{"id":3080,"date":"2009-05-14T10:50:35","date_gmt":"2009-05-14T08:50:35","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-05-14T10:50:35","modified_gmt":"2009-05-14T08:50:35","slug":"3080","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3080\/","title":{"rendered":"Idool : Dans les entrailles de la fra\u00eecheur"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Cette localit\u00e9 de la r\u00e9gion de l&rsquo;Adamaoua qui a \u00e9t\u00e9 visit\u00e9e par plusieurs chefs d\u2019Etats est un v\u00e9ritable attrait touristique. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Le vent frais qui circule continuellement dans ce petit coin, donne assur&eacute;ment une physionomie particuli&egrave;re &agrave; Idool, petit village d&rsquo;environ 2000 &acirc;mes situ&eacute; &agrave; 70 km &agrave; la sortie Nord de Ngaound&eacute;r&eacute;. Ce climat frais, dit-on, favorise l&rsquo;accouplement dans ce petit village dont les principales activit&eacute;s sont l&rsquo;agriculture et naturellement l&rsquo;&eacute;levage. &quot;Il y a plus d&rsquo;enfants que de grandes personnes&quot; nous fait remarquer un visiteur. &quot;Cela serait d&ucirc; au climat. Regardez le sol, il est humide&quot; r&eacute;v&egrave;le-t-il avec beaucoup d&rsquo;ironie. Des enfants, c&rsquo;est la chose qui manque le moins dans cet &icirc;lot de paix ou cohabitent Baya et peuls. Les imposants arbres plant&eacute;s le long de chaque avenue seraient pour beaucoup. Ils font ombrage au village. La remarque est tr&egrave;s pertinente vu le nombre impressionnant de gamins qui gazouillent autour du palais du Djaouro (en langue peul, chef du village). Malgr&eacute; leurs cris intempestifs, ils sont chaleureux, accueillant. Ils entonnent des chants comme pour signifier la joie d&rsquo;accueillir des visiteurs dans leur village. Un village touristique dont la propret&eacute; est de rigueur. La population, tout comme l&rsquo;aspect physique du village d&eacute;gage une certaine convivialit&eacute;.<br \/>A une distance de 10 m&egrave;tres sensiblement, Idool s&rsquo;impose dans le magnifique paysage par sa charpente, rien &agrave; voir avec Tourningal, la localit&eacute; situ&eacute;e avant Idool ou les autres villages environnant de l&rsquo;Adamaoua. Les bouts des toitures en paille tress&eacute;e, surmont&eacute;s d&rsquo;une sorte de chapeau pour y laisser &eacute;chapper la fum&eacute;e sont visibles &agrave; milles m&egrave;tres &agrave; la ronde. Aussi, la forme carr&eacute;e de chaque camp, autour desquels des murs parfaitement rectilignes abritent des maisons solides, donne un air particulier &agrave; ce village. &quot;Tous les habitants respectent scrupuleusement les normes de construction du village impos&eacute; par Yaya Oumarou, p&egrave;re fondateur d&rsquo;Idool&quot; livre Moussa Hady et Harouna Ahy, des jumeaux et fr&egrave;res du chef du village. &quot;Le terrain ne se vend pas ici. Le chef le donne &agrave; qui le veut &agrave; la seule condition de respecter les normes de construction prescrites par le p&egrave;re fondateur, c&rsquo;est-&agrave;-dire un mur qui sert de cl&ocirc;ture et dans chaque camp 4 cases pour 4 familles qui vivent en harmonie&quot; affirme l&rsquo;un d&rsquo;eux. Des normes que la population accepte sans rechigner car justement &agrave; Idool les maisons sont construites &agrave; une distance &eacute;gale et la largeur des routes bord&eacute;es de gros eucalyptus est respect&eacute;e. &quot;Chaque avenue mesure 35 &agrave; 40 pas et apr&egrave;s cela une maison doit &ecirc;tre construite &quot; pr&eacute;cise Moussa Hady. Un v&eacute;ritable labyrinthe !<br \/>Un tour rapide dans ce village, avec les jumeaux du coin, les fils de Yaya Oumarou et Idool d&eacute;voile sa richesse touristique. &quot; Il existe plusieurs petits lacs dans le village, mais le lac artificiel situ&eacute; &agrave; quelques m&egrave;tres de la chefferie est particulier. C&rsquo;est lui qui alimente le village &quot; r&eacute;v&egrave;le Mohaman Ahman, chef du village. &quot; Ce lac a &eacute;t&eacute; initi&eacute; par Maslin, sous-pr&eacute;fet colon d&rsquo;avant l&rsquo;ind&eacute;pendance. Des canalisations avaient &eacute;t&eacute; install&eacute;es pour alimenter le village et les populations cotisaient pour son entretien. Seulement depuis, il n&rsquo;est plus fonctionnel &quot; ajoute Mohaman Ahman. Le lac artificiel a &eacute;t&eacute; transform&eacute; en p&acirc;turage pour les troupeaux. Ils viennent boire de l&rsquo;eau apr&egrave;s avoir aval&eacute; la bonne herbe fra&icirc;che du coin. Dans ce lac, on y p&ecirc;chait souvent des tilapias. <br \/>Quelques m&egrave;tres plus loin, une rivi&egrave;re de kaolin, Mayotapar&eacute; (qui veut dire en foufould&eacute; rivi&egrave;re de cailloux) coule paisiblement dans la for&ecirc;t. Les populations utilisent ce kaolin pour embellir leur maison. C&rsquo;est cette esp&egrave;ce de peinture qui recouvre tous les murs du village. En dehors de ces lieux, l&rsquo;imposant ranch d&rsquo;Ahmadou Ahidjo est visible &agrave; plusieurs kilom&egrave;tres du village et constitue un lieu mythique pour le coin, m&ecirc;me comme de tout le troupeau qui s&rsquo;y trouvait, seules quelques t&ecirc;tes ont surv&eacute;cues &agrave; l&rsquo;air du temps. A idool, de magnifiques chutes, situ&eacute;es &agrave; 3km du village, constituent &eacute;galement l&rsquo;attrait des touristes.<br \/>Ahmadou Ahidjo<br \/>Walou wol Idowol, qui a pour signification la vall&eacute;e qui r&eacute;sonne est en r&eacute;alit&eacute; le v&eacute;ritable nom de cette cit&eacute;e qui, d&rsquo;apr&egrave;s le chef a remport&eacute; trois fois successivement le prix du village le plus propre du Cameroun. &quot; Idool est construit sur des pierres et lorsque l&rsquo;on marche, elles r&eacute;sonnent. D&rsquo;o&ugrave; son nom&quot; affirme Mohaman Ahman. Idool est un mod&egrave;le d&rsquo;urbanisme au Cameroun. Il &agrave; &eacute;t&eacute; cr&eacute;e en 1958, par un f&eacute;ru de l&rsquo;organisation. Yaya Oumarou, n&rsquo;avait que pour seul bagage que l&rsquo;organisation et le savoir faire de son peuple. Avant de s&rsquo;installer &agrave; Idool, il vivait dans les montagnes, &agrave; Ndolong, non loin d&rsquo;Idool. Ndolong &eacute;tait une petite dynastie o&ugrave; vivaient 13 familles. Le Sous-pr&eacute;fet Maslin avait &eacute;t&eacute; pris par le sens inn&eacute; de l&rsquo;organisation de Yaya Oumarou et lui a demand&eacute; de s&rsquo;installer sur la grande route et de moderniser ce village. Mission accomplie jusqu&rsquo;en janvier 1978, date &agrave; laquelle il rendit l&rsquo;&acirc;me. Ses fils, n&rsquo;ont pas failli &agrave; l&rsquo;h&eacute;ritage parental et ont continu&eacute; &agrave; perp&eacute;trer l&rsquo;&oelig;uvre de leur g&eacute;niteur. <\/p>\n<p>Gr&acirc;ce au ranch de l&rsquo;ancien pr&eacute;sident Ahmadou Ahidjo install&eacute; &agrave; Idool, ce petit village a accueilli des personnalit&eacute;s de renom. A l&rsquo;int&eacute;rieur de la chefferie, une sorte de point central a &eacute;t&eacute; &eacute;rig&eacute;. C&rsquo;est une plate forme autour de laquelle un grand kolatier servait d&rsquo;ombrage. Le chef raconte que c&rsquo;&eacute;tait l&rsquo;endroit favori d&rsquo;Ahmadou Ahidjo. &quot; Il aimait cette place et trouvait qu&rsquo;un vent frais assez particulier circulait &agrave; cet endroit &quot; A chacune de ces visites &agrave; Idool, il amenait toujours un h&ocirc;te de marque &quot; Mobutu Sesse seko et bien d&rsquo;autres pr&eacute;sidents africains s&eacute;journaient dans notre illustre chefferie &quot; relate gaiement Mohaman Ahman. Mais la vie &agrave; Idool n&rsquo;a pas toujours &eacute;t&eacute; paisible. A la mort du p&egrave;re fondateur, des sept enfants qu&rsquo;il avait laiss&eacute;, l&rsquo;a&icirc;n&eacute; devait assurer la rel&egrave;ve, sans succ&egrave;s. Idool &eacute;tait abandonn&eacute; &agrave; lui-m&ecirc;me et le d&eacute;sordre commen&ccedil;ait d&eacute;j&agrave; &agrave; s&rsquo;installer dans le village. Cette situation n&rsquo;a pas dur&eacute; pendant longtemps puisque le Lamido de Ngaound&eacute;r&eacute; avait fait plusieurs descentes &agrave; Idool, afin de r&eacute;gler ce conflit qui existait entre les fr&egrave;res. Le fr&egrave;re a&icirc;n&eacute; a finalement consenti &agrave; laisser le tr&ocirc;ne &agrave; Mohaman Ahman, son jeune fr&egrave;re en 1997. Ce dernier a repris la chefferie en main et &agrave; r&eacute;instaur&eacute; l&rsquo;ordre et la propret&eacute;.<\/p>\n<p><strong>Modernisation<\/strong><br \/>Malgr&eacute; le fait que les travaux d&rsquo;&eacute;lectrification du village pi&eacute;tinent comme dans tous les villages de l&rsquo;Adamaoua, la localit&eacute; d&rsquo;idool s&rsquo;est tout de m&ecirc;me fix&eacute;e des bases de modernit&eacute;. Un petit centre de sant&eacute; a &eacute;t&eacute; construit dans le village en 2003. &quot; Les consultations sont gratuites et le centre est am&eacute;nag&eacute; d&rsquo;une salle d&rsquo;accouchement assez &eacute;quip&eacute;e &quot; affirme l&rsquo;infirmier chef Hamayadji Djidda. Outre ce centre de sant&eacute;, une &eacute;cole primaire publique, vielle de 50 ans a &eacute;t&eacute; &eacute;rig&eacute;e comme monument dans ce village. &quot; Elle a &eacute;t&eacute; construite en 1959 par l&rsquo;Etat, mais les Norv&eacute;giens qui &eacute;taient pr&eacute;sents ont inscrit sur le mur principal de cette &eacute;cole : Allons &agrave; l&rsquo;&eacute;cole et gardons notre tradition &quot; explique le chef du village. De part cette maxime, le village a toujours gard&eacute; sa tradition car les seuls b&acirc;timents faits en mat&eacute;riaux dur sont l&rsquo;&eacute;cole publique et la mosqu&eacute;e. <\/p>\n<p>Outre le fait que l&rsquo;&eacute;cole primaire soit obligatoire dans ce village et que les enfants y vont de tout c&oelig;ur, l&rsquo;&eacute;tablissement rencontre des difficult&eacute;s sur le plan infrastructurel &quot;Notre &eacute;cole comprend 505 &eacute;l&egrave;ves au total pour six enseignants. C&rsquo;est insuffisant &quot; assure Aim&eacute; Sandjo, directeur de cette &eacute;cole. &quot; Bien que le pourcentage de r&eacute;ussite soit de 100% au Cep, nous avions des probl&egrave;mes de tables bancs et nous avons demand&eacute; une m&eacute;diath&egrave;que pour que les enfants puisent s&rsquo;arrimer &agrave; la modernit&eacute; &quot; ajoute-il. Depuis l&rsquo;ann&eacute;e derni&egrave;re, Idool s&rsquo;est dot&eacute; d&rsquo;un lyc&eacute;e o&ugrave; les classes vont de la 6e en 2nde.<br \/>Avec la visite de Baba Hamadou dans cette contr&eacute;e, Idool veut v&eacute;ritablement jouir de ses atouts touristiques. Le fameux campement r&eacute;serv&eacute; aux touristes est en plein chantier. Les travaux se sont arr&ecirc;t&eacute;s faute de moyens, mais une promesse a &eacute;t&eacute; faite par le ministre pour sa r&eacute;habilitation.<\/p>\n<p> Un petit d&eacute;tour &agrave; quelques kilom&egrave;tres sur la piste d&rsquo;idool permet de rejoindre les magnifiques chutes de Tello qui sont curieusement plac&eacute;es en contrebas de la piste qui traverse la campagne. Du haut de leur 45 m&egrave;tres, la cascade dissimule une grotte.<br \/>Retour &agrave; Idool ou les pratiques sont des dogmes. La g&eacute;n&eacute;ration Tanguy n&rsquo;est pas encourag&eacute;e. A 18 ans, il est obligatoire de sortir du cocon familial et de fonder sa propre famille. Un terrain est tout de suite mis &agrave; disposition par le chef du village, il suffit d&rsquo;en faire la demande et de respecter les normes de construction. Une toiture en paille tress&eacute;e, surmont&eacute;e d&rsquo;une sorte de chapeau. Des murs parfaitement rectilignes, mais surtout une cl&ocirc;ture, qui donne un charme rustique &agrave; ce petit village.<\/p>\n<p><em>Claudia Engout&eacute;, &agrave; Idool<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette localit\u00e9 de la r\u00e9gion de l&rsquo;Adamaoua qui a \u00e9t\u00e9 visit\u00e9e par plusieurs chefs d\u2019Etats est un v\u00e9ritable attrait touristique. &#8211; Le vent frais qui circule continuellement dans ce petit coin, donne assur&eacute;ment une physionomie particuli&egrave;re &agrave; Idool, petit village d&rsquo;environ 2000 &acirc;mes situ&eacute; &agrave; 70 km &agrave; la sortie Nord de Ngaound&eacute;r&eacute;. Ce climat [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":140,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-3080","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3080","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/140"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3080"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3080\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3080"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3080"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3080"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=3080"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}