{"id":3,"date":"2006-05-08T18:25:34","date_gmt":"2006-05-08T18:25:34","guid":{"rendered":""},"modified":"2024-09-16T07:18:15","modified_gmt":"2024-09-16T07:18:15","slug":"3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3\/","title":{"rendered":"Sons en for\u00eat camerounaise"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>L\u2019Orchestre Baka Gbin\u00e9<br \/>\nLe premier disque d\u2019un groupe de musiciens pygm\u00e9es de l\u2019Est du Cameroun, Baka Gbin\u00e9, enregistr\u00e9 par un guitariste britannique, sort le 24 avril prochain en Grande-Bretagne. Une belle r\u00e9ussite pour un projet atypique. <br \/>\n &#8211; <\/p>\n<p><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"..\/bibliotheque\/baka.jpg\" align=\"left\" border=\"0\" \/>&quot;Ce n&rsquo;est pas de la musique pour les anthropologues, mais bien de la musique moderne&quot;, pr\u00e9vient Martin Cradick. Le disque produit par ce musicien britannique sort cependant de l&rsquo;ordinaire. Premi&egrave;re particularit\u00e9 de <em>Gati Bongo<\/em>&nbsp;: il a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 dans une r\u00e9gion recul\u00e9e de l&rsquo;Est du Cameroun, au c&oelig;ur de la zone foresti&egrave;re tropicale du Bassin du Congo. Seconde sp\u00e9cificit\u00e9, il met en sc&egrave;ne l&rsquo;Orchestre Baka Gbin\u00e9, un groupe de musiciens pygm\u00e9es, ce qui est plut&ocirc;t rare&nbsp;: g\u00e9n\u00e9ralement, les pygm\u00e9es, peuples nomades des for&ecirc;ts, sont tr&egrave;s peu pris en compte par le reste de la soci\u00e9t\u00e9 camerounaise. Ils n&rsquo;ont gu&egrave;re le droit &agrave; la parole et donc encore moins la possibilit\u00e9 de s&rsquo;exprimer devant un micro. Enfin, l&rsquo;histoire m&ecirc;me de la cr\u00e9ation de <em>Gati Bongo<\/em> est originale.<\/p>\n<p>Elle a commenc\u00e9 en 1988. Martin Cradick, alors guitariste du groupe anglais Outback, tombe par hasard sur une \u00e9mission t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e consacr\u00e9e &agrave; la musique des pygm\u00e9es baka du Cameroun. Il est fascin\u00e9 par les rythmes et les sons qu&rsquo;il entend. Avec sa guitare, il tente de les reproduire. Finalement, de ces essais, il tire un morceau qui donne son nom &agrave; un album d&rsquo;Outback, <em>Baka<\/em>. <em>&quot;Je m&rsquo;\u00e9tais dit devant cette \u00e9mission&nbsp;: il faut que j&rsquo;aille au Cameroun<\/em>, se souvient Martin. <em>Mais c&rsquo;\u00e9tait un r&ecirc;ve&hellip;&quot;<\/em> Su Hart, sa femme et par ailleurs chanteuse d&rsquo;Outback, trouve pourtant les moyens de le concr\u00e9tiser aupr&egrave;s d&rsquo;une petite Fondation qui s&rsquo;int\u00e9resse aux peuples dits &quot;autochtones&quot;.<\/p>\n<p class=\"intertitre\">Rythmes doux et syncop\u00e9s<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"..\/bibliotheque\/gbine.jpg\" align=\"left\" border=\"0\" \/> <\/p>\n<div class=\"texte\">\n<p>En 1992, ils se rendent tous les deux dans l&rsquo;Est du Cameroun, &agrave; Banana, un village de pygm\u00e9es devenus en partie s\u00e9dentaires. Ils y d\u00e9couvrent que certains de leurs h&ocirc;tes, Mbeh et Pelembir, jouent de la guitare. Gr&acirc;ce &agrave; eux, ils apprennent notamment &agrave; reconna&icirc;tre le yelli, un chant qu&rsquo;entonnent les femmes, juste avant le lever du jour, pour ensorceler les animaux et faciliter ainsi la t&acirc;che de leurs maris chasseurs.&nbsp;Pendant ces quelques semaines, tous passent beaucoup de temps &agrave; faire de la musique ensemble. Martin se rend compte que <em>&quot;<\/em><em>les rythmes de la musique baka, &agrave; la fois doux et syncop\u00e9s, constituent le joint parfait pour r\u00e9unir des \u00e9l\u00e9ments musicaux de diff\u00e9rentes origines&quot;<\/em>. Il prend l&rsquo;habitude d&rsquo;enregistrer avec un petit magn\u00e9tophone leurs cr\u00e9ations communes, pour, pourquoi pas, y puiser plus tard des id\u00e9es. <\/p>\n<p>Quelques mois apr&egrave;s, il sort un disque, <em>Spirit of the forest<\/em>, largement inspir\u00e9 de ses d\u00e9couvertes de Banana. <em>&quot;L&rsquo;id\u00e9e, c&rsquo;\u00e9tait de recr\u00e9er <\/em><em>l&rsquo;ambiance des s\u00e9ances de musique qui se tiennent souvent l&rsquo;apr&egrave;s midi et presque chaque soir en for&ecirc;t&quot;<\/em>, explique-t-il. S\u00e9duite, sa maison de disques produit un second&nbsp;album, <em>Heart of the forest<\/em>. En 1995, Martin et Su vont plus loin&nbsp;dans leur entreprise : ils cr\u00e9ent Global Music Exchange, une ONG charg\u00e9e de redistribuer aux Baka une partie des fonds rapport\u00e9s par ces deux premi&egrave;res productions. Avec un imp\u00e9ratif&nbsp;: les habitants de Banana doivent d\u00e9cider seuls de leur utilisation. Un petit dispensaire, une &quot;maison de la musique&quot; font ainsi partie de leurs premi&egrave;res r\u00e9alisations. Une association de d\u00e9veloppement local, Gbin\u00e9, voit le jour, l&rsquo;Orchestre Baka Gbin\u00e9 aussi. Pendant ce temps, Martin, avec Baka Beyond, son nouveau groupe, compos\u00e9 d&rsquo;artistes europ\u00e9ens et africains, continue de cr\u00e9er, &agrave; Bath, en Grande-Bretagne, une musique qui m\u00e9lange diverses influences, celtiques et baka notamment. Le guitariste anglais se rend \u00e9galement r\u00e9guli&egrave;rement &agrave; Banana. <\/p>\n<\/div>\n<p class=\"intertitre\">Premi&egrave;re pour Baka Gbin\u00e9<\/p>\n<p><\/p>\n<div class=\"texte\">\n<p><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"..\/bibliotheque\/gbine2.jpg\" align=\"left\" border=\"0\" \/><\/p>\n<p>En 2004, il y enregistre, avec du mat\u00e9riel de plus en plus sophistiqu\u00e9, aliment\u00e9 par l&rsquo;\u00e9nergie solaire, de nouvelles productions. Il en retravaille une partie avec Baka Beyond qui en fait un nouvel album, <em>Rhythm Tree<\/em>. <em>Gati Bongo<\/em> est sa suite logique&nbsp;: cette fois, il s&rsquo;agit uniquement des enregistrements, r\u00e9alis\u00e9s dans la chaleur de Banana, de morceaux cr\u00e9\u00e9s et interpr\u00e9t\u00e9s par le Baka Gbin\u00e9, soit une vingtaine de musiciens et chanteurs. Basse, guitares, percussions et mandoline &agrave; l&rsquo;appui, le r\u00e9sultat est bluffant, aussi bien sur le plan de la qualit\u00e9 sonore que celui de la musique, &agrave; la fois festive et soign\u00e9e. <em>&quot;Cet album parle de la vie de tous les jours<\/em>, commente Martin. <em>Il y a plusieurs textes sur les relations hommes-femmes, par exemple. Comme chez nous, d&rsquo;ailleurs. Que ce soit en Occident ou dans la for&ecirc;t tropicale, nous vivons tous les m&ecirc;mes choses, nous sommes tous pareils&quot;<\/em>. A leur tour, les pygm\u00e9es de Banana vont pouvoir s&rsquo;en rendre compte puisque, grande premi&egrave;re, l&rsquo;Orchestre Baka Gbin\u00e9 se produira en Grande-Bretagne au cours du mois de mai. <\/p>\n<\/div>\n<div class=\"pied\"><em>Gati Bongo<\/em> Orchestre Baka Gbin\u00e9 (March Hare Music) 2006<\/div>\n<p><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fanny&nbsp; Pigeaud (<a href=\"http:\/\/www.rfimusique.com\/\">http:\/\/www.rfimusique.com<\/a>&nbsp;)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019Orchestre Baka Gbin\u00e9 Le premier disque d\u2019un groupe de musiciens pygm\u00e9es de l\u2019Est du Cameroun, Baka Gbin\u00e9, enregistr\u00e9 par un guitariste britannique, sort le 24 avril prochain en Grande-Bretagne. Une belle r\u00e9ussite pour un projet atypique. &#8211; &quot;Ce n&rsquo;est pas de la musique pour les anthropologues, mais bien de la musique moderne&quot;, pr\u00e9vient Martin Cradick. 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