{"id":3368,"date":"2009-09-14T19:05:02","date_gmt":"2009-09-14T17:05:02","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-09-14T19:05:02","modified_gmt":"2009-09-14T17:05:02","slug":"3368","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3368\/","title":{"rendered":"Th\u00e9\u00e2tre : Patricia Bakalack magnifie l&rsquo;enfant soldat"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Elle a \u00e9merveill\u00e9 le public vendredi dernier dans un solo \u00e9crit mis en sc\u00e8ne par Emery Noudjiep. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Il y a chez Patricia Bakalack cette capacit&eacute; d&rsquo;envoutement du spectateur &agrave; nulle autre pareille sans doute. Cette part de talent qui lui permet non seulement d&rsquo;aimanter les regards d&rsquo;icelui, mais surtout de pouvoir instiller en lui la trag&eacute;die du personnage qu&rsquo;elle incarne sur les planches. Ce qui n&rsquo;est pas rien si l&rsquo;on prend en compte que cette jeune fille est d&rsquo;abord et avant tout une com&eacute;dienne de cin&eacute;ma. Quoi qu&rsquo;il en soit, le public de Yaound&eacute;, en attendant ceux des autres contr&eacute;es de son pays le Cameroun, a d&eacute;couvert une magnifique com&eacute;dienne de th&eacute;&acirc;tre vendredi dernier sur les planches du Centre culturel Fran&ccedil;ois Villon. C&rsquo;&eacute;tait &agrave; la faveur d&rsquo;un solo comme on n&rsquo;en voit plus beaucoup sous nos cieux. Certes le th&egrave;me de l&rsquo;enfant soldat constitue depuis la nuit des temps de l&rsquo;existence des Etats africains une th&eacute;matique qui a aliment&eacute; nombre de cr&eacute;ations artistiques.<\/p>\n<p> Mais de ce Re-belle &eacute;crit et mis en sc&egrave;ne par le jeune Em&eacute;ry Noudjiep Tchemdjo, pour le compte de la compagnie &quot;Acor contemporain&quot;, exhale un parfum pour le moins particulier que la prestation de Patricia a contribu&eacute; &agrave; lui donner une splendeur artistique digne de figurer en bonne place dans les annales du th&eacute;&acirc;tre camerounais pour ce qui est des spectacles. Dans ce mono de 90 minutes en effet, la com&eacute;dienne a su trouver les artifices n&eacute;cessaires pour faire d&rsquo;une histoire banale d&rsquo;enfants soldats un drame int&eacute;rieur, une sorte de d&eacute;chirement d&ucirc; &agrave; la jeunesse vol&eacute;e de ces derniers coupl&eacute;e aux avatars subis dans le quotidien &agrave; eux impos&eacute;s par des seigneurs de la guerre sans foi ni loi. Car dans les jungles qui les abritent la plupart du temps, les enfants n&rsquo;ont rien d&rsquo;autre &agrave; faire que d&rsquo;&quot;ob&eacute;ir aux ordres du commandant&quot;. Des ordres qui les tiennent loin de leur famille, de leur c&oelig;ur dont le battement n&rsquo;est rythm&eacute; que par les rafales de mitraillettes. Un environnement tout de &quot;haschich, de kalach, de cannabis&quot; et d&rsquo;anthropophages qui tirent leur puissance de la consommation des humains.<\/p>\n<p><strong>Kalachnikov<\/strong><br \/>Ce mono a aussi montr&eacute; l&rsquo;autre face de ces gu&eacute;rillas en qu&ecirc;te de pouvoir. Et qui dans leurs exactions oublient la condition de ces enfants qu&rsquo;ils entra&icirc;nent dans une partie qui leur &ocirc;te toute humanit&eacute;. Surtout lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de fille-soldat. Qui n&rsquo;est point autoris&eacute;e &agrave; aimer, encore moins &agrave; procr&eacute;er tant la gu&eacute;rilla a besoin en permanence de bras pour toutes sortes d&rsquo;op&eacute;rations de terrain. Du coup, celle-ci se bat pour exister comme humain. Combat perdu d&rsquo;avance, mais qu&rsquo;elle retourne en sa faveur au moyen de l&rsquo;arme qui ne la quitte jamais, la kalachnikov. Elle se retrouve parfois &agrave; fuguer pour revenir rapidement &agrave; la case d&eacute;part car &quot;la jungle c&rsquo;est chez moi&quot;, nous dit Patricia.<\/p>\n<p>Une vie qui laisse n&eacute;anmoins la capacit&eacute; aux enfants de songer &agrave; en partir tant elle &quot;est p&eacute;trie &agrave; la haine et &agrave; la folie, o&ugrave; je tue et me tue o&ugrave; les rivi&egrave;res ne sont que sang&quot;, etc. nous dit la com&eacute;dienne dans un cri de d&eacute;tresse. Qui embrase le spectateur et le laisse coi. Au point que celui-ci, plong&eacute; dans le r&eacute;cit et l&rsquo;interpr&eacute;tation, se retrouve presque frigorifi&eacute; au moment de saluer l&rsquo;artiste ; avant de se raviser pour lui adresser une ovation qui n&rsquo;a d&rsquo;&eacute;gale que la qualit&eacute; de la prestation. Une prestation pour laquelle la r&eacute;sidence de cr&eacute;ation men&eacute;e pendant plus de six semaines &agrave; l&rsquo;espace Zingui &agrave; Ekoumdoum s&rsquo;est av&eacute;r&eacute;e d&eacute;cisive au moment de lui attribuer une note. Une performance que les lumi&egrave;res de Maurice Essomba et la chor&eacute;graphie de Moukam Fonkam ont contribu&eacute; &agrave; rehausser. Pour un final salu&eacute; &agrave; sa juste valeur par un public repu, quoique transi par le num&eacute;ro de Patricia Bakalack, qui a trouv&eacute; aussi la force de f&eacute;liciter le metteur en sc&egrave;ne Em&eacute;ry Noudjiep. <\/p>\n<p><em>Parfait Tabapsi<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elle a \u00e9merveill\u00e9 le public vendredi dernier dans un solo \u00e9crit mis en sc\u00e8ne par Emery Noudjiep. &#8211; Il y a chez Patricia Bakalack cette capacit&eacute; d&rsquo;envoutement du spectateur &agrave; nulle autre pareille sans doute. 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