{"id":3055,"date":"2009-05-08T16:57:00","date_gmt":"2009-05-08T14:57:00","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-05-08T16:57:00","modified_gmt":"2009-05-08T14:57:00","slug":"3055","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3055\/","title":{"rendered":"Qui se souvient d\u2019Engelbert MVENG ?"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Un hasard objectif fait pratiquement co\u00efncider &#8211; \u00e0 des jours pr\u00e8s- les dates de comm\u00e9moration de deux \u00e9v\u00e9nements dont l&rsquo;un fut heureux et l&rsquo;autre, malheureusement, funeste : le colloque d&rsquo;avril 1966 de Dakar et la mort brutale du p\u00e8re Engelbert Mveng.  &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> Si nous avions &eacute;t&eacute; un pays dont le rapport au pass&eacute; et &agrave; la m&eacute;moire est &agrave; peu pr&egrave;s normal, on se serait souvenu par des comm&eacute;morations grandioses du pr&ecirc;tre j&eacute;suite que tant de pays nous envient et que tous les intellectuels dignes de se nom respectent &agrave; travers le monde Il est donc plus qu&rsquo;utile de rappeler &agrave; notre souvenir commun ce que fut le p&egrave;re Mveng, ardent d&eacute;fenseur de la dignit&eacute; du Noir qu&rsquo;il ne s&rsquo;est pas content&eacute; de clamer mais dont il a montr&eacute; le fondement historique en s&rsquo;appuyant sur des sources nombreuses et diverses dont la principale est l&rsquo;Ecriture sainte. On doit en effet au p&egrave;re Mveng d&rsquo;avoir notoirement contribu&eacute; &agrave; soustraire la N&eacute;gritude &agrave; une simple incantation nombriliste et exalt&eacute;e. Mais Mveng, &#8211; une partie importante de son &oelig;uvre et particuli&egrave;rement son recueil de po&egrave;mes Balafon en t&eacute;moignage &#8211; fut &eacute;galement le chantre du dialogue des cultures et de la fraternit&eacute; par del&agrave; les races.<\/p>\n<p>A l&rsquo;ouverture du festival de Dakar de 1966, dont le th&egrave;me &eacute;tait : &quot;Fonction et importance de l&rsquo;art n&egrave;gre et africain pour les peuples et dans la vie des peuples&quot;, Mveng pronon&ccedil;a une communication sur &quot;Le pr&eacute;sent et l&rsquo;avenir de l&rsquo;art n&egrave;gre&quot; qui est un message qui ne peut pas vieillir. La comm&eacute;moration de sa mort et la tenue prochaine &agrave; Alger d&rsquo;une nouvelle &eacute;dition du festival panafricain sont des pr&eacute;textes de cette exhumation dont le but est de nous rappeler notre devoir de transmission. Ainsi parlait donc, en 1966, le savant camerounais Engelbert Mveng, dont la voix r&eacute;sonne d&rsquo;outre tombe, non sans nous donner &agrave; m&eacute;diter sur notre &ecirc;tre au monde d&rsquo;africains &agrave; la crois&eacute;e des chemins et &agrave; l&rsquo;incertain destin. <\/p>\n<p>&quot;La civilisation technique dans laquelle l&rsquo;Afrique pr&eacute;tend prendre sa place doit se b&acirc;tir, chez nous, sur le roc de la n&eacute;gritude. L&rsquo;art n&egrave;gre doit faire en sorte que la technique, en Afrique, soit humanis&eacute;e. La n&eacute;gritude doit fournir la base d&rsquo;une conception de l&rsquo;homme, d&rsquo;une organisation politique, &eacute;conomique, sociale, qui respecte la sp&eacute;cificit&eacute; du g&eacute;nie n&eacute;gro-africain. L&rsquo;art n&egrave;gre doit cr&eacute;er en Afrique m&ecirc;me, un univers o&ugrave; l&rsquo;homme se sente de plus en plus homme et o&ugrave; la terre devienne, non une prison o&ugrave; l&rsquo;homme &eacute;touffe, mais l&rsquo;habitat naturel de l&rsquo;homme. On comprend pourquoi nous demandons la promotion d&rsquo;une architecture fid&egrave;le, aux grandes traditions de l&rsquo;Afrique. Mais ce que nous voulons par-dessus tout, c&rsquo;est que le langage de notre art demeure, &agrave; travers les vicissitudes des temps, un humaniste en dialogue avec le monde entier. <\/p>\n<p>Hier, l&rsquo;art n&egrave;gre chantait l&rsquo;homme d&rsquo;Afrique &oelig;uvrant pour b&acirc;tir son destin. Or le destin de l&rsquo;homme, l&rsquo;Africain d&rsquo;aujourd&rsquo;hui l&rsquo;associe &agrave; tous les hommes du monde, qui travaillent pour l&rsquo;avenir. La vocation de l&rsquo;art n&egrave;gre consiste donc, aujourd&rsquo;hui, dans le dialogue. Cette vocation s&rsquo;inscrit d&rsquo;ailleurs dans son pass&eacute;. Nul n&rsquo;a aim&eacute; le dialogue avec les autres hommes autant que l&rsquo;Afrique noire. Et parmi les instruments de ce dialogue l&rsquo;art et la culture ont &eacute;t&eacute; de tous les temps, des moyens privil&eacute;gi&eacute;s. Faut-il rappeler, une fois encore, les premiers balbutiements des cultures humaines aux &acirc;ges pr&eacute;historiques ? Entre la m&eacute;diterran&eacute;e et l&rsquo;Afrique noire, les &eacute;changes ont transmis, de part et d&rsquo;autre, des objets d&rsquo;art que les fouilles ont exhum&eacute;s &agrave; Carthage, en Cr&ecirc;te, et partout en Egypte. A la fin du Moyen-&acirc;ge, l&rsquo;art du B&eacute;nin et du Congo s&rsquo;enrichit au contact des marchands et des aventuriers d&rsquo;Europe. L&rsquo;occident, &agrave; sont tour, se pare de ses chefs-d&rsquo;&oelig;uvre encore trop rares et dont nous avons une id&eacute;e lointaine gr&acirc;ce aux ivoires et au bronzes du B&eacute;nin. [&hellip;] &quot;<\/p>\n<p>Si Mveng avait &eacute;t&eacute; encore vivant, il aurait s&ucirc;rement poursuivi ses recherches et soulign&eacute;, pour les autres &egrave;res historiques, les apports de l&rsquo;art et de la culture africains &agrave; cet enrichissement du monde et de l&rsquo;Homme. La comm&eacute;moration de la vie et de l&rsquo;&oelig;uvre de ce savant devrait &ecirc;tre aussi grandiose chez nous que les gens de sa trempe et de sa valeur sont rares. Mais h&eacute;las, la d&eacute;sh&eacute;rence est chez nous une fatalit&eacute;.<\/p>\n<p><em> Par Marcelin Vounda Etoa* <\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un hasard objectif fait pratiquement co\u00efncider &#8211; \u00e0 des jours pr\u00e8s- les dates de comm\u00e9moration de deux \u00e9v\u00e9nements dont l&rsquo;un fut heureux et l&rsquo;autre, malheureusement, funeste : le colloque d&rsquo;avril 1966 de Dakar et la mort brutale du p\u00e8re Engelbert Mveng. &#8211; Si nous avions &eacute;t&eacute; un pays dont le rapport au pass&eacute; et &agrave; [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":140,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-3055","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3055","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/140"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3055"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3055\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3055"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3055"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3055"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=3055"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}