{"id":3356,"date":"2009-09-04T13:39:58","date_gmt":"2009-09-04T11:39:58","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-09-04T13:39:58","modified_gmt":"2009-09-04T11:39:58","slug":"3356","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3356\/","title":{"rendered":"Charlotte Dipanda : \u00a0\u00bb J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9cumer les cabarets vers l\u2019\u00e2ge de 15 ans \u00ab\u00a0"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Nous recevons une personnalit\u00e9 qui sera probablement une future grande dame de la musique camerounaise et africaine.<br \/>\n &#8211; <\/p>\n<h4 align=\"justify\">Elle a choisi tr&egrave;s t&ocirc;t de se consacrer &agrave; la musique sous la houlette d&rsquo;un&nbsp; mentor : Jeannot Hens, aujourd&rsquo;hui d&eacute;c&eacute;d&eacute;. Un d&eacute;but &aacute; l&rsquo;&acirc;ge de 14 ans dans des cabarets de la ville de Douala. Puis un d&eacute;part, il y a huit, pour la France afin de voir d&rsquo;autres horizons et s&rsquo;ouvrir &aacute; d&rsquo;autres courants musicaux. Puis un grand retour avec un premier Album Mispa &hellip;Charlotte Dipanda &eacute;tait invit&eacute;e, il y a quelques mois, dans l&rsquo;&eacute;mission &ldquo;Entretien&rdquo;, qui est diffus&eacute;e tous les jeudis&nbsp; &agrave; 22 heures sur STV2<\/h4>\n<p align=\"justify\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" data-expand=\"600\" class=\"lazyload\" hspace=\"6\" height=\"225\" border=\"0\" width=\"288\" title=\"Image\" alt=\"Image\" style=\"float: left;\" src=\"data:image\/svg+xml;charset=utf-8,%3Csvg xmlns%3D'http%3A%2F%2Fwww.w3.org%2F2000%2Fsvg' viewBox%3D'0 0 288 225'%2F%3E\" data-src=\"http:\/\/www.lejourquotidien.info\/images\/stories\/images\/charlotte%20dipanda_423.jpg\" \/><\/p>\n<div align=\"justify\"><strong>Vous avez choisi Mispa comme titre de votre album. C&rsquo;est le nom de votre grand-m&egrave;re. Est-ce elle qui vous a &eacute;lev&eacute; ? <\/strong><br \/>Tout &agrave; fait! Ma m&egrave;re nous a eus tr&egrave;s jeune et ma grand-m&egrave;re a un peu r&eacute;cup&eacute;r&eacute; les enfants de tout le monde (mes tantes et oncles), voil&agrave; comment on s&rsquo;est tous retrouv&eacute;s &aacute; vivre chez les grands parents.<\/p>\n<p><strong>Comment &eacute;tait-elle avec vous, plut&ocirc;t s&eacute;v&egrave;re ou &laquo; m&egrave;re poule &raquo; dans l&rsquo;&eacute;ducation qu&rsquo;elle vous a donn&eacute;e ?<\/strong><br \/>Je dirais plut&ocirc;t &laquo; grand-m&egrave;re poule &raquo; ! Elle savait parfaitement temp&eacute;rer les tensions qu&rsquo;il pouvait y avoir entre m&egrave;re et fille.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi les relations &eacute;taient-elles conflictuelles avec votre m&egrave;re, est-ce parce que vous avez choisi de faire de la musique tr&egrave;s t&ocirc;t?<\/strong><br \/>Oui ! J&rsquo;ai commenc&eacute; &agrave; me passionner pour la musique tr&egrave;s t&ocirc;t. C&rsquo;est tout &agrave; fait compr&eacute;hensible qu&rsquo;une m&egrave;re, &agrave; cette &eacute;poque, n&rsquo;accepte pas que sa fille de 13 ans puisse vouloir quitter l&rsquo;&eacute;cole pour faire de la musique.<\/p>\n<p><strong>Mais d&rsquo;o&ugrave; vous vient cette passion?<\/strong><br \/>Ce qui est paradoxal est que mes oncles jouaient &agrave; des instruments de musique, ma grand-m&egrave;re et m&ecirc;me ma m&egrave;re chantaient peut-&ecirc;tre, mais ne le faisaient pas de mani&egrave;re tr&egrave;s professionnelle. Et moi je d&eacute;barque, je ne veux que faire de la musique. En fait, je trouvais l&rsquo;&eacute;cole un peu ennuyeuse ! Les maths trop compliqu&eacute;es, la philosophie, je ne comprenais que dalle ! Alors j&rsquo;ai pr&eacute;f&eacute;r&eacute; chanter &agrave;&nbsp; aller &agrave; l&rsquo;&eacute;cole.<br \/><strong><br \/>Il semble que vous commencez &agrave; chanter dans les cabarets, tr&egrave;s jeune&hellip;<\/strong><br \/>J&rsquo;ai commenc&eacute; &agrave; &eacute;cumer les cabarets vers l&rsquo;&acirc;ge de 15 ans.<br \/><strong><br \/>Qui vous y a entra&icirc;n&eacute;e ? <\/strong><br \/>Je n&rsquo;avais pas besoin d&rsquo;&ecirc;tre entrain&eacute;e &hellip;Il faut savoir que j&rsquo;ai fait mes &eacute;tudes &agrave; l&rsquo;Ouest, &agrave; Mbouda, chez un oncle policier. Pendant les vacances, je suis arriv&eacute;e &agrave; Douala et je n&rsquo;ai plus eu envie de retourner &agrave; l&rsquo;Ouest. L&agrave;-bas, je n&rsquo;avais que la possibilit&eacute; d&rsquo;aller chanter &agrave; l&rsquo;&eacute;glise, le dimanche. J&rsquo;avais envie de m&rsquo;y int&eacute;resser plus s&eacute;rieusement. Et j&rsquo;arrive donc ces vacances, c&rsquo;&eacute;tait lors de la c&eacute;l&eacute;bration de la f&ecirc;te de la musique et je d&eacute;cide d&rsquo;aller &agrave; la manifestation la plus proche de mon quartier, &agrave; la Salle des f&ecirc;tes d&rsquo;Akwa. Je d&eacute;couvre la sc&egrave;ne, le public. Je rencontre un groupe de jeunes rappeurs camerounais qui r&eacute;p&eacute;tait une chanson qu&rsquo;ils &eacute;taient cens&eacute;s chanter. Ils mimaient une m&eacute;lodie et je me suis dit qu&rsquo;il leur manquait quelque chose ! Je leur propose une voix f&eacute;minine et, spontan&eacute;ment, je vais apprendre leur refrain. Voil&agrave; comment je me retrouve en train de me produire &agrave; la f&ecirc;te de la musique, de fa&ccedil;on hasardeuse. Et nous remportons le premier prix.<\/p>\n<p><strong>Etait-ce gr&acirc;ce &agrave; vous ?<\/strong><br \/>Je ne sais pas ! Peut &ecirc;tre !<\/p>\n<p><strong>Comment vous retrouvez-vous &agrave; jouer dans des cabarets ensuite?<\/strong><br \/>Je me retrouve dans les cabarets gr&acirc;ce &agrave; un artiste : Longu&egrave; Longu&egrave;. A chaque &eacute;dition de la f&ecirc;te de la musique, c&rsquo;est lui qui gagnait. C&rsquo;est Longu&egrave; Longu&egrave; qui me parle pour la premi&egrave;re fois de chanter en cabaret et, &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, il chantait dans un endroit qui s&rsquo;appelle Echos de Bonanjo, qui n&rsquo;&eacute;tait pas vraiment un cabaret, mais un endroit o&ugrave; on pouvait chanter de 17h &agrave; 20h donc. Il se dit que j&rsquo;aurais le temps d&rsquo;aller &agrave; l&rsquo;&eacute;cole. Il m&rsquo;y emm&egrave;ne et je me souviens que j&rsquo;&eacute;tais au lyc&eacute;e Joss. A la fin des cours, j&rsquo;enlevais juste le haut de ma tenue, puis je devenais une jeune fille normale.<br \/><strong><br \/>Qu&rsquo;est-ce que vos parents pensaient de tout cela ?<\/strong><br \/>Le souvenir que j&rsquo;ai est que tr&egrave;s peu de personnes m&rsquo;ont soutenue dans cette d&eacute;marche-l&agrave; ! Personne ne semblait comprendre que c&rsquo;&eacute;tait ce que je voulais faire. Ma m&egrave;re m&rsquo;a dit d&rsquo;arr&ecirc;ter, mais il a fallu que je fasse un choix.<\/p>\n<p><strong>Gagniez-vous bien votre vie en chantant dans les cabarets ?<\/strong><br \/>Pas grand-chose, en plus, je faisais cela par passion ! <\/p>\n<p><strong>Quel type de musique vous interpr&eacute;tiez ?<\/strong><br \/>C&eacute;line Dion, Mariah Carey, Tony Braxton et il faut dire que j&rsquo;&eacute;tais branch&eacute;e vari&eacute;t&eacute;s am&eacute;ricaines, comme tous les jeunes au lyc&eacute;e &agrave; cette &eacute;poque l&agrave;.<\/p>\n<p><strong>Au total, combien de temps vous passez en cabaret ?<\/strong><br \/>Presque trois ans ! Je chantais &agrave; Douala et un peu &agrave; Yaound&eacute;, apr&egrave;s que l&rsquo;album avec Jeannot Hens est sorti.<\/p>\n<p><strong>Justement, comment est-ce que vous rencontrez Jeannot Hens ?<\/strong><br \/>Les jeunes hommes avec lesquels je squattais la sc&egrave;ne du 21 juin pour la f&ecirc;te de la musique, ce sont eux qui me parlent de Jeannot Hens pour la premi&egrave;re fois. Il pr&eacute;parait son album et il avait besoin d&rsquo;une voix pour faire les ch&oelig;urs, et ils me disent que ce serait l&rsquo;occasion de flirter avec l&rsquo;univers du studio, vu que je commen&ccedil;ais &agrave; peine. Et &agrave; l&rsquo;&eacute;poque, Jeannot &eacute;tait un guitariste tr&egrave;s dou&eacute;, qui travaillait avec Petit Pays et son groupe les Sans visa.<\/div>\n<div align=\"justify\">&nbsp;<\/div>\n<div align=\"justify\"><strong>Est-ce que lui ne pr&eacute;f&eacute;rait pas chanter ?<\/strong><br \/>En fait, quand il fait appel &agrave; moi, c&rsquo;est vraiment pour faire les ch&oelig;urs et il chante lui-m&ecirc;me ses chansons .Quand on arrive chez lui, il est assis sur son lit et il joue &agrave; la guitare, moi je tombe donc sous le charme de sa m&eacute;lodie&hellip;Je rencontrais un mec assez introverti jouant magnifiquement &agrave; la guitare et,&nbsp; tout de suite, j&rsquo;ai eu envie de travailler avec lui &hellip;<\/p>\n<p><strong>Comment se fait-il que Jeannot qui souhaite chanter lui-m&ecirc;me ses chansons se retrouve en train de vous laisser la place, parce que&nbsp; c&rsquo;est vous qui faites la voix principale au final&#8230;<\/strong><br \/>Jeannot pr&eacute;parait cet album depuis deux ans pratiquement. Il se trouve qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;tait pas encore tomb&eacute; d&rsquo;accord avec son producteur, qui est Pascal Embon. Pendant les r&eacute;p&eacute;titions, je me suis permise de faire les voix lead en m&rsquo;amusant et j&rsquo;ai appris, par la suite, que je pourrais peut- &ecirc;tre chanter la voix principale. C&rsquo;est finalement de cette mani&egrave;re que je ferai donc la voix principale.<\/p>\n<p><strong>Il faut dire que l&rsquo;album a &eacute;t&eacute; un succ&egrave;s mais pensez-vous que la promotion a &eacute;t&eacute; bonne, est-ce que cet album vous a lanc&eacute;e ?<\/strong><br \/>Je pense que cet album s&rsquo;est fait une petite sant&eacute; naturellement ! C&rsquo;est vrai qu&rsquo;on a fait de la promotion, mais j&rsquo;envisageais d&eacute;j&agrave; de partir du Cameroun et ce n&rsquo;&eacute;tait pas &eacute;vident pour moi de suivre Jeannot en concert. En fait, quand j&rsquo;ai accept&eacute; la collaboration, j&rsquo;ai pens&eacute; m&rsquo;approprier inconsciemment l&rsquo;album mais, ce n&rsquo;&eacute;tait pas le cas, malheureusement : il &eacute;tait &agrave; Jeannot Hens. Je crois que tous les deux on a sous-estim&eacute; cet album. Il passe &agrave; la radio et tout le monde dit que le nouvel album de Jeannot Hens. Cependant, on entendait une voix de femme, raison pour laquelle quelques journalistes et animateurs prennent l&rsquo;initiative de pr&eacute;senter Charlotte Dipanda, via cet album-l&agrave;. Et on peut dire que cela a cr&eacute;&eacute; de petits probl&egrave;mes entre nous. <\/p>\n<p><strong>Sur le plan financier, est-ce que l&rsquo;on peut dire que l&rsquo;album vous a apport&eacute; quelques avantages ?<\/strong><br \/>Oui, un peu. Mais ce qui m&rsquo;int&eacute;ressait, ce n&rsquo;&eacute;tait pas l&rsquo;aspect financier. Cela m&rsquo;importait peu. Je voyais cette aventure bien au-del&agrave;.<br \/><strong><br \/>N&rsquo;avez-vous pas &eacute;t&eacute; abus&eacute;e&nbsp; par le producteur ?<\/strong><br \/>Non, pas du tout !<br \/><strong><br \/>Parmi les titres qui vous ont fait conna&icirc;tre il y a, entre autres, Ndando et Longu&egrave; : de quoi parlent-ils ?<\/strong><br \/>Ndando parle de discrimination.&nbsp; Dans cette chanson, Jeannot dit : &laquo; je n&rsquo;ai pas d&rsquo;amis parce que je n&rsquo;ai pas d&rsquo;argent, je ne repr&eacute;sente rien&hellip; &raquo;.&nbsp; Longu&egrave;, c&rsquo;est une chanson qui donne des conseils &agrave; une jeune fille qui est presque en train de s&rsquo;&eacute;garer.<br \/><strong><br \/>Est-ce que vous vous reconnaissez dans ce portrait ?<\/strong><br \/>Pas du tout ! Moi j&rsquo;ai toujours &eacute;cout&eacute;&nbsp; les conseils.<br \/><strong><br \/>Ces titres, vous avez souhait&eacute; les reprendre dans votre premier album, Mispa, pourquoi ?<\/strong><br \/>Simplement pour rendre hommage &agrave; celui qui m&rsquo;a tenu la main. Pour moi, cela me paraissait naturel et j&rsquo;avais l&rsquo;impression que le projet avec Jeannot n&rsquo;&eacute;tait pas achev&eacute;. Donc, j&rsquo;ai voulu, &agrave; travers cet album, faire des concerts comme je n&rsquo;avais pas pu le faire, afin que tout le monde vive l&rsquo;&eacute;motion de la chanson et surtout pour que Jeannot continue &agrave; vivre. <\/p>\n<p><strong>Au moment o&ugrave; sort cet album avec Jeannot Hens, vous d&eacute;cidez de partir. Qu&rsquo;est-ce qui vous pousse &agrave; partir et dans quelles conditions partez-vous ?<\/strong><br \/>Je pars parce que j&rsquo;avais l&rsquo;impression d&rsquo;avoir d&eacute;j&agrave; fait le tour. J&rsquo;&eacute;tais toujours &agrave; la recherche de quelque chose, j&rsquo;avais envie de grandir. Il faut dire que le cabaret a quelque chose de sp&eacute;cial. C&rsquo;est que, tous les soirs, vous chantez les m&ecirc;mes chansons pendant un bon nombre d&rsquo;ann&eacute;es. A un moment donn&eacute;, cela devient monotone surtout pour ceux qui ont de l&rsquo;ambition. Je pars parce que je rencontre d&rsquo;autres artistes qui me proposent de faire autre chose : des concerts, je me rends compte que c&rsquo;est tr&egrave;s enrichissant. <\/p>\n<p><strong>Pourquoi avoir choisi la France pour destination, alors que votre m&egrave;re vit aux Etats-Unis ?<\/strong><br \/>Je choisis la France pour la &laquo; proximit&eacute; &raquo;. Pour moi, l&rsquo;Am&eacute;rique c&rsquo;&eacute;tait trop loin. J&rsquo;estimais aussi que la France, c&rsquo;&eacute;tait le carrefour des musiques du monde et j&rsquo;aurai peut-&ecirc;tre plus de chance l&agrave;-bas.<br \/><strong><br \/>Est-ce vrai que Lokua Kanza a jou&eacute; un r&ocirc;le dans votre d&eacute;cision de partir ? <\/strong><br \/>Oui, tout &agrave; fait ! Je le rencontre, de fa&ccedil;on inopin&eacute;e, un soir au cabaret. Il &eacute;tait venu au Cameroun pour un concert et il &eacute;tait question qu&rsquo;il recrute deux choristes sur place. Ce qui fait qu&rsquo;il &eacute;cumait un peu tous les cabarets. Apr&egrave;s mon tour de chant- c&rsquo;&eacute;tait au S&eacute;nat-, je descends et je vais m&rsquo;asseoir pr&egrave;s des autres artistes. Lui, il &eacute;tait d&eacute;j&agrave; install&eacute;. Il me regarde et me complimente sur ma fa&ccedil;on de chanter et je crois que, sur le coup, j&rsquo;ai rougi ! Apr&egrave;s, il nous propose de boire un pot avec les autres musiciens et c&rsquo;est ainsi que, Bill Muicha et moi, il nous choisit pour l&rsquo;accompagner. Au cours de nos discussions, il me fait r&eacute;aliser indirectement qu&rsquo;il y a plus de possibilit&eacute;s ailleurs&hellip;Par la suite, le cabaret &agrave; Douala ne m&rsquo;int&eacute;ressait plus vraiment. Alors, je d&eacute;cide de partir &agrave; Yaound&eacute;, o&ugrave; je chante au Kaba Ngondo.<\/p>\n<p><strong>Avez-vous de la famille et qui vous accueille en France ?<\/strong><br \/>Quand j&rsquo;arrive, je vais voir une grande cousine que je ne connais pas personnellement, mais dont je connais les fr&egrave;res et s&oelig;urs qui sont au Cameroun. Je constate que c&rsquo;est tellement diff&eacute;rent de ce que l&rsquo;on peut imaginer. Tout est diff&eacute;rent ! Le climat, les m&oelig;urs &hellip;et, avec le temps, je me demandais si c&rsquo;&eacute;tait finalement une bonne id&eacute;e ! Peu apr&egrave;s,&nbsp; j&rsquo;appelle Lokua et il m&rsquo;invite, naturellement. A l&rsquo;&eacute;poque, il habitait en banlieue parisienne et avait un studio d&rsquo;enregistrement chez lui, o&ugrave; il pr&eacute;parait l&rsquo;album de Papa Wemba &hellip;C&rsquo;&eacute;tait magnifique ! Ayant vu comment je mimais un tout petit peu alors, il me demande si je n&rsquo;ai pas envie de poser une voix sur l&rsquo;album qui n&rsquo;est pas encore fini. Finalement, je fais les ch&oelig;urs dans cet album et une voix lead avec papa Wemba. Je me rends donc compte que c&rsquo;est une opportunit&eacute; en or ! <br \/><strong><br \/>Dans le milieu musical camerounais, il y a quand m&ecirc;me quelques vieux t&eacute;nors. Avez-vous &eacute;t&eacute; encadr&eacute;e par les anciens ?<\/strong><br \/>Pas vraiment ! Les anciens, ils nous encadrent et ils ont leur d&eacute;finition de l&rsquo;encadrement. J&rsquo;ai subi beaucoup de bizutage&hellip; Mais apr&egrave;s, il m&rsquo;est arriv&eacute; de travailler pour des artistes c&eacute;l&egrave;bres comme Manu Dibango, Rokia Traor&eacute;, Lokua, Alpha Blondy, avec lequel j&rsquo;ai fait des sc&egrave;nes aussi, sans oublier Axelle Red.<\/p>\n<p><strong>Vous avez aussi travaill&eacute; avec des Chinois, des Malgaches, etc. Comment cela se passe, comment arrivez vous &agrave; g&eacute;rez tous ses rythmes ?<\/strong><br \/>Vous savez, ce n&rsquo;est pas facile, mais, c&rsquo;est mon m&eacute;tier ! La musique a un langage universel, sauf, peut-&ecirc;tre, au niveau de la langue. Mais les codes sont les m&ecirc;mes. Pour moi, c&rsquo;est tr&egrave;s enrichissant. C&rsquo;est un exercice que je prends beaucoup de plaisir &agrave; faire. Surtout que c&rsquo;est un milieu o&ugrave; la comp&eacute;tition est tr&egrave;s rude.<\/p>\n<p><strong>Cette fois-ci,&nbsp; puisque vous &ecirc;tes sollicit&eacute;e, gagnez-vous bien votre vie ?<\/strong><br \/>Oui, c&rsquo;est le cas.<\/p>\n<p>Quand est- ce que vous d&eacute;cidez de faire votre premier album solo ?<br \/>C&rsquo;est quand mon fils na&icirc;t ! Je n&rsquo;avais plus envie de faire la choriste. Je me suis dit qu&rsquo;un jour, je devrais mieux, lui expliquer mon travail. Alors, j&rsquo;ai eu envie de m&rsquo;affirmer ; d&eacute;j&agrave; en tant que m&egrave;re, mais aussi en tant que chanteuse.<\/p>\n<p><strong>Votre premier album est intitul&eacute; Mispa, c&rsquo;est en hommage &agrave; votre grand-m&egrave;re. Quelles ont &eacute;t&eacute; les conditions techniques&nbsp; de sa r&eacute;alisation ?<\/strong><br \/>L&rsquo;enregistrement nous a pris environ deux mois, mais, la composition, un peu plus de temps. J&rsquo;ai travaill&eacute; avec Julien Pestre, Guy N&rsquo;sangu&egrave; (le bassiste des Kassav), mon arrangeur et r&eacute;alisateur. Douze titres, dont deux repris en hommage &agrave; Jeannot Hens. Il y a des ballades acoustiques et des titres qui sonnent un peu afro-jazz-rock. On a beaucoup m&eacute;lang&eacute; les sonorit&eacute;s. D&rsquo;ailleurs, je crois que je vais vous chanter le titre Mbasan, qui est une histoire d&rsquo;amour&hellip;<\/p>\n<p><strong>Il y a quelques mois, vous avez donn&eacute; deux concerts au Centre culturel fran&ccedil;ais de Douala et un hommage vous a &eacute;t&eacute; rendu par la Gabonaise Annie Flore Batchielilys ; il parait que vous avez pleur&eacute;. Vous avez la larme facile ?<\/strong><br \/>Oui, c&rsquo;est mon c&ocirc;t&eacute; humain. En fait, Annie Flore vient &agrave; mon concert et je me rappelle qu&rsquo;il y a quelques mois, j&rsquo;allais la soutenir &agrave; l&rsquo;Olympia &agrave; Paris et j&rsquo;admirais son concert. Donc, c&rsquo;&eacute;tait un honneur pour moi de la voir &agrave; mon concert. C&rsquo;&eacute;tait &eacute;norme et, en plus, je ne savais pas qu&rsquo;elle devait &ecirc;tre l&agrave;.<\/p>\n<p><strong>&Ecirc;tes-vous satisfaite de cette premi&egrave;re sortie sur le Cameroun ?<\/strong><br \/>Oui, surtout le fait que ce soit inattendu, pas pr&eacute;m&eacute;dit&eacute;. Je continue de vivre ce moment que m&rsquo;a offert le public de mon pays. Le disque est sorti en Europe le 18 mai et je suis partie plus forte et plus confiante, vu l&rsquo;accueil que j&rsquo;ai eu ici.<br \/><strong><br \/>Etait-ce important pour vous ce retour &agrave; la maison (Cameroun) ?<\/strong><br \/>Oui, car il fallait que je retourne chez moi t&acirc;ter le terrain et me rendre compte que j&rsquo;ai une vraie force ici ! Je venais en me disant que j&rsquo;esp&egrave;re que l&rsquo;on suivra mon regard, que l&rsquo;on comprendra mes styles. Je me suis rendue compte qu&rsquo;on parle la m&ecirc;me langue et, pour moi, c&rsquo;&eacute;tait vachement important !<\/p>\n<p><strong>Vous revenez en pr&eacute;lude &agrave; l&rsquo;inauguration du Palais des sports pour un autre concert, comment sont li&eacute;s ces &eacute;v&egrave;nements l&agrave; ?<\/strong><br \/>Il y a un grand monsieur qui arrive pour le concert &agrave; Douala, c&rsquo;est Ferdinand Nana Payong, qui suit ma carri&egrave;re depuis longtemps et qui y a contribu&eacute; &eacute;norm&eacute;ment. J&rsquo;ai, par ailleurs, jou&eacute; dans un cabaret, le Kaba Ngondo, dont il &eacute;tait le patron. Je l&rsquo;ai vu ce soir et, avec la coop&eacute;ration d&rsquo;Abraham, qui est un peu mon attach&eacute; de presse ici, on lui propose de pr&eacute;senter cette soir&eacute;e-l&agrave;. Voil&agrave; comment Ferdinand Nana Payong, naturellement, comme il s&rsquo;occupe de l&rsquo;inauguration du Palais des sports, a fait appel &agrave; moi pour que je pr&eacute;sente cet album au public de Yaound&eacute;.<\/p>\n<p><strong>Avez-vous quand m&ecirc;me eu l&rsquo;occasion de visiter le Palais des sports en question ?<\/strong><br \/>Oui, je l&rsquo;ai trouv&eacute; splendide ! Je crois que j&rsquo;ai une longueur d&rsquo;avance sur ceux qui ne sont pas encore all&eacute;s le voir. Le sentiment g&eacute;n&eacute;ral que j&rsquo;ai eu l&agrave;-bas &eacute;tait que j&rsquo;avais l&rsquo;impression de ne pas du tout &ecirc;tre au Cameroun, j&rsquo;&eacute;tais fi&egrave;re de me dire que nous pouvons avoir ce genre d&rsquo;endroit au Cameroun. C&rsquo;est beau, c&rsquo;est concret !<\/p>\n<p><strong>Vous vous &ecirc;tes &eacute;galement produite au Palais des congr&egrave;s de Yaound&eacute;, qu&rsquo;attendiez-vous de ce spectacle l&agrave; ?<\/strong><br \/>Yaound&eacute;, c&rsquo;est un public que je connaissais tr&egrave;s peu, parce que j&rsquo;ai plus &eacute;t&eacute; une fille de Douala. J&rsquo;&eacute;tais curieuse de savoir ce que le public de Yaound&eacute; pensait de moi, j&rsquo;&eacute;tais tr&egrave;s confiante, surtout au vu de l&rsquo;engouement que cela a suscit&eacute; dans les m&eacute;dias aussi.&nbsp; Le fait que j&rsquo;ai &eacute;t&eacute; bien accueillie &agrave; Yaound&eacute; m&rsquo;a beaucoup rassur&eacute;e et je me suis alors dit que je ne suis pas, tant que cela, une &eacute;trang&egrave;re pour ce public-l&agrave;. Il faut dire que les milliers de spectateurs qui sont venus au Palais des congr&egrave;s n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; d&eacute;&ccedil;us !<\/p>\n<p><strong>Puisque, maintenant, vous &ecirc;tes pass&eacute;e de l&rsquo;autre cot&eacute;, est-ce que vous pensez abandonner les ch&oelig;urs ?<\/strong><br \/>Je me suis rendue compte que c&rsquo;est quelque chose que j&rsquo;aime fondamentalement faire, accompagner les autres artistes.&nbsp; Je n&rsquo;aurai peut-&ecirc;tre plus la m&ecirc;me disponibilit&eacute;, mais, &agrave; chaque fois que j&rsquo;en aurais l&rsquo;occasion, je le ferai volontiers ! <\/p>\n<p><strong>Peut-&ecirc;tre maintenant, en tant qu&rsquo;artiste confirm&eacute;e, vous allez &eacute;lever les standards, en termes de cachet&#8230;<\/strong><br \/>Vous comprenez mieux !<br \/><strong><br \/>Quel artiste, avec lequel vous avez travaill&eacute;, vous a le plus marqu&eacute; ?<\/strong><br \/>Je dirais Lokua Kanza. Et il est possible que l&rsquo;on sente des influences de sa musique dans mon album. Je sais et je suis s&ucirc;re que tous les Camerounais l&rsquo;appr&eacute;cient et continueront de le savourer.&nbsp; C&rsquo;est tout ce qu&rsquo;un artiste peut demander ! <\/p>\n<div align=\"right\"><strong>Propos recueillis par <\/strong><br \/><strong>Thierry Ngogang<br \/>Source : Le Jour<\/strong><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nous recevons une personnalit\u00e9 qui sera probablement une future grande dame de la musique camerounaise et africaine. &#8211; Elle a choisi tr&egrave;s t&ocirc;t de se consacrer &agrave; la musique sous la houlette d&rsquo;un&nbsp; mentor : Jeannot Hens, aujourd&rsquo;hui d&eacute;c&eacute;d&eacute;. Un d&eacute;but &aacute; l&rsquo;&acirc;ge de 14 ans dans des cabarets de la ville de Douala. 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