{"id":3306,"date":"2009-07-16T09:48:49","date_gmt":"2009-07-16T07:48:49","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-07-16T09:48:49","modified_gmt":"2009-07-16T07:48:49","slug":"3306","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3306\/","title":{"rendered":"Livres : Jean Lambert Nang r\u00e8gle ses comptes"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>L&rsquo;ancien chef de service des sports \u00e0 la Crtv commet un ouvrage sur son passage p\u00e9rilleux \u00e0 la t\u00eate de la Fecafoot. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Avait-il besoin d&rsquo;&ecirc;tre aussi violent pour pr&eacute;senter une cause qui, manifestement, lui &eacute;tait favorable d&egrave;s lors qu&rsquo;il est la victime ? Difficile de ne pas se poser la question &agrave; la lecture des premi&egrave;res lignes de &quot;Desperate Football House&quot;, ouvrage par lequel Jean Lambert Nang signe son entr&eacute;e dans le monde des &eacute;crivains, apr&egrave;s avoir connu la gloire du petit &eacute;cran et la renomm&eacute;e internationale d&rsquo;un journaliste talentueux. L&rsquo;auteur a pourtant tent&eacute; quelques pr&eacute;cautions en indiquant, d&egrave;s l&rsquo;avant propos : &quot;J&rsquo;ai d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;&eacute;crire ce livre pour raconter l&rsquo;exp&eacute;rience des six mois que j&rsquo;ai pass&eacute;s &agrave; la Fecafoot. Certains lecteurs y verront un pamphlet dirig&eacute; contre mes employeurs d&rsquo;hier. D&rsquo;autres le consid&eacute;reront comme une compilation de d&eacute;nonciations d&rsquo;un homme empli d&rsquo;aigreur et anim&eacute; de vengeance.&quot;<\/p>\n<p>Il a m&ecirc;me pris l&rsquo;engagement d&rsquo;avoir &eacute;crit &quot;Desperate Football House &quot;pour mieux impr&eacute;gner le lecteur camerounais&quot; des r&eacute;alit&eacute;s du football camerounais, si riche en footballeurs talentueux mais si indigent en hommes d&rsquo;honneur pouvant lui construire un destin diff&eacute;rent&quot;. Joseph Antoine Bell, son pr&eacute;facier de circonstance, indique bien que ce qu&rsquo;on peut consid&eacute;rer comme la grande enqu&ecirc;te et le super reportage de Jean Lambert Nang &quot;ne r&eacute;v&egrave;le rien, loin s&rsquo;en faut (&hellip;) mais confirme tout&quot;. En esp&eacute;rant toutefois, manifestement heureux que ses th&egrave;ses soient confirm&eacute;es par un autre regard que le sien, que ce livre &quot;aide enfin au d&eacute;marrage d&rsquo;une &oelig;uvre de salubrit&eacute; publique.&quot; <\/p>\n<p>Mais la lecture de l&rsquo;ouvrage laisse partag&eacute; entre plusieurs sentiments. Il y a d&rsquo;abord bien s&ucirc;r, la r&eacute;volte. On a beau le dire ou l&rsquo;&eacute;crire depuis des ann&eacute;es, la description &quot;de l&rsquo;int&eacute;rieur&quot; que fait Jean Lambert Nang de la maison Fecafoot en six mois, au-del&agrave; de ses frustrations personnelles, semble inimaginable. Entre les r&eacute;v&eacute;lations sur les conditions de sa d&eacute;signation (avec les arguments expos&eacute;s par les uns et les autres pour ne pas porter le choix sur sa personne, le Pv de r&eacute;union faisant foi) et la mani&egrave;re avec laquelle il a &eacute;t&eacute; d&eacute;barqu&eacute; (les contr&ocirc;leurs sp&eacute;ciaux appel&eacute;s &agrave; le &quot;coincer&quot; dans son bureau s&rsquo;en tireront avec plus de 5 millions Cfa pour &agrave; peine une heure de contr&ocirc;le), cette institution qui est suppos&eacute;e repr&eacute;senter toute la philosophie et le fonctionnement du football camerounais est pr&eacute;sent&eacute;e comme moins qu&rsquo;une &eacute;picerie de quartier.<\/p>\n<p>Du pr&eacute;sident de la F&eacute;cafoot, Iya Mohammed (&agrave; qui il semblait vouer une haute estime mais qui est d&eacute;crit comme un homme sans contr&ocirc;le sur sa troupe et totalement d&eacute;pass&eacute; par les &eacute;v&eacute;nements) au planton (qui en r&eacute;alit&eacute; travaille &agrave; faire du renseignement soit pour le pr&eacute;sident, soit pour le premier vice, ancien secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral, Jean Ren&eacute; Atangana Mballa), tout le monde y passe, chacun recevant sa sanction apr&egrave;s avoir &eacute;cum&eacute; les fautes commises ou suppos&eacute;es : la galaxie des autres membres du comit&eacute; ex&eacute;cutif qui ne vivrait que des pr&eacute;bendes que g&eacute;n&egrave;re cette institution, les cadres maison vivant de trafic divers et peu enclins &agrave; accepter la moindre transparence ou la toute petite comptabilit&eacute; dans la conduite des op&eacute;rations financi&egrave;res, les responsables des d&eacute;membrements provinciaux de la structure. <\/p>\n<p><strong>D&eacute;sir de vengeance<\/strong><br \/>Mais c&rsquo;est pr&eacute;cis&eacute;ment de ces multiples portraits que na&icirc;t le second sentiment : celui de la g&ecirc;ne. Si tous ces gens sont aussi corrompus et aussi magouilleurs, s&rsquo;ils sont autant mal &eacute;lev&eacute;s, celui qui les d&eacute;crit peut prendre quelques gants et leur accorder un minimum de dignit&eacute;. Entre Mme Manguele, compar&eacute;e &agrave; &quot;la putain du diable&quot;, Essomba Eyenga qu&rsquo;il traite de personne vivant &quot;aux crochets du football camerounais qu&rsquo;il pressurise, suce et ponctionne &agrave; souhait ; des preuves patentes t&eacute;moignent &agrave; souhait de son indescriptible cupidit&eacute; et des sommes mirobolantes qu&rsquo;il tire de ses innombrables forfaitures&quot;, en passant par Abdouraman Aladji, David Mayebi et tous les autres, trait&eacute;s par toutes sortes de noms d&rsquo;oiseaux, personne ne trouve gr&acirc;ce &agrave; ses yeux. Il n&rsquo;est pas jusqu&rsquo;au ministre des Sports de l&rsquo;&eacute;poque, Philippe Mbarga Mboa, qui ne re&ccedil;oive sa salve de tirs nourris&#8230;<\/p>\n<p>M&ecirc;me ceux qui sont venus &quot;vendre&quot; les autres pour lui permettre d&rsquo;&ecirc;tre inform&eacute; se trouvent log&eacute;s &agrave; la m&ecirc;me enseigne. Du coup, &quot;Desperate Football House&quot; appara&icirc;t tr&egrave;s souvent comme le cadre de sordides r&egrave;glements de comptes, avec la volont&eacute; de ridiculiser tous ceux qui ont os&eacute; se mettre en travers de son chemin. En fait, la haine et le d&eacute;sir de vengeance d&eacute;goulinent de chacune des phrases, de chacune des pages, et finissent par att&eacute;nuer les effets de r&eacute;v&eacute;lations pourtant fortes. On s&rsquo;&eacute;tonnera m&ecirc;me sur cette d&eacute;marche qui n&rsquo;est ni manag&eacute;riale, ni journalistique, qui consiste &agrave; &ldquo;vendre&rdquo; &agrave; la premi&egrave;re occasion tous ceux qui sont venus vous informer&#8230;<\/p>\n<p>Il y a enfin comme un sentiment d&rsquo;inachev&eacute; &agrave; la lecture de l&rsquo;ouvrage. S&rsquo;il a &eacute;t&eacute; longtemps annonc&eacute;, la pr&eacute;sentation physique de &quot;Desperate Football House&quot; donne une impression de pr&eacute;cipitation dans ses op&eacute;rations finales : pages mal reli&eacute;es, de nombreuses coquilles peu habituelles chez un suppos&eacute; connaisseur de la langue fran&ccedil;aise et une &eacute;dition approximative (il n&rsquo;a pas travaill&eacute; avec une maison d&rsquo;&eacute;dition professionnelle) qui fait sauter les pages &agrave; la lecture. On comprend par ailleurs difficilement que le talentueux Jean Lambert Nang se trompe sur la trajectoire professionnelle de Joseph Antoine Bell (qui signe pourtant la pr&eacute;face), ou encore sur l&rsquo;origine et l&rsquo;utilisation premi&egrave;re du nom &ldquo;Lions indompatbles&rdquo;. Le plus g&ecirc;n&eacute; &agrave; la diffusion de cet ouvrage sera cependant, contre toute attente, ce &quot;confr&egrave;re pointilleux et soucieux du bon usage de la langue de Moli&egrave;re qui a spontan&eacute;ment d&eacute;vor&eacute; [son] manuscrit&quot;, mais dont Jean Lambert Nang ne conna&icirc;t visiblement pas le pr&eacute;nom, puisqu&rsquo;il l&rsquo;appelle &#8230; Dieudonn&eacute; Ateba Ndoumou. S&rsquo;il a &eacute;t&eacute; &agrave; ce point traumatis&eacute;&hellip;<\/p>\n<p><em>Alain B. Batongu&eacute;<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;ancien chef de service des sports \u00e0 la Crtv commet un ouvrage sur son passage p\u00e9rilleux \u00e0 la t\u00eate de la Fecafoot. &#8211; Avait-il besoin d&rsquo;&ecirc;tre aussi violent pour pr&eacute;senter une cause qui, manifestement, lui &eacute;tait favorable d&egrave;s lors qu&rsquo;il est la victime ? 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