{"id":3325,"date":"2009-08-09T18:57:45","date_gmt":"2009-08-09T16:57:45","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-08-09T18:57:45","modified_gmt":"2009-08-09T16:57:45","slug":"3325","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3325\/","title":{"rendered":"Wilfrid Etoundi : Po\u00e9tique pour un retour au pays"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Avec ce premier opus, il se positionne dans un champ butin\u00e9 en leur temps par Cyrille Effala et Otou Marcellin. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Il avait quitt&eacute; le pays un peu en catimini. C&rsquo;&eacute;tait en 2001. Huit ans d&eacute;j&agrave; qu&rsquo;il &eacute;tait parti avec pour pr&eacute;texte d&rsquo;accompagner Otou Marcellin qui se rendait alors au March&eacute; des arts et des spectacles africains (Masa) &agrave; Abidjan. D&rsquo;o&ugrave; il n&rsquo;allait plus revenir, pr&eacute;f&eacute;rant poursuivre son chemin sur les sentiers de cette musique de r&eacute;flexion et de recherche sur laquelle il travaillait alors. De Marcory &agrave; Yopougon, il fr&eacute;quentera tous les lieux o&ugrave; cette musique s&rsquo;exprime dans une capitale ivoirienne pas encore pris dans la tenaille de l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute;. Il y rencontre m&ecirc;me quelque ma&icirc;tre v&eacute;n&eacute;r&eacute; du jazz, emmagasinant au passage un savoir artistique qui allait lui servir plus loin. Car Abidjan, comme Yaound&eacute; o&ugrave; il revient apr&egrave;s les tristes &eacute;v&eacute;nements de septembre 2002, ne f&ucirc;t qu&rsquo;une &eacute;tape. Il se met alors &agrave; la composition et songe &agrave; mettre sur le march&eacute; un album. Cela lui prendra cinq ans. Jusqu&rsquo;&agrave; la cr&eacute;ation du label Takana Prod qui va acc&eacute;l&eacute;rer la parturition d&rsquo;un opus qui se consomme depuis avril dernier.<\/p>\n<p>Un album de cinq titres qui d&eacute;gage les exhalaisons d&rsquo;une qu&ecirc;te artistique qui semble avoir enfin trouv&eacute; sa voie. Un album o&ugrave; l&rsquo;acoustique le dispute &agrave; ce solo magnifi&eacute; par Messi Martin et Zanzibar en leur temps. O&ugrave; se dressent aussi une basse insidieuse et un zeste de violon pour une harmonie de cordes tant&ocirc;t chaloup&eacute;e, tant&ocirc;t langoureuse. Car l&rsquo;album au final vogue sur ces deux tons. L&rsquo;autre &eacute;l&eacute;ment d&rsquo;attrait est ce chant qui n&rsquo;est pas sans rappeler le regrett&eacute; Cyrille Effala aupr&egrave;s de qui Wilfrid Etoundi fit ses premi&egrave;res armes au milieu des ann&eacute;es 90 apr&egrave;s son passage au Coll&egrave;ge Vogt o&ugrave; il s&rsquo;&eacute;tait rod&eacute; au moyen des concerts scolaires. Une technique de chant finalement bien ma&icirc;tris&eacute;e qui donne &agrave; l&rsquo;ensemble une port&eacute;e po&eacute;tique comme on en trouve plus beaucoup sous nos cieux artistiquement plus aust&egrave;res. Mais le must c&rsquo;est sans doute la deuxi&egrave;me plage d&eacute;di&eacute;e &agrave; Yaound&eacute;, le lieu m&ecirc;me o&ugrave; l&rsquo;homme aura bourlingu&eacute; artistiquement, cet &quot;escale oblig&eacute; de (sa) m&eacute;moire balafre&quot;. Dans un concert de voix, le titre en contient trois, sourd comme une aude &agrave; une capitale charg&eacute; de symbole et dont le foisonnement culturel et populaire d&eacute;fie sans cesse ses b&acirc;tisseurs. <\/p>\n<p>Un chant d&rsquo;amour rythm&eacute; par un bikutsi qui rappelle celui de Vincent Nguini et que d&rsquo;autres comme Aveline Ava nomme tendrement bikutsi jazz.<br \/>Mais il n&rsquo;y a pas qu&rsquo;ici que les rythmes du substrat culturel fang-b&eacute;ti se donnent en &eacute;coute. L&rsquo;ensemble de l&rsquo;album, ou presque, respire une symphonie bantoue propre &agrave; cette aire g&eacute;ographique qui embrasse nombre de pays de l&rsquo;Afrique centrale. Et qui magnifiquement mis en exergue ici rappelle que ces rythmes n&rsquo;ont aucune raison de continuer &agrave; fl&acirc;ner dans les ombres des m&eacute;moires de quelques conteurs ou d&eacute;positaires de ce courant qui pourrait attaquer la modernit&eacute; sans sourciller. On a envie de remercier Wilfrid Etoundi pour tout cela. M&ecirc;me si la cinqui&egrave;me plage aurait gagn&eacute; &agrave; &ecirc;tre mieux harmonis&eacute; en sa fin. Un manque que le solo qu&rsquo;il met en sc&egrave;ne att&eacute;nue au demeurant. Surtout que, r&eacute;flexe de requin de cabaret, il n&rsquo;a pas oubli&eacute; de faire un live dans cette livraison promise de notre point de vue &agrave; un bel avenir. Un album qui questionne aussi le vide auquel les productions de la m&ecirc;me esp&egrave;ce nous ont habitu&eacute;s depuis un bon moment.<\/p>\n<p><em>Parfait Tabapsi<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec ce premier opus, il se positionne dans un champ butin\u00e9 en leur temps par Cyrille Effala et Otou Marcellin. &#8211; Il avait quitt&eacute; le pays un peu en catimini. C&rsquo;&eacute;tait en 2001. 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