{"id":3286,"date":"2009-07-02T09:55:09","date_gmt":"2009-07-02T07:55:09","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-07-02T09:55:09","modified_gmt":"2009-07-02T07:55:09","slug":"3286","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3286\/","title":{"rendered":"Espace livres : Bakassi, au-del\u00e0 du droit"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Une lecture juridique du r\u00e8glement du conflit frontalier qui d\u00e9bouche sur les portraits politiques des principaux acteurs. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Alain Didier Olinga (Ado) est certainement un intellectuel achev&eacute;, qui applique avec merveille l&rsquo;art du contre pied. L&rsquo;analyste de sciences politiques doubl&eacute; de l&rsquo;expert en droit constitutionnel nous revient sous un autre visage, celui du sp&eacute;cialiste du droit international. Loin de la d&eacute;monstration ayant r&eacute;v&eacute;l&eacute; les jongleries et absurdit&eacute;s de &quot;La r&eacute;vision constitutionnelle du 14 avril 2008 au Cameroun&quot;, et entra&icirc;n&eacute; une pol&eacute;mique qui a davantage assombri l&rsquo;image du pays aux yeux de l&rsquo;opinion, l&rsquo;option prise dans son dernier ouvrage et plus descriptive et analytique. <\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit en effet d&rsquo;un m&eacute;lange savant entre l&rsquo;ex&eacute;cution effective des sentences de la Cour internationale de justice (Cij), l&rsquo;organe judiciaire principal de l&rsquo;Organisation des nations unies, l&rsquo;&eacute;valuation de la rationalisation des conflits &agrave; forte intensit&eacute; politique qui permet ainsi de passer du r&egrave;glement des litiges &agrave; la pacification des relations interafricaines et, enfin, l&rsquo;indication claire que l&rsquo;affaire de la fronti&egrave;re terrestre et maritime entre le Cameroun et le Nigeria marque une &eacute;volution consid&eacute;rable dans la m&eacute;fiance des Etats &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de la Cij et devrait faire t&acirc;che d&rsquo;huile.<\/p>\n<p>Parce qu&rsquo;il s&rsquo;agi de d&eacute;montrer comment une juridiction internationale aux comp&eacute;tences reconnues par les deux parties en pr&eacute;sence a pris une d&eacute;cision &agrave; la port&eacute;e juridique incontestable, mais laquelle d&eacute;cision a &eacute;t&eacute; mat&eacute;rialis&eacute;e par une n&eacute;gociation politique ayant abouti &agrave; un accord accept&eacute; et appliqu&eacute; par tous. De mani&egrave;re &agrave; mettre &quot;le droit international et la diplomatie au service de la paix&quot;. Comme pour donner raison &agrave; cet arr&ecirc;t pris plus de 60 ans avant et cit&eacute; par l&rsquo;auteur : &quot;Le r&egrave;glement judiciaire des conflits internationaux en vue duquel la cour est constitu&eacute;e n&rsquo;est qu&rsquo;un succ&eacute;dan&eacute; au r&egrave;glement direct et amiable des conflits entre les parties ; d&egrave;s lors il appartient &agrave; la Cour de faciliter, dans la mesure compatible avec son statut, pareil r&egrave;glement direct et amiable&quot;.<\/p>\n<p><strong>Le&ccedil;ons<\/strong><br \/>Ado est d&rsquo;une minutie qui le rapproche d&rsquo;un maniaque. S&rsquo;il revient, dans une premi&egrave;re partie, sur le fondement, la contexture et l&rsquo;objet de l&rsquo;accord de Greentree, c&rsquo;est davantage pour revisiter la trame historique et politique de cet accord, et sa validit&eacute; au regard des droits constitutionnels camerounais et nig&eacute;rian. Cela lui permet de mieux le pr&eacute;senter dans son contenu et dans les m&eacute;canismes de suivi de son application, au regard du calendrier publi&eacute; en son temps. On notera ici que si chacune des deux parties a essay&eacute; de jouer correctement sa partition, le r&ocirc;le de la Commission mixte des Nations unies aura &eacute;t&eacute; primordial.<\/p>\n<p>D&rsquo;o&ugrave;, sans doute et en terme de conclusion, les premi&egrave;res le&ccedil;ons que Ado tire d&rsquo;un processus encore en cours, et qu&rsquo;il r&eacute;sume &agrave; travers ses propos de Stephen Schwebel, dans le rapport du pr&eacute;sident de la Cij &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e g&eacute;n&eacute;rale des Nations unies de septembre 1998 : &quot;La Cour ne devrait pas uniquement &ecirc;tre regard&eacute;e comme une sorte de dernier recours judiciaire, bien qu&rsquo;elle soit cela, mais aussi comme un partenaire dans la diplomatie pr&eacute;ventive, qui est un &eacute;l&eacute;ment vital des m&eacute;canismes d&eacute;ploy&eacute;s par les Etats qui s&rsquo;efforcent de r&eacute;soudre des diff&eacute;rends, m&eacute;canismes par lesquels les conclusions de fait et les d&eacute;cisions de droit de caract&egrave;re judiciaire peuvent d&eacute;finir le cadre de n&eacute;gociations utiles&quot;.<\/p>\n<p>On l&rsquo;aura compris d&#8217;embl&eacute;e, &quot;L&rsquo;Accord de Greentree du 12 juin 2006 relatif &agrave; la presqu&rsquo;&icirc;le de Bakassi&quot; ne sera pas sp&eacute;cialement consid&eacute;r&eacute; comme un ouvrage &quot;tous publics&quot;. La pr&eacute;ciosit&eacute; de son vocabulaire, la qualit&eacute; de sa d&eacute;marche m&eacute;thodologique autant le relev&eacute; bibliographique en font en effet un document et une r&eacute;f&eacute;rence pour &eacute;tudiants en droit, en sciences politiques ou en relations internationales, un br&eacute;viaire pour enseignants soucieux de se rafraichir, mais aussi aux hommes politiques (s&rsquo;ils en ont le niveau, sous nos latitudes) et aux intellectuels de tous bords lorsqu&rsquo;ils auront consid&eacute;r&eacute; qu&rsquo;ils peuvent faire autre chose que signer des motions de soutien &agrave; la gloire du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique.<\/p>\n<p><em>Alain B. Batongu&eacute;<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une lecture juridique du r\u00e8glement du conflit frontalier qui d\u00e9bouche sur les portraits politiques des principaux acteurs. &#8211; Alain Didier Olinga (Ado) est certainement un intellectuel achev&eacute;, qui applique avec merveille l&rsquo;art du contre pied. 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