{"id":3418,"date":"2009-10-17T11:04:31","date_gmt":"2009-10-17T09:04:31","guid":{"rendered":""},"modified":"2009-10-17T11:04:31","modified_gmt":"2009-10-17T09:04:31","slug":"3418","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/camerfeeling.fr.fo\/fr\/3418\/","title":{"rendered":"Livre: L\u2019\u00e9lite de l\u2019\u00e9lite sur le gril"},"content":{"rendered":"\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une \u00e9tude qui concerne en particulier les intellectuels camerounais.  &#8211; <\/p>\n<p class=\"first-child \"><span class=\"cap\" title=\"I\"><span>I<\/span><\/span>l s&rsquo;agit d&rsquo;une &eacute;tude qui concerne en particulier les intellectuels camerounais. Pas tous, pr&eacute;cise l&rsquo;auteur dans la pr&eacute;sentation de son livre&nbsp;: &laquo;&nbsp;<em>seulement ceux dont on entend parler dans le pays&nbsp;: des membres du gouvernement et hauts fonctionnaires, des technocrates et des entrepreneurs parmi les plus en vue, les hommes politiques, mieux, ceux qui se pr&eacute;sentent comme tels, des personnalit&eacute;s des m&eacute;dias. En somme, le petit monde des d&eacute;cideurs et leaders d&rsquo;opinion. Comme il en existe sous tous les cieux <\/em>&raquo;.<\/p>\n<p>L&rsquo;ouvrage d&rsquo;Albert Moutoudou comporte sept parties dont la premi&egrave;re s&rsquo;ouvre avec la passation de pouvoir au Cameroun. Avec le d&eacute;part de Ahmadou Ahidjo, premier pr&eacute;sident de la R&eacute;publique et l&rsquo;av&egrave;nement de Paul Biya &agrave; la t&ecirc;te de l&rsquo;Etat. Paul Biya, intellectuel pur sang moul&eacute; chez les catholiques avant d&rsquo;achever son cycle secondaire dans le prestigieux lyc&eacute;e g&eacute;n&eacute;ral Leclerc d&rsquo;antan, puis des &eacute;tudes sup&eacute;rieures en France dans la perspective d&rsquo;assurer la gestion du pays &laquo;&nbsp;lib&eacute;r&eacute;&nbsp;&raquo; par la France.<\/p>\n<p>La deuxi&egrave;me partie est consacr&eacute;e &agrave; l&rsquo;&eacute;cole (coloniale) avec quatre sous-chapitres dont le deuxi&egrave;me analyse l&rsquo;influence de la r&eacute;alit&eacute; coloniale sur l&rsquo;&eacute;cole et les nouvelles classes montantes. Le troisi&egrave;me sous-chapitre d&eacute;cortique les enseignements primaire, secondaire et sup&eacute;rieur. Le quatri&egrave;me remonte la pente bureaucratique qui d&eacute;bouche sur le messianisme.<\/p>\n<p>La troisi&egrave;me partie est essentiellement consacr&eacute;e &agrave; Paul Biya&nbsp;; ses qualit&eacute;s, son attitude face aux droits de l&rsquo;Homme&nbsp;; l&rsquo;homme Biya, la politique et la d&eacute;mocratie. Dans les quatre derni&egrave;res parties de son ouvrage, l&rsquo;auteur prom&egrave;ne le lecteur &agrave; travers les mis&egrave;res et les grandeurs de la saga des intellectuels, leur v&eacute;nalit&eacute;, le cirque dans lequel ils &eacute;voluent pour, &agrave; la fin, esquisser un bilan.<\/p>\n<p>A la question de savoir l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t d&rsquo;une telle &eacute;tude, l&rsquo;auteur explique que cette &laquo;&nbsp;<em>population a la particularit&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre peu nombreuse mais cultive des mani&egrave;res qui s&rsquo;&eacute;rigent en autant de modes intellectuelles, des mani&egrave;res qui diffusent par cons&eacute;quent dans l&rsquo;ensemble du groupe social des intellectuels et singuli&egrave;rement, parmi les jeunes &eacute;tudiants subjugu&eacute;s par le succ&egrave;s de ces a&icirc;n&eacute;s-l&agrave;, et d&eacute;sireux &agrave; leur tour d&rsquo;&ecirc;tre port&eacute;s sous les m&ecirc;mes &eacute;clairages m&eacute;diatiques, d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; un renom au moins &eacute;gal &agrave; celui qui les tient sous le charme <\/em>&raquo;.<\/p>\n<p>Albert Moutoudou explique par ailleurs comment ces hommes et femmes (de pouvoir) s&rsquo;acquittent de leur position&nbsp;: leurs th&egrave;mes favoris et le traitement qu&rsquo;ils en font, la relation entre ces th&egrave;mes et les enjeux de l&rsquo;heure, la distance qu&rsquo;ils mettent entre leurs activit&eacute;s intellectuelles&nbsp; et le pouvoir. L&rsquo;auteur jette &agrave; travers les 254 pages de son livre, une lumi&egrave;re forte sur la responsabilit&eacute; des intellectuels sur le retard de l&rsquo;Afrique dont on parle tant depuis des d&eacute;cennies, celui du Cameroun, son pays d&rsquo;origine en particulier.<\/p>\n<p>Paraissant &agrave; la veille du cinquantenaire des ind&eacute;pendances de la majorit&eacute; des pays francophones dont le Cameroun, ce livre prend &agrave; contre-pied tous les discours plus ou moins laudateurs voire triomphalistes actuellement en pr&eacute;paration derri&egrave;re les portes capitonn&eacute;es et sous les lambris&nbsp; des palais pr&eacute;sidentiels des diff&eacute;rents successeurs&nbsp; des &laquo;&nbsp;p&egrave;res fondateurs&nbsp;&raquo; des nouvelles nations africaines, d&eacute;j&agrave; quinquag&eacute;naires.<\/p>\n<p>Vivement que ce livre prenne place dans les rayons des librairies. Il est critique certes. Mais il n&rsquo;est que le reflet des&nbsp; r&eacute;alit&eacute;s&nbsp; d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; malade de ses intellectuels, de ses dirigeants, ces enfants du pays qui ont remplac&eacute; les colons pour mieux asservir leurs compatriotes. Pour le prolongement du n&eacute;ocolonialisme et leur &eacute;go propre.<\/p>\n<p><strong> <\/strong><\/p>\n<p><strong>Le retard des intellectuels africains, d&rsquo;Albert Moutoudou &ndash; Editions l&rsquo;Harmattan &ndash; Paris &ndash; 254 pages &ndash;<\/p>\n<p><\/strong><span>jacques.doo.bell <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il s\u2019agit d\u2019une \u00e9tude qui concerne en particulier les intellectuels camerounais. &#8211; Il s&rsquo;agit d&rsquo;une &eacute;tude qui concerne en particulier les intellectuels camerounais. 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