{"id":3290,"date":"2009-07-02T09:59:18","date_gmt":"2009-07-02T07:59:18","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-07-02T09:59:18","modified_gmt":"2009-07-02T07:59:18","slug":"3290","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3290\/","title":{"rendered":"Musique : Le play-back joue la mort du live"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Cette pratique de sc\u00e8ne a fini par faire prosp\u00e9rer les artistes sans \u00e9paisseur et des producteurs v\u00e9reux. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Sous d&rsquo;autres cieux cela aurait &eacute;t&eacute; consid&eacute;r&eacute; comme un scandale. Le 15 juin 2009, l&rsquo;agence de communication et &eacute;v&egrave;nementielle Icon&amp;co organisait la premi&egrave;re &eacute;dition de &quot;La nuit des Ic&ocirc;nes&quot; au Saint John Plazza &agrave; Douala. Avec pour r&eacute;f&eacute;rent dans la musique, ce que le Larousse qualifie de figure incarnant un st&eacute;r&eacute;otype socioculturel, notamment Fally Ipupa, Nicole Mara, Lady Ponce et Nono Flavie. Des ic&ocirc;nes qui sont venues prester en play-back. Ces pointures de la musique, grosses ou moyennes, ont pourtant chacune une carri&egrave;re et des albums qui peuvent les permettre pour un &eacute;v&egrave;nement comme &quot;La nuit des ic&ocirc;nes&quot; de montrer ce qu&rsquo;elles ont de plus que les bleus de la musique. Au lieu de cela, Fally Ipupa, Nicole Mara, Lady Ponce et Nono Flavie se sont engouffr&eacute;s dans une interpr&eacute;tation mim&eacute;e accompagnant une bande-son pr&eacute;enregistr&eacute;e.<br \/>Le play-back est devenu la norme dans les soir&eacute;es de gala, les anniversaires d&rsquo;&eacute;missions, les spectacles, les concepts de divertissement gravitant autour de la musique, etc. Le constat lors des &eacute;v&egrave;nements li&eacute;s &agrave; la musique est malheureux : le play-back pousse violemment le live vers la sortie de la sc&egrave;ne camerounaise.<\/p>\n<p>Plusieurs raisons sont &eacute;voqu&eacute;es pour comprendre ce fl&eacute;au qui tire la cr&eacute;ativit&eacute; vers le bas. Au premier rang desquelles se trouvent le co&ucirc;t. &quot;Pour faire le play-back on a besoin d&rsquo;un ampli, d&rsquo;un lecteur de Cd et d&rsquo;un micro. Presque rien en somme, compar&eacute; &agrave; ce que demande le live. Alors qu&rsquo;un concert en live se pr&eacute;pare, se travaille en osmose avec tous les musiciens et les instruments de musique. L&rsquo;organisation demande une pr&eacute;paration minutieuse, il faut trouver l&rsquo;orchestre, les instruments, la sono, les ch&oelig;urs, les lumi&egrave;res et les cachets de toutes les personnes qui travaillent en back stage et sur la sc&egrave;ne&quot;, explique Sylvain Nkom, directeur g&eacute;n&eacute;ral de Universal. Cette contrainte de co&ucirc;t a conduit B&eacute;atrice Oloa, directeur de Icon&amp;Co &agrave; dire &agrave; la presse le 14juin 2009 que &quot;la nuit des Ic&ocirc;nes aurait pu se faire en live mais pour cela il aurait fallu trouver des sponsors qui acceptent de supporter le cachet des artistes et choristes et la facture de la location de la sono ainsi que celle de l&rsquo;orchestre de l&rsquo;&eacute;v&egrave;nement&quot;. Cependant, au del&agrave; de la question de l&rsquo;argent, le probl&egrave;me play-back au Cameroun depuis son arriv&eacute;e vers la fin des ann&eacute;es 80, est beaucoup plus profond. C&rsquo;est une cha&icirc;ne qui fait intervenir plusieurs acteurs, artistes et producteurs, qui sont parfois sous la contrainte de plusieurs facteurs.<br \/>Tr&egrave;s peu d&rsquo;artistes camerounais &eacute;chappent &agrave; cette nouvelle &quot;r&eacute;glementation&quot; musicale de la sc&egrave;ne. Il ne se passe pas un week-end sans qu&rsquo;on annonce pour l&rsquo;ouverture d&rsquo;une discoth&egrave;que, d&rsquo;un h&ocirc;tel ou des &quot;soir&eacute;es sp&eacute;ciales filles&quot;, Ngu&eacute;a Laroute, Nono Flavie, Lady Ponce, Tsimi Toro, Hugo Nyam&egrave;, Narc6 Prize, Nicole Mara, Majoie Ayi, etc. <\/p>\n<p><strong>Cons&eacute;quences<\/strong><br \/>Tous ces artistes n&rsquo;h&eacute;sitent pas &agrave; &quot;confirmer&quot; leur pr&eacute;sence dans la bo&icirc;te par un message t&eacute;l&eacute; enregistr&eacute; et diffus&eacute; &agrave; cet effet. &quot;Les spectacles d&rsquo;envergure ont presque disparu du Cameroun. Aujourd&rsquo;hui nous sommes sollicit&eacute;s &agrave; 50% par des organisateurs d&rsquo;&eacute;v&egrave;nements &agrave; faibles budget. Nous sommes ainsi oblig&eacute;s pour exister de prester dans les bo&icirc;tes de nuit, les mariages et autres rendez-vous de gala&quot;, confie Njohreur. Pourtant, ils existent des artistes qui ont dit non au play-back et qui continuent &agrave; faire foule malgr&eacute; le prix &eacute;lev&eacute; des places lors de leur concert. <br \/>Il s&rsquo;agit entre autres de Manu Dibango, Richard Bona, Etienne Mbapp&eacute;, Henri Dikongu&eacute; et Ekambi Brillant qui disent &agrave; qui veut l&rsquo;entendre que &quot;le play-back, c&rsquo;est pour les artistes sans &eacute;paisseur qui ne sont pas s&ucirc;r de leur valeur, de leur voix et leur pr&eacute;sence sc&eacute;nique&quot;. Moni Bil&eacute; qui vient de f&ecirc;ter ses 30 ans de carri&egrave;re enfonce le clou : &quot;Avec le play-back, on ne transmet pas la m&ecirc;me &eacute;motion qu&rsquo;avec le live. Par respect pour mes fans, je n&rsquo;accepte jamais de faire les play-back&quot;, jure l&rsquo;auteur de &quot;Osi tapa lambo&quot;.<\/p>\n<p>Pour Manu Dibango qui a r&eacute;cemment s&eacute;journ&eacute; au Cameroun pour les 20 ans de carri&egrave;re de Papillon et les obs&egrave;ques de Charlotte Mbango livrait une r&eacute;flexion sur le sujet &quot;C&rsquo;est une option de facilit&eacute; pour les artistes qui ne veulent pas travailler. Le play-back est une expression sc&eacute;nique sans vie. Pourtant, le spectateur vient vivre une &eacute;motion qui ne peut lui &ecirc;tre donn&eacute; que par le jeu des instruments et la couleur de la voix qui peut &eacute;pouser plusieurs tonalit&eacute;s&quot;. L&rsquo;autre cons&eacute;quence de l&rsquo;impact du play-back dans la musique camerounaise c&rsquo;est la prolif&eacute;ration des pseudos artistes. Apr&egrave;s que les logiciels aient polis leur voix dans les ordinateurs des studios d&rsquo;enregistrement, ils ne peuvent pas affronter les exigences du public. Ce juge impartial, qui apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; aguich&eacute;s par de beaux clips attend le m&ecirc;me niveau de prestation en concert. <br \/>Le live devient une v&eacute;ritable phobie de ces artistes. On se rappelle du m&eacute;morable passage de Wes Madiko au Cameroun sur les antennes de la Crtv et du &quot;spectacle&quot; donn&eacute; apr&egrave;s la sortie de son premier album Welenga&hellip;La voix de Wes &eacute;tait tr&egrave;s loin de ce qui &eacute;tait contenu dans le Compact Disc. Aucune ou&iuml;e n&rsquo;aurait pu supporter ce concentr&eacute; de fausses notes. <\/p>\n<p>Le probl&egrave;me est suffisamment grave au point o&ugrave; m&ecirc;me les artistes confirm&eacute;s perdent eux aussi leur reflexe de travail des vocalises et sur les plateaux de t&eacute;l&eacute; ou lors des soir&eacute;es de gala oublient leur textes et deviennent alors de tr&egrave;s bons danseurs. &quot;Je suis mal &agrave; l&rsquo;aise depuis quelques mois, car j&rsquo;ai beaucoup de difficult&eacute; &agrave; trouver des artistes qui veulent reprendre des classiques de jazz et quelques classiques camerounais de 30ans. Pourtant quand je vais vers eux pour les soir&eacute;es jazzies qu&rsquo;Universal organise depuis f&eacute;vrier 2009, c&rsquo;est parce que je les avais vu prester en cabaret et au d&eacute;but de leur carri&egrave;re. Actuellement, beaucoup d&rsquo;entre eux ne peuvent plus faire le live&quot;, avance Sylvain Nkom, visiblement d&eacute;&ccedil;u. <br \/>Le play-back peut perdre du terrain dans la musique camerounaise qu&rsquo;il a fortement gangren&eacute;. Il y&rsquo;a des initiatives qui ont &eacute;t&eacute; prises en amont par des priv&eacute;s comme Coca Cola avec la comp&eacute;tition des clubs musiques des &eacute;tablissements scolaires avec pour le gagnant un orchestre complet. En aval, les annonceurs pourraient travailler avec des producteurs de spectacles qui ont une programmation &agrave; l&rsquo;ann&eacute;e. Cette programmation donnerait de la visibilit&eacute; aux annonceurs, les artistes auront un cachet consistant et plusieurs dates, le producteur aurait du travail. Les millions de camerounais orphelins du live et du vrai spectacle retrouveront le sourire.<\/p>\n<p><em>Marion Obam<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette pratique de sc\u00e8ne a fini par faire prosp\u00e9rer les artistes sans \u00e9paisseur et des producteurs v\u00e9reux. &#8211; Sous d&rsquo;autres cieux cela aurait &eacute;t&eacute; consid&eacute;r&eacute; comme un scandale. Le 15 juin 2009, l&rsquo;agence de communication et &eacute;v&egrave;nementielle Icon&amp;co organisait la premi&egrave;re &eacute;dition de &quot;La nuit des Ic&ocirc;nes&quot; au Saint John Plazza &agrave; Douala. 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