{"id":245,"date":"2006-12-07T16:18:15","date_gmt":"2006-12-07T15:18:15","guid":{"rendered":""},"modified":"2006-12-07T16:18:15","modified_gmt":"2006-12-07T14:18:15","slug":"245","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/245\/","title":{"rendered":"Blaise Nomo Zanga : Les acteurs camerounais ont honte de leurs langues"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>A travers sa derni\u00e8re fiction, \u00ab\u00a0Mon Ayon\u00a0\u00bb tourn\u00e9 en langue \u00ab\u00a0Beti\u00a0\u00bb, le r\u00e9alisateur revient sur le contexte du tournage.<br \/>\nPropos recueillis par Dorine Ekw\u00e8  &#8211; <strong>Il y a une semaine, vous avez pr\u00e9sent\u00e9 votre dernier film, &quot;Mon Ayon&quot;, qu&rsquo;est-ce qui vous a inspir\u00e9 ce sc\u00e9nario ?<\/strong><br \/>La traduction fran&ccedil;aise de mon film &quot;Mon Ayon&quot;, est &quot;l&rsquo;enfant du terroir&quot;. Je suis parti de ce que, dans mon village qui se trouve au Sud du Cameroun, il y a ce que l&rsquo;on appelle des secrets de famille. Des histoires dans le genre, &quot;celui que tel pr\u00e9sente comme son fils ne l&rsquo;est pas&quot;. G\u00e9n\u00e9ralement, on se rend compte de ce fait lorsque, d&egrave;s la naissance, l&rsquo;enfant refuse de prendre le lait maternel. C&rsquo;est en fait cette histoire qui est cont\u00e9e dans le film. L&rsquo;ironie est que, le vrai p&egrave;re voulait &agrave; tous prix savoir qui lui a fait un b\u00e9b\u00e9 dans le dos. Finalement, les anciens du village lui ont r\u00e9pliqu\u00e9 en lui disant que lui non plus, ne savait pas qui \u00e9tait son vrai p&egrave;re.<\/p>\n<p><strong>Finalement, dans ce film, on se rend compte que vous ne faites pas de reproches &agrave; la femme adult\u00e9rine&hellip;<\/strong><br \/>Disons que le but de cette fiction de 45 minutes n&rsquo;est pas de d\u00e9crier les probl&egrave;mes d&rsquo;infid\u00e9lit\u00e9s. Je pars juste de cette histoire pour poser un autre probl&egrave;me : celui de la place de l&rsquo;enfant dans nos soci\u00e9t\u00e9s. G\u00e9n\u00e9ralement, l&rsquo;enfant, dans nos villages, n&rsquo;appartenait pas qu&rsquo;&agrave; un homme ou &agrave; une femme. Il appartenait &agrave; toute la communaut\u00e9. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce qui se passe encore actuellement car, on identifie toujours les enfants par rapport &agrave; leurs origines, &agrave; leur village. L&rsquo;enfant vient d&rsquo;abord de quelque part, d&rsquo;une communaut\u00e9, avant d&rsquo;&ecirc;tre celui de quelqu&rsquo;un. Cette probl\u00e9matique est pos\u00e9e d&rsquo;entr\u00e9e de jeu avec le titre &quot;L&rsquo;enfant du terroir&quot;.<\/p>\n<p><strong>Entre ce film et le dernier, &quot; les seigneurs de la for&ecirc;t &quot;, onze ans ont pass\u00e9, qu&rsquo;est-ce qui justifie ce long silence ?<\/strong><br \/>A l&rsquo;\u00e9poque, nous n&rsquo;avions pas la chance d&rsquo;avoir des cam\u00e9ras num\u00e9riques par cons\u00e9quent, tourner un film revenait assez cher et, vu que je n&rsquo;avais pas toujours des financements pour sortir ces films, j&rsquo;\u00e9tais contraint de jouer les seconds r&ocirc;les aux c&ocirc;t\u00e9s des personnages comme Dikongu&egrave; Pipa avec lequel j&rsquo;ai beaucoup travaill\u00e9. A l&rsquo;\u00e9poque, nous faisions des documentaires pour le minist&egrave;re de la Culture et de l&rsquo;Information que nous ne signions m&ecirc;me pas. Avec l&rsquo;av&egrave;nement du num\u00e9rique qui co&ucirc;te moins cher et l&rsquo;apport du minist&egrave;re de la Culture depuis quelques ann\u00e9es, on peut pr\u00e9tendre &agrave; faire des choses.<br \/>En regardant votre casting, on se retrouve face aux probl&egrave;mes qu&rsquo;ont tous les films camerounais. Ce sont les com\u00e9diens viennent s&rsquo;essayer sur les plateaux de cin\u00e9ma&hellip;<br \/>C&rsquo;est vrai que le reproche nous est souvent fait mais on ne peut vraiment rien car, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;acteurs de cin\u00e9ma typique ici. Blanche Bilongo qui joue le premier r&ocirc;le de m&ecirc;me que les autres sont tous des com\u00e9diens. A ce moment, le r\u00e9alisateur doit faire tr&egrave;s attention et &ecirc;tre un peu plus exigeant. Pendant le tournage, &ccedil;a peut poser des probl&egrave;mes parce que l&rsquo;homme de th\u00e9&acirc;tre a,par exemple,toujours un geste de trop. Et \u00e9tant des professionnels &agrave; leur niveau, ils ont souvent du mal &agrave; accepter les critiques qui leur sont faites. Mais justement, le r\u00e9alisateur et le metteur en sc&egrave;ne sont l&agrave; pour &ccedil;a. L&rsquo;avantage est que d&egrave;s le d\u00e9part, nous savons &agrave; quoi nous en tenir et nous nous pr\u00e9parons en cons\u00e9quence.<\/p>\n<p>Vous innovez en sortant un film enti&egrave;rement tourn\u00e9 en langues &quot;Beti&quot; et sous-titr\u00e9 en fran&ccedil;ais. Qu&rsquo;est-ce qui justifie ce choix ?<br \/>D&egrave;s le d\u00e9part, j&rsquo;ai pens\u00e9 que les r\u00e9alisateurs d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest tournent des films en langues nationales et nous ne l&rsquo;avons jamais vraiment fait. Pour moi, c&rsquo;\u00e9tait quelque chose &agrave; essayer d&rsquo;autant que, ces films d&rsquo;Afrique de l&rsquo;Ouest, sous-titr\u00e9s, sont pr\u00e9sent\u00e9s sur des cha&icirc;nes comme Tv5. Ensuite, j&rsquo;ai pens\u00e9 que, le film devant &ecirc;tre tourn\u00e9 tr&egrave;s loin dans un village du Sud o&ugrave; tr&egrave;s peu de personnes parlent fran&ccedil;ais. Pour qu&rsquo;ils s&rsquo;int&egrave;grent, comme figurants, il fallait les mettre &agrave; l&rsquo;aise et c&rsquo;est pour cela que j&rsquo;ai fait ce choix de faire parler le Ntumu, le fang et l&rsquo;Eton principalement dans ce film. Gabon guin\u00e9e \u00e9quatoriale, Cameroun, film destin\u00e9 pour la t\u00e9l\u00e9vision, m&ecirc;me coutume.<\/p>\n<p><strong>Cela \u00e9tait-il facile de faire jouer les acteurs en ces langues l&agrave;?<\/strong><br \/>D&egrave;s le d\u00e9part, ils n&rsquo;\u00e9taient pas partants et &ccedil;a m&rsquo;a surpris. J&rsquo;ai eu comme l&rsquo;impression que ces derniers avaient honte de parler leurs langues face &agrave; la camera. Finalement, ils se sont laiss\u00e9s aller et nous avons pu continuer sereinement.<\/p>\n<p><strong>Ne pensez-vous pas que ce soit un handicap pour le film quand il faut en m&ecirc;me temps suivre la sc&egrave;ne et lire le texte, pas toujours court, qui d\u00e9file en bas de l&rsquo;\u00e9cran ?<\/strong><br \/>Non, je ne pense pas. J&rsquo;ai fait l&rsquo;effort de faire une traduction tr&egrave;s courte pour permettre au spectateur qui regarde le film de ne pas avoir &agrave; lire de longues phrases. Le seul probl&egrave;me est que vous ne pouvez pas avoir les com\u00e9diens que vous voulez dans ce genre de films, car ils sont limit\u00e9s par la langue. <\/p>\n<p>Mutations<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A travers sa derni\u00e8re fiction, \u00ab\u00a0Mon Ayon\u00a0\u00bb tourn\u00e9 en langue \u00ab\u00a0Beti\u00a0\u00bb, le r\u00e9alisateur revient sur le contexte du tournage. 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