{"id":3397,"date":"2009-10-17T09:47:19","date_gmt":"2009-10-17T07:47:19","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-10-17T09:47:19","modified_gmt":"2009-10-17T07:47:19","slug":"3397","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3397\/","title":{"rendered":"Culture : Douala, ville muette"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Les sites et \u00e9difices historiques sont en d\u00e9cr\u00e9pitude au grand dam de la m\u00e9moire collective. &#8211; <\/p>\n<p><span class=\"13aria\"> <\/p>\n<p>La r&eacute;gion du Littoral, notamment la ville de Douala, est consid&eacute;r&eacute;e par les historiens comme le berceau de l&rsquo;histoire du Cameroun. Le contact avec le monde ext&eacute;rieur commence en effet sur les berges du fleuve Wouri. De &quot;Rio dos Cameroes&quot; au trait&eacute; germano Duala en passant par le ralliement du Cameroun &agrave; la France libre, la m&eacute;moire de l&rsquo;Etat se trouve essentiellement &agrave; Douala. De nombreuses infrastructures t&eacute;moignent en effet du passage des visiteurs portugais, allemand, fran&ccedil;ais et anglais. Pourtant, plusieurs g&eacute;n&eacute;rations de camerounais ignorent aujourd&rsquo;hui o&ugrave; ils foulent leurs pieds. Ils marchent le nez en l&rsquo;air sans se soucier du pass&eacute;. <\/p>\n<p>C&rsquo;est que plusieurs si&egrave;cles apr&egrave;s le d&eacute;part du colon, les art&egrave;res de la capitale &eacute;conomique sont sans rep&egrave;res historiques. Certains &eacute;difices charg&eacute;s d&rsquo;histoire ont &eacute;t&eacute; abandonn&eacute;s, &agrave; l&rsquo;instar de l&rsquo;ancienne gare de Bonab&eacute;ri. Rien ou presque n&rsquo;indique que tout le plateau Joss &agrave; Bonanjo est un si&egrave;cle d&rsquo;histoire &agrave; lui seul. Que l&rsquo;actuelle chambre de commerce fut par exemple le quartier g&eacute;n&eacute;ral de la France libre en1940. Que le g&eacute;n&eacute;ral De Gaulle et ses troupes y ont s&eacute;journ&eacute;. La ville est comme amn&eacute;sique. N&eacute;anmoins, des initiatives individuelles sont prises &ccedil;a et l&agrave; pour que toute la biblioth&egrave;que ne s&rsquo;envole pas en fum&eacute;e. Ainsi, Marylin Doualla Bell et son &eacute;poux, tous deux responsables de l&rsquo;espace culturel &quot;Doual&rsquo;art&quot;, s&rsquo;activent dans ce sens. <br \/>En effet, c&rsquo;est &agrave; ce couple que le rond point Deido doit la statue de la &quot;nouvelle libert&eacute;&quot;.<\/p>\n<p> Construite en mat&eacute;riau de r&eacute;cup&eacute;ration (pneus us&eacute;s, chaussures, roues, tas de ferraille), ce monument a &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute; en 1996 par l&rsquo;artiste plasticien Joseph Francis Sumegn&eacute;. Il repr&eacute;sente un homme qui pose un pied au sol et l&egrave;ve l&rsquo;autre en l&rsquo;air. Entre autre art public offert par Doual&rsquo;art &agrave; la ville, l&rsquo;on note &quot;les arches de la m&eacute;moire&quot;. Les coins et recoins de Bonanjo comptent en effet des &eacute;criteaux qui retracent l&rsquo;histoire de quelques b&acirc;timents qui abritent de nos jours, les services publics. L&rsquo;on sait ainsi que l&rsquo;h&ocirc;tel de ville fut b&acirc;tie en 1940. Par ailleurs, une autre &quot;arche de la m&eacute;moire&quot;, renseigne que le mausol&eacute;e des rois Bell, construit derri&egrave;re la &quot;pagode&quot; &agrave; Bonanjo, abrite les d&eacute;pouilles de Rudolph Duala Manga Bell, qui fut pendu en 1914 par les Allemands. Dans le sillage des particuliers, l&rsquo;Etat camerounais, &agrave; travers la Communaut&eacute; urbaine de Douala (Cud) a engag&eacute; des actions en 2008, pour de la r&eacute;habilitation du patrimoine architectural de la ville.<\/p>\n<p><strong>Initiative &eacute;tatique<\/strong><br \/>Le 17 septembre 2009, s&rsquo;est tenu un atelier de consultation relatif &agrave; la pr&eacute;servation et revalorisation du patrimoine culturel de Douala initi&eacute; par Fritz Nton&egrave; Nton&egrave;, d&eacute;l&eacute;gu&eacute; du gouvernement aupr&egrave;s de la Cud. Il s&rsquo;agit ici de donner un coup de neuf aux &eacute;difices de plus &acirc;g&eacute;s de plus de 50 ans et tomb&eacute;s en d&eacute;cr&eacute;pitude. Cette r&eacute;union s&rsquo;est d&eacute;roul&eacute;e &agrave; l&rsquo;h&ocirc;tel de ville en pr&eacute;sence de chefs traditionnels des diff&eacute;rents cantons de la ville et des repr&eacute;sentants du &quot;Groupement Cotecno&quot;, cabinet d&rsquo;&eacute;tude italien charg&eacute; de mener l&rsquo;&eacute;tude de faisabilit&eacute; sur la sauvegarde du patrimoine immobilier de Douala. Le projet en lui-m&ecirc;me est approuv&eacute; et encourag&eacute; par les participants car il permettra &agrave; Douala de devenir, &agrave; l&rsquo;horizon 2025, une destination touristique entre autres desseins. &quot;C&rsquo;est la premi&egrave;re fois, depuis mon retour au pays il y a 20 ans, que j&rsquo;assiste &agrave; un d&eacute;bat portant sur le patrimoine mat&eacute;riel&quot;, s&rsquo;&eacute;crie Marilyn Doualla Bell. Mais pour certains, cette initiative n&rsquo;est viable que si elle suit une ligne directive.<\/p>\n<p>D&rsquo;apr&egrave;s S.m Madiba Songu&egrave;, chef sup&eacute;rieur du canton Bakoko, le cabinet charg&eacute; de l&rsquo;&eacute;tude de faisabilit&eacute; devrait commencer ses travaux par une r&eacute;union consultative avec les diff&eacute;rents chefs sup&eacute;rieurs de la ville garants de l&rsquo;histoire. Au terme des entrevues avec ces derniers, &quot;les Italiens pourraient dresser un inventaire exhaustif des &eacute;difices &agrave; r&eacute;habiliter&quot;, explique S.m Madiba Songu&egrave;. Dans son rapport fait au terme d&rsquo;une mission d&rsquo;information professionnelle effectu&eacute;e en 2008 au S&eacute;n&eacute;gal et au B&eacute;nin, Joseph Mayi Ongla, chef de service r&eacute;gional du patrimoine culturel du Littoral fait un listing des obstacles &eacute;ventuels dans les projets de r&eacute;habilitation du patrimoine architectural. Beaucoup d&rsquo;architectes n&rsquo;ont pas de formation appropri&eacute;e sur la restauration du patrimoine, la brique rouge et la vieille pierre ne les int&eacute;resse pas, mentionne t-il dans son document. <\/p>\n<p>M. Mayi sugg&egrave;re, entre autres actions s&rsquo;inscrivant dans un projet de restauration du patrimoine culturel, de &quot; porter dans un premier temps, le choix sur les &eacute;difices publics susceptibles d&rsquo;obtenir l&rsquo;aval de l&rsquo;Etat pour &eacute;viter les difficult&eacute;s inextricables li&eacute;es aux probl&egrave;mes de succession chez les propri&eacute;taires des &eacute;difices priv&eacute;s &quot;. Par ailleurs, l&rsquo;on apprend du compte-rendu de mission de M. Mayi Ongla, que le S&eacute;n&eacute;gal et le B&eacute;nin ont une riche exp&eacute;rience dans la pr&eacute;servation du patrimoine architectural. Le S&eacute;n&eacute;gal, par exemple, poss&egrave;de plusieurs sites class&eacute;s au Patrimoine mondial par l&rsquo;Unesco, dont les principaux sont la ville de Saint Louis et l&rsquo;&icirc;le de Gor&eacute;e. Une distinction qui ne va pas sans exigences. Quant au B&eacute;nin, il abrite l&rsquo;Ecole du Patrimoine Africain (Epa). Cette structure participe comme ma&icirc;tre d&rsquo;&oelig;uvre dans les op&eacute;rations de r&eacute;habilitation du patrimoine mat&eacute;riel de la ville de Porto-Novo. Le Cameroun pourrait suivre l&rsquo;exemple de ces pays pour qu&rsquo;&agrave; travers leur pass&eacute;, les sites et infrastructures historiques profitent aux g&eacute;n&eacute;rations pr&eacute;sentes et celles &agrave; venir.<\/p>\n<p><em>Monique Ngo Mayag<\/em> <\/span>  <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les sites et \u00e9difices historiques sont en d\u00e9cr\u00e9pitude au grand dam de la m\u00e9moire collective. &#8211; La r&eacute;gion du Littoral, notamment la ville de Douala, est consid&eacute;r&eacute;e par les historiens comme le berceau de l&rsquo;histoire du Cameroun. Le contact avec le monde ext&eacute;rieur commence en effet sur les berges du fleuve Wouri. 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