{"id":3342,"date":"2009-09-01T17:00:40","date_gmt":"2009-09-01T15:00:40","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-09-01T17:00:40","modified_gmt":"2009-09-01T15:00:40","slug":"3342","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3342\/","title":{"rendered":"Litt\u00e9rature camerounaise : Jalons pour un nouveau d\u00e9part ?"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>En parcourant la trajectoire de la litt\u00e9rature de son pays, Pierre Fandio dessine en filigrane les chantiers incontournables pour un avenir meilleur. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>A la vue du titre de l&rsquo;ouvrage, &quot;La litt&eacute;rature camerounaise dans le champ social&quot;, l&rsquo;observateur averti de la chose litt&eacute;raire au pays de Mongo B&eacute;ti ne peut s&#8217;emp&ecirc;cher de penser aux diff&eacute;rentes contributions du chercheur Pierre Fandio en service &agrave; l&rsquo;Universit&eacute; de Buea. Des contributions au rang desquelles celle qu&rsquo;il fit publier dans le hors s&eacute;rie, deuxi&egrave;me du nom, du mensuel Patrimoine aujourd&rsquo;hui disparu des kiosques. Il revenait alors sur la th&eacute;matique de la &quot;Diffusion et (la) cons&eacute;cration de la litt&eacute;rature nationale &agrave; l&rsquo;&eacute;poque coloniale : le paradoxe camerounais&quot;. Pour mieux &eacute;difier le lecteur sur les balbutiements de la litt&eacute;rature camerounaise ainsi que les premiers &eacute;cueils qui se dress&egrave;rent sur son chemin.<\/p>\n<p>Avec cet ouvrage qui restera sans doute dans les annales comme une contribution d&rsquo;envergure sur la question de la &quot;litt&eacute;rature camerounaise&quot;, l&rsquo;auteur se veut plus critique. Lui qui prom&egrave;ne le lecteur dans les d&eacute;dales de cette notion aux contours souvent n&eacute;buleux pour le grand public avide d&rsquo;en savoir toujours davantage. Car dans cette livraison, M. Fandio a proc&eacute;d&eacute; &agrave; une v&eacute;ritable enqu&ecirc;te litt&eacute;raire qui se positionne comme le prolongement de sa contribution sus-&eacute;voqu&eacute;e. Un prolongement que le lecteur peut observer d&egrave;s l&rsquo;amorce du livre. La table des mati&egrave;res pr&eacute;sente ainsi un travail d&eacute;coup&eacute; en cinq chapitres portant sur autant de p&eacute;riodes de la litt&eacute;rature camerounaise.<\/p>\n<p>Des chapitres qui d&eacute;montent les &eacute;l&eacute;ments qui travaillent &agrave; d&eacute;construire ou &agrave; endiguer la construction d&rsquo;une institution litt&eacute;raire au Cameroun. Dans le hors s&eacute;rie de Patrimoine qui faisait une sorte d&rsquo;&eacute;tat des lieux des &quot;42 ans de la litt&eacute;rature camerounaise&quot;, Ambroise Kom faisait d&eacute;j&agrave; remarquer au micro de Marcelin Vounda Etoa que &quot;Il ne peut pas exister de litt&eacute;rature nationale sans institution&quot;. Sans doute du fait de la nature de l&rsquo;exercice -c&rsquo;&eacute;tait une interview- le chercheur ne put expliciter avec force arguments son point de vue. A la lecture de son coll&egrave;gue, les raisons de cette situation sont pass&eacute;es en revue. Avec m&eacute;ticulosit&eacute; et pr&eacute;cision, l&rsquo;auteur ayant choisi d&rsquo;aller au-del&agrave; des avis de coll&egrave;gues consign&eacute;s dans des revues et autres publications. Lui qui a rencontr&eacute; et &eacute;chang&eacute; avec nombre d&rsquo;acteurs de la cha&icirc;ne du livre de son pays.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;ouvrage fourmille d&rsquo;anecdotes. Ce qui n&rsquo;est pas pour d&eacute;plaire le lecteur qui aurait pu craindre que pareille initiative ne soit plomb&eacute;e par un discours aseptis&eacute; de chercheur. Mieux, Pierre Fandio, dans un &eacute;lan sans doute p&eacute;dagogique, met un point d&rsquo;honneur &agrave; introduire et &agrave; conclure tous les chapitres en plus de l&rsquo;introduction et de la conclusion g&eacute;n&eacute;rales. Un effort que le choix d&rsquo;exiler l&rsquo;ensemble des notes, bien nombreuses et forts int&eacute;ressantes, en fin d&rsquo;ouvrage &agrave; c&ocirc;t&eacute; de la bibliographie g&acirc;che quelque peu. L&rsquo;autre regret r&eacute;side aussi dans l&rsquo;orthographe de certains auteurs bien connus de la place camerounaise par leurs travaux ou leur parcours. On lira ainsi Basseck ba Kobiho ou Fran&ccedil;ois Sengat Kwo tout au long du livre.<\/p>\n<p>Pour le reste, l&rsquo;absence des instituts de formation aux m&eacute;tiers du livre, pourtant promis par Paul Biya d&egrave;s 1983, ainsi que de biblioth&egrave;ques ou de librairies suffisantes constituent autant de pesanteurs qui auront emp&ecirc;ch&eacute; &agrave; l&rsquo;institution litt&eacute;raire camerounaise de ne jamais &quot;r&eacute;unir en m&ecirc;me temps les param&egrave;tres essentiels pour faire du champ litt&eacute;raire national une r&eacute;alit&eacute; endog&egrave;ne et dynamique&quot;. Une litt&eacute;rature qui, bien que commise pour l&rsquo;essentiel depuis l&rsquo;ext&eacute;rieur &agrave; la fin du travail d&rsquo;investigation, c&rsquo;est-&agrave;-dire &agrave; la fin du si&egrave;cle dernier, a depuis quelques ann&eacute;es connu un fr&eacute;missement salutaire au plan local. Surtout pour ce qui est de l&rsquo;&eacute;dition dont les produits sont de plus visibles aussi bien en nombre qu&rsquo;en qualit&eacute;. Ce qui am&egrave;ne le lecteur &agrave; se demander si un nouveau travail n&rsquo;est pas envisageable surtout lorsque l&rsquo;on sait depuis Jacques de Bainville que &quot;Pour comprendre une &eacute;poque, ce n&rsquo;est ni aux actes, ni aux discours publics, ni aux paroles des ministres qu&rsquo;il faut en demander le sens. Seuls les &eacute;crivains d&eacute;gagent et fixent l&rsquo;id&eacute;e g&eacute;n&eacute;rales des &eacute;v&eacute;nements&quot;.<\/p>\n<p><em>Parfait Tabapsi<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En parcourant la trajectoire de la litt\u00e9rature de son pays, Pierre Fandio dessine en filigrane les chantiers incontournables pour un avenir meilleur. &#8211; A la vue du titre de l&rsquo;ouvrage, &quot;La litt&eacute;rature camerounaise dans le champ social&quot;, l&rsquo;observateur averti de la chose litt&eacute;raire au pays de Mongo B&eacute;ti ne peut s&#8217;emp&ecirc;cher de penser aux diff&eacute;rentes [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":140,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-3342","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3342","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/140"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3342"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3342\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3342"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3342"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3342"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=3342"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}