{"id":3386,"date":"2009-10-07T19:11:55","date_gmt":"2009-10-07T17:11:55","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-10-07T19:11:55","modified_gmt":"2009-10-07T17:11:55","slug":"3386","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3386\/","title":{"rendered":"Cin\u00e9ma : Quand les femmes montent au cr\u00e9neau"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>L\u2019environnement camerounais pr\u00e9sente ces derni\u00e8res ann\u00e9es une bande de joyeuses luronnes de la r\u00e9alisation aux dents bien longues. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>Lors de la derni&egrave;re &eacute;dition du festival Ecrans noirs du cin&eacute;ma africain &agrave; Yaound&eacute; (31 mai au 07 juin 2009), le public a &eacute;t&eacute; d&eacute;&ccedil;u de la d&eacute;programmation du film documentaire &laquo;Une affaire de n&egrave;gres&raquo; de la jeune r&eacute;alisatrice camerounaise Osvalde Lewat. Une absence qui fait suite &agrave; celle de &laquo;Paris &agrave; tout prix&raquo; de Jos&eacute;phine Ndagnou lors de la pr&eacute;c&eacute;dente &eacute;dition de cette grand messe du cin&eacute;ma africain. Assistait-on l&agrave; &agrave; une censure du cin&eacute;ma f&eacute;minin au Cameroun ? Que non ! S&rsquo;offusque l&rsquo;organisateur de la manifestation Bassek ba Kobhio, lui-m&ecirc;me r&eacute;alisateur. <br \/>Il confie : &laquo;Apr&egrave;s le Fespaco, j&rsquo;avais voulu pr&eacute;senter ce documentaire pour lequel je dois avouer une chose, &agrave; savoir que je ne l&rsquo;avais pas encore vu. J&rsquo;en avais beaucoup entendu parler. J&rsquo;avais juste lu le sc&eacute;nario avant qu&rsquo;il ne soit tourn&eacute; et je me fiais beaucoup &agrave; ce que j&rsquo;avais lu. Par contre, lorsque j&rsquo;ai visionn&eacute; le film, je me suis rendu compte qu&rsquo;il y avait une diff&eacute;rence avec le sc&eacute;nario. La l&eacute;gislation camerounaise dispose qu&rsquo;en cas de diffusion d&rsquo;un film, le r&eacute;alisateur en est autant responsable que le diffuseur&raquo;.<\/p>\n<p>C&rsquo;est que, depuis une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es, les r&eacute;alisatrices camerounaises ont le vent en poupe. La sortie d&rsquo;une &oelig;uvre de fiction ou documentaire r&eacute;alis&eacute;e par des femmes fait &agrave; chaque fois courir les cin&eacute;philes dans les salles. Pour le plus grand plaisir des cin&eacute;philes locaux qui n&rsquo;ont, pendant tr&egrave;s longtemps, pas vu des femmes derri&egrave;re la camera. <br \/>On se souvient en effet qu&rsquo;&agrave; la sortie de &laquo;Paris &agrave; tout prix&raquo; en ao&ucirc;t 20007, le film avait battu les records d&rsquo;entr&eacute;es (25.000 en trois jours) et r&eacute;alis&eacute; les plus importantes entr&eacute;es commerciales pour ce qui est d&rsquo;un film local les dix derni&egrave;res ann&eacute;es. Un enthousiasme qui a laiss&eacute; plusieurs sans voix. <br \/>C&ocirc;t&eacute; public, on c&eacute;l&eacute;brait la fa&ccedil;on dont le message &eacute;tait pass&eacute; mais surtout la qualit&eacute; du travail effectu&eacute; par la r&eacute;alisatrice. Selon la critique, &laquo;Paris &agrave; tout prix&raquo;, l&rsquo;un des meilleurs films camerounais des dix derni&egrave;res ann&eacute;es, permet de r&ecirc;ver &agrave; une nouvelle &egrave;re pour le cin&eacute;ma camerounais.<\/p>\n<p><strong>Sur les traces de Sita Bella<\/strong><br \/>Et si au plan populaire Jos&eacute;phine Ndagnou est celle qui s&eacute;duit le plus le public par son travail, mais surtout parce qu&rsquo;elle a eu un pass&eacute; d&rsquo;actrice de s&eacute;rie t&eacute;l&eacute;vis&eacute;e, l&rsquo;univers des femmes cin&eacute;astes camerounaises augure un bel avenir. Selon Jacques Bessala Manga, critique de cin&eacute;ma et secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;association africaine des critiques de cin&eacute;ma &laquo;Bien qu&rsquo;elles ne soient pas nombreuses [on d&eacute;nombre juste une dizaine de r&eacute;alisatrices qui se d&eacute;marquent vraiment par leurs travaux contre une cinquantaine d&rsquo;hommes], on peut dire que les femmes ont r&eacute;ussi &agrave; se faire une place et elles y sont bien install&eacute;es&raquo;. Ceci malgr&eacute; la fermeture progressive des salles de cin&eacute;ma (il n&rsquo;y en a plus aucune de fonctionnelle &agrave; Yaound&eacute; et Douala en dehors de celles des centres culturels fran&ccedil;ais et institut Goethe) et l&rsquo;absence de critiques de cin&eacute;ma form&eacute;s. La plupart &eacute;tant des journalistes qui ont pris l&rsquo;habitude d&rsquo;&eacute;crire en culture et, par la force des choses, critiquent souvent des films.<\/p>\n<p>Nostalgique, on se souvient de la premi&egrave;re femme &agrave; avoir r&eacute;alis&eacute; un film au Cameroun : Th&eacute;r&egrave;se Sita Bella (de son vrai nom Th&eacute;r&egrave;se Bella Mbida) d&eacute;c&eacute;d&eacute;e le 27 f&eacute;vrier 2006 &agrave; l&rsquo;&acirc;ge de 73ans. Parmi la premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration de cin&eacute;astes camerounais, elle est la seule femme. En 1963, elle r&eacute;alise &laquo;Un tam-tam &agrave; Paris&raquo;, qui est plus un reportage qu&rsquo;un documentaire sur les danses traditionnelles au Cameroun et le s&eacute;jour en France de l&rsquo;Ensemble national qui s&rsquo;&eacute;tait produit au Th&eacute;&acirc;tre Sarah Bernhardt &agrave; Paris. Ce sera d&rsquo;ailleurs l&rsquo;unique &oelig;uvre cin&eacute;matographique de cette femme qui a &eacute;galement &eacute;t&eacute; pilote et journaliste.<br \/>Ce n&rsquo;est que plusieurs ann&eacute;es plus tard, alors qu&rsquo;une nouvelle g&eacute;n&eacute;ration de r&eacute;alisateurs fait son entr&eacute;e sur sc&egrave;ne que les femmes refont parler d&rsquo;elles. <\/p>\n<p>Pendant que Jean Pierre Bekolo, Bassek ba Kobhio sont acclam&eacute;s pour la justesse de leurs &oelig;uvres, Jos&eacute;phine-Bertrand Tchakoua tourne &laquo;Fanta&raquo; en 2001. Elle y raconte les tribulations conjugales d&rsquo;un jeune couple mixte d&eacute;sargent&eacute;. Il faudra encore attendre quelques ann&eacute;es, apr&egrave;s cette timide sortie de Jos&eacute;phine Tchakoua pour que Yolande Ekoumou Samba, avec son premier long m&eacute;trage, un documentaire, et sa magnifique &oelig;uvre de fiction, &laquo;Tiga, l&rsquo;H&eacute;ritage&raquo; vienne faire bouger les choses. Osvalde Lewat signera quelques temps plus tard son documentaire &laquo;Au-del&agrave; de la peine&raquo; (2003) puis &laquo;Une affaire de n&egrave;gres&raquo; (2007). Le public s&rsquo;int&eacute;resse &agrave; ces fictions qui viennent donner un souffle nouveau &agrave; un univers cin&eacute;matographique domin&eacute; par les hommes. Jos&eacute;phine Ndagnou examine la question de l&rsquo;immigration dans &laquo;Paris &agrave; tout prix&raquo; (2007). <\/p>\n<p><strong>Des voix de femmes qui portent<\/strong><br \/>La derni&egrave;re-n&eacute;e au septi&egrave;me art, H&eacute;l&egrave;ne Ebah, apr&egrave;s trois courts m&eacute;trages, sort &laquo;Les Blessures ingu&eacute;rissables&raquo; (2007), son premier long m&eacute;trage (s&eacute;lectionn&eacute; en comp&eacute;tition officielle au festival Vues d&rsquo;Afrique de Montr&eacute;al) et qui a remport&eacute; le prix de la meilleure &oelig;uvre f&eacute;minine lors de la 12&egrave;me &eacute;dition des Ecrans noirs 2008. Son film relate l&rsquo;histoire de six femmes tortur&eacute;es par la vie. Ce film, s&rsquo;inscrit en rupture avec ce qui s&rsquo;est fait jusque-l&agrave; dans la cin&eacute;matographie camerounaise. Margaret Fob&eacute; Fomb&eacute;, Florence Ayissi, Rosalie Mb&eacute;l&eacute; Atangana pr&eacute;sentent &eacute;galement des &oelig;uvres accrocheuses au public.<\/p>\n<p>Mais qu&rsquo;est-ce qui a donc suscit&eacute; aupr&egrave;s de ces jeunes femmes l&rsquo;envie de s&rsquo;exprimer &agrave; travers le 7&egrave;me art ? A chaque fois, la r&eacute;ponse est la m&ecirc;me : l&rsquo;envie de faire entendre sa voix sur les questions importantes du pays, au risque d&rsquo;&ecirc;tre prises pour des &laquo;complices&raquo;. Et depuis lors, elles amassent les lauriers. A la derni&egrave;re &eacute;dition du Fespaco &agrave; Ouagadougou, Jos&eacute;phine Ndagnou a remport&eacute; le prix sp&eacute;cial du jury Tv Vid&eacute;o avec &laquo;Paris &agrave; tout prix&raquo;, avant de d&eacute;crocher plus tard au festival Vues d&rsquo;Afrique &agrave; Montr&eacute;al, le prix du meilleur long-m&eacute;trage, entre autres dans la s&eacute;lection Africa Num&eacute;rique. H&eacute;l&egrave;ne Ebah quant &agrave; elle a re&ccedil;u en 2008 le prix de la premi&egrave;re &oelig;uvre lors des Ecrans noirs 2008 tandis qu&rsquo;Osvalde Lewat, avec &laquo;Au-del&agrave; de la peine&raquo; remportera le grand prix du film de t&eacute;l&eacute;vision au Portugal ainsi que le prix des droits humains au festival Vues d&rsquo;Afrique de Montr&eacute;al. &laquo;Une affaire de n&egrave;gres&raquo; lui permet de remporter au Fespaco 2009 le 3&egrave;me prix documentaire&hellip;<\/p>\n<p>S&rsquo;il est difficile d&rsquo;&eacute;tablir une cat&eacute;gorisation, les femmes cin&eacute;astes camerounaises ont principalement opt&eacute; pour le documentaire et la fiction. Selon Jacques Bessala Manga, critique de cin&eacute;ma : &laquo;si chacune de ces femmes traite des sujets de la soci&eacute;t&eacute; camerounaise, chacune a son style. Alors qu&rsquo;H&eacute;l&egrave;ne Patricia Ebah fait un cin&eacute;ma d&rsquo;anticipation, Jos&eacute;phine Ndagnou est la cin&eacute;aste camerounaise la plus prim&eacute;e en fiction alors. Osvalde Lewat pour sa part est le leader du documentaire gr&acirc;ce aux distinctions qu&rsquo;elle a obtenues depuis sa premi&egrave;re oeuvre. Ceci bien que la jeune Aris Siapi qui a &eacute;galement eu quelques distinctions locales pr&eacute;sente des &oelig;uvres remarquables&raquo;.<\/p>\n<p>Si pour la plupart, c&rsquo;est sur le tas qu&rsquo;elles se sont form&eacute;es, comme le gros des cin&eacute;astes camerounais d&rsquo;ailleurs, plusieurs ont &eacute;galement eu l&rsquo;opportunit&eacute; de se former au Centre de formation professionnelle en audiovisuel (Cfpa) qui d&eacute;pend de la t&eacute;l&eacute;vision nationale (Crtv), la seule &eacute;cole dans le secteur au Cameroun. Ceci bien que des formations informelles soient organis&eacute;es en marge des Ecrans noirs ou d&rsquo;autres rendez-vous du 7&egrave;me art en dehors du pays. Ces moments sont aussi l&rsquo;occasion de d&eacute;velopper l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t des femmes pour les autres m&eacute;tiers du cin&eacute;ma. Notamment pour la r&eacute;daction de sc&eacute;nario, d&eacute;cor, costume et maquillage et le montage.<\/p>\n<p>Bien plus, le cin&eacute;ma camerounais souffre du manque d&rsquo;actrices femmes qualifi&eacute;es. Une tendance g&eacute;n&eacute;rale li&eacute;e sans doute &agrave; l&rsquo;absence d&rsquo;&eacute;coles d&rsquo;art digne de ce nom en dehors de la section arts et spectacles de la Facult&eacute; des arts lettres et sciences humaines de l&rsquo;universit&eacute; de Yaound&eacute; I. Du coup, en dehors de F&eacute;licit&eacute; Wouassi qui a pu se faire un nom en dehors des fronti&egrave;res camerounaises, on trouve difficilement des actrices de cin&eacute;ma. C&rsquo;est ainsi que pour &laquo;Paris &agrave; tout prix&raquo;, Jos&eacute;phine Ndagnou a d&ucirc; &eacute;galement jouer le principal r&ocirc;le f&eacute;minin de sa fiction.<\/p>\n<p><em>Dorine Ekw&egrave;<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019environnement camerounais pr\u00e9sente ces derni\u00e8res ann\u00e9es une bande de joyeuses luronnes de la r\u00e9alisation aux dents bien longues. &#8211; Lors de la derni&egrave;re &eacute;dition du festival Ecrans noirs du cin&eacute;ma africain &agrave; Yaound&eacute; (31 mai au 07 juin 2009), le public a &eacute;t&eacute; d&eacute;&ccedil;u de la d&eacute;programmation du film documentaire &laquo;Une affaire de n&egrave;gres&raquo; de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":140,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-3386","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3386","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/140"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3386"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3386\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3386"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3386"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3386"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=3386"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}