune Fran&ccedil;aise, la tol&eacute;rance a c&eacute;d&eacute; place &agrave; la ranc&oelig;ur. Il n&rsquo;est plus question pour elle et ses enfants, de payer les frais &quot; des &eacute;lucubrations de vieillards qui usent de ruse et de chantage pour obtenir gain de cause. Il faut choisir entre moi et ta famille&quot;, exige t- elle.<\/p>\n<p>Mais H&eacute;l&egrave;ne ne comprend pas que son africain de mari a h&eacute;rit&eacute; de l&rsquo;animisme et des superstitions de son fang-B&eacute;ti natal. Une contr&eacute;e aux confins de l&rsquo;Afrique centrale, o&ugrave; &quot; se laver le visage &agrave; l&rsquo;eau chaude est pr&eacute;lude &agrave; la malchance &quot;. O&ugrave; celui qui d&eacute;sob&eacute;i &agrave; la volont&eacute; ancestrale s&rsquo;attire tous les malheurs. Aussi Os&eacute;l&eacute; choisit-il les nuits froides pass&eacute;es &agrave; la Sonacotra -maison des r&eacute;fugi&eacute;s- &agrave; la chaleur du foyer conjugal. C&rsquo;est pourtant dans cette maison d&rsquo;accueil qu&rsquo;il r&eacute;alise le lourd tribut du respect de la tradition.<\/p>\n<p>En effet, sur le matelas dur de la Sonacotra, Ossele songe &agrave; se d&eacute;faire de ses racines ancestrales, de la pens&eacute;e myst&eacute;rieuse qui le lie inexorablement &agrave; son continent. De toutes ces v&eacute;rit&eacute;s saugrenues qui ont toujours guid&eacute; son existence. Finis les mandats &agrave; tout vent et les appels incessants en direction du Cameroun. Mais l&rsquo;affranchissement sera long et p&eacute;nible car les d&eacute;mons de la tradition sont difficiles &agrave; exorciser. L&rsquo;enjeu est important, aussi Ossele tient bon. Il se refugie dans l&rsquo;&eacute;criture, en esp&eacute;rant que l&rsquo;oiseau de minerve l&rsquo;aidera &agrave; acqu&eacute;rir l&rsquo;identit&eacute; d&rsquo;homme libre.<\/p>\n<p>Au fil des mots, Ossele couche sur les feuilles blanches, son lot de ressentiments et de frustrations accumul&eacute;s depuis des ann&eacute;es. Sous sa plume, il d&eacute;fie &quot; sa destin&eacute;e &quot;. Mais l&rsquo;&eacute;crivain qui na&icirc;t, sait aussi bien qu&rsquo;entre l&rsquo;imagination et la r&eacute;alit&eacute;, le foss&eacute; est consid&eacute;rable. Mais rien ne vaut le gout de l&rsquo;ind&eacute;pendance. Ainsi, &agrave; mesure que son chemin de croix progresse, il conna&icirc;t la dignit&eacute; et l&rsquo;identit&eacute; d&rsquo;homme libre de ses choix et de ses pens&eacute;es. <br \/>Dans un style simple et clair et le temps de 165 pages, Gaston-Paul Effa a su port&eacute; le ras-le-bol des ceux qui, au nom d&rsquo;une pr&eacute;tendue gratitude ou pour servir d&#8217;embl&egrave;me familial, rev&ecirc;tent le manteau des sacrifi&eacute;s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans une projection autobiographique, l&rsquo;auteur fustige le d\u00e9vouement d&rsquo;un exil\u00e9 \u00e0 sa famille. Monique Ngo Mayag &#8211; &quot; M&ecirc;me port&eacute;e par le vent, une feuille finit toujours par retomber au sol &quot;. Combien de fois Ossele a entendu ces mots de la bouche des siens ? 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