{"id":339,"date":"2007-05-06T19:04:46","date_gmt":"2007-05-06T17:04:46","guid":{"rendered":""},"modified":"2007-05-06T19:04:46","modified_gmt":"2007-05-06T17:04:46","slug":"339","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/339\/","title":{"rendered":"Renc\u2019Art : Double tranchant"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>On dit que pour faire un film aujourd&rsquo;hui, la cam\u00e9ra num\u00e9rique est une chance pour les tout petits budgets. On l&rsquo;a v\u00e9rifi\u00e9 avec deux ou trois r\u00e9cents films. <br \/>\nClaude-B. Kingu\u00e9  &#8211; Ceux de Cyrille Masso et de Jean-Pierre Bekolo, notamment. Qui ont montr\u00e9 le travail de qualit\u00e9 qu&rsquo;on peut faire avec une cam\u00e9ra num\u00e9rique. M&ecirc;me si, apr&egrave;s, Jean-Pierre Bekolo a transform\u00e9 son &oelig;uvre en film de 35 mm, &agrave; travers la technique du kinescopage. La qualit\u00e9 de son film, Les Saignantes, et de celui de Masso, Confidences, a d&rsquo;ailleurs \u00e9t\u00e9 reconnue et r\u00e9compens\u00e9e lors du dernier Fespaco &agrave; Ouagadougou. Alors qu&rsquo;aucun n&rsquo;a co&ucirc;t\u00e9 le montant plancher courant pour &quot; r\u00e9aliser sereinement &quot; chez nous : le milliard de francs.<br \/>Un autre film projet\u00e9 le 5 avril dernier &agrave; l&rsquo;Abbia a cependant fait appara&icirc;tre la cam\u00e9ra num\u00e9rique comme une arme &agrave; double tranchant. &quot; Sur les traces du Proph&egrave;te P&egrave;re Soffo &quot; de Sylv&egrave;re Tchokot\u00e9 Happi semble en effet mener en sens inverse du cin\u00e9ma. Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de la technique ou du langage cin\u00e9matographique, une opinion avertie ne lui m\u00e9nage pas ses critiques. &quot; Ce serait un euph\u00e9misme que d&rsquo;en parler comme d&rsquo;un navet. Ce n&rsquo;est tout simplement pas un film &quot;, tranche J. M. Mollo Olinga du Cin\u00e9press. <\/p>\n<p>Le film n&rsquo;est sans doute pas la derni&egrave;re &oelig;uvre d&rsquo;un Camerounais qui pourrait essuyer une telle critique. Le risque est plut&ocirc;t grand que, bient&ocirc;t, elles soient nombreuses. De maniement facile, la cam\u00e9ra num\u00e9rique va en effet faire croire &agrave; beaucoup qu&rsquo;il est facile de faire un film. Qu&rsquo;on peut le faire sans conna&icirc;tre l&rsquo;abc du cin\u00e9ma. Qu&rsquo;on peut le faire sans v\u00e9ritable sc\u00e9nario. Que pour le faire, il suffit d&rsquo;une histoire ou d&rsquo;un fait sur lesquels on pose une cam\u00e9ra, et quand on l&rsquo;arr&ecirc;te, on a son &oelig;uvre. Le num\u00e9rique faisant le miracle. Comme le fait la bo&icirc;te &agrave; rythmes en musique, quoi !<br \/>La porte de la r\u00e9alisation cin\u00e9matographique s&rsquo;ouvre ainsi grande au tout-venant. Et quand on conna&icirc;t le go&ucirc;t des Camerounais pour la d\u00e9brouillardise, ils sont nombreux qui s&rsquo;y presseront. Des hordes. Exactement comme dans la musique. Une vague id\u00e9e qui traverse l&rsquo;esprit, et l&rsquo;on y voit une &oelig;uvre que l&rsquo;on met tout aussi vite sur le march\u00e9. Peu importe la consistance, la qualit\u00e9. Ainsi, apr&egrave;s le disque omelette, s&rsquo;annonce le film omelette.<\/p>\n<p>Un autre risque aussi. Celui de voir des vid\u00e9astes se prendre pour des cin\u00e9astes. Se faire passer pour tels. Et m&ecirc;me les supplanter. Ce serait une imposture ? Elle ne serait pas la premi&egrave;re chez nous, ni la derni&egrave;re sans doute. On en conna&icirc;t une depuis plus d&rsquo;une d\u00e9cennie, avec la horde de mauvais bouffons qui se font aujourd&rsquo;hui passer pour com\u00e9diens, alors m&ecirc;me que s&rsquo;ils se pr\u00e9sentaient comme comiques, ce serait d\u00e9j&agrave;, de leur part, une usurpation. Mais, ayant envahi la sc&egrave;ne, ils ont \u00e9clips\u00e9 les com\u00e9diens dignes de ce nom. Dans l&rsquo;esprit du peuple d&rsquo;ailleurs aujourd&rsquo;hui, la com\u00e9die se r\u00e9sume &agrave; se grimer la face, v&ecirc;tu de haillons, et &agrave; raconter des histoires stupides. Le succ&egrave;s de la bouffonnerie est d\u00e9sormais d&rsquo;autant plus ravageur que les com\u00e9diens, les vrais, n&rsquo;organisent pas la &quot; r\u00e9sistance &quot;. Ne protestent pas contre cette confusion qui s&rsquo;\u00e9tend jusque dans les \u00e9coles primaires et les coll&egrave;ges, o&ugrave; ces histrions sont c\u00e9l\u00e9br\u00e9s. Tout comme dans les m\u00e9dias, o&ugrave; ils sont consacr\u00e9s stars, comme avant eux les mauvais musiciens. D\u00e9mocratie ? Vous parlez d&rsquo;une chienlit !<\/p>\n<p>La cam\u00e9ra num\u00e9rique, une chance&hellip; Quelques &oelig;uvres cin\u00e9matographiques, en dehors de celles de Bekolo et de Masso, nous font heureusement esp\u00e9rer que sa &quot; carri&egrave;re &quot; chez nous ne suivra pas toujours les traces de &#8230; On pense par exemple &agrave; Dette fatale de Hugues Ongoto. Une &oelig;uvre salu\u00e9e &agrave; la sortie comme &quot; pas mal pour un d\u00e9but &quot;. Esp\u00e9rons que son prochain film, qui est d\u00e9j&agrave; annonc\u00e9, va asseoir la bonne opinion qu&rsquo;il s&rsquo;est ainsi faite. D&rsquo;autres jeunes r\u00e9alisateurs l&egrave;vent d&rsquo;ailleurs, chez beaucoup d&rsquo;observateurs, l&rsquo;espoir de voir la cam\u00e9ra num\u00e9rique &ecirc;tre v\u00e9ritablement une chance pour le cin\u00e9ma camerounais, peu f\u00e9cond. Une chance non pas au sens d&rsquo;un heureux hasard. Mais dans celui de l&rsquo;opportunit\u00e9 qui fait fructifier, &agrave; peu de frais, l&rsquo;originalit\u00e9 d&rsquo;un sujet, le talent et surtout l&rsquo;ardeur au travail d&rsquo;un cin\u00e9aste, dans un pays pauvre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On dit que pour faire un film aujourd&rsquo;hui, la cam\u00e9ra num\u00e9rique est une chance pour les tout petits budgets. On l&rsquo;a v\u00e9rifi\u00e9 avec deux ou trois r\u00e9cents films. Claude-B. Kingu\u00e9 &#8211; Ceux de Cyrille Masso et de Jean-Pierre Bekolo, notamment. Qui ont montr\u00e9 le travail de qualit\u00e9 qu&rsquo;on peut faire avec une cam\u00e9ra num\u00e9rique. M&ecirc;me [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"adace-sponsor":[],"class_list":["post-339","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry"],"acf":[],"wps_subtitle":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/339","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=339"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/339\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=339"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=339"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=339"},{"taxonomy":"adace-sponsor","embeddable":true,"href":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/adace-sponsor?post=339"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}