{"id":3195,"date":"2009-06-11T21:14:54","date_gmt":"2009-06-11T19:14:54","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-06-11T21:14:54","modified_gmt":"2009-06-11T19:14:54","slug":"3195","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3195\/","title":{"rendered":"Cin\u00e9ma : Le public refuse d&rsquo;adouber ses stars"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Malgr\u00e9 le nombre de films qui n&rsquo;arr\u00eate de cro\u00eetre, la \u00a0\u00bb starmania \u00a0\u00bb peine \u00e0 s&rsquo;installer dans les m\u0153urs camerounaises. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>L&rsquo;histoire a marqu&eacute; les esprits. Lors de la sixi&egrave;me &eacute;dition des Ecrans noirs du cin&eacute;ma qui s&rsquo;est tenue dans les villes de Yaound&eacute; et Douala du 29 juin au 07 juillet 2002, on a fris&eacute; l&rsquo;&eacute;meute &agrave; Douala. Et pour cause ! L&rsquo;actrice nig&eacute;riane St&eacute;phanie Okereke qui avait &eacute;t&eacute; invit&eacute;e &agrave; l&rsquo;occasion de cette &eacute;dition que le festival consacrait aux com&eacute;diens, a &eacute;t&eacute; reconnue par ses fans. Impossible de sortir de l&rsquo;h&ocirc;tel ! La jeune femme avait alors &eacute;t&eacute; prise d&rsquo;assaut par des fans hyst&eacute;riques. Une r&eacute;action euphorique rare pour le public camerounais qui, le plus souvent, peine &agrave; reconna&icirc;tre les &quot;stars&quot; des films locaux. R&eacute;action d&rsquo;autant plus surprenante que, &agrave; cette &eacute;dition, une place de choix &eacute;tait r&eacute;serv&eacute;e aux com&eacute;diens africains car, disait alors Patricia Moun&eacute; Mbed&eacute; la directrice de ce festival, &quot;c&rsquo;est souvent le r&eacute;alisateur qui est mis en exergue. Le com&eacute;dien, lui, reste souvent en retrait. <\/p>\n<p>C&rsquo;est pour cette raison que nous avons pens&eacute; mettre cette fois-ci le com&eacute;dien en avant&quot;.<br \/>Depuis le temps, la &quot;starisation&quot; du com&eacute;dien a-t-elle touch&eacute; les artistes locaux ? Non. Et pour les acteurs du milieu du cin&eacute;ma, les raisons sont diverses. A ce propos, Jean Michel Kasbarian, responsable du service de coop&eacute;ration et d&rsquo;action culturelle &agrave; l&rsquo;ambassade de France au Cameroun pense que : &quot;pour qu&rsquo;il y ait un ph&eacute;nom&egrave;ne de starisation, il faut que le film rapporte, car on peut alors former et payer les artistes. Jos&eacute;phine Ndagnou par exemple a eu des financements parce qu&rsquo;on la conna&icirc;t &agrave; travers le petit &eacute;cran.&quot; Il poursuit d&rsquo;ailleurs : &quot;Pour que cette starisation ait lieu, il faut pouvoir diffuser les films &agrave; partir de 40 &agrave; 50.000 copies. Si on parvient &agrave; mettre sur pied un syst&egrave;me qui permet que l&rsquo;on suive ceux-l&agrave; qui m&eacute;ritent d&rsquo;&ecirc;tre vus, le reste suivra&quot;.<\/p>\n<p><strong>Amateurisme<\/strong><br \/>Pour d&rsquo;autres cependant, l&rsquo;absence de starisation des com&eacute;diens camerounais est plus profonde &eacute;tant donn&eacute; que de mani&egrave;re globale, le cin&eacute;ma souffre du manque de techniciens qualifi&eacute;s. Autant on retrouve des projectionnistes mal form&eacute;s ou seulement sur le tas, on fait face &agrave; l&rsquo;absence de cameramen pour le 35 mm. Il en va de m&ecirc;me pour les r&eacute;alisateurs et autres sc&eacute;naristes. Si ces derniers sont de mieux en mieux form&eacute;s, il n&rsquo;en est pas de m&ecirc;me des com&eacute;diens qui, pour la plupart, sont des amateurs. Alors qui, localement, prendra la place d&rsquo;un Eric Ebouaney, Maka Kotto, F&eacute;licit&eacute; Wouassi ou G&eacute;rard Essomba qui sont internationalement reconnus ? Les noms sont rares, car bien que le public s&rsquo;int&eacute;resse aux s&eacute;ries t&eacute;l&eacute;vis&eacute;es r&eacute;alis&eacute;es par des Camerounais, ils ont du mal &agrave; avoir de quoi se mettre sous la dent pour ce qui est du cin&eacute;ma. <\/p>\n<p>Le public se d&eacute;fend en arguant de ce que les com&eacute;diens camerounais n&rsquo;ont pas des &quot;attitudes de stars. Quand tu marches dans la rue avec quelqu&rsquo;un tous les jours, vous prenez les m&ecirc;mes taxis, il ne vous fait plus r&ecirc;ver. Nos com&eacute;diens ne nous font pas r&ecirc;ver. Les grands, nous les connaissons et les admirons mais les autres refusent eux-m&ecirc;mes de s&rsquo;&eacute;lever, car je veux bien qu&rsquo;il y ait des stars mais si ces stars sont mal fichues, le plus souvent c&rsquo;est de la d&eacute;ception que j&rsquo;&eacute;prouve quand on me pr&eacute;sente quelqu&rsquo;un que j&rsquo;ai admir&eacute; dans un film et qui, dans la r&eacute;alit&eacute;, ne paie pas de mine&quot;, explique Jean Jo&euml;l Alima, cin&eacute;phile.<br \/>Pour Jacques Bessala Manga, critique de cin&eacute;ma et secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;association camerounaise des critiques de cin&eacute;ma, &quot;il y a deux fa&ccedil;ons d&rsquo;&ecirc;tre star: soit on joue dans beaucoup de films, soit on gagne beaucoup d&rsquo;argent sur un tournage. Or, au Cameroun, il y a tr&egrave;s peu de films produits et on ne peut pas avoir des stars avec le rythme de production actuel au Cameroun&quot;. Ceci alors que les cin&eacute;philes camerounais ne demandent qu&rsquo;&agrave; voir des films produits localement. <\/p>\n<p>Le com&eacute;dien G&eacute;rard Essomba qui reconna&icirc;t que les com&eacute;diens form&eacute;s sont rares sur le continent s&rsquo;en prend pour sa part aux r&eacute;alisateurs : &quot;la question qui se pose est celle de savoir s&rsquo;il existe vraiment des com&eacute;diens aujourd&rsquo;hui. Ceci alors que, quand on donne de l&rsquo;argent aux r&eacute;alisateurs pour faire des films avec des acteurs, ils mettent une petite part de c&ocirc;t&eacute;, ils vont chercher un compatriote, un petit &quot;deuxi&egrave;me bureau&quot;, une cousine, et font leur petit film tout en sachant que cela n&rsquo;aura pas la m&ecirc;me envergure.&quot; Lanc&eacute;, il a de la peine &agrave; s&rsquo;arr&ecirc;ter : &quot;Ils ne veulent pas prendre des acteurs reconnus parce que soi-disant, nous co&ucirc;tons cher. Mais ils oublient que c&rsquo;est nous qui faisons vendre les films. Quand quelqu&rsquo;un fait un film et propose 1000 Fcfa par jour &agrave; un com&eacute;dien, je me demande bien ce qu&rsquo;il a dans la t&ecirc;te&quot;.<\/p>\n<p>Du coup, pour certains, le fait que le public ne puisse pas s&rsquo;identifier &agrave; ses stars de cin&eacute;ma pose un probl&egrave;me d&rsquo;identit&eacute; culturelle et d&rsquo;image. In&egrave;s M&eacute;lanie Mbarga, &eacute;tudiante &agrave; la facult&eacute; des arts, lettres et sciences humaines de l&rsquo;universit&eacute; de Yaound&eacute; I tente une analyse : &quot;C&rsquo;est &agrave; travers ces personnes que l&rsquo;on peut v&eacute;hiculer des messages pour &ecirc;tre s&ucirc;rs de toucher une certaine cible. Mais si on n&rsquo;arrive pas &agrave; vendre vingt copies d&rsquo;un film dans un pays, il y a probl&egrave;me et nous nous laisserons toujours influencer par les cultures &eacute;trang&egrave;res. C&rsquo;est dommage&quot;.<\/p>\n<p><em>Dorine Ekw&egrave;<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Malgr\u00e9 le nombre de films qui n&rsquo;arr\u00eate de cro\u00eetre, la \u00a0\u00bb starmania \u00a0\u00bb peine \u00e0 s&rsquo;installer dans les m\u0153urs camerounaises. &#8211; L&rsquo;histoire a marqu&eacute; les esprits. 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