{"id":229,"date":"2006-11-27T11:20:56","date_gmt":"2006-11-27T10:20:56","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-11-27T11:20:56","modified_gmt":"2006-11-27T09:20:56","slug":"229","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/229\/","title":{"rendered":"D\u00e9clin : Le th\u00e9\u00e2tre camerounais se meurt"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Les principaux acteurs disent opter pour la sc\u00e8ne internationale plus porteuse.<br \/>\nJustin Blaise Akono  &#8211; &quot; Aujourd&rsquo;hui, on ne se demande plus : quelle est la pi&egrave;ce programm\u00e9e ? On se demande plut&ocirc;t : y aura-t-il th\u00e9&acirc;tre ? &quot; Cette remarque d&rsquo;Andr\u00e9 Bang, com\u00e9dien, metteur en sc&egrave;ne, op\u00e9rateur culturel, promoteur du th\u00e9&acirc;tre de la rue, annonce les couleurs dans le d\u00e9bat sur le bilan du th\u00e9&acirc;tre camerounais. La semaine derni&egrave;re d\u00e9j&agrave;, les diff\u00e9rents acteurs du secteur se sont retrouv\u00e9s au centre d&rsquo;art contemporain Africr\u00e9a de Yaound\u00e9, dans le cadre d&rsquo;un colloque intitul\u00e9 &quot; th\u00e9&acirc;tre camerounais : bilan et perspectives &quot;. Sur la table des hommes de th\u00e9&acirc;tre, des dossiers sur la promotion, la professionnalisation, la diffusion et le r&ocirc;le des uns et de autres.<\/p>\n<p>Hubert Mono Ndjana, dramaturge et par ailleurs pr\u00e9sident du conseil d&rsquo;administration de la soci\u00e9t\u00e9 civile du droit d&rsquo;auteur de la litt\u00e9rature et des arts dramatiques (Sociladra), faisait remarquer, dans le sens du d\u00e9bat que : &quot; Le th\u00e9&acirc;tre fait preuve de vitalit\u00e9 avec une marge d&rsquo;expression un peu plus grande qu&rsquo;autrefois. Le th\u00e9&acirc;tre a quitt\u00e9 l&rsquo;aire burlesque pour r\u00e9fl\u00e9chir sur les questions de l&rsquo;heure telles que la corruption et les probl&egrave;mes politiques les plus pointus &quot;.Un constat qu&rsquo;il nuance lui-m&ecirc;me : &quot; Nous avons constat\u00e9 la d\u00e9fection des salles de spectacle. Tr&egrave;s peu viennent aux festivals. M&ecirc;me ceux qui sont gratuits &quot;. A cette triste situation, plusieurs raisons, dont la premi&egrave;re semble infrastructurelle. &quot; Les salles de spectacles n&rsquo;existent pas pendant que les com\u00e9diens font des bonds prodigieux sur la sc&egrave;ne internationale. C&rsquo;est le paradoxe camerounais &quot;, s&rsquo;indigne Hubert Mono Ndjana.<\/p>\n<p>Le com\u00e9dien Massa Batr\u00e9 rappelle que : &quot; le Cameroun n&rsquo;a plus d&rsquo;infrastructures o&ugrave; les com\u00e9diens peuvent s&rsquo;exprimer &quot;. Salomon Tatmfo, plus connu sous le nom de &quot; Essola &quot; le sorcier, lui, sait ce que sont devenues les salles de spectacle &quot; Les salles de spectacle d&rsquo;hier sont devenues des supermarch\u00e9s &quot;. Andr\u00e9 Bang est plus critique : &quot;Il n&rsquo;y pas de salles au Cameroun. Ce sont les centres culturels \u00e9trangers qui accueillent les spectacles. Et pourtant, le th\u00e9&acirc;tre camerounais a un grand public. Au Cameroun, c&rsquo;est le politique, la politique et rien que la politique &quot;, mart&egrave;le-t-il. Et pourtant, &quot; ce sont les salles qui donnent une densit\u00e9 au spectacle. Au Centre culturel camerounais par exemple, il y a un probl&egrave;me de s\u00e9curit\u00e9&quot;, estime Jos\u00e9 Charles Ewan\u00e9, com\u00e9dien, metteur en sc&egrave;ne et directeur artistique des rencontres th\u00e9&acirc;trales du Cameroun (Retic). <\/p>\n<p><strong>Qualit\u00e9<\/strong><br \/>Charles Nyatte, com\u00e9dien, cr\u00e9ateur de la troupe les Tr\u00e9teaux d&rsquo;\u00e9b&egrave;ne en 1969, nostalgique, se souvient que &quot;la d\u00e9cennie 70 est l&rsquo;&acirc;ge d&rsquo;or du th\u00e9&acirc;tre camerounais. Ce th\u00e9&acirc;tre qui \u00e9tait d\u00e9j&agrave; gratuit et nous nous produisions pour le plaisir. L&rsquo;\u00e9criture s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e, les prix sur la sc&egrave;ne internationale se sont multipli\u00e9s &agrave; l&rsquo;instar de Patrice Ndedi Penda (Le fusil), Raymond Ekosson &quot;. Mais, &quot; apr&egrave;s les ann\u00e9es 80, les gens ont commenc\u00e9 &agrave; d\u00e9serter les salles parce qu&rsquo;on leur pr\u00e9sentait d\u00e9j&agrave; n&rsquo;importe quoi. Les principaux acteurs de la fili&egrave;re avaient pris go&ucirc;t &agrave; l&rsquo;argent et le travail \u00e9tait d\u00e9j&agrave; mal fait &quot;, commente &quot; Essola &quot;, com\u00e9dien depuis 1966. Massa Batr\u00e9 indexe &quot; ces charlatans qui en profitent pour gagner du terrain &quot;. La plupart pointent du doigt l&rsquo;arriv\u00e9e de la t\u00e9l\u00e9vision. <\/p>\n<p>D&rsquo;autres personnes estiment que la formation des com\u00e9diens y est pour quelque chose. La plupart des &quot; anciens &quot; reconnaissent avoir \u00e9t\u00e9 form\u00e9s sur le tas. A l&rsquo;Universit\u00e9 de Yaound\u00e9 I, une fili&egrave;re de la facult\u00e9 des arts, lettres et sciences humaines forme dans les arts dramatiques. Mais, selon Jos\u00e9 Charles Ewan\u00e9, directeur artistique des Retic, &quot;cette fili&egrave;re forme plus des dipl&ocirc;m\u00e9s que des professionnels. Il existe aussi des formations ponctuelles comme lors des Retic. En attendant, les Camerounais, qui sortent pour se former, ne reviennent souvent pas&quot;. <br \/>Les planches sont alors d\u00e9sertes. &quot;Le th\u00e9&acirc;tre camerounais est en train d&rsquo;\u00e9voluer. Mais, il fait son bonhomme de chemin &agrave; l&rsquo;ext\u00e9rieur. Car, nous ne pouvons plus continuer de fonctionner dans un r\u00e9gime qui ne donne pas la possibilit\u00e9 de fonctionner &quot;, se plaint Andr\u00e9 Bang.<br \/>C&rsquo;est alors qu&rsquo;\u00e9merge le probl&egrave;me financier. Les op\u00e9rateurs de spectacles, organisateurs de festivals et bien d&rsquo;autres manifestions relatives au th\u00e9&acirc;tre disent se tourner vers la coop\u00e9ration internationale. Ambroise Mbia, pr\u00e9sident des Retic, reconna&icirc;t que &quot; cette coop\u00e9ration internationale apporte son soutien mat\u00e9riel et financier pour la diffusion des spectacles &quot;. Cet apport reste un appoint car, &agrave; l&rsquo;ouverture des Retic, Ambroise Mbia a d\u00e9clar\u00e9 qu&rsquo;il &quot; est toujours difficile de r\u00e9unir les fonds selon le budget arr&ecirc;t\u00e9. <\/p>\n<p><strong>Festivals<\/strong><br \/>Depuis quelques temps, le minist&egrave;re de la Culture offre une aide aux artistes dans le cadre du compte d&rsquo;affectation sp\u00e9ciale pour le soutien de la politique culturelle. Andr\u00e9 Bang, directeur du Festival Net Plateau Vivant, a re&ccedil;u 3.000.000 Fcfa alors qu&rsquo;il en avait demand\u00e9 17.000.000. &quot; On pousse les gens vers la m\u00e9diocrit\u00e9 &quot;, se plaint le concern\u00e9, avant d&rsquo;ajouter que &quot; le Cameroun est le socle de l&rsquo;assassinat du th\u00e9&acirc;tre camerounais &quot;. Hubert Mono Ndjana r\u00e9v&egrave;le que &quot; beaucoup de com\u00e9diens se disent frustr\u00e9s, ils ont regrett\u00e9 d&rsquo;avoir remport\u00e9 des prix &agrave; l&rsquo;\u00e9tranger sans qu&rsquo;un \u00e9cho n&rsquo;en soit fait &quot;.<br \/>La vitalit\u00e9 qu&rsquo;\u00e9voque Hubert Mono Ndjana s&rsquo;exprime aussi sur les planches. En d\u00e9pit des moyens toujours insuffisants, quelques festivals continuent &agrave; maintenir en vie le th\u00e9&acirc;tre camerounais au Cameroun : le festival les moments du conte (Festmoc), les rencontres th\u00e9&acirc;trales internationales du Cameroun (Retic), Festi-Forum, le festival africain pour l&rsquo;enfance et la jeunesse (Fatej), le festival des Arts et Th\u00e9&acirc;tre pour l&rsquo;Enfant Africain (Fat\u00e9a), ainsi que le Festival Net Plateau Vivant d&rsquo;Andr\u00e9 Bang. <\/p>\n<p>Outre des troupes venues de plusieurs pays africains ou occidentaux, quelques compagnies locales continuent &agrave; esp\u00e9rer. Il s&rsquo;agit notamment des Masques noirs du Cirac de Alex David Longang, Le Cocrad de Jacobin Yaro, Guillaume Ekoum\u00e9 de Douala, Musinga Drama Group of Buea de Victor Elame Musinga, la compagnie les Copains d&rsquo;abord avec Narcisse Kouokam, la compagnie We Guara avec Jos\u00e9 Charles Ewan\u00e9, le Th\u00e9&acirc;tre du Chocolat avec Etoundi Z\u00e9ang, etc. &quot; Sc&egrave;nes d&rsquo;\u00e9b&egrave;ne &quot; de Tony Meffe fait partie de associations, qui organisent aussi des rencontres th\u00e9&acirc;trales.<br \/>Pour un retour en salle des amoureux du th\u00e9&acirc;tre et une rentr\u00e9e effective sur les planches, Hubert Mono Ndjana propose que &quot; l&rsquo;Etat donne un statut &agrave; l&rsquo;artiste camerounais dans le cadre du th\u00e9&acirc;tre national. Ceci pourra motiver les jeunes g\u00e9n\u00e9rations&quot;. Salomon Ntatmfo, &quot; Essola &quot;, sugg&egrave;re &quot; qu&rsquo;on redevienne s\u00e9rieux comme avant et que les gens ne fassent pas ce m\u00e9tier parce qu&rsquo;ils n&rsquo;ont rien trouv\u00e9 d&rsquo;autre &agrave; faire. Que l&rsquo;artiste puisse ressentir les retomb\u00e9es de son travail &quot;. Ceux des artistes sollicit\u00e9s sur la sc&egrave;ne internationale disent pouvoir vivre de leur art. <\/p>\n<p>Mutations<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les principaux acteurs disent opter pour la sc\u00e8ne internationale plus porteuse. Justin Blaise Akono &#8211; &quot; Aujourd&rsquo;hui, on ne se demande plus : quelle est la pi&egrave;ce programm\u00e9e ? 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