{"id":3330,"date":"2009-08-09T19:03:15","date_gmt":"2009-08-09T17:03:15","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-08-09T19:03:15","modified_gmt":"2009-08-09T17:03:15","slug":"3330","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3330\/","title":{"rendered":"Hommage : La pens\u00e9e \u00a0\u00bb \u00e9boussienne \u00a0\u00bb au scanner"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Les travaux du c\u00e9l\u00e8bre philosophe sont l&rsquo;objet d&rsquo;une somme int\u00e9ressante dirig\u00e9e par son ami Ambroise Kom. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>De son vivant, le po&egrave;te turc Nazim Hikmet &eacute;crivait : &quot;Le temps est lourd-Je crie, je crie, je crie- Etre captif l&agrave; n&rsquo;est pas la question-Il s&rsquo;agit de ne pas se rendre&quot;. Tout un programme qui depuis a constitu&eacute; des &quot;raisons d&rsquo;esp&eacute;rer&quot; pour tous les penseurs qui, bien qu&rsquo;accul&eacute;s par un quotidien aust&egrave;re, s&#8217;emploient &agrave; d&eacute;velopper des &quot;ruses&quot; pour extirper leurs peuples de la morosit&eacute; et rendre quelque optimisme pour l&rsquo;avenir.<br \/>En parcourant le dernier ouvrage du chercheur Ambroise Kom, on ne peut s&#8217;emp&ecirc;cher de penser &agrave; ces vers. Ce d&rsquo;autant plus que la figure ainsi port&eacute;e &agrave; la lumi&egrave;re se trouve &ecirc;tre &quot;un ma&icirc;tre de la pens&eacute;e&quot; dont l&rsquo;&eacute;rudition n&rsquo;est plus &agrave; d&eacute;montrer tant dans les champs aussi bien philosophique et th&eacute;ologique qui l&rsquo;ont pratiquement g&eacute;n&eacute;r&eacute;, que le champ social qu&rsquo;il n&rsquo;a cess&eacute; de butiner depuis son travail sur le &quot;Bantu probl&eacute;matique&quot; et &quot;La crise du Muntu&quot; il y a maintenant pr&egrave;s de quatre d&eacute;cades.<\/p>\n<p>Ce collectif disponible aux librairies Peuples noirs, Cl&eacute; et Saint-Paul &agrave; Yaound&eacute; sonne comme une sorte d&rsquo;&eacute;valuation du travail de ce penseur, &quot;vigie intellectuelle&quot; dont la silhouette est pourtant famili&egrave;re aux Yaound&eacute;ens qui ne per&ccedil;oivent pas toujours la profondeur d&rsquo;une pens&eacute;e fort dynamique. Une profondeur qui se mesure &agrave; l&rsquo;aune du nombre et de la diversit&eacute; des contributeurs de cette somme. Tant &quot;la philosophie du Muntu&quot; se d&eacute;ploie dans nombre d&rsquo;aspects de la vie.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que quatre parties composent l&rsquo;ouvrage et portent sur la philosophie, la th&eacute;ologie, la pens&eacute;e vis-&agrave;-vis de la soci&eacute;t&eacute; et les t&eacute;moignages. Parties qui sont encadr&eacute;es par trois discours d&rsquo;escorte dont une pr&eacute;face, un prologue et un &eacute;pilogue. Si les deux premi&egrave;res semblent moins p&eacute;n&eacute;trables pour le grand public du fait du caract&egrave;re r&eacute;flexif m&ecirc;me des textes, la troisi&egrave;me et la quatri&egrave;me paraissent plus accessibles. O&ugrave; le lecteur apprend par exemple que &quot;L&rsquo;ironie est &agrave; coup s&ucirc;r une des veines majeures qui irriguent le r&eacute;cit &eacute;boussien&quot; ; que &quot;Elucider, d&eacute;m&ecirc;ler l&rsquo;actualit&eacute; de l&rsquo;&ecirc;tre-au-monde de l&rsquo;Africain postcolonial pour en d&eacute;gager le sens et les d&eacute;fis qui en appellent &agrave; la responsabilit&eacute; historique, telle semble &ecirc;tre la t&acirc;che essentielle que Fabien Eboussi Boulaga assigne &agrave; la philosophie&quot; (Kasereka Kavwahirehi).<\/p>\n<p>Un postulat qui fait de lui &quot;Un entrepreneur de la pens&eacute;e&quot; (Etounga-Manguelle) qui, en pensant &quot;librement (et) autrement&quot; (Dj&eacute;r&eacute;k&eacute;) d&eacute;bouche pour ainsi dire sur des r&eacute;flexions qui d&eacute;signent le chercheur comme une sorte de &quot;mauvaise conscience&quot; collective (Kom). Des r&eacute;flexions qui, confront&eacute;es &agrave; l&rsquo;humilit&eacute; l&eacute;gendaire du chercheur, finissent de nous convaincre, comme il l&rsquo;a dit lui-m&ecirc;me un jour, que &quot;l&rsquo;exp&eacute;rience des cinq ou trois derni&egrave;res d&eacute;cennies, ach&egrave;vent de nous inculquer, dans le sang et les larmes, que la pens&eacute;e est un probl&egrave;me politique o&ugrave; se joue la vie de tous et de chacun, des individus et des collectivit&eacute;s&quot;.<\/p>\n<p>Une pens&eacute;e si f&eacute;conde qu&rsquo;elle s&rsquo;est donn&eacute;e &agrave; voir sous la plume de l&rsquo;infatigable chercheur jusque dans les m&eacute;dias comme l&rsquo;atteste son recueil de textes paru en 1999 sous le titre de &quot;Lignes de r&eacute;sistances&quot;. Un Eboussi m&eacute;ditique que le pr&eacute;sent collectif a un peu ignor&eacute;. Mais on ne pourra point bouder son plaisir &agrave; lire la pr&eacute;sente somme qui s&rsquo;inscrit dans le m&eacute;morial post-mortem que le m&ecirc;me Kom avait commis sur Mongo B&eacute;ti. Des travaux qui resteront dans la m&eacute;moire collective comme des marqueurs importants d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; qui se refuse encore &agrave; &eacute;riger ses penseurs en institution pouvant irriguer de nombreux organismes ou une jeunesse en qu&ecirc;te de rep&egrave;res. Des penseurs qui, comme le dit un proverbe congolais, sculptent dans la sollicitude le tam-tam qui demain fera danser le pays.<\/p>\n<p><em>Parfait Tabapsi<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les travaux du c\u00e9l\u00e8bre philosophe sont l&rsquo;objet d&rsquo;une somme int\u00e9ressante dirig\u00e9e par son ami Ambroise Kom. &#8211; De son vivant, le po&egrave;te turc Nazim Hikmet &eacute;crivait : &quot;Le temps est lourd-Je crie, je crie, je crie- Etre captif l&agrave; n&rsquo;est pas la question-Il s&rsquo;agit de ne pas se rendre&quot;. Tout un programme qui depuis a [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":140,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-3330","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3330","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/140"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3330"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3330\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3330"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3330"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3330"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=3330"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}