{"id":3307,"date":"2009-07-16T09:51:14","date_gmt":"2009-07-16T07:51:14","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-07-16T09:51:14","modified_gmt":"2009-07-16T07:51:14","slug":"3307","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3307\/","title":{"rendered":"Jean-Baptiste Tatti Loutard : L&rsquo;auteur modeste a rejoint le paradis"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Il est mort ministre; il restera dans l&rsquo;histoire africaine un po\u00e8te tourn\u00e9 vers ses racines. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p><img decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" border=\"1\" align=\"left\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 1 1'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.quotidienmutations.info\/images\/tatti-loutard.gif\" alt=\"\" \/>C&rsquo;est dans une clinique parisienne que le c&oelig;ur de Jean-Baptiste Tati Loutard s&rsquo;est arr&ecirc;t&eacute; de battre. C&rsquo;&eacute;tait le 4 juillet dernier des suites d&rsquo;une hypertension qui avait oblig&eacute; les siens &agrave; l&rsquo;&eacute;vacuer dans la capitale fran&ccedil;aise trois semaines plus t&ocirc;t. A 70 ans, mourrait ainsi celui qui occupait le portefeuille des Hydrocarbures avec rang de ministre d&rsquo;Etat depuis 12 ans. A l&rsquo;occasion, le gouvernement, par la voix de Hellot Mampouya Matson, ministre de la Recherche, indiquait que &quot;La disparition tragique de ce grand homme qui, sa vie durant, a servi sa nation avec abn&eacute;gation, est une grande perte&quot;. Une perte d&rsquo;autant plus importante que l&rsquo;on n&rsquo;oublie pas &agrave; Brazzaville que le d&eacute;funt servait son pays depuis l&rsquo;&eacute;poque du pr&eacute;sident Marien Ngouabi au milieu des ann&eacute;es 70 o&ugrave; il occupa successivement les postes de ministre de l&rsquo;Enseignement sup&eacute;rieur, de la Culture et du Tourisme.<\/p>\n<p>Si c&rsquo;est donc un acteur de la vie politique congolaise qui quitte ainsi la sc&egrave;ne, ils sont nombreux en Afrique qui connaissaient l&rsquo;homme via ses &eacute;crits litt&eacute;raires. Et c&rsquo;est sans doute par cette casquette qu&rsquo;il rentrera dans les souvenirs comme l&rsquo;attestent les espaces o&ugrave; ont &eacute;t&eacute; programm&eacute;s les hommages post mortem. Homme de lettres, il commen&ccedil;a &agrave; l&rsquo;&ecirc;tre en 1968 lorsque parut son premier recueil intitul&eacute; Po&egrave;mes de la mer, deux ans seulement apr&egrave;s un Dess en lettres modernes et un retour au bercail o&ugrave; il se mit &agrave; l&rsquo;enseignement &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Brazzaville.<\/p>\n<p>Une premi&egrave;re qui devait en appeler d&rsquo;autres de qualit&eacute; qui ont fait dire &agrave; son jeune compatriote Alain Mabanckou que &quot;Sa disparition n&rsquo;est pas seulement une perte pour la po&eacute;sie congolaise, ce grand po&egrave;te &eacute;tait l&rsquo;une des voix les plus importantes de la po&eacute;sie d&rsquo;expression fran&ccedil;aise (membre du Haut Conseil de la Francophonie, il fut couronn&eacute; par l&rsquo;Acad&eacute;mie fran&ccedil;aise pour sa contribution au rayonnement de la langue fran&ccedil;aise). Salu&eacute; pour son lyrisme, l&rsquo;exigence de son &eacute;criture, la force de ses r&eacute;flexions dans ses c&eacute;l&egrave;bres &quot;Arts po&eacute;tiques&quot;, Loutard aura marqu&eacute; toute une g&eacute;n&eacute;ration de jeunes auteurs congolais &agrave; qui il consacra L&rsquo;Anthologie de la po&eacute;sie congolaise&quot;.<\/p>\n<p>Pour le critique Tirthankar Chanda, &quot;il appartient &agrave; une nouvelle g&eacute;n&eacute;ration de po&egrave;tes qui renouvellent l&rsquo;art m&eacute;trique en l&rsquo;enracinant dans le concret, dans des pr&eacute;occupations en prise avec l&rsquo;Afrique des ind&eacute;pendances&quot;. En parcourant ses deux romans, trois recueils de nouvelles, une anthologie, un essai et dix recueils de po&egrave;mes, l&rsquo;on est frapp&eacute; par des th&egrave;mes comme la mort, l&rsquo;amour, la nostalgie de sa terre ainsi que sa fascination pour l&rsquo;art (on lui doit notamment la d&eacute;couverte &agrave; l&rsquo;international de l&rsquo;&eacute;cole de peinture de Poto-Poto ainsi que le grand peintre Got&egrave;ne qui illustra son recueil Les Normes du temps). <\/p>\n<p>Mais il n&rsquo;&eacute;tait pas seulement cela. Tant il critiqua la n&eacute;gritude alors au plus fort de sa gloire. Selon le critique Boniface Mongo Mboussa, &quot;Son empreinte sur la litt&eacute;rature congolaise est immense. Et son apport aux d&eacute;bats litt&eacute;raires panafricains ind&eacute;niable. Avec son Anthologie de la litt&eacute;rature congolaise, il a initi&eacute; l&rsquo;histoire des litt&eacute;ratures nationales. D&eacute;marche per&ccedil;ue &agrave; tort comme une balkanisation par certains commentateurs distraits. Dans l&rsquo;esprit de Tati- Loutard, cette id&eacute;e de litt&eacute;rature nationale ne pouvait &ecirc;tre comprise que dans le cadre de la critique de la N&eacute;gritude.&quot; Avant d&rsquo;ajouter dans la foul&eacute;e que &quot;c&rsquo;est sa vie po&eacute;tique &agrave; la fois exercice critique et m&eacute;ditation sur le statut de la po&eacute;sie, qui distingue Tati-Loutard dans le champ litt&eacute;raire africain.&quot;<br \/>Maintenant qu&rsquo;il est parti, peut-&ecirc;tre le temps est-il venu de m&eacute;diter ces propos aimables dits en son temps par le po&egrave;te malgache Jacques Rabemananjara qui le pr&eacute;sentait en 2001 comme &quot;un gentleman paisible, amateur d&rsquo;ordre, peu de go&ucirc;t pour l&rsquo;&eacute;clat, plut&ocirc;t tourn&eacute; vers le pastel, cursus universitaire complet et brillant, plusieurs langues &eacute;trang&egrave;res en prime. L&rsquo;&eacute;l&eacute;gance dans la modestie.&quot;<\/p>\n<p><em>P.T.<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est mort ministre; il restera dans l&rsquo;histoire africaine un po\u00e8te tourn\u00e9 vers ses racines. &#8211; C&rsquo;est dans une clinique parisienne que le c&oelig;ur de Jean-Baptiste Tati Loutard s&rsquo;est arr&ecirc;t&eacute; de battre. 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