{"id":3328,"date":"2009-08-09T19:01:14","date_gmt":"2009-08-09T17:01:14","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-08-09T19:01:14","modified_gmt":"2009-08-09T17:01:14","slug":"3328","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3328\/","title":{"rendered":"Du risque d&rsquo;\u00eatre un vieux po\u00e8te au Cameroun"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>La publication, douze ans apr\u00e8s d&rsquo;un num\u00e9ro sp\u00e9cial de la revue Cultures Sud (n\u00b0164, janvier-mars 2007) consacr\u00e9 aux \u00ab\u00a0Grandes voix\u00a0\u00bb de la po\u00e9sie du Sud o\u00f9 ne figure aucun po\u00e8te camerounais semble avoir donn\u00e9 raison au critique qui pr\u00e9sidait et justifiait le d\u00e9clin de notre po\u00e9sie. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> R&eacute;pondant &agrave; la question : La po&eacute;sie camerounaise de langue fran&ccedil;aise est-elle en d&eacute;clin ? Isaac C&eacute;lestin Tch&eacute;ho, dans un article paru dans la revue Notre Librairie (n&deg;137, mai-ao&ucirc;t 1999), entrevoyait un sombre avenir &agrave; notre po&eacute;sie. &quot;Dynamique au d&eacute;part [la po&eacute;sie camerounaise], &eacute;crivait alors le critique, semble malheureusement perdre en vitalit&eacute;, qualitativement et quantitativement, &agrave; l&rsquo;approche de la fin du XX&egrave; si&egrave;cle&quot;. Le pessimisme foncier de Tch&eacute;ho se fondait sur des raisons d&rsquo;ordre sociopolitique au nombre desquelles figurait le peu de cas fait de la po&eacute;sie dans les programmes scolaires, contrairement aux autres grands genres que son le roman et le th&eacute;&acirc;tre, l&rsquo;absence de revue et de magazines, supports alternatifs de publication de la po&eacute;sie, l&rsquo;absence d&rsquo;une vie associative des &eacute;crivains camerounais et surtout la mont&eacute;e de l&rsquo;intol&eacute;rance et une atmosph&egrave;re sociopolitique &eacute;touffante dont les ma&icirc;tres mots &eacute;taient alors la censure et la promotion de la m&eacute;diocrit&eacute;. <\/p>\n<p>La publication, douze ans apr&egrave;s d&rsquo;un num&eacute;ro sp&eacute;cial de la revue Cultures Sud (n&deg;164, janvier-mars 2007) consacr&eacute; aux &quot;Grandes voix&quot; de la po&eacute;sie du Sud o&ugrave; ne figure aucun po&egrave;te camerounais semble avoir donn&eacute; raison au critique qui pr&eacute;sidait et justifiait le d&eacute;clin de notre po&eacute;sie. Mais la r&eacute;alit&eacute; sur le terrain est tout autre. Du point de vue de la qualit&eacute;, le &quot;Grand Prix de po&eacute;sie L&eacute;opold S&eacute;dar Senghor&quot; d&eacute;cern&eacute; r&eacute;cemment par la Maison africaine de la po&eacute;sie internationale (MAPI) &agrave; notre compatriote Fernando d&rsquo;Alm&eacute;ida est un indicateur viable de qualit&eacute;. Au plan de la quantit&eacute;, les chiffres des publications po&eacute;tiques dans notre pays sont en hausse du fait des facilit&eacute;s de publication qu&rsquo;offrent le num&eacute;rique et les autres technologies de la communication. D&rsquo;Almeida fait ainsi l&rsquo;objet d&rsquo;une double actualit&eacute; litt&eacute;raire par la sortie r&eacute;cente de deux recueils de po&eacute;sie. Plusieurs jeunes lui ont embo&icirc;t&eacute; le pas &agrave; d&eacute;faut de l&rsquo;avoir pr&eacute;c&eacute;d&eacute; chez des &eacute;diteurs comme Le Manuscrit. Les &eacute;diteurs locaux n&rsquo;ont pas renonc&eacute; &agrave; publier la po&eacute;sie. C&rsquo;est en moyenne une dizaine de recueils qui paraissent annuellement chez nous. Cette production est f&eacute;cond&eacute;e par l&rsquo;activit&eacute; de quelques associations dont la particularit&eacute; est la jeunesse de leurs dirigeants et de leurs membres. Luppepo, Livre ouvert, La ronde des po&egrave;tes sont autant d&rsquo;associations qui promeuvent la production et la diffusion de la po&eacute;sie. C&rsquo;est ce qui explique l&rsquo;extr&ecirc;me jeunesse de nos po&egrave;tes actuels.<\/p>\n<p>Mais &agrave; l&rsquo;exception de d&rsquo;Alm&eacute;ida et de Patrice Kayo et dans une moindre mesure Ernest Alima qui blanchissent sous le harnais, le Cameroun compte tr&egrave;s peu de po&egrave;tes ayant atteint ou d&eacute;pass&eacute; la cinquantaine. C&eacute;lestin Monga, (Fragments d&rsquo;un cr&eacute;puscule bless&eacute;, 1990), Paul Dak&eacute;yo (J&rsquo;appartiens au grand jour, 1976 ; Sow&eacute;to, Soleils fusill&eacute;s, 1977), Jean Louis Ndogmo, &OElig;ufs d&rsquo;arc-en-ciel, 1986), Isaac C&eacute;lestin Tch&eacute;ho (Plaies-Travers-Patrie, 1992) pour ne citer que quelques jeunes po&egrave;tes d&rsquo;alors, semblent avoir renonc&eacute; &agrave; la po&eacute;sie comme on renonce &agrave; des jeux d&rsquo;enfant devenus pu&eacute;rils et dont on a pass&eacute; l&rsquo;&acirc;ge. &quot;Les jeunes pousses vertes de la nouvelle po&eacute;sie camerounaise&quot; d&rsquo;alors, selon l&rsquo;expression de Lilyan Kesteloot, ont depuis longtemps renonc&eacute; &agrave; cette &quot;recherche gratuite&quot; qu&rsquo;est la po&eacute;sie, laquelle &quot;ne conf&egrave;re ni dipl&ocirc;me ni situation avantageuse&quot;. A d&eacute;faut de compromettre les situations avantageuses que plusieurs de nos &quot;anciens jeunes&quot; po&egrave;tes ont acquises, la po&eacute;sie, apparemment, pourrait les en distraire. <\/p>\n<p>Pourtant, rien mieux que la po&eacute;sie ne sait explorer l&rsquo;humain et lui dire son &acirc;me. C&rsquo;est dans cette qu&ecirc;te de soi que nous plongeait d&eacute;j&agrave; Patrice Kayo en 1970 et en 1972 &agrave; travers deux petits recueils d&rsquo;une grande densit&eacute; parus chez Pierre Jean Oswald : Hymnes et sagesses et Paroles intimes ; les &eacute;ditions CLE viennent heureusement de les r&eacute;&eacute;diter. On peut aussi d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; se r&eacute;jouir que CLE aie r&eacute;ussi &agrave; obtenir de l&rsquo;une des plus prometteuses des &quot;jeunes pousses&quot; de notre po&eacute;sie d&rsquo;alors, laur&eacute;at d&rsquo;un prix national de po&eacute;sie organis&eacute; par l&rsquo;APEC, Narcisse Mouelle Kombi, de publier, outre son dernier recueil in&eacute;dit, deux de ses pr&eacute;c&eacute;dentes &oelig;uvres de po&eacute;sie parues respectivement sous les titres Traduit de l&rsquo;&eacute;v&eacute;nementiel et Une aube si tragique. <br \/>Mais au-del&agrave; des &oelig;uvres de Kayo et de Mouelle Kombi, c&rsquo;est sur presque toute la production po&eacute;tique d&rsquo;une certaine &eacute;poque qu&rsquo;il faut &eacute;tendre l&rsquo;action de r&eacute;&eacute;dition patrimoniale ; po&egrave;tes de la premi&egrave;re et de la deuxi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration ayant essentiellement publi&eacute; chez des &eacute;diteurs aujourd&rsquo;hui totalement disparus, corps et biens (J.P. Oswald, Silex, Saint Germain de Pr&eacute;s, Semences africaine, etc.) ou produit leurs &oelig;uvres dans des conditions artisanales.<\/p>\n<p><em> Par Marcelin Vounda Etoa* <\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La publication, douze ans apr\u00e8s d&rsquo;un num\u00e9ro sp\u00e9cial de la revue Cultures Sud (n\u00b0164, janvier-mars 2007) consacr\u00e9 aux \u00ab\u00a0Grandes voix\u00a0\u00bb de la po\u00e9sie du Sud o\u00f9 ne figure aucun po\u00e8te camerounais semble avoir donn\u00e9 raison au critique qui pr\u00e9sidait et justifiait le d\u00e9clin de notre po\u00e9sie. &#8211; R&eacute;pondant &agrave; la question : La po&eacute;sie camerounaise [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-3328","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3328","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3328"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3328\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3328"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3328"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3328"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=3328"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}