{"id":3225,"date":"2009-06-18T10:25:58","date_gmt":"2009-06-18T08:25:58","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-06-18T10:25:58","modified_gmt":"2009-06-18T08:25:58","slug":"3225","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3225\/","title":{"rendered":"Succession : Gabon : le bal des pr\u00e9tendus"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Libreville bruisse de man\u0153uvres de couloir et d&rsquo;intrigues, mais un seul semble aujourd&rsquo;hui plus proche de la magistrature supr\u00eame. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" border=\"1\" align=\"left\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/images\/ali-bongo-ondimba.gif\" alt=\"\" \/>Au lendemain du d&eacute;c&egrave;s d&rsquo;Omar Bongo Ondimba, Paul Mba Abessole, l&rsquo;un des trois vice-Premiers ministres en charge de la Culture, des Arts, de l&rsquo;Education populaire, de la Refondation et des Droits de l&rsquo;homme, a bien tent&eacute; de se frayer un chemin vers la ligne de d&eacute;part pour le tr&ocirc;ne. Opposant virulent jusque dans les ann&eacute;es 90, l&rsquo;ex-maire de la capitale Libreville fut retourn&eacute; par l&rsquo;une de ces man&oelig;uvres dont seul le regrett&eacute; pr&eacute;sident gabonais avait le secret. Lors de la derni&egrave;re &eacute;lection pr&eacute;sidentielle du 27 novembre 2005, le ci-devant adversaire acharn&eacute; fut fait&hellip; directeur de campagne du chef de l&rsquo;Etat sortant. Cette posture client&eacute;liste l&rsquo;a &eacute;loign&eacute; de plusieurs de ses partisans qui r&ecirc;vaient d&rsquo;alternance &agrave; travers sa personne.<br \/>Il y a une semaine, et alors que la classe politique gabonaise, frapp&eacute;e par le deuil, tentait de s&rsquo;organiser en clans retranch&eacute;s pour la conqu&ecirc;te du pouvoir. Ainsi Paul Mba Abessole proc&eacute;da comme le font g&eacute;n&eacute;ralement plusieurs leaders africains en mal de l&eacute;gitimit&eacute;. Ce Fang d&rsquo;Oyem tenta un repli identitaire, mais ses &quot;fr&egrave;res&quot;, qui ont douloureusement v&eacute;cu sa &quot;trahison&quot; et &agrave; qui il n&rsquo;avait plus pens&eacute; du temps de ses amours avec le r&eacute;gime, le renvoy&egrave;rent vers sa nouvelle &quot;famille&quot;.<\/p>\n<p>Et il n&rsquo;est pas le seul &agrave; essuyer ce genre de rejet. Pierre Mamboundou, pr&eacute;sident de l&rsquo;Union du peuple gabonais (Upg), semble lui aussi dans une position d&eacute;licate. Jadis irr&eacute;ductible opposant &agrave; Bongo, celui qui est consid&eacute;r&eacute; comme le leader de l&rsquo;opposition s&rsquo;est progressivement rapproch&eacute; du pouvoir depuis sa premi&egrave;re rencontre avec le d&eacute;funt pr&eacute;sident, le 19 avril 2006. &quot;Le t&ecirc;te-&agrave;-t&ecirc;te entre les deux hommes avait ouvert la voie &agrave; plusieurs consultations f&eacute;condes sur les grands dossiers de la nation&quot;, confirme le quotidien gouvernemental L&rsquo;Union. Reste que ces rencontres, de plus en plus serr&eacute;es, avaient fini par intriguer plus d&rsquo;un. Pierre Mamboundou, qui a de nouveau rencontr&eacute; Omar Bongo Ondimba &agrave; la vielle de son hospitalisation, puis Ali Ben Bongo dans la foul&eacute;e, dans un climat de suspicion g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e appara&icirc;t de plus en plus disqualifi&eacute; dans ce jeu d&rsquo;ombres.<br \/>Par del&agrave; les dispositions constitutionnelles et le jeu des alliances politiques, av&eacute;r&eacute;es ou souterraines, le Gabon retient son souffle dans la perspective de la succession. <\/p>\n<p><strong>Baby Zeus<\/strong><br \/>Pour beaucoup, le virage est &eacute;troit et la moindre fausse man&oelig;uvre pourrait conduire &agrave; des d&eacute;rapages difficilement contr&ocirc;lables. Dans ce pays o&ugrave; le &quot;p&egrave;re de la nation&quot; &eacute;tait l&rsquo;homme orchestre, beaucoup eurent voulu qu&rsquo;il donn&acirc;t des indices pour mettre tout le monde d&rsquo;accord. &quot;Le reproche &agrave; peine voil&eacute; fait au pr&eacute;sident gabonais serait celui de n&rsquo;avoir pas indiqu&eacute; la voie &agrave; suivre &quot;, analyse Anaclet Bissielo, sociologue et ministre du D&eacute;veloppement de la performance publique, de la Prospective et de la Statistique. &quot;Un tel reproche est-il fond&eacute; ; est-il recevable des m&ecirc;mes qui n&rsquo;ont que la d&eacute;nonciation dynastique &agrave; la bouche ? On aurait voulu du pr&eacute;sident gabonais une chose et son contraire.&quot;<\/p>\n<p>La dynastie, le mot est l&acirc;ch&eacute;. Et c&rsquo;est vraisemblablement de ce c&ocirc;t&eacute; qu&rsquo;il faut aller chercher les vrais enjeux, et sans doute aussi le dauphin. Ici l&rsquo;on retrouve Pascaline Mferri Bongo, 52 ans, ancienne de l&rsquo;Ecole nationale d&rsquo;administration (Ena) de Paris, toute-puissante directrice du cabinet pr&eacute;sidentiel et non moins &eacute;pouse du ministre des Affaires &eacute;trang&egrave;res, Paul Toungui. Ces temps derniers, la chronique librevilloise a r&eacute;guli&egrave;rement fait &eacute;tat de ses app&eacute;tits politiques. Mais Pascaline, autant que sa moiti&eacute;, ont ces derniers temps multipli&eacute; les maladresses particuli&egrave;rement sur le volet de la gestion de la maladie, puis du d&eacute;c&egrave;s d&rsquo;Omar Bongo.<\/p>\n<p>Ceci laisse peut-&ecirc;tre le champ libre &agrave; Ali Ben Bongo. Dans la capitale gabonaise, et par ces temps d&rsquo;incertitude, c&rsquo;est lui qui est souvent le plus cit&eacute;. On l&rsquo;a vu sur tous les fronts depuis le d&eacute;c&egrave;s de son papa. Comme pour prendre la dimension d&rsquo;une fonction dont il a toujours r&ecirc;v&eacute; bruyamment, &quot;Baby Zeus&quot; en impose par ses attitudes et son charisme. Le 4&egrave; vice-pr&eacute;sident du Parti d&eacute;mocratique gabonais (Pdg) et ministre de la D&eacute;fense, a la t&ecirc;te haute et le regard presque condescendant lorsqu&rsquo;il salue la pr&eacute;sidente par int&eacute;rim, Rose Francine Rogomb&eacute;. Devant lui, on a vu des dizaines de membres du gouvernement et autres hautes autorit&eacute;s faire all&eacute;geance. Comme pour baliser un chemin qui semble tout trac&eacute;.<\/p>\n<p><strong>Papa a dit&hellip;<\/strong><br \/>&quot;Quand je m&rsquo;en irai, si mon fils veut faire de la politique, ce sera &agrave; lui de se d&eacute;brouiller, de se faire &eacute;lire au suffrage universel. Les gens ne voteront pas pour lui juste parce que c&rsquo;est le fils de Bongo Ondimba. Il peut h&eacute;riter de ma maison, de ma voiture. Mais il ne peut pas h&eacute;riter de la fonction pr&eacute;sidentielle, qui appartient au peuple gabonais&quot;, r&eacute;agissait ainsi le chef de l&rsquo;&Eacute;tat disparu dans une interview &agrave; Jeune Afrique en mars 2005. Mais le contexte risque de d&eacute;mentir ces bonnes paroles du patriarche. &quot;La d&eacute;signation du successeur du pr&eacute;sident Bongo Ondimba devrait se faire par le biais d&rsquo;un congr&egrave;s extraordinaire du Pdg, &agrave; l&rsquo;issue duquel le consensus doit s&rsquo;&eacute;tablir sur une personne. Mais en l&rsquo;&eacute;tat actuel de la nation, l&rsquo;oiseau rare sera tr&egrave;s difficile &agrave; d&eacute;busquer. <\/p>\n<p>Toute la classe politique &eacute;tant v&eacute;ritablement aux aguets. Il y a v&eacute;ritablement un trop plein autour de la succession d&rsquo;Omar Bongo Ondimba. Il n&rsquo;est pas s&ucirc;r non plus que l&rsquo;opposition, ou du moins ce qu&rsquo;il en reste, ne puisse elle aussi chercher &agrave; tirer les marrons du feu&hellip;&quot;, analyse finement Lucien Minko Messi, r&eacute;dacteur en chef de Gabon Matin, le bimensuel d&rsquo;information de l&rsquo;Agence gabonaise de presse. Soit. Mais les Gabonais interrog&eacute;s sont loin d&rsquo;imaginer un sc&eacute;nario &eacute;quitable et transparent. Pour ne pas dire que la moindre minute d&rsquo;h&eacute;sitation ou de flottement pourrait mettre le feu aux poudres.<br \/>Ils parlent ainsi d&rsquo;un possible choix d&rsquo;Ali Bongo &agrave; la magistrature supr&ecirc;me comme d&rsquo;un consensus par d&eacute;faut : c&rsquo;est lui qui tient et entretient l&rsquo;arm&eacute;e, garante de la paix que pas grand monde ne veut compromettre. Et le contrarier &agrave; l&rsquo;heure o&ugrave; son heure doit avoir sonn&eacute; risquerait d&rsquo;&ecirc;tre du plus mauvais effet&hellip;<\/p>\n<p><strong>Ali Bongo, possiblement<\/strong><br \/>Physique de catcheur, Alain Bernard Bongo est un homme press&eacute;, mais sait rester discret lorsqu&rsquo;il le faut. Ag&eacute; aujourd&rsquo;hui de 49 ans, celui qui prit le patronyme d&rsquo;Ali Ben au lendemain de la conversion de sa famille &agrave; l&rsquo;islam en 1973 est aussi un strat&egrave;ge rus&eacute; moul&eacute; dans le cocon paternel. On le sait amoureux de bolides, ami du roi Mohammed VI du Maroc, de Michel Tomi et d&rsquo;Andr&eacute; Giaccomoni, qui g&egrave;rent le PMU local, mais aussi ancien &eacute;tudiant en droit &agrave; l&rsquo;universit&eacute; de Paris-I Panth&eacute;on-Sorbonne. Ben est, au sein du Pdg dont il occupe la 4&egrave; vice-pr&eacute;sidence, le meneur du courant des &quot;r&eacute;novateurs&quot; du parti au pouvoir qui entendent renvoyer la vieille garde &agrave; la retraite.<\/p>\n<p>Ali Ben Bongo entre au gouvernement en 1989. A 28 ans, il est fait ministre des Affaires &eacute;trang&egrave;res, de la Coop&eacute;ration et de la Francophonie sous le Premier ministre Casimir Oy&eacute; Mba. Deux ans plus loin, une disposition de la nouvelle Constitution stipule que les membres du gouvernement devront &ecirc;tre &acirc;g&eacute;s d&rsquo;au moins 35 ans. Il sort, rentre au cabinet pr&eacute;sidentiel et brigue la d&eacute;putation en 1996. Le jeune premier, qui se pr&eacute;sente dans son Haut-Ogoou&eacute; paternel (&quot;Bongoville&quot;), est conspu&eacute; par une population g&eacute;n&eacute;ralement analphab&egrave;te, devant laquelle il s&rsquo;exprime uniquement en&hellip; fran&ccedil;ais. Il faudra le coup de pouce du pr&eacute;sident pour l&rsquo;envoyer &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale.<\/p>\n<p>Il reviendra au gouvernement en janvier 1999 comme ministre de la D&eacute;fense, en remplacement d&rsquo;Idriss Ngari. L&rsquo;un de ses hauts faits d&rsquo;armes remonte au 26 f&eacute;vrier 2004 lorsque, devant la troupe et les cam&eacute;ras, il d&eacute;fie le voisin &eacute;quato-guin&eacute;en en r&eacute;affirmant haut et fort la &quot;gabonit&eacute;&quot; de l&rsquo;&icirc;le de Mbani&eacute;, que se disputent les deux pays. Cette prise de position, on l&rsquo;imagine, quoique condamn&eacute;e pour son caract&egrave;re brutal, n&rsquo;aurait jamais eu lieu sans l&rsquo;onction du p&egrave;re&hellip; Elle a, de plus, le don de lui mettre politiquement le pied &agrave; l&rsquo;&eacute;trier et de montrer un homme &agrave; poigne.<br \/>Sans oublier qu&rsquo;Ali Ben Bongo a, ces derni&egrave;res ann&eacute;es, multipli&eacute; les petites attentions &agrave; l&rsquo;endroit de la Grande muette qu&rsquo;il g&acirc;te en terme de mat&eacute;riels, d&rsquo;uniformes et autres avantages p&eacute;cuniaires. Il a aussi plac&eacute; ses hommes et cr&eacute;&eacute; le G&eacute;nie militaire, un corps d&rsquo;&eacute;lite dont l&rsquo;&oelig;uvre est fort appr&eacute;ci&eacute;e. Le moment venu, il saura aussi se faire pr&eacute;valoir de ses titres de pr&eacute;sident du conseil d&rsquo;administration de l&rsquo;Office des ports et des rades du Gabon (Oprag), mais aussi du Conseil sup&eacute;rieur des affaires islamiques (Csaig).<\/p>\n<p><em>F&eacute;lix C. Ebol&eacute; Bola, &agrave; Libreville<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Libreville bruisse de man\u0153uvres de couloir et d&rsquo;intrigues, mais un seul semble aujourd&rsquo;hui plus proche de la magistrature supr\u00eame. &#8211; Au lendemain du d&eacute;c&egrave;s d&rsquo;Omar Bongo Ondimba, Paul Mba Abessole, l&rsquo;un des trois vice-Premiers ministres en charge de la Culture, des Arts, de l&rsquo;Education populaire, de la Refondation et des Droits de l&rsquo;homme, a bien [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":140,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-3225","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3225","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/140"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3225"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3225\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3225"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3225"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3225"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=3225"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}