{"id":3362,"date":"2009-09-14T18:53:46","date_gmt":"2009-09-14T16:53:46","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-09-14T18:53:46","modified_gmt":"2009-09-14T16:53:46","slug":"3362","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3362\/","title":{"rendered":"Livres : Marcel Kemadjou raconte le sous-quartier"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Le po\u00e8te vient de commettre chez Ifrikiya un recueil qui bouscule les habitudes de la narration de fiction. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Le journalisme offre depuis quelques ann&eacute;es un champ int&eacute;ressant pour les techniques de narration de faits v&eacute;cus. Les &quot;faits diversiers&quot;, profitant de la br&egrave;che, n&rsquo;ont certes pas chang&eacute; de fusil d&rsquo;&eacute;paule &agrave; l&rsquo;occasion, mais au moins, ils ont modifi&eacute; consid&eacute;rablement leur style ; surtout que dans le m&ecirc;me temps les technologies de l&rsquo;information comme la miniaturisation &agrave; outrance mettaient &agrave; rude &eacute;preuve les tenanats d&rsquo;une certaine &eacute;cole o&ugrave; la belle plume dans la relation des faits de soci&eacute;t&eacute; croyait ne point &ecirc;tre boug&eacute;e, encore moins pouss&eacute;e dans ses retranchements. <\/p>\n<p>Si les journalistes ont donc d&ucirc; op&eacute;rer un virage par rapport au Story Telling pour pouvoir s&rsquo;ajuster &agrave; cette nouvelle donne, il n&rsquo;en va pas de m&ecirc;me pour les &eacute;crivains. Surtout sous nos latitudes o&ugrave;, comme aime &agrave; le r&eacute;p&eacute;ter l&rsquo;&eacute;crivain et critique Pab&eacute; Mongo, ils se font damer le pion &agrave; chaque fois par les &quot;historiens de l&rsquo;instant&quot;. Une critique que le nouvel ouvrage de Marcel Kemadjou Njank&eacute; va certainement contribuer &agrave; battre en br&egrave;che. Lui qui apr&egrave;s la po&eacute;sie et la nouvelle est revenu r&eacute;cemment en librairie avec un &quot;racontage&quot;. Un genre qui a longtemps &eacute;t&eacute; de mise dans les cercles litt&eacute;raires occidentaux avant de passer la main au si&egrave;cle dernier sous les coups de boutoir du romantisme et du surr&eacute;alisme.<\/p>\n<p>Dans cette livraison qui a pour titre &quot;Dieu n&rsquo;a pas besoin de ce mensonge&quot; parue chez Ifrikiya, il prom&egrave;ne son regard dans les quartiers malfam&eacute;s de la capitale &eacute;conomique o&ugrave; il r&eacute;side apr&egrave;s y avoir grandi. Le lecteur d&eacute;couvre non sans une pointe de joie la vie des citadins qui tournent &agrave; leur avantage une conjoncture qui ne leur est pas toujours favorable. Car comment croire que dans ces espaces aux confins de la vie d&eacute;cente il puisse subsister des amoureux fous de la belle parole comme ce Christophe, l&rsquo;un des personnages du racontage &eacute;ponyme de l&rsquo;ouvrage ? Oui, on peut vivre en plein Mak&eacute;a, &agrave; c&ocirc;t&eacute; du march&eacute; central et faire la cour &agrave; une dame de bonne famille retenue dans une barri&egrave;re par un mari riche qui la d&eacute;laisse, au moyen des vers. Avec succ&egrave;s tant les vers parlent au c&oelig;ur plus que toute autre chose.<\/p>\n<p>Le livre continue ainsi dans cette sorte de t&eacute;moignage du temps pr&eacute;sent, ressortant avec une certaine maestria les couleurs, les images et les instantan&eacute;s de ceux-l&agrave; qui sont souvent consid&eacute;r&eacute;s comme vivants &agrave; la p&eacute;riph&eacute;rie de la vraie vie. Au passage, comment ne pas saluer cette polyphonie progressive qui sonne comme une marque de fabrique que l&rsquo;auteur veut imposer au lecteur et qui consiste &agrave; mettre en parall&egrave;le comme dans un montage cin&eacute;matographique des narrateurs diff&eacute;rents, mais qui interviennent chacun &agrave; un niveau bien pr&eacute;cis de l&rsquo;histoire. Ce qui n&rsquo;est pas sans rappeler &quot;Johnny chien m&eacute;chant&quot; du Congolais Emmanuel Dongala qui a &eacute;t&eacute; depuis port&eacute; au cin&eacute;ma. Une technique narrative qui donne du relief &agrave; l&rsquo;&eacute;criture de Marcel Kemadjou qui, avec ce nouveau recueil, s&rsquo;affirme davantage comme un auteur qui compte et qui comptera dans les ann&eacute;es &agrave; venir.<\/p>\n<p>Ce qui n&rsquo;est pas un moindre m&eacute;rite pour celui que les po&egrave;tes pr&eacute;sentaient il n&rsquo;y a pas longtemps comme un de leurs porte-&eacute;tendards. Avec ces &quot; racontage &quot;, il se positionne en tout cas comme faisant partie de ceux qui sont engag&eacute;s, notamment par l&rsquo;option de la relation de la vie quotidienne dans toute sa v&eacute;rit&eacute;, &agrave; travers la bouche de tous ces citadins de nos quartiers qui sont sevr&eacute;s de parole. En leur rendant la parole, il peint du m&ecirc;me coup la gravit&eacute; et la profondeur de leur vie, sublimant par le fait m&ecirc;me la dite r&eacute;alit&eacute;. Car comme il l&rsquo;avoue, &quot;le racontage ne dit pas, il exprime ; il ne narre pas, il s&rsquo;&eacute;panche ; il ne conte pas, il chante ; il n&rsquo;&eacute;crit pas, il t&eacute;moigne et vit&quot;. A tel point qu&rsquo;il peut &ecirc;tre confondu au bavardage. De cela, il n&rsquo;en n&rsquo;a cure, se contentant de mettre en sc&egrave;ne un enchev&ecirc;trement savamment mont&eacute; d&rsquo;actions, de r&eacute;actions et d&rsquo;obstacles conduisant au d&eacute;nouement final d&rsquo;une intrigue qui somme toute, n&rsquo;en n&rsquo;est pas une au sens de la narration litt&eacute;raire.<\/p>\n<p><em>Parfait Tabapsi<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le po\u00e8te vient de commettre chez Ifrikiya un recueil qui bouscule les habitudes de la narration de fiction. &#8211; Le journalisme offre depuis quelques ann&eacute;es un champ int&eacute;ressant pour les techniques de narration de faits v&eacute;cus. 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