{"id":3262,"date":"2009-06-29T09:27:51","date_gmt":"2009-06-29T07:27:51","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-06-29T09:27:51","modified_gmt":"2009-06-29T07:27:51","slug":"3262","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3262\/","title":{"rendered":"Boris Nzebo : Chasseur de t\u00eates"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Le travail du plasticien questionne l&rsquo;esth\u00e9tique de la coiffure qui se m\u00eale dans un milieu urbain n\u00e9glig\u00e9.  &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Ses &oelig;uvres accrochent tout de suite le regard d&egrave;s qu&rsquo;on franchi le seuil de l&rsquo;Espace Doual&rsquo;art. Ce lieu de d&eacute;veloppement culturel situ&eacute; &agrave; Bonanjo &agrave; Douala accueille depuis la mi-juin 2009 une exposition collective de trois plasticiens baptis&eacute;e &quot;Jeunes regards urbains&quot;. Pour cette exposition, Boris Nzebo a propos&eacute; une dizaine de tableaux qui imposent l&rsquo;arr&ecirc;t tant leur singularit&eacute; est frappante. L&rsquo;approche, la th&eacute;matique et la r&eacute;alisation sont en effet tr&egrave;s distincte de celle des autres artistes participant &agrave; cette exposition. Les &oelig;uvres de Boris Nzebo ont toutes une t&ecirc;te. Pas des t&ecirc;tes quelconques. Sans vie.<\/p>\n<p> Ni de styles. De vraies t&ecirc;tes d&rsquo;artistes. Ce sont des t&ecirc;tes multicolores ! Elles sont bleues, jaunes, vertes, noires, blanches d&eacute;limit&eacute;es par des traits fins de crayons renforc&eacute;s par la peinture. Les coiffures, qui sont pos&eacute;es sur ces cr&acirc;nes &agrave; l&rsquo;architecture complexe, sont contemporaines. Des greffes qui cachent un cot&eacute; du visage. Des rastas remont&eacute;s aux trois quarts en chignon. Des &quot;Suis-moi&quot;, sorte de tresses au fil noir en rang reli&eacute;es les unes aux autres &agrave; la base ou encore des &quot;matobos&quot;, tresses faites &eacute;galement avec le fil qui donnent au cr&acirc;ne un aspect clairsem&eacute; avec de petites touffes de cheveux ramass&eacute;es. Boris Nzebo fait de l&rsquo;oxymoron visuel, car il r&eacute;ussit &agrave; faire rentrer les t&ecirc;tes dans des espaces qui &agrave; priori n&rsquo;ont rien &agrave; voir en commun comme des immeubles, des chaussures, des roues de voiture et des espaces de loisirs. <\/p>\n<p>Ce jeune plasticien de 29 ans a une identit&eacute; artistique personnelle qui se rapproche du mouvement &quot;Pop art&quot; initi&eacute; par les r&eacute;volutionnaires Andy Warhol et Roy Lutherskey qui ont d&eacute;port&eacute; l&rsquo;univers de la publicit&eacute; dans la peinture. A cela, il a rajout&eacute; une exploration profonde de la coiffure. O&ugrave; le photographe nig&eacute;rian J.D Okehei s&rsquo;arr&ecirc;te &agrave; l&rsquo;expression de la coiffure capt&eacute;e sous la lumi&egrave;re du soleil ou des studios, Boris Nzebo pousse la r&eacute;flexion. Pour lui, le fait de placer des t&ecirc;tes coiff&eacute;es dans des milieux urbains &quot;vise &agrave; reproduire le questionnement qui est le mien face &agrave; une soci&eacute;t&eacute; en qu&ecirc;tes de rep&egrave;res. Je suscite l&rsquo;interrogation. Car comment comprendre que notre environnement n&rsquo;est pas aussi bien soign&eacute; que nos t&ecirc;tes? Quand nos cheveux sont malades nous les soignons, mais nous ne faisons rien pour combattre la corruption, les d&eacute;tournements des deniers publics, etc.&quot; Celui qui a particip&eacute; &agrave; des expositions collectives au BarbecueXpo et au Carr&eacute; des artistes veut d&eacute;construire les a priori que l&rsquo;on a des gens parce qu&rsquo;ils sont &quot;convenablement coiff&eacute;s, n&eacute;glig&eacute;s ou fous avec leurs dreadlocks. Une coiffure a un sens dans un environnement pr&eacute;cis. Il faut pouvoir d&eacute;chiffrer les codes et aller au-del&agrave;&quot;. Passionn&eacute;, il l&rsquo;est. Mais cela ne date pas d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>Le cordon ombilical avec la peinture a &eacute;t&eacute; tiss&eacute; au milieu des ann&eacute;es 90 lorsque Boris Nzebo d&eacute;cide de faire de l&rsquo;art populaire. Il s&rsquo;investit alors dans la s&eacute;rigraphie o&ugrave; son spectre de travail couvre les salons de coiffures. Le mordu de dessin confectionne les enseignes des ces lieux de la mode et de la coupe. Il va jusqu&rsquo;&agrave; proposer des mod&egrave;les avec trac&eacute;s recherch&eacute;s aux coiffeurs de New-Bell, Akwa, Ngodi, Village, etc.<br \/>C&rsquo;est encore la p&eacute;riode des balbutiements &quot;apr&egrave;s quelques ann&eacute;es &agrave; cr&eacute;er les coiffures, je voulais comprendre mon obsession pour les t&ecirc;tes&quot;, explique t-il en tordant nerveusement ses dreadlocks qui lui retombent chichement sur les &eacute;paules. En 1999, son chemin croisera celui de Koko Komegne, aupr&egrave;s de qui il apprendra &agrave; d&eacute;velopper et &agrave; traiter un sujet pour avoir une identit&eacute; artistique. Aupr&egrave;s de celui qui comptabilise plus de 40 ans de Peinture Boris Nzebo se forme aussi &agrave; la patiente pour trouver une &eacute;criture. Aux cot&eacute;s des a&icirc;n&eacute;s que sont Herv&eacute; Yamguen et Goddy Leye cette &eacute;criture s&rsquo;affinera &agrave; force de conseils, de discussions, de lectures et de pratique r&eacute;guli&egrave;re. Boris Nzebo devient alors un chasseur de t&ecirc;tes dans la jungle urbaine qu&rsquo;est la ville.<\/p>\n<p><em>Marion Obam<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le travail du plasticien questionne l&rsquo;esth\u00e9tique de la coiffure qui se m\u00eale dans un milieu urbain n\u00e9glig\u00e9. &#8211; Ses &oelig;uvres accrochent tout de suite le regard d&egrave;s qu&rsquo;on franchi le seuil de l&rsquo;Espace Doual&rsquo;art. Ce lieu de d&eacute;veloppement culturel situ&eacute; &agrave; Bonanjo &agrave; Douala accueille depuis la mi-juin 2009 une exposition collective de trois plasticiens [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":140,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-3262","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3262","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/140"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3262"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3262\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3262"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3262"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3262"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=3262"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}