{"id":3360,"date":"2009-09-04T13:50:43","date_gmt":"2009-09-04T11:50:43","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-09-04T13:50:43","modified_gmt":"2009-09-04T11:50:43","slug":"3360","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3360\/","title":{"rendered":"Sortir la langue bafoussam de l\u2019oralit\u00e9"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Pour ce faire, Dieudonn\u00e9 Toukam propose un syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture de ce parler de l\u2019Ouest Cameroun.<br \/>\n &#8211; <\/p>\n<h4 align=\"justify\"><\/h4>\n<p align=\"justify\">Son livre ne pouvait pas mieux tomber qu&rsquo;au moment o&ugrave; l&rsquo;appropriation des langues nationales int&eacute;resse les pouvoirs publics. Int&eacute;r&ecirc;t qui a abouti &agrave; la cr&eacute;ation, cette ann&eacute;e, d&rsquo;une fili&egrave;re langue nationale &agrave; l&rsquo;Ecole normale sup&eacute;rieure de Yaound&eacute;. Dans cet ouvrage de 255 pages paru en 2009 aux &eacute;ditions l&rsquo;Harmattan, Dieudonn&eacute; Toukam ambitionne de codifier &agrave; la fois le parler et l&rsquo;&eacute;crit de la langue qu&rsquo;il appelle le &laquo; bamil&eacute;k&eacute;-bafoussam &raquo;. <\/p>\n<p>Pour justifier le choix de cette langue comme objet d&rsquo;&eacute;tude, Dieudonn&eacute; Toukam &eacute;crit que &laquo; le bamil&eacute;l&eacute;-bafoussam est la langue bamil&eacute;k&eacute; de base &raquo;, elle a engendr&eacute; des ramifications dialectales qui constituent les cinq sous-groupes dialectaux que sont le gham&rsquo;a-lah, le medumba, le yemba, le ngoma&rsquo;a et la f&egrave;-f&egrave;&egrave;. Avant d&rsquo;entrer dans la linguistique proprement dite, l&rsquo;auteur fait une br&egrave;ve pr&eacute;sentation de cette langue parl&eacute;e par le peuple du m&ecirc;me nom, dans la r&eacute;gion de l&rsquo;Ouest du Cameroun.&nbsp; <br \/> Pour lui, cette langue est n&eacute;e d&rsquo;une &laquo; langue bamil&eacute;k&eacute; unique &raquo; que parlaient les premiers Bamil&eacute;k&eacute;s qui se sont install&eacute;s dans la plaine Tikar vers les ann&eacute;es 1200, en provenance d&rsquo;Egypte. Malgr&eacute; sa primaut&eacute;, le bamil&eacute;k&eacute;-bafoussam demeure dans l&rsquo;oralit&eacute; car manque de syst&egrave;me d&rsquo;&eacute;criture codifi&eacute;. C&rsquo;est dans contexte que, dans le premier chapitre de son livre, l&rsquo;auteur propose une graphie et une grammaire harmonis&eacute;e de ce parler. Alphabet de 33 lettres, vocabulaire accompagn&eacute; d&rsquo;une transcription phon&eacute;tique, &eacute;bauche de grammaire, conjugaison des verbes, sont autant de le&ccedil;ons destin&eacute;s au lecteur. Enseignements agr&eacute;ment&eacute;s ici et l&agrave; par des contes et proverbes. <br \/> Pour Dieudonn&eacute; Toukam, le bamil&eacute;k&eacute;-bafoussam n&rsquo;est pas un patois (&laquo; parler propre &agrave; une r&eacute;gion limit&eacute;e, &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur d&rsquo;un dialecte &raquo;), loin s&rsquo;en faut. Il n&rsquo;est pas non plus un dialecte (&laquo; vari&eacute;t&eacute; r&eacute;gionale d&rsquo;une langue &raquo;). Mais une langue qui poss&egrave;de un &laquo; ensemble de signes constituant un syst&egrave;me de forme et de sens et servant de v&eacute;hicule &agrave; la communication &raquo;. Pour convaincre de l&rsquo;opportunit&eacute; de son &eacute;tude, l&rsquo;auteur mart&egrave;le : &laquo; Imaginez-vous un village dont les natifs ne comprennent ni ne parlent la langue du terroir. In&eacute;luctablement, ce village perdra, au fil de nombreuses d&eacute;cennies, ce qui est sa marque distinctive avec d&rsquo;autres villages : sa langue et, avec elle, sa culture &raquo;. Aussi est-il temps que &laquo; la langue bamil&eacute;l&eacute;-bafoussam ait d&eacute;sormais une &eacute;criture et que le natif du village en question exprime enfin mieux ses particularit&eacute;s culturelles &raquo;. <br \/> En conclusion, Dieudonn&eacute; Toukam recommande l&rsquo;&laquo;&eacute;laboration d&rsquo;un dictionnaire et d&rsquo;une grammaire pour chaque dialecte bamil&eacute;k&eacute;, puis un dictionnaire et une grammaire harmonis&eacute;e pour toutes ces langues constitu&eacute;es en groupe &raquo;, pour que naisse de ses cendres le &laquo; bamil&eacute;l&eacute; &raquo;. N&eacute; &agrave; Bafoussam en 1972, Dieudonn&eacute; Toukam est titulaire d&rsquo;un master en traduction obtenu &agrave; l&rsquo;Advanced school of translators and interpreters de l&rsquo;universit&eacute; de Buea.<br \/> <strong><br \/><\/strong><strong> Dieudonn&eacute; Toukam<\/strong><br \/><strong> Parlons Bamil&eacute;l&eacute; : langue et culture de Bafoussam<\/strong><br \/><strong> Ed. L&rsquo;Harmattan<\/strong><br \/><strong> Paris, 2008<\/strong><br \/><strong> 255 pages.<\/p>\n<p><\/strong><span class=\"small\">St&eacute;phanie Dongmo\t<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour ce faire, Dieudonn\u00e9 Toukam propose un syst\u00e8me d\u2019\u00e9criture de ce parler de l\u2019Ouest Cameroun. &#8211; Son livre ne pouvait pas mieux tomber qu&rsquo;au moment o&ugrave; l&rsquo;appropriation des langues nationales int&eacute;resse les pouvoirs publics. 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Dans cet [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-3360","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3360","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3360"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3360\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3360"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3360"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3360"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=3360"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}